Cinquième Coalition

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Cinquième Coalition
Napoléon Ier à Wagram peint par Horace Vernet
Informations générales
Date 10 avril - 14 octobre 1809
Lieu Europe centrale
Pays-Bas et Italie
Issue Victoire française
Changements territoriaux Le Premier Empire annexe les Provinces illyriennes

La Bavière annexe le Tyrol et Salzbourg
La Galicie occidentale est intégrée au sein du Duché de Varsovie
L'Empire russe annexe Ternopil

Belligérants
Flag of the Habsburg Monarchy.svg Empire d'Autriche
  • Tirol Dienstflagge (Variation).png Tyrol (en rébellion contre la Bavière)

Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni
Bandiera del Regno di Sicilia 4.svg Royaume de Sicile
Flag of the Kingdom of Sardinia.svg Royaume de Sardaigne

Drapeau de l'Empire français Empire français
Commandants
Flag of the Habsburg Monarchy.svg Archiduc Charles

Flag of the Habsburg Monarchy.svg Archiduc Jean
Flag of the United Kingdom (3-5).svg Lord Chatham
Tirol Dienstflagge (Variation).png Andreas Hofer
Flagge Herzogtum Braunschweig.svg Frédéric-Guillaume

Flag of France.svg Napoléon Ier

Flag of France.svg Louis Nicolas Davout
Flag of France.svg Jean Lannes
Flag of France.svg André Masséna
Flag of France.svg Louis-Alexandre Berthier
Flag of France.svg Auguste Marmont
Flag of Bavaria (striped).svg Maximilien Ier
Flag of the Napoleonic Kingdom of Italy.svg Prince Eugène
Flag of the Duchy of Warsaw.svg Józef Poniatowski
State flag of Saxony before 1815.svg Frédéric-Auguste Ier

Forces en présence
340 000 Autrichiens
40 000 Britanniques
275 000
Pertes
>100 000 >100 000
Guerres napoléoniennes
Batailles
Campagne d'Allemagne et d'Autriche

Sacile - Teugen-Hausen - Raszyn - Abensberg - Landshut - Eckmühl - Ratisbonne - Neumarkt (en) - Radzymin (en) - Caldiero (en) - Dalmatie (en) - Ebersberg - Piave - Malborghetto (en) - Linz (en) - Essling - St-Michel (en) - Stralsund (en) - Raab - Gratz - Wagram - Korneuburg (en) - Gefrees (en) - Schöngrabern (en) - Znaïm - Ölper (en)


Traité de Schönbrunn

Batailles navales
Martinique - Sables-d'Olonne - Île d'Aix - Walcheren - Grand Port - Lissa - Pelagosa


Campagne d'Espagne


Rébellion du Tyrol
Axams - Sterzing - Innsbrück - Kufstein - Volano - Lofer - Waidring - Wörgl - Strass im Zillertal - 1re Bergisel - 2e Bergisel - Franzensfeste - Pontlatzer Brücke - 3e Bergisel - Unken - Lueg - Hallein - Melleck - 4e Bergisel - Pustertal - Meran - Sankt Leonhard in Passeier

La guerre de la Cinquième Coalition est un conflit qui opposa une coalition menée par l'Empire d'Autriche et le Royaume-Uni à l'Empire français de Napoléon et à la Bavière. Les engagements entre la France et l'Autriche, les deux principaux belligérants, se déroulèrent dans toute l'Europe centrale entre avril et juillet 1809 et causèrent de lourdes pertes dans les deux camps. Le Royaume-Uni, déjà impliqué sur le continent dans la guerre d'Espagne, lança une expédition dans les Pays-Bas pour soulager l'Autriche mais celle-ci ne permit pas de changer le cours de la guerre. Malgré quelques victoires défensives mineures, l'absence dans la coalition de la Russie ou de la Prusse permit à Napoléon de remporter sur l'Autriche, dépassée en nombre, une victoire décisive lors de la sanglante bataille de Wagram.

Le traité de Schönbrunn qui met fin au conflit est extrêmement dur pour l'Autriche. Metternich et l'archiduc Charles avaient la préservation de l'Empire d'Autriche comme objectif fondamental et firent de larges concessions pour obtenir une alliance franco-autrichienne et un traité d'amitié[1]. Si la plupart des terres héréditaires restaient aux mains des Habsbourgs, l'Autriche dut céder les Provinces illyriennes à la France, la Galicie occidentale au Duché de Varsovie, le Tyrol au Royaume de Bavière[1] et la région de Tarnopol à la Russie. L'Autriche perd trois millions d'habitants soit un cinquième de sa population totale[2]. Malgré la poursuite des combats dans la péninsule ibérique, la guerre de la Cinquième Coalition est le dernier conflit majeur en Europe jusqu'à ce que l'invasion française de la Russie en 1812 n'entraine la création de la Sixième Coalition.

