Sénat (Espagne)

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40° 25′ 14″ N 3° 42′ 46″ O / 40.42056, -3.71278 ()

Sénat d'Espagne
Senado de España

Xe législature

Description de l'image  Coat of Arms of the Senate of Spain.svg.
Type
Type Chambre haute des Cortes Generales
Présidence
Président Pío García-Escudero (PP)
Élection 13 décembre 2011
Vice-présidents Juan José Lucas
Yolanda Vicente
Secrétaires Matías Conde
Ramón Rabanera
Carmen Alborch
Manel Plana
Structure
Membres 264 sénateurs
Élection
Système électoral Scrutin majoritaire plurinominal
Dernière élection 13 décembre 2011

Palacio del Senado, Madrid.

Description de cette image, également commentée ci-après

Photographie du lieu de réunion

Divers
Site web http://www.senado.es/
Voir aussi Congrès des députés
Constitution espagnole de 1978
Communautés autonomes d'Espagne

Le Sénat (Senado en espagnol) exerce le pouvoir législatif en Espagne, conjointement avec le Congrès des députés. C'est la chambre haute des Cortes Generales. Il se compose d'un nombre variable de sénateurs, élus par un système mixte :

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Sénat tient son origine dans le statut royal octroyé en 1834 par la reine Marie-Christine, régente durant la minorité d'Isabelle II. Ce statut a mis en place, pour la première fois en Espagne, la division bicamérale des Cortes, en deux « Ordres » : l'Ordre des Pairs (Estamento de Próceres del Reino), chambre haute, et l'Ordre des Procurateurs ou Députés (Estamento de Procuradores del Reino), chambre basse.

L'Ordre des Pairs avait une composition mixte. D'une part, des membres héréditaires, comme les enfants du roi et les Grands d'Espagne ; d'autre part, des membres nommés par le roi, appartenant aux classes supérieures de la société. La nature de cette chambre était d'ailleurs la représentation de la noblesse et de la plus haute hiérarchie de l'Église espagnole. La charge était à vie et le nombre de pairs n'était pas déterminé, ce qui permettait à la monarchie d'obtenir une majorité suffisante.

À la suite de la révolte de la Granja de San Ildefonso, durant l'été 1836, la reine fit approuver la nouvelle Constitution de 1837. La chambre haute du Parlement reçut alors le nom de « Sénat ». Son premier président fut le comte de Fontao.

Malgré les changements constitutionnels successifs de 1845, 1856, 1869 et 1876, le Sénat perdura, en tant qu'organe législatif, aux côtés du Congrès des Députés. Il perdit parfois, au gré des réformes, plusieurs espaces de décision, dans les domaines de l'armée ou de l'impôt.

Le 14 septembre 1923, Miguel Primo de Rivera, commandant général de Catalogne, se proclame chef d’un directoire militaire. Le roi Alphonse XIII reconnaît immédiatement ce coup de force militaire, tandis que le chef du gouvernement, Manuel García Prieto, démissionne. C’est la fin du régime constitutionnel et les Cortes sont dissoutes, ce qui entraine la fermeture du Sénat. La proclamation de la Seconde République espagnole confirme l'abolition de la chambre haute espagnole : le Sénat est aboli lors de la session du 27 octobre 1931 par 150 voix contre 100. Cette réforme en faveur de l'unicaméralisme, souhaité par les députés socialistes, fut permis par le retrait des députés conservateurs et ruraux, et malgré l'opposition menée par le député Ángel Ossorio[1].

Le Sénat est rétabli en 1976, à la suite de la loi pour la réforme politique, impulsée par le roi Juan Carlos Ier, qui souhaite le remplacement des Cortes franquistes par un système de Cortes bicaméral. Les élections de 1977 provoquent la victoire de l'UCD. Le Sénat participe à la rédaction de la nouvelle Constitution, qui met définitivement en place la démocratie en 1978.

Siège du Sénat[modifier | modifier le code]

Le palais du Sénat est le siège du Sénat. Il se trouve dans le centre de la ville de Madrid, sur la place de la Marine espagnole, face au monument d'Antonio Cánovas del Castillo, non loin du palais d'Orient et du théâtre royal.

C'est un édifice de la fin du XVIe siècle, construit par l'architecte Francisco de Montalbán, qui a d'abord servi comme couvent pour les Augustins chaussés, à la demande de Doña María de Aragón. Le bâtiment fut réformé lors des désamortissements de l'Eglise espagnole au début du XIXe siècle, et affecté à son usage parlementaire qu'il a conservé, puisqu'il reçoit l'assemblée des Cortes de 1812, qui se transportent à Madrid en 1814. L'abolition de la constitution par le roi Ferdinand VII, la même année, provoque l'abandon du palais. En 1820, la Constitution est rétablie, et Isidro González Velázquez est chargé de transformer l'église afin d'en faire une salle propre à recevoir des assemblées.

