Campagne de Crimée (1941-1942)

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Campagne de Crimée
Commissaire politique soviétique menant les soldats du 220e régiment d'infanterie à l'assaut, Ukraine, 12 juillet 1942.
Commissaire politique soviétique menant les soldats du 220e régiment d'infanterie à l'assaut, Ukraine, 12 juillet 1942.
Informations générales
Date du 24 septembre 1941 au 4 juillet 1942
Lieu Union soviétique, Crimée
Issue Victoire allemande en 1942, l'Allemagne nazie dispose d’une solide tête de pont et d’un port en Ukraine
Belligérants
Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Drapeau : Roumanie Royaume de Roumanie
Drapeau de l'URSS Union soviétique
Commandants
Drapeau : Allemagne Erich von Manstein
Drapeau : Allemagne Wolfram von Richthofen
Drapeau : URSS Dmitri Kozlov
Drapeau : URSS Vassili Ivanovitch Petrov
Forces en présence
350 000 soldats
45 000 soldats roumains
150 chars
2 045 canons
600 avions
250 000 soldats
260 chars
600 canons
Pertes
30 300 morts et blessés 250 000 morts, blessés, disparu ou évacués
260 chars
Seconde Guerre mondiale
Batailles
Front de l’Est

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Coordonnées 44° 56′ 00″ N 34° 06′ 00″ E / 44.9333, 34.144° 56′ 00″ Nord 34° 06′ 00″ Est / 44.9333, 34.1  

Géolocalisation sur la carte : Crimée

(Voir situation sur carte : Crimée)
 Différences entre dessin et blasonnement : Campagne de Crimée (1941-1942).

Géolocalisation sur la carte : Ukraine

(Voir situation sur carte : Ukraine)
 Différences entre dessin et blasonnement : Campagne de Crimée (1941-1942).

La campagne de Crimée, pendant la Seconde Guerre mondiale, est une campagne militaire des Allemands et des Roumains pour s'emparer de la presqu'île de Crimée détenue par les Soviétiques, qui se déroula du 24 septembre 1941[1] au 4 juillet 1942, date à laquelle la Crimée est entièrement aux mains des Allemands et de leurs alliés.

S'inscrivant dans l'invasion de l'URSS démarrée par l'opération Barbarossa, la campagne de Crimée est relativement indépendante de celle-ci du fait de l'isolement géographique de la presqu'île. L'ensemble des combats se déroulent en trois grandes phases : de septembre à décembre 1941, l'offensive des germano-roumains leurs permet de s'emparer de la totalité de la Crimée à l'exception notable du port fortifié de Sébastopol, considéré comme la forteresse la plus puissante de toute l'URSS[2]. Fin décembre et début janvier, la contre-offensive des Soviétiques avec de multiples débarquements repousse les Allemands de la péninsule de Kertch et desserre leur étreinte sur Sébastopol, mais n'aboutit qu'à des combats statiques au printemps 1942. Finalement, les Allemands et les Roumains reprennent l'offensive en mai et juin 1942, et chassent les Soviétiques consécutivement de la péninsule de Kertch et de Sébastopol.

Allemands et Roumains éliminent ainsi la menace aérienne que faisait porter la Crimée sur les champs pétrolifères de Ploiești. Désormais les Allemands disposent par le détroit de Kertch d'une nouvelle voie d'accès vers le Caucase, objectif de Fall Blau, la grande campagne d'été allemande démarrée quelques jours plus tôt.

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Maquette du canon Dora.

