Arthur Greiser

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Arthur Greiser et sa deuxième épouse Maria Körfer (1937).

Arthur Karl Greiser, né le à Schroda en Posnanie (aujourd'hui Środa Wielkopolska, Pologne), mort le à Poznań (Posen), est un criminel de guerre allemand, général SS et membre du parti nazi. Il fut président du Sénat de la Ville libre de Dantzig entre 1934 et 1939, puis Reichsstatthalter et Gauleiter du Reichsgau Wartheland, jusqu'en 1945.

Avant la guerre[modifier | modifier le code]

Élu président du Sénat de Dantzig en 1934, il est proposé par les militaires pour être responsable de l'administration militaire qui doit se mettre en place dans le district de Poznań lors de la conquête de la Pologne; son choix est approuvé par Hitler, et il est aussitôt nommé à ce poste[1].

Le Gauleiter du Wartheland[modifier | modifier le code]

Nommé gauleiter du nouveau Reichsgau Wartheland, érigé par le décret de Hitler signé le 8 octobre 1939 et destiné à entrer en vigueur le 1er novembre suivant, Greiser cumule les fonctions de Gauleiter, au sommet de la hiérarchie du NSDAP, et de Reichsstatthalter, représentant de l'État[2].

Greiser et sa politique de germanisation[modifier | modifier le code]

Gauleiter d'un Gau peuplé d'une minorité d'Allemands[2], Greiser, appuyé par Himmler, souhaite germaniser son Gau en une dizaine d'années. Il mène une politique à l'égard des Polonais basée sur leur exploitation économique, leur ségrégation et leur expulsion. Pour cela, il met en place une Volksliste, classant les populations polonaises et fait approuver par Hitler le principe d'un code pénal spécifique dans son Gau[3].

Sur la base d'un décret du 12 septembre 1940, il met en place une Volksliste, classant les citoyens allemands de son Gau en plusieurs catégories, selon le degré de proximité avec la race allemande[4]. Contrairement à Albert Forster, son supérieur à Dantzig, il applique la politique de classement de la population avec une grande rigueur[5], n'ayant fait inscrire, en octobre 1944, que 499 500 personnes sur la Volksliste. À la demande de Himmler, Greiser ordonne de procéder à une expérience de tri racial dans le district de Wollstein, aboutissant à déclarer « racialement valables » 7,1 % de la population[6].

Cette politique suscite des inquiétudes chez les Polonais. Pour calmer ces appréhensions, il crée, en octobre 1942, une nouvelle catégorie dans la population polonaise, les « Polonais performants », désignés par leur employeur, recevant des prébendes et de meilleures rations almentairesref name="Bae146" />.

Un acteur important de la politique antijuive du Reich[modifier | modifier le code]

Dès sa prise de fonction, Greiser multiplie les vexations à l'encontre des Juifs de son Gau, non seulement ceux qui en sont originaires, mais aussi ceux qui y sont déportés. Il approuve ainsi la création d'un vaste ghetto, à Łódź[7].

Le « cas Greiser »[modifier | modifier le code]

Au cours de la déroute allemande de janvier 1945, Greiser, tout en s'opposant à l'évacuation de la totalité de son Gau, prend la fuite le 20 janvier, après avoir reçu un ordre de Hitler[8].

En effet, il ordonne l'évacuation des parties orientales de son Gau le 18 janvier, mais continue d'affirmer, en dépit du bon sens, que le Gau serait défendu. Mais, le 20 janvier, après avoir menti à Hitler sur la réalité de la progression soviétique, il fait déménager les services de son administration, réquisitionnant tous les camions disponibles[8].

L'annonce de cette fuite devant des unités soviétiques encore éloignées de la ville entraîne une critique en règle de son comportement, au sein même du NSDAP, Goebbels allant jusqu'à proposer qu'il soit cité à comparaître devant le tribunal du peuple, qui l'aurait condamné à mort. Le ministre de la Propagande doit faire face à l'opposition de Hitler, qui a donné l'ordre au Gauleiter de quitter Posen[9].

Cette fuite d'un Gauleiter, de longue date admiré de Goebbels, devant les unités soviétiques accélère le discrédit dont souffrent les Gauleiter[9]. Défendu par Bormann, il installe les services de son Gau à Francfort, adressant des rapports de situation à Himmler et Bormann, au mois jusqu'au 20 février 1945[10].

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Il fut condamné à mort et exécuté en Pologne en 1946 comme criminel de guerre, pour son implication dans la mort de dizaines de milliers de personnes lors de meurtres de masse et de la déportation des Juifs et Polonais, la systématisation du travail forcé et le pillage du peuple polonais.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles liés[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Chistian Baechler, Guerre et extermination à l'Est : Hitler et la conquête de l'espace vital. 1933-1945, Paris, Tallandier,‎ , 524 p. (ISBN 978-2-84734-906-1) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Christopher R. Browning, Les origines de la Solution finale : L'évolution de la politique antijuive des nazis septembre 1939 - mars 1942, Paris, Les Belles Lettres (édition utilisées : Point Collection Histoire),‎ , 1023 p. (ISBN 978-2-251-38086-5) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Édouard Conte et Cornelia Essner, La Quête de la race : Une anthropologie du nazisme, Paris, Hachette,‎ , 451 p. (ISBN 978-2-01-017992-1) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Ian Kershaw, La Fin : Allemagne, 1944-1945, Paris, Seuil,‎ , 665 p. (ISBN 978-2-02-080301-4)
  • Jean Lopez, Berlin : Les offensives géantes de l'Armée Rouge. Vistule - Oder - Elbe (12 janvier-9 mai 1945), Paris, Economica,‎ , 644 p. (ISBN 978-2-7178-5783-2)