Dividende

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Le dividende d'une action est une restitution à l'actionnaire d'une fraction du Capital financier dont il est détenteur. Cette restitution peut se faire en numéraire (dans ce cas, l'entreprise rend de l'argent à l'actionnaire), en nature (sous forme d'actions de filiales ou tout autre actif détenu par l'entreprise), ou sous forme d'actions de l'entreprise (auto-détenues ou par émission de nouvelles actions).

Un dividende versé sous forme d'actions permet de donner le choix à l'actionnaire de percevoir le dividende en numéraire (dans l'optique d'investir ce dividende ailleurs) ou de l'utiliser pour racheter des actions de l'entreprise (avec une décote maximum de 10% par rapport au cours moyen des 20 dernières séances). Dans ce dernier cas, cela permet à l'entreprise d'atténuer sa sortie de trésorerie (on peut décomposer le dividende versé sous forme d'action en un versement de dividende en numéraire suivi d'une augmentation de capital), et cela permet à l'actionnaire de réinvestir, sans frais de courtage, le montant du dividende dans l'entreprise.

Les dividendes servent à rémunérer les actionnaires. Ils sont en général distribués à partir du bénéfice net de l'exercice clos, mais peuvent également être prélevés sur les bénéfices mis en report à nouveau ou en réserves[1]. Le versement d'un dividende ne constitue pas forcément un enrichissement de l'actionnaire puisque sa perception s’accompagne d’une baisse du même montant de la valeur de l’action[2]. Toutefois, le versement d'un dividende en numéraire peut être perçu comme une rémunération puisqu'il constitue en un transfert de trésorerie de l'entreprise vers l'actionnaire (de la même façon qu'un rachat d'actions).

L'annonce d'un dividende, de son mode de versement et de son montant sont des signaux qui peuvent faire monter ou descendre le cours d'une action suivant qu'ils sont perçus de manière positive ou négative.

Modalités[modifier | modifier le code]

Le versement d'un dividende, même en cas de bénéfice, n'est pas automatique et relève d'une décision de l'assemblée générale des actionnaires. L'article L232-11 du code de commerce permet à l'assemblée générale de distribuer sous forme de dividende toute somme, sous réserve que les capitaux propres après distribution soient au moins égaux au capital social augmenté des réserves ne pouvant être statutairement ou légalement distribuées, comme les réserves légales. La partie du bénéfice non versée en dividende est donc réinvestie dans l'entreprise et est comptabilisée au passif du bilan dans le compte réserve. L'une des conséquences importantes de cette loi est la possibilité pour une entreprise de distribuer du dividende lors de pertes. Ceci permet à une entreprise ayant suffisamment de trésorerie de continuer à rémunérer ses actionnaires.

Le versement s'effectue périodiquement, c'est l'assemblée générale qui décide de la ou des dates de versement. En France, la tradition était une fois par an, mais des modifications en matière de politique fiscale (réforme de l'avoir fiscal au 1er janvier 2005) et la volonté d'attirer de nouveaux investisseurs ont changé la façon de régler le dividende. S'inspirant du modèle américain où les dividendes sont versés trimestriellement sous forme d'acomptes sur les prochains bénéfices, les entreprises françaises commencent à verser les dividendes par acompte semestriel et généralement quelques jours après la fixation de la valeur des dividendes par l'assemblée générale.

Le versement du dividende a pour effet que le cours de l'action baisse du montant du dividende et a donc un effet dans la fluctuation du cours de bourse. En réalité, la baisse du cours de l'action a lieu le jour de l'ex-dividende (en), c'est-à-dire le jour à partir duquel les actionnaires peuvent vendre leurs actions tout en étant assurés de recevoir les dividendes et à partir duquel les nouveaux actionnaires ne les toucheront pas. Le cours ex dividende a lieu environ deux semaines avant le versement des dividendes. La baisse du cours de l'action lors du jour de l'ex dividende n'est pas orchestrée par l'entreprise émettrice des dividendes mais il s'agit d'une auto-régulation du marché. Si, par exemple, une action est cotée à 100 € un jour avant la date de l'ex dividende pour un dividende par action de 2 €, alors, une fois cette date passée, il est normal que les acheteurs potentiels qui ne toucheront donc pas le dividende abaissent leur prix d'achat de 2 €, soit le prix du dividende, à 98 €, puisque ce sera le cours de l'action une fois le dividende versé. Pour que la baisse du cours de l'action soit exactement égale au prix du dividende, il faut que le marché soit parfait : les acteurs du marché doivent notamment être totalement rationnels. De plus, d'autres facteurs indépendants de l'émission de dividendes affectent également le cours de l'action le jour de l'ex dividende comme pour n'importe quel autre jour. La baisse enregistrée n'est donc jamais exactement égale au prix du dividende et il peut arriver que sous l'action d'autres facteurs, le cours de l'action augmente le jour de l'ex dividende.

Exemple (simplifié)[modifier | modifier le code]

Supposons une entreprise ayant pour seul actif une trésorerie de 220€. Cette entreprise est possédée par 2 investisseurs, A et B, possédant chacun 10 actions.

