Artur Mas

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Artur Mas
Artur Mas en 2010.
Artur Mas en 2010.
Fonctions
Président de la Convergence démocratique de Catalogne
En fonction depuis le
Prédécesseur Jordi Pujol
129e président de la Généralité de Catalogne
En fonction depuis le
(&&&&&&&&&&&012063 ans, 3 mois et 19 jours)
Gouvernement 2010-2012 et 2012-2016
Législature 9e et 10e
Coalition CiU minoritaire
Prédécesseur José Montilla
Chef de l'opposition en Catalogne
Président Pasqual Maragall
José Montilla
Prédécesseur Fonction créée
Successeur Joaquim Nadal
Président de Convergence et Union
En fonction depuis le
Prédécesseur Fonction créée
Secrétaire général de la Convergence démocratique de Catalogne
Président Jordi Pujol
Prédécesseur Pere Esteve
Successeur Oriol Pujol
Conseiller en chef de la Généralité de Catalogne
Conseiller à la Présidence
Président Jordi Pujol
Prédécesseur Aucun (Conseiller en chef)
Joaquím Triadú (Présidence)
Successeur Josep-Lluís Carod-Rovira
Conseiller à l'Économie et aux Finances
Président Jordi Pujol
Prédécesseur Macià Alavedra
Successeur Francesc Homs
Conseiller à la Politique territoriale et aux Travaux publics
Président Jordi Pujol
Prédécesseur Jaume Roma
Successeur Pere Macias
Biographie
Nom de naissance Artur Mas i Gavarró
Date de naissance (58 ans)
Lieu de naissance Barcelone (Espagne)
Parti politique CDCCiU
Diplômé de Université de Barcelone
Profession Entrepreneur
Haut fonctionnaire
Religion Catholique

Signature

Artur Mas
Présidents de la Généralité de Catalogne
Conseillers en chef de Catalogne

Artur Mas i Gavarró, né le à Barcelone, est un homme politique espagnol, membre de Convergence démocratique de Catalogne (CDC), dont il est le secrétaire général, président de la fédération de centre-droit catalane Convergence et Union (CiU), et président de la Généralité de Catalogne depuis 2010.

Ancien conseiller aux Travaux publics de la Généralité de Catalogne, entre 1995 et 1997, puis à l'Économie et aux Finances les quatre années suivantes, il a ensuite été conseiller en chef entre 2001 et 2003. Cette année-là, il échoue à maintenir la fédération CiU au pouvoir lors des élections régionales, et devient l'année suivante chef de l'opposition au président socialiste de la Généralité, Pasqual Maragall, puis à José Montilla, qui lui succède à la suite des élections de 2006. Il remporte quatre ans plus tard les élections régionales avec une forte majorité relative et est investi un mois plus tard président de la Généralité de Catalogne.

Éléments personnels[modifier | modifier le code]

Formation et carrière[modifier | modifier le code]

Il a effectué sa scolarité au Lycée français de Barcelone. Après avoir étudié les sciences économiques et de l'entreprise à l'université de Barcelone, tout en suivant des cours à la faculté de droit, il commence à travailler au sein du département du commerce extérieur d'un groupe d'entreprises industrielles spécialisées dans la production de matériel de logistique et d'élévation.

Quelques années plus tard, il prend la direction d'une société d'investissements appartenant à un grand groupe industriel du secteur de la tannerie. En 1982, il entre dans le secteur public, comme consultant auprès du département du Commerce, de la Consommation et du Tourisme de la Généralité de Catalogne. Alors que cette collaboration ne devait durer que cinq mois, il a été recruté à titre permanent, avec pour mission de promouvoir la Catalogne à l'extérieur et les investissements étrangers dans la communauté autonome. Il a ensuite été nommé chef du services des foires, puis il a accédé au poste de directeur général de la Promotion commerciale.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est issu d'une famille très liée au secteur industriel catalan, et est l'aîné de quatre enfants.

Il a rencontré sa femme, Helena Rakosnik, en 1979, lors du mariage d'un ami d'études, et l'a épousée trois ans plus tard. Ensemble, ils ont eu trois enfants : Patrícia, Albert et Artur.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Carrière militante[modifier | modifier le code]

Adhérent de la Convergence démocratique de Catalogne (CDC), un parti libéral et nationaliste catalan, il en prend en 1996 la présidence dans la province de Barcelone. Il fait son entrée au secrétariat permanent deux ans plus tard. Le , Artur Mas est élu secrétaire général de la CDC par 85 % des voix[1] lors du 11e congrès du parti.

