Élections générales espagnoles de 2011

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Élections législatives espagnoles de 2011
Type d’élection  élection législative
  
71,69 %
Représentation de l'assemblée
Diagramme
Gouvernement
Sortant
Élu
Législature élue
Xe

Les élections générales espagnoles de 2011 se sont tenues le dimanche [1], afin d'élire les trois cent cinquante députés et deux cent huit sénateurs de la dixième législature des Cortes Generales depuis l'adoption de la Constitution de 1978.

Contexte[modifier | modifier le code]

Lors des élections générales du 9 mars 2008, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) de José Luis Rodríguez Zapatero, au pouvoir depuis 2004, infligeait une nouvelle défaite au Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy, sans toutefois atteindre la majorité absolue des sièges au Congrès des députés. Réinvesti président du gouvernement au second tour de scrutin en avril, Zapatero présente ensuite un gouvernement majoritairement féminin[2] principalement préoccupé par les questions de société.

Toutefois, l'Espagne est rapidement victime des conséquences de la crise qui frappe alors l'économie mondiale. L'effondrement des secteurs bancaires et immobiliers, sur lesquels le pays avait bâti sa croissance, entraîne une forte récession et une montée en flèche du niveau de chômage jusqu'à 20 % de la population active, du jamais vu depuis quinze ans[3],[4]. Après avoir pris des mesures destinées à relancer l'économie nationale, le chef du gouvernement procède à un remaniement au cours duquel il remplace son ministre de l'Économie, Pedro Solbes, par Elena Salgado[5]. Cette année-là, le PSOE perd les régionales en Galice[6] et les élections européennes[7].

À la suite de la crise de la dette publique grecque, en 2010, la majorité des pays de l'Union européenne adopte des plans d'austérité budgétaire. Alors que la crise s'étend à l'ensemble de la zone euro, le gouvernement de Zapatero annonce un plan de rigueur prévoyant la baisse du traitement des fonctionnaires, un réhaussement de l'âge légal de départ à la retraite[8]. Il procède dans le même temps à plusieurs réorganisations de l'administration publique, afin d'en réduire les coûts, et fait voter la loi relative à l'économie durable (LES), censée changer le modèle de développement économique espagnol[9].

En 2011, Zapatero fait savoir qu'il ne sera pas candidat à sa succession aux prochaines élections générales[10], ce qui n'empêche pas le PP de remporter largement les élections régionales et locales du 22 mai avec plus de dix points d'avance au niveau national, les socialistes perdant leurs fiefs des Asturies, de Castille-La Manche et d'Estrémadure[11]. Deux mois plus tard, il annonce la tenue de législatives anticipées, convoquées avec quatre mois d'avance sur le calendrier prévu.

Partis et candidats[modifier | modifier le code]

Formation Idéologie Chef de file Résultats en 2008
Partis présents au niveau national
Parti socialiste ouvrier espagnol
Partido Socialista Obrero Español
Centre-gauche
Social-démocratie, progressisme
Alfredo Pérez Rubalcaba[12] 43,87 % des voix
169 députés
95 sénateurs
Parti populaire
Partido Popular
Droite
Conservatisme, libéralisme, démocratie chrétienne
Mariano Rajoy[13] 39,94 % des voix
154 députés
101 sénateurs
Gauche unie
Izquierda Unida
Gauche
Républicanisme, écosocialisme, néocommunisme
Cayo Lara[14] 3,77 % des voix
2 députés
0 sénateurs
Partis présents au niveau régional
Convergence et Union
Convergència i Unió
Centre-droit
Catalanisme, libéralisme, démocratie chrétienne
Josep Antoni Duran i Lleida[15] 3,03 % des voix
10 députés
4 sénateurs
Parti nationaliste basque
Euzko Alderdi Jeltzalea-Partido Nacionalista Vasco
Centre
Nationalisme basque, démocratie chrétienne
Josu Erkoreka 1,19 % des voix
6 députés
2 sénateurs

Campagne[modifier | modifier le code]

La campagne a été ouverte à 00h00 le vendredi 4 novembre, et a pris fin à 24h00 le vendredi 18 novembre[16].