On a donc à l'actif 220€ et au passif 20 actions, donc d'une valeur de 11€ par action.

A possède 10 actions, soit 110€.

B possède 10 actions, soit 110€.

Supposons que l'entreprise veuille verser 1€ de dividende par action.

  • Versement d'un dividende en numéraire :

Dans le cas d'un versement en numéraire, chaque investisseur reçoit donc 1€ par action. Avec 20 actions, l'entreprise verse donc 20€ à ses actionnaires.

On a donc à l'actif 220€-20€=200€ et au passif 20 actions, donc d'une valeur de 10€ chacune.

A possède 10 actions qui valent 100€ ainsi que 10€ en liquide issu du dividende. Il a donc 110€.

B possède 10 actions qui valent 100€ ainsi que 10€ en liquide issu du dividende. Il a donc 110€.

On remarque que la richesse de chaque actionnaire n'a pas changé, seule la trésorerie de l'entreprise a diminué, au profit de la trésorerie de chaque actionnaire.

  • Versement d'un dividende sous forme d'action :

L'entreprise donne alors le choix entre percevoir 1€ en numéraire par action, ou bien d'utiliser ce dividende pour racheter des actions de l'entreprise au prix de 10€ (donc avec une décote de 9% par rapport au cours actuel de 11€).

Supposons que A décide de toucher le dividende en numéraire afin de l'investir ailleurs, tandis que B, confiant dans l'avenir de l'entreprise, décide de le toucher sous forme d'actions.

A possède 10 actions et reçoit 10€ en liquide issu du dividende.

B possède 10 actions et reçoit également (1€x10)/10€=1 action supplémentaire. B a donc 11 actions.

On a donc à l'actif 220€-(1€x10)=210€ suite au versement en numéraire à A, et au passif 10+11=21 actions. Chaque action vaut donc 10€.

A possède 10 actions qui valent 100€ ainsi que 10€ en liquide issu du dividende. Il a donc 110€.

B possède 11 actions qui valent 110€. Il a donc 110€.

La richesse de chaque actionnaire n'a toujours pas changé, mais la diminution de trésorerie a été atténuée, du fait du choix de B de percevoir son dividende sous forme d'action.

Notons ici que l'exemple a été simplifié dans le but de neutraliser l'effet de dilution entrainé par le versement du dividende sous forme d'actions. Rappelons que dans ce cas de dividende, on peut décomposer le versement en un versement de dividende en numéraire, suivi d'une augmentation de capital, ce qui permet de mieux comprendre le phénomène de dilution, conséquence de toute augmentation de capital.

Dividendes et paradis fiscaux[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Paradis fiscal.

Afin de ne pas payer des impôts sur les bénéfices des sociétés et ainsi augmenter les dividendes, les entreprises peuvent créer des sociétés dans des paradis fiscaux et transférer les bénéfices vers ces sociétés, par exemple en facturant un service égal à leurs revenus dans le pays où les entreprises devraient payer des impôts.

Rendement et évaluation d'action[modifier | modifier le code]

Article connexe : évaluation d'action.

Dans le cas de prélèvement d'impôt à la source, on distingue le dividende brut (avant impôt) du dividende net (après impôt).

Pour les sociétés qui versent régulièrement des dividendes, on appelle rendement de l'action le ratio (exprimé en pourcentage) du dernier dividende annuel connu divisé par le cours de bourse actuel.

Le dividende est l'un des éléments utilisé dans l'évaluation d'action. Certaines valeurs versent des dividendes important par rapport à la valorisation de l'action. Ces actions sont des valeurs à haut rendement. Elles sont surtout intéressantes pour des investissements à court terme (2 à 5 ans) car elles ont souvent de faibles variations de cours.

Fiscalité[modifier | modifier le code]

En France, l'impôt sur les sociétés est calculé sur le Résultat courant, alors que c'est l'Excédent brut d'exploitation dans d'autres pays. Le projet de loi de finances 2014 créé un nouvel impôt sur l'Excédent brut d'exploitation (EBE), dont la dernière version serait un "excédent net", calculé en déduisant l'amortissement comptable, pour ne pas taxer l'investissement des entreprises[3] et en exonérant les PME. Le nouvel impôt taxerait donc le bénéfice avant impôt mais aussi les provisions comptables et les intérêts versés aux créanciers, à une époque où les grandes entreprises cotées en Bourse ont tendance à s'endetter pour réduire leurs capitaux propres. Une telle réforme serait susceptible de rétablir une plus grande égalité entre les créanciers et les actionnaires des entreprises.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_dividende.html#xtatc=INT-47
  2. http://www.vernimmen.net/Vernimmen/Resumes/Partie_4_La_politique_financiere/Chapitre_41_La_mise_en_oeuvre_de_la_politique_de_distribution.html
  3. "Taxe sur l'EBE : Bercy modifie ses plans", par Cyrille Pluyette dans Le Figaro du 02/10/2013 [1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]