Rafael Correa

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Rafael Correa
Image illustrative de l'article Rafael Correa
Fonctions
Président de la République de l'Équateur
En fonction depuis le 15 janvier 2007
(7 ans, 8 mois et 16 jours)
Élection 26 novembre 2006
Réélection 26 avril 2009
17 février 2013
Vice-président Lenín Moreno Garcés
Jorge Glas
Prédécesseur Alfredo Palacio González
Président pro tempore de
l'Union des nations sud-américaines
10 août 200926 novembre 2010
Prédécesseur Michelle Bachelet
Successeur Bharrat Jagdeo
Ministère de l'Économie et des Finances
20 avril 20058 août 2005
Président Alfredo Palacio González
Prédécesseur Mauricio Yépez
Successeur Magadalena Barreiro
Président de Alianza País
En fonction depuis le 19 février 2006
Prédécesseur Fonction créée
Biographie
Nom de naissance Rafael Vicente Correa Delgado
Date de naissance 6 avril 1963 (51 ans)
Lieu de naissance Guayaquil (Équateur)
Nationalité équatorienne
Parti politique Alianza País
Conjoint Anne Malherbe
Enfant(s) Sofía Correa Malherbe
Anne Dominique Correa Malherbe
Rafael Miguel Correa Malherbe
Diplômé de Université catholique de Louvain
Université de l'Illinois
Universidad Católica Santiago de Guayaquil
Profession Économiste
Religion Catholicisme
Résidence Palais de Carondelet (Quito)

Signature

Rafael Correa Rafael Correa
Président de la République de l'Équateur
Président de l'Union des nations sud-américaines

Rafael Vicente Correa Delgado est un économiste et homme d'État équatorien, né le 6 avril 1963 à Guayaquil, la plus grande ville équatorienne. Le 26 novembre 2006, il remporte l'élection présidentielle et est investi officiellement dans cette fonction le 15 janvier 2007.

Suite à l'adoption en septembre 2008 d'une Constitution d'inspiration socialiste, des élections générales sont organisées. Le 26 avril 2009, il remporte dès le premier tour l'élection présidentielle anticipée avec 52 % des voix[1]. Il est donc réélu pour un second mandat de quatre ans se terminant en 2013, puis pour un troisième mandat se terminant en 2017[2]. La constitution ne lui permettra pas de se représenter pour un quatrième mandat.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il effectue des études d'économie à l’Université catholique de Santiago de Guayaquil avant d'obtenir une bourse pour les poursuivre à l'Université catholique de Louvain (Belgique) puis à l’université de l'Illinois (États-Unis d'Amérique).

De 1993 à 2005, il enseigne les sciences économiques au sein des universités de Guayaquil et de Quito.

Il devient le conseiller économique du vice-président Alfredo Palacio. Lorsque le président Lucio Gutiérrez est destitué en 2005, Palacio devient président et Correa ministre de l’Économie et des Finances (en octobre 2005). Correa renonce à cette fonction quatre mois plus tard en raison de différends politiques avec le président Palacio.

Durant cette brève période, il promeut une politique de gauche, opposée aux propositions de la banque mondiale et du FMI.

Il est marié à la Belge Anne Malherbe et a trois enfants.

Élection présidentielle de 2006[modifier | modifier le code]

Correa est le candidat d'une alliance de différents courants de partis de gauche, l'Alianza País à l'élection présidentielle de 2006.

Il se définit comme humaniste et chrétien de gauche. Partisan d’une politique souverainiste et d’intégration régionale, il est opposé à la dollarisation et au Traité de libre-échange (TLC) avec les États-Unis et soutient une plus grande participation de l’État en ce qui concerne l’exploitation du pétrole et la gestion des ressources pétrolières, ainsi qu’une renégociation de la dette extérieure.

Au début du mois d'août 2006 il annonce le choix de Lenín Moreno comme colistier et candidat à la vice-présidence. Correa refuse cependant de présenter des candidats aux élections législatives, estimant le parlement discrédité par la « partitocratie » et annonce son intention, en cas de succès, de promulguer une nouvelle Constitution.

Rafael Correa, le 16 juin 2006.