Contexte[modifier | modifier le code]

Depuis 1792, l'Europe est en état de guerre quasi-permanent opposant la France révolutionnaire à une série de coalitions. Après cinq ans d'affrontements, la Première République remporta la victoire sur la Première Coalition. Une Deuxième Coalition fut formée en 1798 mais elle est battue. En mars 1802, la France (gouvernée par Napoléon en tant que Premier consul) et la Grande-Bretagne acceptent de mettre fin aux hostilités lors du traité d'Amiens. Pour la première fois en dix ans, l'Europe était en paix. Cependant de nombreux différents restaient non résolus et la mise en place des accords signés à Amiens était délicate. La Grande-Bretagne supportait mal la restitution de toutes ses conquêtes coloniales depuis 1793 alors que la France put conserver la plupart de ses conquêtes en Europe. La France, de son côté, n'appréciait pas le maintien des troupes britanniques sur l'île de Malte[3]. En mai 1803, le Royaume-Uni déclare la guerre à la France.

Troisième Coalition (1804–1805)[modifier | modifier le code]

Article principal : Troisième Coalition.

Avec la reprise des hostilités, Napoléon (proclamé empereur en 1804) planifia l'invasion du Royaume-Uni. En décembre 1804, un accord entre la Suède et le Royaume-Uni donna naissance à la Troisième Coalition. Le premier ministre britannique William Pitt passa les années 1804-1805 à essayer de former une nouvelle coalition contre la France. Les méfiances réciproques entre le Royaume-Uni et l'Empire russe furent apaisées par les erreurs françaises et les deux signèrent un traité d'alliance en avril 1805[4]. Alarmée par les récentes avancées françaises dans le nord de l'Italie et souhaitant prendre sa revanche sur la France, l'Autriche rejoignit la coalition quelques mois plus tard[5].

En aout 1805, la Grande Armée française envahit les états allemands dans l'espoir d'écraser l'Autriche avant l'intervention russe. Le 25 aout, 200 000 soldats français franchissent le Rhin sur un front de 260 km[6]. Karl Mack avait rassemblé la plus grande partie de l'armée autrichienne à la forteresse d'Ulm en Bavière. Napoléon planifia une manœuvre de contournement qui lui permettrait d'attaquer l'arrière des autrichiens. La manœuvre d'Ulm est bien exécutée et le 20 octobre, Mack et 23 000 autrichiens se rendent, ce qui porte le nombre de prisonniers autrichiens durant la campagne à 60 000[6]. Les Français prennent Vienne et remportent une éclatante victoire sur l'armée russo-autrichienne lors de la bataille d'Austerlitz le 2 décembre. La bataille entraine l'évacuation des troupes russes d'Europe centrale et l'humiliation de l'Autriche qui doit signer le traité de Presbourg le 26 décembre.

Quatrième Coalition (1806–1807)[modifier | modifier le code]

Article principal : Quatrième Coalition.

La bataille d'Austerlitz entraina un changement majeur dans l'équilibre des puissances en Europe. La Prusse s'inquiétait de sa sécurité et avec la Russie, elle déclare la guerre à la France en 1806. 180 000 soldats français envahissent la Prusse au cours de l'automne 1806 en passant à travers la Forêt de Thuringe, sans savoir où se trouvait l'armée prussienne[7]. La bataille décisive eut lieu le 14 octobre lorsque les 90 000 Français commandés par Napoléon écrasèrent Hohenloe à la bataille d'Iéna mais Davout et ses 27 000 hommes surprend tout le monde en remportant une éclatante victoire sur les 63 000 Prussiens commandés par le roi Frédéric-Guillaume III et le duc de Brunswick lors de la bataille d'Auerstaedt[8]. L'armée française se lance ensuite à la poursuite des restes de l'armée prussienne dans le nord de l'Allemagne puis entre en Pologne, alors divisée entre la Prusse, l'Autriche et la Russie, pour affronter les troupes russes qui n'avaient pas pu sauver la Prusse.

Les deux armées se rencontrent en février 1807 dans la sanglante mais indécise bataille d'Eylau qui coute la vie à près de 30 000 hommes. Napoléon regroupe ses forces après la bataille et poursuit les Russes dans les mois suivants. Ces affrontements atteignent leur paroxysme lors de la bataille de Friedland le 14 juin 1807 qui est une victoire sans appel pour la France. Le traité de Tilsit qui met fin à cette coalition et à deux ans d'affrontements en Europe consacre la position dominante de la France en Europe. Il affaiblit considérablement la Prusse et forme un axe franco-russe destiné à résoudre les conflits entre les nations européennes.

Guerre en Espagne (1807–1809)[modifier | modifier le code]

Article principal : Guerre d'indépendance espagnole.

Le 17 octobre 1807, 24 000[9] soldats français commandées par le général Junot franchissent les Pyrénées avec l'accord de l'Espagne et avancent en direction du Portugal pour faire appliquer le Blocus continental de Napoléon. Il s'agissait de la première étape de la Guerre d'Espagne qui durera six ans et sapera la puissance française. Tout au long de l'hiver 1807-1808, les agents français devinrent de plus en plus impliqués dans les affaires intérieures et tentèrent de semer la discorde parmi les membres de la famille royale espagnole. Le 16 février 1808, les machinations secrètes françaises se matérialisèrent lorsque Napoléon annonça qu'il interviendrait en tant que médiateur entre les factions rivales de la monarchie espagnole[10]. Le maréchal Murat mena 120 000 soldats en Espagne et arriva à Madrid le 24 mars[11] où de violentes émeutes contre l'occupation avaient éclatées quelques semaines auparavant. La résistance à l'agression française se répandit dans tout le pays. La défaite inattendue des Français lors de la bataille de Bailén donna de l'espoir aux opposants de Napoléon et persuada l'empereur d'intervenir en personne. Une nouvelle armée française commandée par Napoléon franchit l'Èbre à l'automne et écrase toutes les armées espagnoles qu'elle affronte. Napoléon entre dans Madrid le 4 décembre avec 80 000 hommes[12]. Il lance ensuite ses troupes contre les forces britanniques de Moore. Les britanniques sont rapidement chassés de la côte et de toute la péninsule après la bataille de La Corogne en janvier 1809.