Lorsque la coalition politique Convergence et Union (CiU), formée de la CDC et des chrétiens-démocrates de l'Union démocratique de Catalogne (UDC), se transforme en fédération le , il en devient le premier président.

Il est réélu secrétaire général de son parti en 2005, puis 2008. Le , ne pouvant postuler à un quatrième mandat, il devient président de la CDC et cède le secrétariat général à Oriol Pujol, porte-parole du groupe de CiU au Parlement régional.

Débuts institutionnels[modifier | modifier le code]

Il est élu au conseil municipal de Barcelone en 1987, sur la liste de la CDC. À la suite de sa première réélection, quatre ans plus tard, il est désigné porte-parole du groupe CiU, puis président à partir de 1993. Il quitte la vie municipale en 1995, après avoir été élu député de la province de Barcelone au Parlement de Catalogne.

Conseiller de la Généralité[modifier | modifier le code]

Quelques mois avant les régionales de 1995, le 15 juin, il est nommé conseiller[2] à la Politique territoriale et des Travaux publics sous la présidence de Jordi Pujol. Reconduit après le scrutin de 1995, il est choisi pour le poste de conseiller à l'Économie et aux Finances le , l'occupant pendant quatre ans.

Le dauphin de Pujol[modifier | modifier le code]

Le , Artur Mas devient conseiller en chef et conseiller à la Présidence de la Généralité de Catalogne. La recréation du poste de conseiller en chef (Conseller en Cap), disparu en 1954, le fait alors apparaître comme le dauphin de Jordi Pujol, président de la Généralité depuis 1980. Cette position est confirmée quand il est investi, le , candidat de CiU à la présidence de la Généralité.

Aux élections du , le centre-droit arrive deuxième en nombre de voix mais premier en nombre de sièges, comme lors du scrutin de 1999, avec 30,94 % des suffrages, contre 31,16 % au Parti des socialistes de Catalogne (PSC) de Pasqual Maragall, mais 48 députés, contre 42 au PSC. Ce dernier parvient toutefois à constituer une coalition gouvernementale avec la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) et l'Initiative pour la Catalogne - Les Verts/Gauche unie et alternative (ICV-EUiA), ce qui lui permet d'exclure CiU du pouvoir, une première en vingt-trois ans.

Chef de l'opposition[modifier | modifier le code]

Artur Mas et Oriol Pujol, porte-parole du groupe CiU au Parlement de Catalogne, en 2009.

Artur Mas quitte le conseil exécutif le 22 décembre suivant et prend alors la présidence du groupe parlementaire de CiU. À la suite de l'adoption d'un décret, remplacé par une loi régionale en 2008, réalisant une promesse électorale de Maragall, il est le premier à accéder au statut officiel de chef de l'opposition en Catalogne (Cap de l'oposició a Catalunya) le . Deux ans plus tard, il conclut un accord avec José Luis Rodríguez Zapatero, président du gouvernement espagnol, afin d'assurer l'adoption du nouveau statut d'autonomie de la Catalogne, ce qui provoque la rupture de la coalition régionale alors au pouvoir et le déclenchement d'élections anticipées, qui sont convoquées le .

CiU arrive cette fois en tête en obtenant 31,5 % des voix et 48 sièges sur 135, alors que le PSC, désormais conduit par son premier secrétaire, José Montilla, doit se contenter de 26,8 % des suffrages et 37 parlementaires. Cependant, la coalition gouvernementale sortante recueille dans son ensemble 50,3 % des voix et 70 députés, soit la majorité absolue, ce qui permet à Montilla d'accéder au pouvoir et cantonne le centre-droit aux bancs de l'opposition.