L’armée allemande du général von Manstein est la 11e armée allemande, plus de 150 000 soldats allemands dont 45 000 soldats roumains et 150 chars[3] en septembre 1941. Le corps de montagne roumain appartenant à la 3e Armée roumaine possédait un grand nombre de pièces d’artillerie de gros calibre. L’artillerie de l’armée allemande en Crimée était aussi très puissante comprenant entre autres les deux canons « Karl » de 60 cm et le canon géant Dora de 80 cm. Au cours de l’opération Störfang, von Richthofen aligna plus de 600 avions, et von Manstein plus de 2 000 pièces d’artillerie, de DCA et de canons antichar. L’Armée rouge du fort de Sébastopol est commandée par le major-général Petrov. Ses effectifs sont d’environ 180 000 soldats, 260 chars soviétiques partagés avec le Front de Crimée. Les Soviétiques alignent plus de 650 pièces d’artillerie, qui sera utilisée lors du siège de Sébastopol, mais disposent seulement d’une cinquantaine d’avions obsolètes. Les troupes soviétiques du Front de Crimée étaient commandées par le lieutenant-général Kozlov et alignaient 3 armées soviétiques : la 51e armée au nord, au sud, la 44e armée et la 47e armée en réserve.

Premier contact[modifier | modifier le code]

Le Front de l'Est

La 11e Armée du Heeresgruppe Sud attaqua la région en septembre 1941[4], mais les Allemands ne parvinrent pas à prendre la ville de Sébastopol, bien que toute la Crimée fut sous leur contrôle. Von Manstein avait l'intention de prendre la ville avant l'hiver, il prélèva ainsi des unités de la presqu'île du Kertch, affaiblissant ainsi cette zone. Les Soviétiques profitèrent de cette situation pour lancer une contre-offensive en décembre 1941 après que des renforts soviétiques soient arrivés au cours de ce mois par la mer d'Azov. Jusqu'en mai 1942, les Allemands les continrent dans la presqu’île de Kertch. Von Manstein prépara une offensive visant à chasser les Russes de la Crimée, et ensuite s’emparer de Sébastopol. Sa date de début fut fixée au 8 mai 1942[5] .

L’offensive de la 11e Armée[modifier | modifier le code]

Un Iliouchine Il-2 russe volant au-dessus des lignes allemandes près de Kertch, mai 1942.
Panzer IV et fantassins allemands en Crimée, mai 1942.
Von Manstein (à droite) et Hans Speidel (à gauche) au second semestre 1943 en Crimée.

L’opération Trappenjagd débute avec un bombardement d’artillerie le 8 mai 1942, une opération amphibie de la 132e division d’infanterie allemande, et des attaques de Stuka de la Luftflotte 4 de Wolfram von Richthofen[6]. Les différents Korps de la 11e armée foncent vers les positions soviétiques et les prennent à revers. Les armées soviétiques, surprises de plein fouet par l’attaque, se replient vers l’est. Le 9 mai, les Soviétiques résistent héroïquement face au XXX Arméekorps, et la mauvaise météo ne permet pas l'envoi des Stukas. Mais les Allemands continuent à repousser, principalement la 44e armée soviétique, toujours vers l’est. Néanmoins, la 47e armée soviétique lance une contre-offensive et encercle huit divisions allemandes. Les Allemands prennent la presqu’île de Kertch le 16 mai et poussent les Soviétiques jusqu’à la mer en s'emparant de leurs aérodromes. Ceux-ci tentent en vain une contre-offensive, puis essaient d’embarquer à bord de la flotte soviétique de la mer d'Azov : seuls 10 000 soldats réussiront à s’échapper de cette façon, car l’Armée rouge subira plusieurs attaques de la Luftwaffe. L’opération Trappenjagd se termine le 18 mai 1942 par la victoire de von Manstein. 50 000 soldats soviétiques ont été tués, 110 000 faits prisonniers et 258 chars détruits pour 9 000 pertes côté allemand. Cependant, des groupes de survivants soviétiques (entre 10 000 et 15 000 soldats), retranchés dans les catacombes de Kertch, refusent de déposer les armes et mènent une guérilla héroïque pendant plusieurs mois contre l'occupant allemand. Ce n'est que le 16 octobre 1942 que la péninsule de Kertch est entièrement sous contrôle allemand.

L’encerclement de Sébastopol[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Siège de Sébastopol (1941-1942).