Solitude de l'Autriche[modifier | modifier le code]

L'Autriche cherchait une nouvelle confrontation avec la France pour venger les récentes défaites et l'évolution de la guerre en Espagne encouragea cette attitude. L'Autriche ne pouvait pas compter sur la Russie car elle était en guerre avec la Grande-Bretagne, la Suède (l'Autriche ne pouvait donc pas non plus compter sur la Suède) et l'Empire ottoman. Frédéric-Guillaume III de Prusse avait initialement promis d'aider l'Autriche mais se renia avant le déclenchement de la guerre[13]. Un rapport du ministre des finances autrichien prévoyait la faillite vers le milieu de l'année 1809 si la large armée formée depuis la Troisième Coalition restait mobilisée[13]. Même si Charles Louis d'Autriche avait averti que les Autrichiens n'étaient pas près pour une nouvelle confrontation avec Napoléon, une position qui le plaçait du côté du soi-disant "parti de la paix", il ne voulait pas démobiliser l'armée[13]. Le 8 février 1809, les bellicistes au sein du gouvernement impérial eurent finalement gain de cause et décidèrent secrètement de mener une guerre contre la France.

Réformes autrichiennes[modifier | modifier le code]

Le désastre d'Austerlitz et le traité de Presbourg de 1805 indiquaient que l'armée autrichienne avait besoin de réformes. Napoléon avait offert le trône d'Autriche à Charles après Austerlitz, ce qui lui valut la méfiance de son frère, l'empereur François II d'Autriche. Même si Charles était autorisé à mener des réformes dans l'armée autrichienne, François conservait le contrôle du Hofkriegsrat (Conseil aulique) afin de superviser les activités de Charles en tant que commandant suprême[14].

En 1806, Charles émit de nouvelles règles concernant l'armée et les tactiques. L'innovation principale était le concept de « mass », une formation anti-cavalerie fondée sur le carré militaire[14]. Cependant, les officiers autrichiens n'appréciaient pas cette tactique et elle fut rarement utilisée à moins d'être directement supervisée par Charles[14]. Après les défaites d'Ulm et d'Austerlitz, les Autrichiens réintroduisirent le modèle de six compagnies par bataillon en remplacement du modèle de quatre compagnies par bataillon introduit par Mack à la veille de la guerre en 1805[14]. Les problèmes continuaient cependant en dépit des réformes. Les Autrichiens manquaient de tirailleurs pour rivaliser avec leurs équivalents français. De même, la cavalerie était souvent divisée en petites unités dispersées dans toute l'armée et ne disposait pas de la puissance des larges unités de cavalerie françaises. Même si Charles avait tenté d'introduire la structure de commandement française, les officiers autrichiens manquaient souvent d'initiative et basaient leurs décisions sur le plan initial ou sur des ordres écrits[15].

L'empereur Napoléon Ier

Comme l'Autriche avait perdu de nombreux officiers et soldats réguliers et ne pouvait pas compter sur des alliés, elle utilisa la levée en masse employée auparavant par les Français. À ce moment, les Français remplaçaient le système de levée en faveur d'une armée professionnelle basée sur les vétérans et les troupes d'élite. Dans une étrange inversion des premières confrontations de la Révolution Française lorsque les soldats français inexpérimentés étaient poussés au combat contre l'armée professionnelle autrichienne, une large armée de conscrits autrichiens, sans expérience et un entrainement rudimentaire, était envoyée contre les troupes d'élite de la Grande Armée française.

Préparatifs autrichiens[modifier | modifier le code]

Charles et le conseil aulique étaient divisés sur la stratégie à suivre. Charles voulait une puissante poussée depuis la Bohème afin d'isoler les forces françaises en Allemagne du Nord et achever rapidement les hostilités[16]. La plus grande partie de l'armée autrichienne étant déjà positionnée dans cette zone, cela semblait l'opération la plus logique[16]. Le conseil aulique était cependant réticent car le Danube diviserait les forces de Charles et celles de son frère, l'archiduc Jean[16]. Il suggéra à la place que l'attaque principale devait être lancée au sud du Danube pour pouvoir maintenir des communications aisées avec Vienne[16]. Le conseil l'emporta mais un temps précieux avait été perdu. Le plan d'attaque autrichien prévoyait que les 38 000 hommes de Bellegarde et les 20 000 hommes de Kollowrat devaient attaquer Ratisbonne à partir des montagnes bohèmes en passant par le district de Cham. Le centre et les réserves autrichiens comprenant 66 000 hommes devaient également avancer sur Ratisbonne en passant par Schärding et les 61 000 soldats de l'aile gauche menés par Kienmayer devaient prendre Landshut et sécuriser le flanc gauche de l'offensive[17]. Par ailleurs, un corps d'armée de 32 000 hommes, commandé par l'archiduc Ferdinand, était placé en Galicie afin d'envahir le duché de Varsovie, allié et vassal de l'empire français et où stationnait la petite armée polonaise du général Józef Poniatowski.