Les élections de 2010 : le retour au pouvoir[modifier | modifier le code]

A nouveau investi chef de file de la fédération CiU pour les élections régionales du 28 novembre 2010, les sondages semblent cette fois lui promettre la victoire avec environ 40 % d'intentions de vote et plus de 60 sièges, contre à peine 20 % et 30 sièges aux socialistes de Montilla. Le jour du scrutin, il obtient plus de 38 % des voix et 62 députés sur 135, soit 20 points et 44 élus de plus que les socialistes. Appelant à l'union et à la mobilisation de tous les Catalans, il promet alors d'agir avec humilité[3]. Au moment du premier vote d'investiture, le 21 décembre, il se révèle incapable d'obtenir le soutien des autres formations politiques, recueillant 62 voix contre 73, ce qui l'oblige à attendre le 23 pour se voir élu par le Parlament à la tête du gouvernement de Catalogne[4]. Le lendemain de son échec, il signe un accord avec le Parti des socialistes de Catalogne (PSC), qui prévoit l'abstention des 28 députés de ce dernier, et permet donc son investiture à la majorité relative[5].

Président de la Généralité de Catalogne[modifier | modifier le code]

Artur Mas, lors d'un débat de politique générale au Parlement de Catalogne.

Premier mandat (2010-2012)[modifier | modifier le code]

Le 23 décembre, Artur Mas est investi président de la Généralité de Catalogne par 62 voix favorables, 45 contre et 28 abstentions[6]. Il entre en fonction quatre jours plus tard[7] en incluant dans sa prestation de serment « la fidélité totale au peuple catalan » et appelant « à la patience sur le chemin qui mène à la plénitude nationale »[8]. Le début de son mandat est marqué par une politique d'ouverture, puisqu'il propose au socialiste Ferran Mascarell le poste de conseiller à la Culture, une fonction qu'il avait déjà occupée au cours de l'année 2006, et que celui-ci accepte[9]. Son gouvernement comprend en outre un certain nombre de personnalités issues de la société civile[10].

Second mandat (depuis 2012)[modifier | modifier le code]

En , il annonce des élections régionales, anticipées de deux ans, pour le 25 novembre. À la suite de ce scrutin, au cours duquel CiU ne remporte que 50 sièges sur 135, il passe un accord d'investiture avec la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), désormais deuxième force politique de la Région, qui prévoit la tenue d'un référendum d'autodétermination en 2014[11].

Il obtient, le 21 décembre, lors du premier vote d'investiture, la confiance du Parlament, par 71 voix contre 63, tous les autres partis ayant voté contre lui[12]. Il forme, six jours plus tard, son nouveau gouvernement, dans lequel Francesc Homs, bras droit de Mas, devient conseiller à la Présidence, tandis que Joana Ortega, vice-présidente sortante et conseillère à la Gouvernance, se voit chargée de la mise en œuvre du futur référendum[13].

En décembre 2013, il annonce l'organisation d'un référendum sur l'autonomie de la Catalogne, processus dont la légalité est contestée par le président du gouvernement Mariano Rajoy[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Le nouveau secrétaire général obtient dix points de moins que Pujol, El País, le
  2. Dans les communautés autonomes espagnoles, un conseiller (concejero en espagnol ou conseller en catalan) est un membre de l'exécutif régional.
  3. (es) CiU revient sans alliances, Público, le
  4. (es) Mas devra attendre le second tour pour être investi président de la Généralité, La Vanguardia, le
  5. (es) Accord CiU-PSC pour l'investiture d'Artur Mas comme 129e président de la Généralité, La Vanguardia, le
  6. (es) Artur Mas devient le 129e président de la Généralité, La Vanguardia, le
  7. (es) Artur Mas investi président de la Généralité, Público, le
  8. (es) Artur Mas : « Je me sens bâtisseur de mon pays, et non libérateur », La Vanguardia, le
  9. (es) Mascarell accepte l'offre de Mas et sera le nouveau conseiller à la Culture, La Vanguardia, le
  10. (es) Boi Ruiz, Pilar Fernández Bozal et Francesc Xavier Mena complètent le gouvernement de Mas, La Vanguardia, le
  11. (es) « CiU y ERC pactan la consulta de autodeterminación para 2014 », El País, le
  12. (es) « Mas es investido presidente con los votos de CiU y ERC », El País, le
  13. (es) « Mas cierra filas hacia el soberanismo », El País, le
  14. Mathieu de Taillac, « Crise politique entre la Catalogne et Madrid », in Le Figaro, samedi 14 / dimanche 15 décembre 2013, page 8.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]