Alberto Ruiz-Gallardón
Alberto Ruiz-Gallardón Jiménez, né le 11 décembre 1958 à Madrid, est un homme politique espagnol, membre du Parti populaire (PP).
Après avoir été secrétaire général de l'Alliance populaire (AP) pendant quelques mois, entre 1986 et 1987, il devient porte-parole du groupe du PP au Sénat en 1993. Il démissionne deux ans plus tard et se présente aux élections régionales dans la Communauté de Madrid, qu'il remporte avec la majorité absolue.
Reconduit en 1999, il est remplacé en 2003 par Esperanza Aguirre, tandis qu'il est élu maire de Madrid, un poste qu'il conserve en 2007 et 2011. À la fin de cette même année, il devient ministre de la Justice.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Enfance et jeunesse [modifier]
Fils d'avocat et homme politique conservateur, libéral et monarchiste, il obtient son baccalauréat (Bachillerato) dans un lycée jésuite, puis une licence de droit à l'université San Pablo-CEU, qui constituait à l'époque une antenne de l'université complutense de Madrid. Il passe ensuite les concours de procureur, et se classe deuxième de la vingt-huitième promotion du ministère public. Il est brièvement affecté à la cour provinciale de Malaga, avant d'être placé en disponibilité.
Il est le cousin de Cécile Ciganer-Albéniz, deuxième épouse de Nicolas Sarkozy.
Débuts en politique [modifier]
En 1983, il est élu au conseil municipal, sur la liste de l'AP, qui reste cependant dans l'opposition.
Il se fait remarquer dès l'année suivante par sa violente charge contre la revue de bandes dessinées Madriz, subventionnée par la municipalité, du fait des références politiques et du langage du monde de la drogue présents dans cette histoire. Il dénonce en effet « une porcherie répugnante, pornographique, blasphématoire, au sens juridique, contraire à la morale et à la famille »[1].
Une fulgurante ascension [modifier]
Après avoir été nommé au comité exécutif de l'AP en 1986, il échoue, lors des élections générales anticipées de juin, à être élu au Sénat dans la province de Palencia. À peine trois mois plus tard, à l'âge de 27 ans seulement, il devient le nouveau secrétaire général de l'Alliance populaire en remplacement de Jorge Verstrynge, de plus en plus critique du président Manuel Fraga[2].
À l'occasion du congrès de février 1987, il est promu vice-président par Antonio Hernández-Mancha[3], avant d'être élu député régional à l'Assemblée de Madrid en juin, puis nommé porte-parole de l'AP en juillet, dans le cadre d'un remaniement de la direction[4]. Il est, dans le même temps, élu sénateur par le Parlement de la Communauté de Madrid.
Membre de la députation permanente de la chambre haute des Cortes Generales, il tente, en juin 1989, d'être investi président de la Communauté de Madrid au moyen d'une motion de censure constructive, rejetée à l'issue d'un débat tendu et virulent, grâce à l'abstention d'un ancien député régional du parti conservateur[5].
L'année suivante, il mène l'enquête interne au Parti populaire (PP), qui succède à l'AP, concernant une affaire de corruption, l'affaire Naseiro. Contrairement à ce que présentait la presse à l'époque, son rapport ne recommandait aucune expulsion, alors que les médias évoquaient notamment le nom d'Eduardo Zaplana, alors président du PP d'Alicante[6].
Chef de file du PP aux élections régionales de 1991 dans la Communauté de Madrid, il parvient à devancer le socialiste sortant Joaquín Leguina avec 43,2 % des voix et 47 députés sur 101, soit six points et six sièges d'avance sur le PSOE. Ce dernier forme toutefois une coalition avec la Gauche unie (IU), permettant le maintien de Leguina au pouvoir. Le 6 juillet 1993, Alberto Ruiz-Gallardón devient porte-parole du groupe conservateur au Sénat, poste auquel il renonce deux ans plus tard, afin de se présenter de nouveau aux élections régionales.
Président de la Communauté de Madrid [modifier]
Lors du scrutin, organisé le 28 mai, il remporte une nette majorité absolue avec 50,9 % des voix et 54 députés sur 103, dans un contexte national de défaite pour le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE)[7]. Le 29 juin suivant, il obtient l'investiture de l'Assemblée de Madrid et devient alors le deuxième président de la Communauté de Madrid, avec un programme axé sur la lutte contre le chômage, les privatisations et la réduction de la taille du secteur public[8]. Il se présente à sa succession aux élections régionales du 13 juin 1999, et l'emporte sans difficulté avec 52,1 % des suffrages et 54 élus sur 102, face à Cristina Almeida, candidate socialiste dont le parti accuse un retard de quinze points. Il assure alors le passage aux trente-cinq heures de travail hebdomadaire dans l'administration régionale, et le transfert des compétences nationales dans les domaines de la santé et de l'éducation.