Préparatifs français[modifier | modifier le code]

Napoléon n'était pas entièrement certain des intentions autrichiennes. Il était à Paris et conseillait le principal commandant français dans le Sud de l'Allemagne, Berthier sur les points stratégiques et le déploiement des forces. Il prévoyait de faire de la vallée du Danube le principal théâtre d'opération comme il l'avait fait en 1805 et pour empêcher une invasion autrichienne de l'Italie du Nord, il déploya des unités commandées par Eugène de Beauharnais et Marmont[18]. De mauvais renseignements donnèrent à Napoléon l'impression que l'attaque autrichienne principale viendrait au nord du Danube[19] et le 30 mars, il écrivit une lettre à Berthier expliquant son intention de masser 140 000 soldats aux alentours de Ratisbonne, bien plus au nord d'où les Autrichiens prévoyaient d'attaquer[18]. Ces erreurs de jugements firent que l'armée française était mal positionnée au début des hostilités.

Opérations militaires[modifier | modifier le code]

Situation stratégique en Europe en février 1809

L'Autriche frappe la première[modifier | modifier le code]

Situation générale du 17 au 19 avril montrant les Autrichiens avançant vers la ville stratégique de Ratisbonne dans l'espoir de détruire le IIIe corps français isolé.

Au matin du 10 avril, des éléments d'avant-garde de l'armée autrichienne franchirent l'Inn et entrèrent en Bavière. Les mauvaises routes et le temps pluvieux ralentirent l'avancée autrichienne durant la première semaine mais les unités bavaroises durent lentement se retirer. L'attaque autrichienne arriva une semaine avant ce que Napoléon avait anticipé et en son absence, le rôle de Berthier devint critique. Berthier se révéla être un mauvais commandant, une caractéristique aggravée par le fait que plusieurs messages de Paris arrivèrent en retard et furent mal interprétés lorsqu'ils arrivèrent au quartier général[20]. Alors que Napoléon avait écrit à Berthier qu'une attaque autrichienne avant le 15 avril devrait être reçue par une concentration française autour de Donauwörth et d'Augsburg, Berthier se concentra sur une phrase appelant Davout à stationner son IIIe corps autour de Ratisbonne et ordonna au "maréchal de fer" de progresser sur la ville en dépit de la pression autrichienne[20].

La Grande Armée d'Allemagne était maintenant dans une position périlleuse car ses deux ailes séparées de 75 km étaient uniquement liés par le mince cordon bavarois. Berthier, les maréchaux français et les sans-grades étaient tous évidemment frustrés par l'apparente inutilité des marches et des contre-marches[21]. Le 16 avril, l'avant-garde autrichienne avait repoussé les bavarois jusqu'à Landshut et sécurisé un passage sur l'Isar. Napoléon arriva finalement à Donauwörth le 17 avril après une furieuse chevauchée depuis Paris. Charles se félicita de ses premiers succès et envisagea de détruire les corps isolés de Davout et de Lefebvre dans une manœuvre d'encerclement. Quand Napoléon réalisa que d'importantes troupes autrichiennes avaient déjà franchis l'Isar et marchaient vers le Danube, il insista pour que toute l'armée française soit déployée derrière l'Ilm en moins de 48 heures dans l'espoir de rattraper les erreurs de Berthier[22]. Ses ordres étaient cependant irréalistes car il sous-estimait le nombre de troupes autrichiennes qui avançaient vers Davout ; Napoléon croyait que Charles n'avait qu'un seul corps au-delà de l'Isar mais en fait, les Autrichiens avaient cinq corps progressant vers Ratisbonne soit 80 000 hommes[22]. Napoléon devait agir rapidement pour sauver son flanc gauche de la destruction.

La manœuvre de Landshut[modifier | modifier le code]

La manœuvre de Landshut et l'expulsion des forces autrichiennes de Bavière.

Davout anticipa le danger et retira ses troupes de Ratisbonne en ne laissant qu'une garnison de 2 000 hommes[23]. Les colonnes autrichiennes avançant vers le nord dans la région de Kelheim-Abbach rencontrèrent quatre colonnes françaises progressant vers l'ouest en direction de Neustadt au début du 19 avril. Les attaques autrichiennes furent lentes, mal-coordonnées et aisément repoussés par les vétérans du IIIe corps français. Napoléon savait que des combats avaient lieu dans le secteur de Davout et planifia une nouvelle stratégie pour battre les Autrichiens : Tandis que les Autrichiens attaquaient au nord, le corps de Masséna, plus tard renforcé par les forces de Oudinot pourraient attaquer au sud-est en direction de Freising et de Landshut dans l'espoir d'encercler la totalité de la ligne autrichienne et de soulager la pression sur les troupes de Davout[24]. Napoléon était raisonnablement confiant dans la capacité de Davout et de Lefebvre à fixer les Autrichiens pendant que ses autres forces balayeraient les arrières des autrichiens.

