Carme Chacón

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Carme Chacón
Carme Chacón au Pentagone, le 1er juillet 2009.
Carme Chacón au Pentagone, le .
Fonctions
Ministre de la Défense d'Espagne
Président du gouvernement José Luis Rodríguez Zapatero
Prédécesseur José Antonio Alonso
Successeur Pedro Morenés
Ministre du Logement
Président du gouvernement José Luis Rodríguez Zapatero
Prédécesseur María Antonia Trujillo
Successeur Beatriz Corredor
1re vice-présidente du Congrès des députés
Président Manuel Marín
Législature VIIIe législature
Prédécesseur Margarita Mariscal de Gante
Successeur Carmen Calvo
Biographie
Nom de naissance Carme María Chacón Piqueras
Date de naissance (43 ans)
Lieu de naissance Esplugues de Llobregat (Espagne)
Parti politique PSC / PSOE
Diplômé de Université de Barcelone
Profession Professeur de droit constitutionnel

Carme Chacón
Ministres de la Défense d'Espagne
Ministres du Logement d'Espagne

Carme María Chacón Piqueras[1], née à Esplugues de Llobregat[2] le [3], est une femme politique espagnole membre du Parti socialiste catalan (PSC)[Note 1] et du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE).

Elle rejoint les Jeunesses socialistes dès l'âge de 18 ans, et entre au PSC en 1994. Elle est élue conseillère municipale de sa ville natale cinq ans plus tard, devient députée de la province de Barcelone en 2000, puis est désignée première vice-présidente du Congrès des députés en 2004.

Proche de José Luis Rodríguez Zapatero, elle est choisie comme ministre du Logement en et assure en novembre la mise en place d'une aide financière à la location pour les jeunes. Elle est réélue au Congrès des députés en avec 46 % des voix pour sa liste, soit le meilleur résultat du PSC depuis 1982, et change de portefeuille le mois suivant pour devenir alors la première femme à occuper le poste de ministre de la Défense, d'où elle gère l'engagement de l'Espagne dans la guerre en Afghanistan.

En 2011, elle est pressentie comme candidate à la succession de Zapatero, mais renonce à se présenter aux élections primaires socialistes en soutenant l'autre favori, Alfredo Pérez Rubalcaba. Au début de l'année 2012, elle se présente à la succession de Zapatero, comme secrétaire générale du PSOE, affrontant cette fois-ci Rubalcaba, qui l'emporte.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Elle est titulaire d'une licence de droit obtenue en 1994 à l'université de Barcelone. Elle poursuit ses études à l'université de Manchester tout en suivant, de 1994 à 1996, le programme de doctorat de droit de l'université autonome de Barcelone, et devient docteure, avec la mention cum laude, grâce à une thèse sur « Le fédéralisme à travers la Charte canadienne des droits et libertés de 1982 »[4]. Elle se perfectionne ensuite à la Osgoode Hall Law School de Toronto, à l'université de Kingston, à l'université Laval de Québec, à l'université de Fribourg et à l'université de Montréal[2].

Carrière[modifier | modifier le code]

Elle a exercé la profession de professeur de droit constitutionnel à l'université de Gérone de 1994 à 2004. Par ailleurs, elle a participé aux missions d'observation électorale de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en Bosnie-Herzégovine en 1996, et en Albanie l'année suivante[4].

Famille[modifier | modifier le code]

Née à Esplugues de Llobregat, dans la banlieue de Barcelone, elle est la fille de Balthasar Chacón, un pompier originaire de la province d'Almería, et d'Esther Piqueras, une avocate catalane. Elle a une sœur cadette et est la petite fille d'un anarchiste de l'Aragón[5].

Le , elle épouse l'ex-secrétaire d'État à la Communication, Miguel Barroso[6]. Cinq mois plus tard, le 19 mai, elle donne naissance à son premier enfant, Miquel[7].

Vie politique[modifier | modifier le code]

Son ascension[modifier | modifier le code]

Carme Chacón est membre du Parti socialiste catalan (PSC) et du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) depuis 1994, après avoir milité dans les Jeunesses socialistes à partir de 1989[8].

Le , elle est élue conseillère municipale de l'Esplugues de Llobregat et est nommée première adjointe au maire et conseillère aux Services économiques, aux Ressources humaines et à la Sécurité des citoyens[9]. Réélue le , elle abandonne toute responsabilité exécutive au conseil municipal[8].