Arrivé en deuxième position avec 22,84 % des votes au premier tour de l'élection, le 15 octobre, il affronte le magnat de la banane Álvaro Noboa au second tour le 26 novembre 2006. Obtenant le soutien des principales formations de gauche et des organisations indigènes (CONAIE), il est élu avec une confortable avance (56,8 %). Il déclare alors que « grâce à Dieu, nous avons gagné » et « qu'après des années de politique de fermeture socio économique, ils n'ont pas pu nous enlever notre espoir ».

Critiques[modifier | modifier le code]

Durant la campagne électorale, certains analystes l’assimilent au courant latino-américain de la gauche incarnée par le Vénézuélien Hugo Chávez et le Bolivien Evo Morales. Cette identification est mise en avant par certains autres candidats des partis traditionnels. Bien que l’on puisse déceler une similitude dans la volonté d’indépendance politique vis-à-vis des États-Unis, et une volonté de rapprochement régional, on ne peut cependant établir de comparaisons évidentes entre Rafael Correa et Hugo Chávez, ni au niveau des personnalités, ni à celui des déclarations. Chavez n’a par ailleurs pas manifesté de soutien clair au candidat. Le directeur de thèse de Correa, le professeur Baer de l'université de l'Illinois, suggère que Rafael Correa n'est pas hostile à l'économie de marché et anticipe, en cas d'élection, une attitude plus proche de celle du président brésilien Lula que d'Hugo Chávez[3].

Présidence de la République[modifier | modifier le code]

Conformément à sa promesse électorale, Correa annonce lors de son investiture[4] la tenue d'un référendum le 18 mars 2007 dans le but d'autoriser la création d'une assemblée nationale constituante chargée de rédiger une nouvelle constitution. L'objectif de cette nouvelle constitution serait de limiter le rôle des partis politiques[5].

Correa a par ailleurs annoncé sa volonté de renégocier la dette équatorienne qui s'élève à 10 milliards d'euros, de renégocier les contrats de la société énergétique PetroEcuador avec les partenaires étrangers[6]. Correa a par ailleurs annoncé la diminution par deux de son salaire ainsi que la diminution des salaires des hauts fonctionnaires équatoriens[7]. Le pays s'est déclaré en défaut de paiement sur sa dette extérieure en décembre 2008. Le président a argué d'« irrégularités » pour justifier sa décision[8]. Ces irrégularités sont constatées par un audit. La finalité, sur la base de la notion de «dette illégitime», dite dette odieuse (initiée par Alexander Sack, et utilisée de nombreuses fois par les États-Unis d'Amérique) sera le rachat de sa propre dette à un coût nettement inférieur du coût exigé initialement.

Le jeudi 10 octobre 2013, une dizaine de jeunes militantes se sont dévêtues à l'Assemblée nationale pour marquer leur engagement dans la lutte en faveur de la dépénalisation de l'intervention volontaire de grossesse en Équateur, pays marqué par le conservatisme et le poids religieux. À la suite de l'incident, le président Rafael Correa a déclaré qu'il démissionnerait si la loi sur la dépénalisation de l'IVG venait à être votée[9].

Engagement écologiste[modifier | modifier le code]

À l'assemblée générale des Nations unies de septembre 2007, Correa s'est engagé « à ne pas exploiter 920 millions de barils de pétrole afin d'éviter l'émission de près de 111 millions de tonnes de carbone dues à la combustion de matières fossiles.» Il a noté cependant que cette décision impliquera « une diminution de l'ordre de 720 millions de dollars en termes d'investissements étrangers, ce qui ne manquera pas d'affecter fortement l'économie équatorienne.»[10] (L'Équateur est un petit producteur de pétrole mais ses réserves sont relativement importantes, environ 4,5 milliards de barils)[11].