Les premières attaques se déroulèrent bien car le Ve corps autrichien gardant Abensberg fut mis en déroute par les Français. Cependant, Napoléon agissait selon des renseignements erronés ce qui rendait ses objectifs difficiles à atteindre[24]. L'avancée de Masséna vers Landshut demandait trop de temps, ce qui permit à Hiller de s'échapper en traversant l'Isar au sud. Le pont sur le Danube fournissait un accès aisé à Ratisbonne et permit aux autrichiens de s'échapper ce qui empêcha la destruction complète de l'armée voulue par Napoléon. Le 20 avril, les Autrichiens avaient perdu 10 000 hommes, 30 canons et 7 000 véhicules mais représentaient toujours une force combattante redoutable[24]. Dans la soirée, Napoléon réalisa que les combats de la journée n'avaient impliqués de deux corps autrichiens. Charles avait encore la possibilité de s'échapper vers l'est en direction de Straubing s'il le voulait.

Le 21, Napoléon reçut une dépêche de Davout qui parlait d'affrontements majeurs près de Teugen-Hausen. Davout conserva ses positions et malgré l'envoi de renforts, environ 36 000 français affrontaient 75 000 autrichiens[25]. Lorsque Napoléon apprit finalement que Charles ne se retirait pas vers l'est, il réaligna l'axe de la Grande Armée dans une opération connue sous le nom de manœuvre de Landshut. Toutes les forces françaises disponibles, à l'exception des 20 000 soldats de Bessieres qui pourchassaient Hiller se précipitèrent contre Eckmühl dans une nouvelle tentative pour encercler les Autrichiens et soulager leurs camarades assiégés[26]. Le 22 avril, Charles avait laissé 40 000 hommes sous le commandement de Rosenburg et Hohenzollern pour attaquer Davout et Lefebvre tandis qu'il avait détaché deux corps commandés par Kollowrat et Lichtenstein pour s'emparer de la rive de l'Abbach[26]. À 13h00, cependant, le son du canon au sud pouvait être entendu annonçant l'arrivée de Napoléon. Davout ordonna immédiatement une attaque générale sur l'ensemble de la ligne en dépit de son infériorité numérique[27]. Les renforts de Napoléon décimèrent le flanc gauche autrichien. La bataille d'Eckmühl se termina par une large victoire française et Charles décida de se retirer au-delà du Danube vers Ratisbonne. Napoléon lança ensuite Masséna pour reprendre Straubing à l'est tandis que le reste de l'armée poursuivit les Autrichiens en déroute. Les Français reprirent Ratisbonne après une charge héroïque menée par Lannes mais la grande majorité des forces autrichiennes parvint à se retirer en Bohème. Napoléon tourna ensuite son attention au sud vers Vienne où il affronta plusieurs fois les forces de Hiller comme lors de la bataille d'Ebersberg le 3 mai. Dix jours plus tard, la capitale autrichienne tombe pour la deuxième fois en quatre ans.

Aspern-Essling[modifier | modifier le code]

Article principal : Bataille d'Essling.
Charge des grenadiers autrichiens lors de la bataille d'Essling le 22 mai 1809, par Felician Myrbach.

Les 16 et 17 mai, la principale armée autrichienne commandée par Charles arriva dans le Marchfeld, une plaine au nord-est de Vienne juste au-delà du Danube qui servait souvent de zone d'entrainement pour les forces militaires autrichiennes. Charles garda le gros de ses forces à plusieurs kilomètres derrière le fleuve afin de pouvoir déployer ses troupes où Napoléon déciderait d'attaquer. Le 20 mai, Charles apprit par ses observateurs sur la colline de Bissam que les Français construisaient un pont à Kaiser-Ebersdorf[28] juste au sud-ouest de l'île de Lobau qui menait au Marchfeld. Le 21, les Français franchirent le Danube de vive force à Kaiser-Ebersdorf et Charles ordonna une avance générale de ses 98 000 hommes et 292 canons organisés en cinq colonnes[29]. La tête de pont française reposait sur deux villages : Aspern à l'ouest et Essling à l'est. Napoléon n'avait pas prévu de rencontrer une opposition et les ponts reliant les troupes françaises d'Aspern-Essling à Lobau n'étaient pas protégés avec des palissades, ce qui les rendaient hautement vulnérables face aux navires autrichiens qui auraient été enflammés[29].