Entre 1823 et 1834, la monarchie absolue est rétablie, mais la réforme de 1834 attribue les bâtiments existants à la chambre haute ou chambre des Pairs. L'intérieur des bâtiments est revu entre 1844 et 1850 par les architectes Aníbal Álvarez Bouquel et Emilio Rodríguez Ayuso, qui ajoutent également une façade du néoclassique herrérien à l'ensemble.

Afin de faire face à la modernisation de la politique, le bâtiment a été agrandi entre 1987 et 1991, par l'adjonction d'un bâtiment annexe, ouvert sur la rue de Bailén, sur les projets de Salvador Gayarre Ruiz de Galarreta.

Fonctions[modifier | modifier le code]

Le Sénat, conjointement avec le Congrès des députés, exerce le pouvoir législatif. À ce titre, il dispose d'un droit de veto qu'il peut exercer dans les deux mois qui suivent la transmission d'une loi adoptée par le Congrès.

Par ailleurs, il dispose de capacités de contrôle du gouvernement (questions et commissions d'enquête) mais il ne peut le renverser.

Quand il n'est pas en session ou qu'il se trouve dissous, ses pouvoirs sont exercés par la Députation permanente, constituée à la proportionnelle des groupes.

Fonction politique[modifier | modifier le code]

Fonction législative[modifier | modifier le code]

Intégration territoriale[modifier | modifier le code]

Composition et fonctionnement[modifier | modifier le code]

Organes du Sénat[modifier | modifier le code]

Mode d'élection[modifier | modifier le code]

Le Sénat est composé de sénateurs élus selon un système mixte, qui combine deux modes de désignation différents.

Certains sénateurs sont élus au suffrage universel direct, libre et secret. Le scrutin est majoritaire et plurinominal. Chaque province se voit attribuer un nombre fixe de sénateurs :

Les autres sénateurs sont désignés par les communautés autonomes sont élus par l'assemblée législative de chacune d'entre elles. Chaque communauté se voit attribuer le nombre d'un sénateur, auquel s'ajoute un sénateur supplémentaire par tranche d'un million d'habitants. L'élection de ces sénateurs obéit à la règle du critère de représentation majoritaire atténuée, qui bénéficie aux partis qui reçoivent le plus de suffrages.

Mandat[modifier | modifier le code]

Les sénateurs sont élus pour un mandat de quatre ans à compter du jour de son élection.

Le roi peut dissoudre le Sénat, soit seul, soit en même temps que le Congrès des députés. Il ne peut le faire qu'à la demande du président du gouvernement et sous la responsabilité exclusive de celui-ci.

Critiques[modifier | modifier le code]

Les critiques sont assez importantes contre le Sénat et son rôle, aussi bien de la part d'hommes politiques[2], d'analystes politiques[3] que de spécialistes du droit constitutionnel espagnol[4].

Le Sénat est vu comme une chambre qui n'exerce pas véritablement de fonction utile, dans la mesure où, dans la plupart des cas, ses décisions ne sont pas déterminantes en cas de conflit avec le Congrès des députés[3],[4]. Quant aux quelques fonctions qui lui appartiennent de façon exclusive, elles sont dans les faits peu utilisées.

Une des propositions avancées pour la réforme du Sénat est l'idée d'en faire un organe qui relèverait des autonomies[5]. D'autres hypothèses proposent même de supprimer le Sénat. Dans tous les cas, toute modification du rôle ou de l'existence du Sénat entraînerait une modification de la Constitution[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sergio Fernández Riquelme, « Ángel Ossorio y Gallardo ante la 'solución corporativa' (1913–1931). El impacto histórico de la representación política del trabajo », Historia Constitucional, n° 10, 2009, pp. 181-200.
  2. Emission El Follonero, Interview du sénateur Xosé Manuel Pérez Bouza, à propos de l'utilité du Sénat, La Sexta, 28 septembre 2011.
  3. a et b José Maria Morales Arroyo, Rapport sur la réforme du Sénat, Instituto de Estudios Andaluces, Séville, février 2005.
  4. a, b et c (es) Pablo Ximénez de Sandoval, Ahora en serio, ¿y si cerramos el Senado?, El País, 12/11/2011
  5. La reforma del Senado en España. Fundación Alternativas. Alberto Penadés e Ignacio Urquizu-Sancho. 2007

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]