José Bono

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José Bono
José Bono, en 2011.
José Bono, en 2011.
Fonctions
8e président du Congrès des députés espagnol
Législature IXe législature
Prédécesseur Manuel Marín
Successeur Jesús Posada
Ministre de la Défense
Président du gouvernement José Luis Rodríguez Zapatero
Prédécesseur Federico Trillo
Successeur José Antonio Alonso
1er président de la Junte des Communautés
de Castille-La Manche

(&&&&&&&&&&&0762120 ans, 10 mois et 11 jours)
Coalition Absolue PSOE
Prédécesseur José María Barreda
Biographie
Nom de naissance José Bono Martínez
Date de naissance (63 ans)
Lieu de naissance Salobre (Espagne)
Parti politique PSOE
Diplômé de Université de Deusto
Profession Avocat
Universitaire

José Bono José Bono
Présidents du Congrès des députés espagnol
Ministres de la Défense d'Espagne

José Bono Martínez, né à Salobre, le , est un homme politique espagnol, membre du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE).

Après avoir été élu au Congrès des députés en 1979, il est investi, en 1983, premier président de la Junté des Communautés de Castille-La Manche, après avoir remporté la majorité absolue aux Cortes lors des élections régionales. Systématiquement reconduit pendant vingt ans, il devient un « baron » socialiste, mais échoue en 2000 à prendre la direction du parti. En 2004, il est nommé ministre de la Défense et abandonne alors ses fonctions régionales. Il se retire de la vie politique deux ans plus tard, mais y fait son retour en 2008, en tant que président du Congrès des députés. Il quitte finalement la politique lors des élections générales de 2011.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et débuts en politique[modifier | modifier le code]

Après avoir accompli ses études secondaires au collège jésuite de l'Immaculée, à Alicante, il a suivi des études supérieures de droit et de sciences économiques à l'université de Deusto. Avocat de profession à partir de 1972, il a également enseigné le droit à l'université Complutense de Madrid. Il adhère au Parti socialiste populaire (PSP) en 1969, puis au PSOE, après sa fusion avec le PSP, en 1978.

Lors des élections générales du 1er mars 1979, il est élu député de la province d'Albacete au Congrès des députés, et devient huit mois plus tard quatrième secrétaire du bureau de l'assemblée[1]. Il assiste donc depuis la tribune à la tentative de coup d'État du lieutenant-colonel Tejero. Il est réélu député au cours des élections générales du 28 octobre 1982, et prend la présidence de la commission du Statut des députés.

Président de Castille-La Manche[modifier | modifier le code]

Chef de file socialiste pour les élections régionales du en Castille-La Manche, il remporte 47 % des voix et 23 députés sur 44, soit l'exacte majorité absolue[2]. Le 6 juin suivant, à 32 ans, José Bono est investi président de la Junte des Communautés de Castille-La Manche, avec comme objectif prioritaire la mise en œuvre du statut d'autonomie[3]. Il démissionne aussitôt du Congrès.

Aux élections régionales du , il confirme sa majorité absolue avec 46,8 % des suffrages et 25 élus sur 47. Quatre ans plus tard, en obtenant 52,6 % des voix et 27 députés régionaux, il obtient sa première majorité absolue en voix[4], alors que le PSOE l'emporte dans les cinq capitales provinciales de la communauté autonome[5].

Il parvient à se maintenir au pouvoir, avec 24 sièges et 46,1 % des voix, lors des élections du , étant alors le seul socialiste à remporter la majorité absolue au niveau régional[6]. Deux ans plus tard, il fait partie de la nouvelle direction du parti[7], mise en place après la démission de Felipe González et dirigée par Joaquín Almunia, dont il a assuré le succès de la candidature[8].

Comptant, avec Juan Carlos Rodríguez Ibarra et Manuel Chaves, parmi les « barons » du PSOE, il est une nouvelle fois reconduit à la tête de la Castille-La Manche lors des élections régionales du [9], obtenant 54,1 % des voix et 26 députés sur 47.

Échec pour la direction du PSOE[modifier | modifier le code]

À la suite de la défaite des socialistes aux élections générales du 12 mars 2000 et la démission d'Almunia, il fait rapidement connaître sa disponibilité pour prendre la direction du PSOE[10], et refuse ainsi de participer à la direction provisoire (Gestora) mise en place en attendant le congrès, prévu au mois de juillet[11]. Il confirme ses intentions le 17 mai[12], et annonce officiellement sa candidature un mois plus tard[13]. Lors de l'élection, le 22 juillet, il arrive en deuxième position avec 405 voix, à peine neuf de moins que le député rénovateur de la province de León, José Luis Rodríguez Zapatero, alors qu'il faisait figure de favori[14]. Il refuse ensuite la proposition de Zapatero d'être élu président du parti, un poste honorifique confié à Manuel Chaves[15], mais demande à ses soutiens de voter en faveur de la liste des membres de la commission exécutive proposée par le nouveau secrétaire général[16].