La bataille d'Aspern-Essling commença à 14h30 le 21 mai. Les premières attaques autrichiennes mal coordonnées contre Aspern échouèrent completement mais Charles persista. Finalement, les Autrichiens parvinrent à s'emparer de tout le village. L'attaque d'Essling ne commença pas avant 18h00 car les quatrième et cinquième colonnes avaient plus de chemin à parcourir[29]. Les Français repoussèrent toutes les attaques sur le village durant la journée du 21. Le 22, les combats commencèrent dès 3 h du matin et quatre heures plus tard les Français avaient repris Aspern. Napoléon disposait maintenant de 71 000 hommes et 152 canons sur l'autre rive mais les Français étaient toujours dangereusement inférieurs en nombre[30]. Il lança alors un assaut massif contre le centre autrichien pour donner suffisamment de temps au IIIe corps pour qu'il puisse traverser et remporter la victoire. Lannes avança avec trois divisions d'infanterie sur un kilomètre avant que les Autrichiens n'engagent leurs réserves et n'obligent les Français à se replier[31]. À 21h00, le pont français est une nouvelle fois détruit par de lourds chalands que les Autrichiens ont fait dériver grâce au courant. Charles lança une autre puissante offensive une heure plus tard et s'empare d'Aspern pour de bon mais ne put reprendre Essling. Cependant la ville tombe quelques heures plus tard malgré la défense obstiné d'un grenier à blé. Napoléon se retire mais la garde impériale commandée par Jean Rapp désobéit aux ordres de l'empereur et reprend Essling[31]. Charles poursuivit ses bombardements qui coûtèrent la vie au maréchal Lannes. Les affrontements diminuèrent peu après et les Français se replièrent sur l'île de Lobau. Les Français n'étaient pas parvenus à traverser le Danube et Charles avait infligé la première défaite majeure de la carrière militaire de Napoléon.

Wagram[modifier | modifier le code]

Article principal : Bataille de Wagram.
Voltigeurs français lors de la bataille de Wagram au début du mois de juillet 1809

Après sa défaite à Aspern-Essling, Napoléon passa six semaines à planifier son offensive pour parer à toute éventualité avant de tenter une nouvelle traversée du Danube[32]. Les Français amenèrent plus de soldats, de canons et mirent en place de meilleures mesures défensives pour assurer le succès de la prochaine traversée. Du 30 juin aux premiers jours du mois de juillet, les Français franchirent le Danube de vive force avec pas moins de 188 000 hommes marchant à travers le Marchfeld en direction des Autrichiens[32]. Initialement, la seule résistance fut celle des divisions avancées de Nordmann et de Johann von Klenau car le gros de l'armée se tenait 8 km en retrait autour du village de Wagram[33]. Après avoir réussi la traversée, Napoléon ordonna une offensive générale pour éviter que les Autrichiens ne puissent s'échapper durant la nuit. De violents assauts menés par le contre le village de Baumersdorf permirent aux Français de remporter une victoire presque immédiate mais finalement, les Autrichiens réussirent à tenir leurs positions et bloquèrent l'avancée française. Des attaques incessantes de la cavalerie de Vincent Chevauleger forcèrent les unités à se retirer, laissant les Français sans gains. De nouvelles attaques sur la gauche de la ligne menées par MacDonald ne permirent aucune avancée significative. À la fin du premier jour, les Français avaient pris pied dans le Marchfeld mais ils ne purent aller plus loin.

Le 6 juillet, Charles planifia un encerclement qui nécessitait une marche rapide des forces de son frère Jean à quelques kilomètres à l'est du champ de bataille. Le plan de Napoléon impliquait également une encerclement du flanc gauche de l'armée autrichienne par le IIIe corps de Davout tandis que le reste de l'armée bloquait les forces autrichiennes. Le IVe corps de Klenau soutenu par le IIIe de Kollowrat ouvrit les hostilités le deuxième jour à 4h00 avec un puissant assaut sur la gauche de la ligne française qui dut abandonner Aspern et Essling[33]. Dans le même temps, un événement consternant se produisit durant la nuit. Bernadotte avait unilatéralement retiré ses troupes du village clé d'Aderklaa du fait d'un bombardement d'artillerie ce qui compromettait sérieusement l'ensemble du dispositif français[33]. Napoléon était horrifié et envoya deux divisions du corps de Masséna soutenu par la cavalerie pour reprendre cette position critique. Après des combats difficiles au départ, Masséna envoya la division de réserve de Molitor, ce qui permit lentement mais surement de reprendre le contrôle d'Aderklaa avant de le reperdre après de violentes contre-attaques autrichiennes. Pour gagner du temps et permettre à l'attaque de Davout de se mettre en place, Napoléon envoya 4 000 cuirassiers contre les lignes autrichiennes[34] mais leurs efforts ne menèrent à rien. Pour sécuriser son centre et sa gauche, Napoléon assembla une grande batterie de 112 canons qui commença à pilonner lourdement les lignes autrichiennes[34]. Comme les hommes de Davout progressaient contre la gauche autrichienne, Napoléon lança l'attaque sur le centre. les troupes furent décimée par l'artillerie autrichienne mais ils parvinrent à percer au centre, cependant l'avancée tactique ne put être exploitée du fait du manque de cavalerie dans la zone. Néanmoins, lorsque Charles jaugea la situation, il réalisa que ce n'était plus qu'une question de temps avant que le dispositif ne s'effondre complètement et il ordonna une retraite vers la Bohème dans l'après-midi. Son frère Jean arriva sur le champ de bataille à 14h00, trop tard pour avoir un quelconque impact sur le résultat et il se retira également vers la Bohême.

Les Français ne poursuivirent pas immédiatement les Autrichiens car ils étaient épuisés par deux jours de combats féroces. Après avoir récupéré, ils poursuivirent les Autrichiens et les rattrapèrent à Znaïm à la mi-juillet. Charles dut signer un armistice avec Napoléon. Les combats entre la France et l'Autriche étaient effectivement finis, bien que plusieurs mois de querelles furent encore nécessaires avant la signature du traité de paix.

