Marina Silva

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Marina Silva
Marina Silva en 2010.
Marina Silva en 2010.
Fonctions
Sénatrice du Brésil pour l'État d'Acre
En fonction depuis le 1er février 2003
16e ministre de l'Environnement
1er janvier 200315 mai 2008
Président Luiz Inácio Lula da Silva
Prédécesseur José Carlos Carvalho
Successeur Carlos Minc
Biographie
Nom de naissance Maria Osmarina Marina Silva Vaz de Lima
Date de naissance 8 février 1958 (56 ans)
Lieu de naissance Rio Branco, Acre
Drapeau du Brésil Brésil
Nationalité Brésilienne
Parti politique Parti des travailleurs (1985-2008)
Parti vert (2009-2011)
Parti socialiste brésilien (PSB) (depuis 2013)
Profession Pédagogue
Religion Protestantisme

Marina Silva (née le 8 février 1958 à Rio Branco, dans l'État d'Acre, au Brésil), est une militante écologiste et une femme politique brésilienne. Ex-membre du Parti des travailleurs, elle est élue sénatrice avant de devenir ministre de l'Environnement de 2003 à 2008. Elle partage le prix Goldman pour l'environnement avec Cristina Narbona Ruiz en 1996 et reçoit le prix Sophie en 2009.

Candidate à l'élection présidentielle de 2010 pour le Parti vert du Brésil, elle arrive troisième avec près de 20 % des voix. Après avoir échoué à créer son propre parti, elle rejoint en 2013 le Parti socialiste brésilien (PSB) et forme un ticket avec Eduardo Campos pour l'élection présidentielle de 2014. Après la mort de ce dernier dans un accident d'avion le 13 août 2014, elle est désignée candidate du PSB[1].

Elle est l'une des rares personnalités afro-brésiliennes engagées en politique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et premiers engagements[modifier | modifier le code]

Maria Osmarina Marina da Silva Vaz Lima grandit parmi onze enfants dans la cité lacustre nommée Breu Velho, au sein d'une communauté de récoltants de caoutchouc (seringueiro) appelé Seringal Bagaço, dans l'État occidental d'Acre. Orpheline à 16 ans, elle rejoint la capitale de l'État, Rio Branco, où elle reçoit une éducation catholique (Congrégation des esclaves de Marie) et travaille comme domestique et femme de ménage[2]. Elle est diplômée en histoire de l'université fédérale d'Acre à 26 ans et devient de plus en plus active politiquement. En 1984, elle participe à la création du premier syndicat de travailleurs d'Acre[3], le Central Única dos Trabalhadores (CUT), dont elle est vice-coordinatrice jusqu'en 1986. Elle dirige des manifestations appelées « empates » avec Chico Mendes pour mettre en garde contre la déforestation et le déplacement des communautés forestières de leurs lieux de vie traditionnels[4]. En 1985, elle rejoint le Parti des travailleurs.

Marina Silva est une fidèle de l'Assemblée de Dieu, l'Église pentecôtiste la plus puissante du Brésil[5]. Ses positions sur les sujets sociaux et de mœurs sont jugées conservatrices, avec notamment une forte hostilité contre l'avortement[5],[6].

Vie politique[modifier | modifier le code]

Sénatrice d'Amazonie[modifier | modifier le code]

En 1994, elle est le premier seringueiro élu au Sénat fédéral du Brésil. En tant que sénatrice de l'État d'Acre originaire d'Amazonie, elle agit simultanément pour préserver la forêt et promouvoir la justice sociale et le développement durable dans la région[7].

Ministre de l'Environnement[modifier | modifier le code]

Membre du Parti des travailleurs, Marina Silva est nommée ministre de l'Environnement du Brésil par Lula durant son premier mandat (2003) et reste en fonction jusqu'en 2008. Elle met en place un plan national de lutte contre la déforestation et crée des zones immenses sanctuarisées pour les populations indigènes. La déforestation a ralenti de 48 % sur ses 5 ans au ministère, tendance confirmée par une baisse de 54 % les cinq années suivantes[8]. Durant sa présence à la tête du ministère, elle coordonne les efforts de la police, de l'armée et de ses services (IBAMA, l'« Instituto brasileiro do meio ambiente e dos recursos naturais renováveis »). Elle fait procéder à 300 opérations pour arrêter les coupeurs de bois clandestins et démanteler plus de 1 500 entreprises illicites dans un pays où « 80 % de la production de bois est illégale »[9].

Elle est régulièrement critiquée par des chefs d'entreprise (principalement liés à l'agro-industrie) en raison de retards dans l'octroi de permis pour les projets ayant un fort impact environnemental. En 2005, elle s'oppose également à des projets promus par le gouvernement auquel elle appartient tel le projet controversé de dérivation de la rivière São Francisco[10] ou encore la construction de l'autoroute BR 163 à travers la forêt primaire d'Amazonie. Elle établit les grandes lignes de son action autour de la participation sociale, du développement durable, de la création d'un système national pour l'environnement et d'une politique intégrée de l'environnement.

En 2005, le coordinateur de Greenpeace au Brésil, Paulo Adario, lui reproche de ne pas lutter suffisamment contre la déforestation illégale des forêts[11].