Maire de Madrid [modifier]
À l'occasion des élections locales du 25 mai 2003, il se présente à la mairie de Madrid, en remplacement de José María Álvarez del Manzano, au pouvoir depuis douze ans. Il maintient sans difficulté le PP au pouvoir, sa liste, dont la numéro deux était Ana Botella, épouse de José María Aznar, obtenant 51,3 % des suffrages exprimés et 30 élus sur 55. Il est investi le 23 juin suivant, mais un imbroglio politique l'oblige à rester président de la Communauté de Madrid jusqu'au 21 novembre, lorsque la conservatrice Esperanza Aguirre est désignée pour lui succéder.
Il met alors en œuvre son projet phare de rénovation de l'autoroute M-30, qui fait le tour de la capitale espagnole, notamment le creusement d'un tunnel là où elle longe la rivière Manzanares, afin de créer un vaste espace vert piétonnier sur les deux rives. L'ensemble des décisions du conseil municipal relatives à ce projet a toutefois été annulé par le tribunal supérieur de justice de la Communauté de Madrid (TSJM) en 2008, pour violation des règles de protection de la santé, de l'environnement et du patrimoine. De plus, le recours massif à l'endettement, en vue de financer ce projet gigantesque, a conduit la ville à être la plus endettée d'Espagne, ce qui a jeté le soupçon sur les véritables buts poursuivis par la mairie lorsque celle-ci a décidé d'installer des parcmètres.
À la suite de sa décision de célébrer un mariage homosexuel, une réforme à laquelle le PP s'était opposé aux Cortes Generales, il fait l'objet de critiques de la part de la direction du parti, mais obtient le soutien de Manuel Fraga, pour qui Ruiz-Gallardón n'a fait qu'appliquer la loi.
Candidat à un second mandat le 27 mai 2007, il s'impose avec 55,6 % des voix et 34 sièges sur 57, loin devant la liste socialiste de Miguel Sebastián, conseiller économique de José Luis Rodríguez Zapatero. Au cours de ce deuxième mandat, il échoue à obtenir l'organisation des jeux olympiques d'été de 2016, entame la mise en application de la loi sur le statut de capitale et le régime spécial de Madrid, qui en élargit les compétences, crée une unité spécialisée pour le contrôle du trafic automobile, déchargeant de fait la police municipale de ces fonctions, et rend piétonnières certaines rues du centre historique de la ville.
Bien qu'il ait annoncé la possibilité qu'il se retire de la vie politique en 2008, à la suite du refus de Mariano Rajoy de le placer en deuxième position sur la liste du PP pour les élections législatives espagnoles dans la Communauté de Madrid, du fait des pressions d'Esperanza Aguirre[9], il se présente finalement à un troisième mandat aux élections du 22 mai 2011, qu'il remporte en recueillent 49,6 % des suffrages et 31 élus au conseil municipal.
Carrière nationale [modifier]
Aux élections générales anticipées du 20 novembre 2011, il est élu député de Madrid. Il est nommé, le 22 décembre suivant, ministre de la Justice et démissionne alors de son poste de maire.
Notes et références [modifier]
- (es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Alberto Ruiz-Gallardón » (voir la liste des auteurs)
- (es) « 'Madriz' seguirá publicándose, pese a la oposición del Grupo Popular », El País, le 23 avril 1984
- (es) « Fraga sustituye a Verstrynge por Alberto Ruiz Gallardón para 'poner orden' en el partido' », El País, le 3 septembre 1986
- (es) « Hernández Mancha venció por holgada mayoría a Herrero en el congreso extraordinario de AP », El País, le 8 février 1987
- (es) « Hernández Mancha dirigirá la coordinación de los grupos parlamentarios de AP », El País, le 28 juillet 1987
- (es) « Leguina continúa al frente de la Comunidad de Madrid en una situación muy precaria para gobernar », El País, le 22 juin 1989
- (es) « La investigación del PP sobre el 'caso Naseiro' señala la existencia de un grupo de presión en el partido », El País, le 21 mai 1990
- (es) « El PP desaloja al PSOE del poder local y autonómico », El País, le 29 mai 1995
- (es) « Ruiz-Gallardón propone a PSOE e IU listas abiertas en las próximas elecciones », El País, le 28 juin 1995
- (es) « Gallardón: 'He sido derrotado' », El Mundo, le 16 janvier 2008
Annexes [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Alliance populaire
- Manuel Fraga ; Esperanza Aguirre ; Manuel Cobo
- Élections régionales de 1987, 1991, 1995 et 1999 dans la Communauté de Madrid
- Liste des alcades de Madrid