Autres théâtres[modifier | modifier le code]

Encouragés par les Autrichiens à se libérer du joug des alliés bavarois de Napoléon, les habitants de la région alpines du Tyrol se soulevèrent en 1809 mais furent finalement vaincus

En Italie, l'archiduc Jean attaqua le beau-fils de Napoléon, Eugène de Beauharnais. Les Autrichiens repoussèrent plusieurs assauts français lors de la bataille de Sacile en avril. Eugène dut se replier sur Vérone et sur l'Adige afin de regrouper ses forces pour lancer une offensive mieux préparée, qui permit d'expulser les Autrichiens du nord de l'Italie. L'armée franco-italienne commandée par le vice-roi Eugène de Beauharnais, poursuivit l'armée de l'archiduc Jean aux frontières de la Hongrie, au cœur de l'empire autrichien, et battit cette dernière lors de la bataille de Raab, le 14 juin 1809. Cette bataille repoussa l'armée de l'archiduc plus à l'est et l'empêcha de rejoindre l'armée principale autrichienne de l'archiduc Charles à Wagram. Les forces d'Eugène purent en revanche rejoindre l'armée principale de Napoléon[35]. En Dalmatie, Marmont, sous le commandement nominal d'Eugène, combattit contre le général Stoichewich. Marmont lança une offensive dans les montagnes le 30 avril mais il fut repoussé par les "grenzers"[36]. En dépit des revers initiaux, Marmont continua ses attaques et rejoignit Napoléon à Wagram.

Sur le théâtre d'opération du duché de Varsovie, l'archiduc Ferdinand déclencha les hostilités le 14 avril 1809. Poniatowski, avec sa petite armée de 16 000 hommes, battit les Autrichiens à Raszyn le 19 avril. Malgré cela, les polonais durent abandonner Varsovie, capitale du duché, et les forces autrichiennes occupèrent la ville, et y laissèrent une forte garnison, ce qui affaiblit l'effectif du reste de l'armée d'invasion. Poniatowski se lança alors sur les arrières autrichiens, en envahissant la Galicie, territoire autrichien issu des partages de la Pologne et dont la population accueille favorablement les troupes de Poniatowski. Durant le mois de mai, les forces polonaises prirent les principales villes de la province : Lublin (14 mai), Sandomir (18 mai), Zamość (20 mai) et Lvov (27 mai). Les Autrichiens abandonnèrent alors Varsovie le 1er juin pour défendre leur territoire et purent reprendre Lvov en juin, ce qui n’empêcha pas les polonais de se diriger vers l'ouest de cette province et d'occuper Cracovie le 15 juillet. L'armistice de Znaïm fixe également l'échec autrichien sur ce front polonais. Sur ce front, l'alliance franco-russe issue du traité de Tilsit de 1807, et à la suite de l'entrevue d'Erfurt entre Napoléon et le tsar Alexandre Ier, en octobre 1808, s'avéra illusoire : selon cette alliance, les russes devaient appuyer les polonais face aux autrichiens. Lorsque Poniatowski se lança en juin à la conquête de l'ouest de la Galicie, les russes ne cherchèrent pas à éviter le retour des troupes autrichiennes à Lvov, et cherchèrent même à occuper Cracovie avant les polonais avec l'accord tacite des autrichiens, ces derniers les laissant progresser rapidement en Galicie.

Dans le Tyrol, Andreas Hofer mena une rébellion contre la domination bavaroise et française. Le soulevement rencontra des succès initiaux mais fut écrasé après la victoire de Wagram. Hofer fut exécuté par un peloton d'exécution en 1810.

En Saxe, une force conjointe d'autrichiens et de Brunswickois sous le commandement du général Kienmayer rencontra plus de succès et défit un corps mené par le général Junot à la bataille de Gefrees. Après la chute de la capitale, Dresde, les Autrichiens repoussèrent l'armée du frère de Napoléon Jérôme Bonaparte et prirent le contrôle de toute la Saxe. Cependant à ce moment, la principale armée autrichienne avait été battue à Wagram et l'armistice de Znaïm avait été signé[37].

Dans les Pays-Bas, les britanniques lancèrent l'expédition de Walcheren pour réduire la pression sur les Autrichiens. La force britannique de plus de 39 000 hommes débarqua à Walcheren le 30 juillet. Cependant, les Autrichiens avaient déjà perdu la guerre. L'expédition fut caractérisée par peu de combats et de lourdes pertes du fait du paludisme. Plus de 4 000 soldats moururent et les autres se retirèrent en décembre 1809[38].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Le traité de Schönbrunn signé le 14 octobre 1809 était très dur envers l'Autriche. La France recevait la Carinthie, la Carniole et les ports de l'Adriatique tandis que la Galicie était cédée aux polonais et le Tyrol aux bavarois. L'Empire d'Autriche perdait trois millions d'habitants soit environ 20 % de la population totale. L'empereur François acceptait également de payer une lourde indemnité, reconnaissait le frère de Napoléon, Joseph comme roi d'Espagne et réaffirmait son soutien au blocus continental[2]. L'armée autrichienne ne dépassera jamais plus les 150 000 hommes jusqu'à la fin des guerres napoléoniennes[2]. La défaite autrichienne ouvrait la voie au mariage de Napoléon et de la fille de l'empereur François, Marie-Louise d'Autriche. Napoléon pensait que ce mariage éliminerait une future menace autrichienne mais la politique des Habsbourgs n'était pas aussi liées aux liens familiaux que Napoléon l'avait pensé.