Thèmes et faits marquants[modifier | modifier le code]

Sondages[modifier | modifier le code]

Résultats[modifier | modifier le code]

Scores[modifier | modifier le code]

Parti Congrès des députés Sénat
Voix  % +/- Élus +/- Élus +/-
Parti populaire (PP)[17] 10 830 693 44,62 % en augmentation 4,69 186 en augmentation 32 136 en augmentation 35
Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) 6 973 880 28,73 % en diminution 15,14 110 en diminution 59 48 en diminution 40
Gauche unie (IU)[18] 1 680 810 6,92 % en augmentation 3,15 11 en augmentation 9 0 en stagnation
Union, progrès et démocratie (UPyD) 1 140 242 4,69 % en augmentation 3,50 5 en augmentation 4 0 en stagnation
Convergence et Union (CiU) 1 014 263 4,17 % en augmentation 1,14 16 en augmentation 6 9 en augmentation 5
Amaiur 333 628 1,37 % en augmentation 1,37 7 en augmentation 7 3 en augmentation 3
Parti nationaliste basque (EAJ/PNV) 323 517 1,33 % en augmentation 0,14 5 en diminution 1 4 en augmentation 2
Gauche républicaine de Catalogne (ERC) – Reagrupament (RI) 256 393 1,05 % en diminution 0,11 3 en stagnation N/A N/A
Bloc nationaliste galicien (BNG) 183 279 0,75 % en diminution 0,08 2 en stagnation 0 en stagnation
Accord pour le progrès de la Catalogne (PSC-ICV-EUiA) Absent 7 en diminution 5
Autres 1 202 871 5,00 % en augmentation 3,46 5 en augmentation 2 1 en stagnation
Blancs 333 095 1,37 % N/A
TOTAL (participation : 71,69 %) 24 272 671 100,00 % N/A 350 N/A 208 N/A

Analyse[modifier | modifier le code]

Avec une participation en légère baisse, le PP de Mariano Rajoy retrouve le pouvoir, après sept ans et demi dans l'opposition. Cette victoire tient avant tout à la déroute du PSOE d'Alfredo Pérez Rubalcaba, qui réalise son plus mauvais score depuis 1982, tandis que le PP égale sa performance de 2000, lorsque José María Aznar avait remporté, lui aussi, la majorité absolue[19]. La déroute socialiste est historique, la formation n'arrivant en tête que dans les provinces de Barcelone et Séville, alors qu'ils avait réussi cette performance dans vingt-trois circonscriptions sur cinquante-deux, dont la totalité de la Catalogne, du Pays basque et sept des huit provinces d'Andalousie, à l'occasion des élections de 2008[20].

Elle profite non seulement au PP, mais également à IU, qui progresse de neuf députés, et UPyD, formation opposée aux nationalismes régionaux, qui en remporte quatre supplémentaires[21]. Dans leur ensemble, les formations régionalistes et nationalistes progressent, plus significativement encore au Pays basque, ou la coalition Amaiur, issue du parti interdit Batasuna, dépasse l'EAJ/PNV avec 7 députés[22]. Le Congrès issu de ces élections sera en effet le plus divers depuis 1977, pas moins de treize formations y faisant leur entrée, dont six en mesure de former un groupe parlementaire, tandis que le nombre total de députés obtenus par les deux grandes formations est en baisse sensible, passant de 323 à 296[23].

Si la déroute socialiste permet d'expliquer le triomphe conservateur, elle a surtout donné lieu à une large victoire des forces de droite. Le recul du PSOE n'a en effet été que partiellement compensé par la poussée d'IU. De ce fait, pour la première fois depuis 2000, les partis de droite sont majoritaires dans le pays, mais leur avance s'établit à 4 millions de voix sur la gauche, contre 1,7 millions onze ans plus tôt. Cette large avancée conservatrice se retrouve d'ailleurs au niveau territorial, les formations classées à gauche ne s'imposant que dans quatre des cinquante villes les plus peuplées d'Espagne. Dans des communautés autonomes, comme la Communauté de Madrid ou l'Aragon, elles reculent de près de dix points par rapport à leurs scores de 2008[24].

Concernant l'évolution du rapport hommes/femmes au sein du nouveau Congrès des députés, celui-ci reste inchangé, avec 124 femmes pour 226 hommes, soit 36 % des sièges à pourvoir. Pour la deuxième fois depuis son adoption, la loi sur l'égalité (Ley de Igualdad), qui impose la présence d'au moins 40 % de femmes sur les listes électorales, n'aura donc pas permis de faire évoluer la différence en faveur d'une féminisation de l'assemblée. Avec 66 députées, soit une augmentation de 23 sièges sur 32 nouveaux élus, le PP détient le record de femmes élues, tandis que le Parti socialiste, ayant réussi à faire élire 42 candidates pour un total de 110 députés, aura la plus forte proportion féminine de l'assemblée, avec 38 % de son groupe parlementaire[25].