Candidat pour un sixième mandat consécutif aux élections régionales du , il y remporte 58,6 % des voix et 29 députés, son meilleur résultat depuis 1983, obtenant ainsi la majorité qualifiée des trois cinquièmes aux Cortes de la communauté autonome[17].

Ministre de la Défense d'Espagne[modifier | modifier le code]

À la suite de la victoire du PSOE aux élections générales du 14 mars 2004, il est annoncé comme futur ministre de l'Intérieur[18], mais il est finalement choisi pour occuper le poste de ministre de la Défense, et donc gérer le retrait du contingent espagnol d'Irak[19]. Il prend ses fonctions le 18 avril suivant, et renonce à présider la Castille-La Manche, après plus de vingt ans à la tête du gouvernement régional[20].

Dès sa prise de fonction, il organise le retrait des troupes espagnoles déployées en Irak[21], comme promis par les socialistes au cours de la campagne. À ce titre, il se voit accorder la médaille du mérite militaire lors du conseil des ministres du 29 mai, mais y renonce quatre jours plus tard, du fait des critiques, émanant notamment du Parti populaire (PP)[22]. Il doit également gérer les suites de l'affaire Yak-42, à savoir la gestion controversée par son prédécesseur, Federico Trillo, du crash, en Turquie, d'un avion de transport militaire Yakolev-42, qui ramenait une soixantaine de soldats d'Afghanistan. Il apporte ainsi son soutien aux demandes de nouvelles analyses ADN formulées par les familles des victimes[23], et qui révéleront des erreurs dans l'identification de nombreux restes, ce qui conduit à Bono à remplacer une partie de l'état-major des forces armées espagnoles à la fin du mois de juin[24]. Il adopte alors un règlement d'identification des victimes en missions extérieures au début de l'année 2005[25], et se rend lui-même en Afghanistan le 17 août, à la suite de la chute d'un hélicoptère ayant coûté la vie à dix-sept soldats, en compagnie d'une équipe d'experts de la Garde civile, afin de veiller au respect des procédures et d'assurer le rapatriement des corps[26].

Le , il affirme avoir été agressé par deux militants du Parti populaire, après avoir quitté une manifestation organisée à Madrid par l'association des victimes du terrorisme (AVT), au cours de laquelle la politique anti-terroriste du gouvernement avait été fortement critiquée[27]. Sur la base d'une photo du quotidien El País, la police interpelle alors deux militants du PP, qui appartiennent à la direction d'une section madrilène du parti[28]. L'affaire est finalement classée, cinq mois plus tard[29], mais les policiers sont condamnés en 2006 pour détention arbitraire[30], ce qui amène le délégué du gouvernement à la démission[31].

Au début de l'année 2006, il destitue et met aux arrêts pour huit jours le lieutenant général José Ména[32] pour avoir exprimé des opinions politiques, après le discours de ce dernier, prononcé à l'occasion de la pâque militaire et dans lequel il annonçait que les forces armées espagnoles interviendraient si le futur statut d'autonomie de la Catalogne se révélait contraire à la Constitution[33]

Retrait temporaire[modifier | modifier le code]

Il annonce, le 7 avril, qu'il a remis, deux mois plus tôt, sa lettre de démission au président du gouvernement, et qu'il quitte désormais son poste pour « raisons personnelles », afin d'être plus proche de sa famille[34]. Il est alors remplacé par le ministre de l'Intérieur, José Antonio Alonso. À peine six mois plus tard, Zapatero lui demande d'être candidat à la mairie de Madrid aux élections locales du [35]. Alors qu'il avait initialement montré un certain intérêt[36], il finit par refuser publiquement le 13 octobre[37]. Finalement, il fait connaître, le , son retour à la vie politique, en tant que tête de liste dans la province de Tolède pour les élections générales du 14 mars 2008, et qu'en cas de victoire du PSOE, il prendra la présidence du Congrès des députés, causant une certaine surprise parmi les autres formations politiques[38].

Président du Congrès des députés[modifier | modifier le code]

Réélu au Congrès des députés lors du scrutin, après vingt-cinq ans sans y avoir siégé, il en devient président le 1er avril suivant, ayant remporté le second tour avec 170 voix, contre 152 à la conservatrice Ana Pastor, après avoir échoué lors du premier avec seulement 168 voix, huit de moins que la majorité absolue, une première depuis 1979[39]. Rejeté notamment par les groupes nationalistes, il affirme vouloir agir avec justice et humilité, demandant l'indulgence des parlementaires en cas d'erreurs de sa part[40]. À deux reprises, il a rappelé à l'ordre le ministre de l'Industrie, Miguel Sebastián, qui ne portait pas de cravate en séance plénière, s'attirant la seconde fois les critiques de certains députés socialistes[41].

Lors du congrès des écoles catholiques le , il dénonce les menaces d'excommunication proférée par l'Église catholique romaine, dont il fait partie, contre tous ceux qui voteraient pour la réforme de la loi sur l'avortement, en déclarant que « l'Église [le] condamne car [il est] socialiste, et n'a pas condamné Augusto Pinochet qui était un assassin »[42].