L'impact du conflit ne fut pas entièrement positif du point de vue français. Les révoltes dans le Tyrol et le Royaume de Westphalie durant le conflit indiquaient que la population allemande était mécontente de la domination française. Quelques jours après la signature du traité, un allemand de 18 ans nommé Frédéric Staps tenta de poignarder l'empereur lors d'une revue militaire mais en fut empêché par le général Rapp[39]. Les forces naissantes du nationalisme allemand étaient déjà bien implantée à cette période et la guerre de la Cinquième Coalition joua un rôle important dans leur développement[39]. En 1813, lorsque la Sixième Coalition affronta les Français pour le contrôle de l'Europe centrale, les populations allemandes s'opposèrent violemment à la domination française et soutinrent largement les alliés.

La guerre sapa également la supériorité militaire française et l'image de Napoléon. La bataille d'Aspern-Essling fut la première défaite majeure de la carrière de Napoléon et fut bien accueillie dans toute l'Europe. Les Autrichiens montrèrent également que la vision stratégique et l'aptitude tactique n'étaient plus un monopole français[40]. Le déclin de la compétence tactique de l'infanterie française mena les Français à éviter les manœuvres et à compter sur le simple poids du nombre pour réussir une percée comme l'a montré l'attaque de MacDonald à Wagram[40].

La Grande Armée perdit de sa force car les vétérans disparus à Austerlitz et à Iena furent remplacés par des conscrits[41]. De plus, les armées de Napoléon étaient de plus en plus composées de soldats étrangers ce qui sapait le moral[41]. Même si Napoléon continuait de manœuvrer avec sa brillance habituelle, comme l'a montré le redressement spectaculaire des positions françaises, la taille de plus en plus importante de ses armées rendait difficile leur utilisation même pour lui[41]. L'étendue de la guerre augmentait trop vite pour que Napoléon puisse complètement maitriser les opérations militaires. Cela lui fut fatal lors de l'invasion de la Russie en 1812[41].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Todd Fisher & Gregory Fremont-Barnes, The Napoleonic Wars: The Rise and Fall of an Empire. p. 144
  2. a, b et c David G. Chandler, The Campaigns of Napoleon. p. 732.
  3. Chandler p. 304
  4. Chandler p. 328. La Mer Baltique était dominée par la Russie, une situation pénible pour le Royaume-Uni car elle fournissait de nombreuses ressources comme le bois, le goudron ou le chanvre à l'Empire britannique. De plus, la Grande-Bretagne soutenait l'Empire ottoman contre les incursions russes en Méditerranée. Cependant, les réorganisations territoriales françaises en Allemagne s'étaient faites sans consultation avec la Russie et les annexions napoléoniennes dans la vallée du Pô avaient tendues les relations entre les deux pays.
  5. Chandler p. 331
  6. a et b Andrew Uffindell, Great Generals of the Napoleonic Wars. p. 15
  7. David G. Chandler, The Campaigns of Napoleon. p. 469.
  8. Chandler pp. 479–502.
  9. Todd Fisher & Gregory Fremont-Barnes, The Napoleonic Wars: The Rise and Fall of an Empire. p. 197
  10. Fisher & Fremont-Barnes pp. 198–99
  11. Fisher & Fremont-Barnes p. 199
  12. Fisher & Fremont-Barnes p. 205
  13. a, b et c Fisher & Fremont-Barnes p. 106
  14. a, b, c et d Fisher & Fremont-Barnes p. 108
  15. Fisher & Fremont-Barnes pp. 108–9
  16. a, b, c et d David G. Chandler, The Campaigns of Napoleon. p. 676.
  17. Chandler pp. 676–77
  18. a et b Chandler p. 671
  19. Chandler p. 672
  20. a et b Chandler pp. 678–79
  21. Chandler p. 679
  22. a et b Chandler p. 681
  23. Chandler p. 682
  24. a, b et c Chandler p. 683
  25. Chandler p. 689
  26. a et b Chandler p. 690
  27. Chandler p. 691
  28. Andrew Uffindell, Great Generals of the Napoleonic Wars. p. 174
  29. a, b et c Uffindell, p. 175
  30. Uffindell, p. 178
  31. a et b Uffindell, pp. 178–79
  32. a et b David G. Chandler, The Campaigns of Napoleon. p. 708.
  33. a, b et c Todd Fisher & Gregory Fremont-Barnes, The Napoleonic Wars: The Rise and Fall of an Empire. p. 134
  34. a et b Fisher & Fremont-Barnes p. 141
  35. Fisher & Fremont-Barnes p. 122
  36. Fisher & Fremont-Barnes p. 123
  37. F. Loraine Petre, Napoleon and the Archduke Charles. p. 318
  38. The British Expeditionary Force to Walcheren: 1809 The Napoleon Series, Retrieved 5 September 2006.
  39. a et b Chandler p. 736.
  40. a et b Richard Brooks (editor), Atlas of World Military History. p. 115
  41. a, b, c et d Brooks (editor) p. 114

Bibliographie[modifier | modifier le code]