Les effectifs soviétiques doublèrent, passèrent de 50 000 à 106 000 hommes[7]. Von Manstein aligna plus de 200 000 soldats allemands[8]. L’attaque de Sébastopol, l'opération Störfang, débuta par des pilonnages massifs d’artillerie de toute la 11e Armée et de toute la Luftflotte 4. Les bombardiers allemands déversèrent plus de 6 000 tonnes de bombes sur la ville le 2 juin 1942. Le bombardement terminé, les différents corps de la 11e Armée lancent leur offensive le 7 juin. Le 17, les Allemands s’emparent de plusieurs forts soviétiques, le corps de montagne roumain remporte succès sur succès et progresse vers l’ouest. Le 21 juin, les Allemands sont à bout de souffle mais les Soviétiques sont complètement désorganisés. Toutefois, l’Armée du Littoral résiste toujours plus face aux Allemands. Manstein procède alors à une opération audacieuse : infiltrer deux divisions allemandes dans le dos du dispositif soviétique. Son opération est un succès et les Allemands établissent de solides têtes de pont en moins de dix minutes. Le XXX Arméekorps perce la ligne du Sapoun le 29 juin, la garnison soviétique n’a plus d’autre choix que d’évacuer la ville avec l'aide de la flotte de la mer Noire. Le 1er juillet, date de sa promotion, von Manstein ordonne l’assaut final, il est élevé à la dignité de generalfeldmarschall[2].

Réflexion sur la campagne[modifier | modifier le code]

Bien que la campagne de Crimée soit un succès majeur pour les Allemands, la prise de Sébastopol est très tardive par rapport aux directives initiales de Barbarossa. Cette victoire est aussi passagère, car la défaite totale des armées allemandes lors de l’opération Bagration les obligea à évacuer l’Ukraine et la Crimée en 1944[9].

La 11e armée allemande était très bien équipée, surtout en équipements de siège, dont le plus gros canon de la Wehrmacht, le canon Dora.

Décoration[modifier | modifier le code]

Une décoration militaire allemande fut attribuée par Hitler uniquement aux soldats allemands ayant participé à la campagne de Crimée : la Plaque de bras Crimée.

Libération de la Crimée[modifier | modifier le code]

Avancées soviétiques du 1er août 1943 au 31 décembre 1944

Prémices : l'opération Kertch–Eltigen[modifier | modifier le code]

En novembre 1943, après que les forces de l'Axe eurent été défaites sur la péninsule de Taman (tête de pont de Kouban), l'Armée rouge (27 000 hommes de la 18e armée, de la 56e armée, de la flotte de la mer Noire et de la flottille d'Azov appartenant au 4e front ukrainien) lance une opération amphibie et débarque sur la presque-île de Kertch dans le but de reprendre position dans le sud-est de l'Ukraine et de forcer les Allemands à se retirer de Crimée. Deux têtes de pont sont établies par les Soviétiques mais seule la tête de pont nord à Yeni-Kale a pu être un succès, tandis que la tête de pont du sud à Eltiguen s'est effondrée à la suite d'une contre-attaque allemande.

Par la suite, l'Armée rouge exploite la tête de pont de Yeni-Kale afin de lancer ses opérations ultérieures en Crimée en mai 1944.
Au 4 décembre 1943, les Soviétiques avaient fait débarqué 75 000 hommes, 582 canons, 187 mortiers, 128 chars, 764 camions et plus de 9 000 tonnes de munitions et d'équipement à Yeni-Kale pour consolider leurs positions et avancer en direction de Kertch.

Reprise de la Crimée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Offensive de Crimée.

Elle sera libérée par le quatrième front ukrainien lors des contre-offensives soviétiques du 8 avril au 12 mai 1944.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Erich von Manstein, le stratège de Hitler, page 225
  2. a et b Erich von Manstein, le stratège de Hitler, page 249
  3. Axe & Alliés no 39, page 62, l'Axe à l'assaut de la Crimée
  4. Erich von Manstein, le stratège de Hitler, page 223
  5. Axe & Alliés no 39, page 60, la situation en Crimée début mai 1942
  6. Axe & Alliés no 39, page 63
  7. Erich von Manstein, le stratège de Hitler page 246
  8. Erich von Manstein, le stratège de Hitler, page 246
  9. Axe & Alliés no 39, page 69, conclusion de la campagne

Articles connexes[modifier | modifier le code]