La nouvelle Constitution[modifier | modifier le code]

Le 25 juin 2008, une nouvelle Constitution est approuvée par l’Assemblée nationale constituante par 94 voix sur 130. Cette nouvelle Constitution, qui représente le projet principal du début de mandat du président Correa, est d’après lui le moyen d’enterrer le « modèle néo-libéral » appliqué par ses prédécesseurs. Elle renforce les pouvoirs présidentiels en particulier en ce qui concerne les matières économiques et monétaires et lui permet de promulguer des décrets-lois d’urgence et de dissoudre le parlement suivant certaines modalités, au cas où celui-ci « empêche l’exécution du plan national de développement ». La nouvelle Loi fondamentale octroie à l’exécutif représenté par l’État un plus grand contrôle des secteurs stratégiques tels que les secteurs énergétiques, les mines, les télécommunications et l’eau. Parmi les innovations, le texte autorise la réélection du président pour un second mandat consécutif et renforce la reconnaissance des peuples indigènes par l’accession au statut de langues officielles des langues kichwa et shuar[12].

Il est critiqué par Latin Reporters pour sa décision de fermer trois chaînes de télévision privées qui représentent plus de la moitié de l'audience, ainsi qu'une chaîne de radio[13].

Le 28 septembre, la Constitution est approuvée par les citoyens équatoriens, par voie référendaire[14].

Élection présidentielle de 2009[modifier | modifier le code]

Correa, élu en 2007, est candidat à un second mandat. Le scrutin se tient en même temps que les élections législatives[15].

Crise politique équatorienne de 2010[modifier | modifier le code]

Le 30 septembre 2010, suite à une rébellion d'éléments des forces de police, Rafael Correa est séquestré par des policiers dans un hôpital de Quito. Selon les organes officiels, tels que l'OEA[16], et l'UNASUR[17], reprenant la terminologie de Rafael Correa (« Lo que pasó el día de hoy fue un intento de golpe de Estado »)[18], il s'agit d'une tentative de coup d'État. Dans la soirée, le président est libéré par une intervention des forces armées[19].

Élection présidentielle de 2013[modifier | modifier le code]

Correa est candidat à sa réélection lors des élections générales de 2013. Il est réélu dès le premier tour[2].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Ecuador: de Banana Republic a la No República, éditions Random House, Quito, 2009. Traduit en français sous le titre : Équateur : de la République bananière à la Non-République - Pourquoi la révolution citoyenne?, éditions Utopia, Paris, novembre 2013.
  • Rafael Correa, « L’Europe endettée reproduit nos erreurs : L’avertissement du président équatorien », Le Monde diplomatique,‎ décembre 2013 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. (es) Consejo Nacional Electoral
  2. a et b (en) Correa declares victory in Ecuador polls], Al Jazeera English, 18 février 2013
  3. (en) lire l'opinion du professeur Baer
  4. (es) Discurso de Posesión del Presidente de la República, Econ. Rafael Correa
  5. L'Amérique latine confirme son virage à gauche avec l'investiture du Président Correa en Équateur, Euronews, 16 janvier 2007
  6. Rafael Correa : nouveau président de l'Équateur, Xinhua, 16 janvier 2007
  7. Le président Correa réduit son salaire de moitié, Romandie News, 16 janvier 2007
  8. [1]
  9. (fr) « Équateur, les féministes font corps pour obtenir le droit à l'avortement », Fabien Palem, Le Journal International, 14 octobre 2013
  10. L'ONU appelée non seulement à réaliser mais aussi à dépasser les Objectifs du Millénaire, Centre de nouvelles de l'ONU, 27 septembre 2007.
  11. CIA - World Factbook
  12. La nueva Constitución de Ecuador refuerza los poderes de Correa El Pais, 26 juillet 2008.
  13. Équateur: razzia du président Correa sur les médias avant un référendum constitutionnel
  14. (en) Ecuadoreans back new constitution, BBC, 29 septembre 2008.
  15. http://pdba.georgetown.edu/Elecdata/Ecuador/pres09.html
  16. La OEA repudia unanimamente el "intento de golpe de Estado" en Ecuador, abc.es, 1er octobre 2010
  17. La Unasur condenó el intento de golpe en Ecuador, Présidence de l'Argentine, 1er octobre 2010
  18. (es) Rafael Correa acusa de 'intento de golpe de Estado' al ex presidente Lucio Gutiérrez
  19. Équateur: retour à la normale au lendemain d'une rébellion policière, AFP, 2 octobre 2010