Ferdinand Schörner

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Ferdinand Schörner
Ferdinand Schörner visitant l'Acropole d'Athènes, avril 1941.
Ferdinand Schörner visitant l'Acropole d'Athènes, avril 1941.

Naissance 12 juin 1892
Munich, Empire allemand
Décès 2 juillet 1973 (à 81 ans)
Munich, Allemagne
Origine Allemand
Allégeance Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand

Drapeau : République de Weimar République de Weimar

Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Arme War Ensign of Germany 1903-1918.svg Deutsches Reichsheer

Flag of Weimar Republic (war).svg Reichswehr

Balkenkreuz.svg Wehrmacht (Heer)
Grade Generalfeldmarschall
Années de service 1911 – 1945
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Commandement Groupe d'armées Sud,
Groupe d'armées Nord,
Groupe d'armées Centre,
Oberkommando des Heeres
Faits d'armes Bataille de Caporetto,
Opération Bagration,
Offensive Vistule-Oder,
Offensive de Prague
Distinctions Croix de fer,
Pour le Mérite,
Croix de chevalier de la Croix de fer avec feuilles de chêne, glaives et brillants (1945)

Ferdinand Schörner, né le 12 juin 1892 à Munich, Empire allemand, mort le 2 juillet 1973 à Munich, Allemagne, est un Generalfeldmarschall du Troisième Reich, actif pendant la Seconde Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un militaire de carrière[modifier | modifier le code]

Après des études de langues étrangères, Ferdinand Schörner s'engage comme simple soldat en 1911 dans un régiment d'infanterie bavarois. Il est sous-officier à l'entrée en guerre de l'empire allemand. Combattant dans plusieurs pays d'Europe — France (Verdun, Champagne), Italie (Dolomites), Serbie — il est décoré de l'Ordre Pour le Mérite et nommé « officier au feu ».

Après avoir rejoint le Freikorps von Epp en 1919, il participe à la prise de Munich et à l'écrasement de la République des Conseils en 1919 ; il combat ensuite en Haute-Silésie, avant d'être admis dans la Reichswehr.

La période nazie[modifier | modifier le code]

À l'arrivée des Nazis au pouvoir en 1933, il poursuit sa carrière militaire et épouse la doctrine nationale-socialiste pour devenir un inconditionnel d'Hitler — en 1944-1945, il ira même jusqu'à conclure ses ordres du jour par le salut « Heil Führer »[1] — ; défendant la nécessité d'une révolution nationale-socialiste au sein de la Wehrmacht, il croit au triomphe de la volonté[2]. Son comportement totalement inféodé à l'idée de « guerre à tout prix » fait de lui un officier sans scrupules.

Pendant la guerre[modifier | modifier le code]

Schörner bénéficie d'une promotion rapide au début du conflit : en un peu plus de deux ans, il passe du grade de Oberst (confirmation de son grade de colonel en janvier 1940) à celui de General der Gebirgstruppe (général de corps d'armée en mai 1942).

Hitler demande à Schörner, nazi fanatique, de politiser la Wehrmacht dans l'esprit du national-socialisme. En mars 1944, il est nommé chef d'état-major des officiers instructeurs nationaux-socialistes et, à ce titre, coordonne l'action entre l'armée et le parti pendant la période de « guerre totale »[1]. Il devient Generaloberst (général d'armée) en mai 1944.

Nommé commandant du Groupe d'armées Nord le 25 juillet 1944, il y fait régner une discipline brutale, n'hésitant pas à multiplier les exécutions de soldats pour lâcheté, défaitisme ou désertion[1]. Dans ses proclamations, il tente d'insuffler à ses troupes la foi dans la victoire du Reich, la loyauté totale envers Hitler et le fanatisme dans la défense du Reich et des territoires qu'il contrôle[1].

Dans un premier temps, en dépit de ses erreurs tactiques[3], il parvient à éviter l'encerclement de son Groupe d'armées et, dans un deuxième temps — à l'automne 1944 — à maintenir un contact terrestre entre la Courlande et le Reich ; enfin, bloqué dans la poche de Courlande (Sworbe)[4], il évite de peu l'anéantissement du Groupe d'armées Nord. Au mois de septembre, malgré ses indéniables succès défensifs, il doit affronter une offensive soviétique qui finit par isoler son Groupe d'armées, toujours dans la Courlande[5].

En mars-avril 1945, commandant le Groupe d'armées Centre chargé de protéger Prague (et le sud de l'Allemagne), Schörner organise également la défense allemande de la Silésie proche, qu'il tient pied à pied dans une gigantesque bataille, exploitant toutes les possibilités du terrain, ce qui la rend très coûteuse pour l'Armée rouge, en hommes et matériels[6]. Au début de mars 1945, il parvient même à reprendre de petites villes comme Lauban : ces victoires sans lendemain sont naturellement exploitées par la propagande de Goebbels[7].

Schörner est promu Generalfeldmarschall le 5 avril : il est le dernier officier à bénéficier de cette promotion.

Le 29 avril 1945, Hitler rédige son testament et nomme les responsables chargés de lui succéder dans l'ensemble de ses fonctions : Schörner y est désigné commandant en chef de l'Armée de Terre (la Heer)[8], alors qu'il exerce le commandement opérationnel du Groupe d'armées Centre, fort de 600 000 hommes[9], engagé dans d'âpres combats en Tchécoslovaquie.

Dans les derniers jours du conflit, Schörner, qui comprend que tout est perdu, abandonne son uniforme pour une tenue civile et rejoint l'ouest par l'Autriche, préférant être fait prisonnier par les Américains plutôt que par les Soviétiques. Il est néanmoins remis aux Soviétiques, jugé puis libéré.

Après la guerre[modifier | modifier le code]

Il retourne en Allemagne où il persiste, jusqu'à la fin de sa vie, à ne pas dénigrer son action, allant même jusqu'à donner des conférences. Il reste néanmoins jugé responsable de la mort de nombreux soldats allemands pour avoir ordonné les exécutions de ceux qui faiblissaient au combat.

Promotions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Kershaw 2012, p. 81
  2. Kershaw 2012, p. 80
  3. Kershaw 2012, p. 136
  4. Masson 1994, p. 394
  5. Kershaw 2012, p. 137
  6. Masson 1994, p. 453-454
  7. Masson 1994, p. 453-455
  8. Masson 1994, p. 469
  9. Masson 1994, p. 471

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]