Elle devient de plus en plus isolée au sein du gouvernement Lula da Silva en raison de son point de vue sur les barrages hydroélectriques, les agrocarburant et les cultures génétiquement modifiées[12]. Elle démissionne en mai 2008, quand le président Lula da Silva désigne Roberto Mangabeira Unger, ministre des Affaires stratégiques, pour coordonner l'initiative « Amazone développement durable » alors qu'elle s'estime plus légitime pour mener le projet. Elle est remplacée par Carlos Minc[12]. Elle s'est en particulier opposée à Dilma Rousseff, alors directrice du cabinet de Lula, sur la question des grands chantiers nuisibles selon elle à l'environnement et aux Amérindiens[5],[13],[9], elle soutient notamment le Chef Raoni dans son combat contre le barrage de Belo Monte.

Élection présidentielle de 2010[modifier | modifier le code]

Le 19 août 2009, elle quitte le PT du fait de la politique environnementale suivie, et devient membre du Parti vert du Brésil. Elle annonce sa candidature à l'élection présidentielle le 16 mai 2010 sous la bannière de ce parti et termine troisième du premier tour avec 19,33 % des suffrages, soit 19 millions de voix[5], malgré les moyens très limités du parti et la faible couverture médiatique dont elle fait l'objet. Ne pouvant se maintenir au second tour, elle refuse d'appeler à voter pour Dilma Rousseff (Parti des travailleurs (Brésil), gauche) ou José Serra (candidat de l'opposition, droite). Elle quitte le Parti vert en 2011, moins de deux ans après y être entrée[14].

En 2010, elle figure dans le classement établi par Foreign Policy qui classe les cent plus importants penseurs vivants, avec Cécile Duflot, Monica Frassoni et Renate Künast, chacune pour avoir fait progresser les idées écologistes dans son pays.

En 2012, elle fait partie des huit personnes sélectionnées par le CIO pour porter le drapeau olympique, lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Londres.

Élection présentielle de 2014[modifier | modifier le code]

Marina Silva et Eduardo Campos en 2013.

En 2013, elle lance son nouveau parti, le Réseau durable, dans la perspective de l'élection présidentielle de 2014[6].

Après avoir échoué à réunir les signatures nécessaires à la création de son parti et à sa candidature à l'élection présidentielle, elle rejoint le Parti socialiste brésilien (PSB) le 5 octobre 2013 et devient colistière du candidat socialiste Eduardo Campos pour l'élection présidentielle. Ce dernier décède dans un accident d'avion le 13 août 2014[15]. Le 21 aout 2014, le PSB désigne à l'unanimité Marina Silva comme étant sa candidate pour les prochaines élections[16].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Brésil : la remplaçante du candidat socialiste décédé pourrait créer la surprise, AFP, 14 août 2014
  2. Michel Faure, « Brésil : trois candidates pour l'après-Lula », Rue89,‎ 17 septembre 2009 (lire en ligne)
  3. (en) « I'd lost the strength to carry on » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), chinadialogue, 20 juin 2008. Consulté le 26 mai 2013
  4. Marina Silva, Goldman Prize, The Goldman Environmental Prize, 2008
  5. a, b, c et d Jean-Pierre Langellier, « Brésil : l'écologiste Marina Silva détient les clés de l'élection présidentielle », Le Monde,‎ 4 octobre 2010 (lire en ligne)
  6. a et b Lamia Oualalou, « Marina Silva, l'icône verte du Brésil repart au combat », Le Figaro,‎ 28 février 2013 (ISSN 1241-1248, lire en ligne).
  7. (en) « Marina Silva accessdate=2008-08-08 publisher=The Goldman Environmental Prize »
  8. Données ministérielles citées par Deforestation of the Amazon rainforest (en).
  9. a et b Lamia Oualalou, « Dans sa course à la croissance, le Brésil est en train de sacrifier l’Amazonie », sur Mediapart,‎ 4 juin 2008 (consulté le 4 octobre 2010)
  10. (en) Henry Mance, « Brazil's huge river diversion project divides opinion », BBC News,‎ 2010-04-12 (consulté le 2010-07-02)
  11. (en) Adalberto Wodianer Marcondes, « Environment - The fragile balance of a ministry », Inter Press Service,‎ 2005-01-29 (consulté le 2010-07-02)
  12. a et b (en) Alexei Barrionuevo, « ‘Stagnation’ Made Brazil's Environment Chief Resign », New York Times,‎ 16 mai 2008 (lire en ligne)
  13. (pt) Juliana Linhares, « É jovem? É moderno? É Marina », Veja,‎ 2 juin 2010 (lire en ligne)
  14. Virginie Mairet, « Au Brésil, Marina Silva quitte le parti Vert », La Tribune,‎ 8 juillet 2011 (lire en ligne).
  15. Au Brésil, un candidat à la présidence meurt dans un accident d'avion, Le Monde.fr avec Reuters, 13.08.2014
  16. « Marina Silva: candidate aux présidentielles brésiliennes », sur workmag.me, LE MAGAZINE ECONOMIQUE FEMININ,‎ août 2014 (consulté le 21 août 2014).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]