Opération Margarethe

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L'opération Margarethe est une opération militaire allemande s'étant déroulée en Hongrie au printemps 1944. L'opération vise à occuper la plus grande part possible du territoire du Royaume de Hongrie, alors menacé par les troupes soviétiques.

Elle comporte deux sous-opérations, « Margarethe I », nom de code désignant des manœuvres opérées par les seules forces militaires allemandes, et « Margarethe II », se référant au mouvement général d'occupation réalisé conjointement par les forces allemandes, croates, roumaines et slovaques[1] « Margarethe I », rebaptisée après coup simplement « Margarethe », est lancée par Adolf Hitler le 12 mars 1944, tandis que « Margarethe II » n'a jamais été mise en œuvre.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Le premier ministre hongrois, Miklós Kállay, avec l'assentiment complet du régent Miklós Horthy, lance des pourparlers avec les Alliés pour parvenir à une paix séparée. Adolf Hitler, apprenant l'existence de ces tractations, se sent trahi par son allié hongrois, donne ordre aux troupes allemandes de prendre le contrôle des principales installations hongroises susceptibles d'intéresser le Reich allemand.

Hitler invite Horthy le 15 mars 1944 au château de Klessheim, à proximité de Salzbourg en Autriche rattachée. Pendant les réunions de travail, les forces allemandes avancent sans rencontrer d'opposition en territoire hongrois. Ces réunions n'étaient autre qu'une manœuvre de diversion visant à faire quitter le pays à Horthy tout en laissant l'armée hongroise sans commandement, et donc sans ordre.

Les négociations entre Horthy et Hitler durent jusqu'au 18 mars, date à laquelle Horthy rentre en Hongrie en train. Lors de son arrivée à Budapest, il est accueilli par des soldats allemands. Ceux-ci le menacent, en lui exposant que la Hongrie ne peut rester souveraine qu'à condition qu'il démette Kállay de ses fonctions, et qu'un gouvernement coopérant pleinement avec les Allemands soit mis en place, sans quoi la Hongrie serait purement et simplement occupée, sans davantage de cérémonie. Conscient de ce que cette dernière option signifierait la mise du pays sous le contrôle d'un gauleiter, lequel traiterait du pays comme de n'importe quel pays ennemi occupé, Horthy renvoie Kállay et nomme Döme Sztójay comme nouveau Premier ministre, en signe de bonne volonté vis-à-vis des Allemands. De fait, la Hongrie garde un semblant de souveraineté, mais en apparence seulement.

La Hongrie se retrouve ainsi occupée dans la plus grande surprise, ce qui fait de l'opération Margarethe une action rapide et sans affrontement. Le plan initial prévoyait de démobiliser l'armée hongroise. Toutefois, avec les forces soviétiques prêtes à fondre sur la Hongrie au nord et à l'est, et avec les Anglo-américains progressant dans les Balkans[réf. nécessaire], les Allemands décident de conserver ces forces armées, dont une partie est employée pour protéger les cols des Carpates[2].

Toutefois, ce n'est que partie remise. En octobre 1944, les Allemands lancent l'opération Panzerfaust, après que Horthy eut relancé des négociations de paix séparée avec les Alliés.

Homonymie[modifier | modifier le code]

L'« Margarethe II » désigne également le plan allemand visant à envahir la Roumanie dans le cas où le gouvernement roumain déciderait de capituler face aux forces soviétiques[3],[4],[5]. Bien que ce scénario s'accomplît en août 1944 lors du coup d'État du Roi Michel (en), l'opération « Margarethe II » n'a jamais été lancée[3],[4],[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Carlile Aylmer Macartney, October Fifteenth : A History of Modern Hungary, 1929–1945, 2 vols. (Edinburgh University Press, 1956–57), II, 226.
  2. Earl F. Ziemke, Stalingrad to Berlin : The German Defeat in the East, U.S. Government Printing Office, 1968
  3. a et b (en) Jean W. Sedlar, The Axis Empire in Southeast Europe, 1939-1945, 2007, [lire en ligne] (ISBN 1601452977)
  4. a et b (en) John Erickson, The Road to Berlin: Stalin`s War with Germany, vol. 2, 10 juin 1999, (ISBN 0300078137)
  5. a et b [1]