Le , il révèle à la presse, qu'il ne souhaite pas être candidat aux élections générales du 20 novembre suivant[43]. Le 13 décembre, il cède la présidence du Congrès au conservateur Jesús Posada.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Fils d’un maire phalangiste, catholique et père de quatre enfants, il a divorcé par consentement mutuel en 2010 d'Ana María Rodríguez, qu'il avait épousée en 1981[44].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) « Leopoldo Torres sustituye a María Izquierdo en la secretaría segunda del Congreso », El País, le
  2. (es) « En busca de la conciencia autonómica », El País, le
  3. (es) « José Bono sustituye a Fuentes Lázaro al frente de la Junta de Castilla-La Mancha », El País, le
  4. (es) « Bono consigue mayoría absoluta por tercera vez », El País, le
  5. (es) « Los socialistas controlaran las cinco capitales », El País, le
  6. (es) « Los electores hicieron distinciones », El País, le
  7. (es) « Un 55% de caras nuevas en la ejecutiva del PSOE », El País, le
  8. (es) « Los 'barones' colocan a Almunia en a secretaría general tras garantizarse que entran en la ejecutiva », El País, le
  9. (es) « Bono es más "barón" que nunca », El País, le
  10. (es) « Bono se muestra dispuesto a asumir la nueva dirección del PSOE y recuperar las primarias », El País, le
  11. (es) « Bono resta importancia a no ser diputado para convertirse en líder de los socialistas », El País, le
  12. (es) « Bono da por hecho que presentará su candidatura para liderar el PSOE », El País, le
  13. (es) « Bono exige un liderazgo sin cortapisas », El País, le
  14. (es) « Zapatero gana a Bono por sólo 9 votos », El País, le
  15. (es) « Manuel Chaves acepta la presidencia del PSOE tras rechazarla José Bono », El País, le
  16. (es) « Zapatero recupera la unidad del PSOE », El País, le
  17. (es) « Bono afronta la legislatura con los mejores resultados de la democracia », El País, le
  18. (es) « Bono acepta el Ministerio de Seguridad y Rubalcaba será el portavoz parlamentario », El País, le
  19. (es) « Bono gestionará al frente de Defensa el futuro de la presencia de las tropas en Irak », El País, le
  20. (es) « Bono se despide de Castilla-La Mancha tras 21 años de presidente », El País, le
  21. (es) « Bono anuncia que la retirada de las tropas "ya ha empezado" y acabará a finales de mayo », El País, le
  22. (es) « José Bono decide renunciar a la medalla al Mérito Militar tras las críticas recibidas de la oposición », El Mundo, le
  23. (es) « Bono promete a las familias del Yak-42 ayuda para realizar las pruebas de ADN »», El País, le
  24. (es) « Bono cambia la cúpula militar tras conocerse el informe del Yak-42 », Cadena SER, le
  25. (es) « Un protocolo aprobado este año regula la identificación y repatriación de los cuerpos », El País, le
  26. (es) « Bono no descarta que un ataque causara el derribo del helicóptero español en Afganistán », El País, le
  27. (es) « Bono, insultado y agredido en una marcha de víctimas del terrorismo », El País, le
  28. (es) « El PP protesta por la detención e interrogatorio de dos dirigentes municipales », El País, le
  29. (es) « El juez archiva la denuncia por la supuesta agresión a Bono en la manifestacion de la AVT en enero », 20 minutos, le
  30. (es) « Condenados a penas de tres a cinco años los policías que detuvieron a dos militantes del PP », El País, le
  31. (es) « El delegado del Gobierno en Madrid dimite "en defensa de la profesionalidad" de la policía », El País, le
  32. (es) « Bono destituye e impone arresto domiciliario al teniente general que expresó opiniones políticas », El País, le
  33. (es) « Discurso del teniente general José Mena Aguado en la Pascua Militar », El Mundo, le
  34. (es) « La renuncia de Bono desencadena un cambio de Gobierno que sitúa a Rubalcaba en Interior », El País, le
  35. (es) « Zapatero presiona a Bono para que vuelva a la política en las elecciones generales », El País, le
  36. (es) « Bono deja la puerta abierta a su posible candidatura a la alcaldía de Madrid: "A nadie le amarga un dulce" », 20 minutos, le
  37. (es) « Bono: "Siempre dije que no" a la candidatura de Madrid », 20 minutos, le
  38. (es) « Zapatero anticipa que Bono presidirá el Congreso si gana las elecciones », El País, le
  39. (es) « Bono, elegido con el rechazo nacionalista », El País, le
  40. (es) « Bono, elegido presidente del Congeso de los Diputados en segunda votación », Cadena SER, le
  41. (es) « Sebastián: 'Seguiré sin corbata diga lo que diga Bono y el emperador del Japón' », El Mundo, le
  42. (es) « Bono: "La Iglesia me condena por ser socialista y no a Pinochet por ser un asesino" », Público, le
  43. (es) « José Bono anuncia su 'posición personal' de no seguir como diputado », El Mundo, le
  44. (es) « José Bono y su esposa anuncian su separación », El País, le

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]