Réactions et conséquences[modifier | modifier le code]

Dès le 21 novembre, José Luis Rodríguez Zapatero annonce la convocation d'un congrès du PSOE au mois de , soit cinq mois avant le terme du délai statutaire, expliquant la défaite par la très mauvaise conjoncture économique[26]. La veille, le président du parti, Manuel Chaves, l'avait appelé à conserver ses fonctions de secrétaire général d'ici à la tenue du congrès, tandis que Miguel Arias Cañete, président du comité électoral du PP, avait fait part de sa volonté de « passer outre les délais légaux » de formation du gouvernement[27].

Lors d'une intervention devant la presse, au lendemain de sa victoire, Mariano Rajoy annonce qu'il compte dialoguer avec toutes les forces politiques, à l'exception d'Amaiur, et que le prochain congrès national du PP sera convoqué, en Andalousie, à la fin de la deuxième semaine du mois de [28]. Soraya Sáenz de Santamaría, porte-parole du groupe conservateur au Congrès, et Ramón Jáuregui, ministre de la Présidence, sont ensuite chargés de piloter la transition, que le président du gouvernement et son futur successeur veulent « exemplaire » selon María Dolores de Cospedal, secrétaire générale du PP[29].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) « Zapatero convoca el 20-N para que "otro Gobierno dé certidumbre" », El País, me
  2. (es) « Los Ministros de Zapatero », El Mundo
  3. (es) « El paro en España dobla al de la Eurozona », El País, le
  4. (es) « El desempleo en España, un empacho de ladrillo y sangría », El País, le
  5. (es) « Zapatero cambia el Gobierno un año después de estrenar su segunda legislatura », El Mundo, le
  6. (es) « El PP recupera la Xunta », El Mundo, le
  7. (es) « Recuento nacional », El País
  8. (es) « El Gobierno prepara un ajuste duro », Cadena SER, le
  9. (es) « Las claves para entender la ley de Economía sostenible », El Mundo, le
  10. (es) « Zapatero no será candidato en 2012 », ABC, le
  11. (es) « El PP logra la victoria », La Sexta, le
  12. (es) « El Comité Federal del PSOE ratifica a Rubalcaba como candidato para las elecciones generales », Radio Televisión Española, le
  13. (es) « Rajoy apela a la concordia en un discurso sin propuestas », El País, le
  14. (es) « Lara, candidato a las elecciones generales a partir del sábado », Público, le
  15. (es) « CiU oficializa la candidatura de Duran para las generales », La Vanguardia, le
  16. (es) « Real Decreto 1329/2011, de 26 de septiembre, de disolución del Congreso de los Diputados y del Senado y de convocatoria de elecciones. », Bulletin officiel de l'État
  17. Dont un député pour l'Union du peuple navarrais.
  18. Coalition électorale composée d'IU Izquierda Unida (IU) - Iniciativa per Catalunya Verds (ICV), deux députés, et de la Chunta Aragonesista (CHA), un député élu.
  19. (fr) « La débâcle socialiste offre une majorité absolue à Mariano Rajoy en Espagne », Le Monde, le
  20. (fr) « Elections espagnoles : cartographie des résultats »
  21. (fr) « La droite espagnole remporte la majorité absolue », Le Figaro, le
  22. (fr) « Espagne: majorité absolue pour la droite aux législatives », L'Express, le
  23. (es) « El Congreso más plural », Público, le
  24. (es) « Las derechas suman más que nunca », Público, le
  25. (es) « Ni una diputada más », El País, le
  26. (es) « Zapatero convoca un congreso ordinario en la primera semana de febrero », El País, le
  27. (es) « El PP urge a acelerar al máximo el traspaso de poderes », El País, le
  28. (es) « Rajoy "gobernará para todos" pero excluye a Amaiur », Público, le
  29. (es) « Sáenz de Santamaría y Ramón Jáuregui coordinarán el traspaso de poderes », Público, le

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie indicative[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]