Lors des élections législatives du , elle est élue députée de Barcelone[10]. Peu après, elle devient secrétaire à la Justice du PSC[11], et secrétaire à l'Éducation, aux Universités, à la Culture et à la Recherche de la commission exécutive fédérale du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE)[11]. Au sein du PSOE, elle fait alors partie du groupe « Nueva Vía », qui a porté la candidature de José Luis Rodríguez Zapatero, dont elle est considérée comme une proche[12], à la direction du parti[13]. Au cours de son premier mandat parlementaire, elle appartient à la députation permanente[Note 2] et à la commission parlementaire de l'Éducation, de la Culture et des Sports[10].

Reconduite au Congrès des députés aux législatives du , elle est élue première vice-présidente de l'assemblée le 2 avril suivant[14]. À la suite du XXVIe congrès fédéral du PSOE, célébré en , elle devient secrétaire à la Culture[8]. Peu après, elle est réélue au sein de la commission exécutive du PSC, mais sans responsabilité[9].

Ministre du Logement (2007 - 2008)[modifier | modifier le code]

Pressentie en 2004 comme ministre de l'Éducation, puis de la Justice deux ans plus tard[15], Carme Chacón est nommée ministre du Logement dans le premier cabinet de José Luis Rodríguez Zapatero le [16],[17].

À ce poste, elle annonce le lancement, au , d'une aide publique à la location d'un logement destinée aux jeunes de vingt-deux à trente ans et d'une valeur de 210 euros par mois, à laquelle s'ajoute un prêt sans intérêt de 600 euros pour le paiement de la caution, remboursable en quatre ans[18]. Ces mesures sont concrétisées dans un décret-loi approuvé le [19].

Tête de liste socialiste dans la province de Barcelone pour les élections législatives du [20], elle est logiquement réélue au Congrès des députés, avec 46,7 % des voix et 16 sièges sur 31 à pourvoir[21], ce qui constitue le meilleur score de son parti depuis les législatives de 1982[22].

Ministre de la Défense (2008 - 2011)[modifier | modifier le code]

Carme Chacón à Herat, en Afghanistan, en 2008.

Le 14 avril[Note 3], Carme Chacón devient la première femme désignée ministre de la Défense en Espagne[23], et la première femme enceinte à détenir un portefeuille ministériel[22]. Cette nomination est critiquée par le secteur conservateur des forces armées espagnoles[24] mais fortement soutenue par Juan Carlos Ier[25]. Cinq jours plus tard, elle rend visite aux troupes déployées en Afghanistan[26].

À la suite de son accouchement, elle est remplacée par le ministre de l'Intérieur Alfredo Pérez Rubalcaba du 19 mai[27] au , marquant son retour par l'annonce du remplacement des quatre chefs d'état-major des forces armées espagnoles[28]. Au mois de novembre, une enquête du Centre de recherches sociologiques (CIS)[Note 4] la désigne comme ministre la plus populaire, devant la ministre de la Présidence María Teresa Fernández de la Vega, qui détenait ce titre depuis 2004[29].

Elle devient ensuite membre, sans responsabilités, de la commission exécutive fédérale du PSOE[30] et secrétaire nationale du PSC, également sans portefeuille.

Le , elle annonce le retrait des troupes espagnoles déployées au Kosovo[31]. Face aux critiques suscitées jusqu'au sein de l'administration Obama, elle a justifié cette décision par le fait que l'Espagne ne reconnaissait pas l'indépendance du Kosovo, et que donc le mandat de ses forces se trouvait caduc[32]. Une semaine plus tard, le vice-président américain, Joe Biden, annonçait, après une entrevue avec Zapatero, que la polémique était terminée[33].

Carme Chacón (g.) avec Robert Gates, secrétaire de la Défense des États-Unis, lors de la conférence de l'OTAN à Bucarest en 2008.

Alors que la piraterie sévit au large de la Somalie, Carme Chacón a appelé les chalutiers espagnols de l'océan Indien à participer au financement de leur protection car ils relèvent « d'entreprises privées qui font des affaires privées »[34]. À partir du , elle doit gérer la capture du chalutier basque Alakrana par des pirates somaliens[35] tout en faisant face aux critiques de l'opposition[36]. Alors que trois hommes d'équipage sont débarqués le 5 novembre[37], le navire est libéré douze jours plus tard[38]. Le Parti populaire, dénonçant l'incompétence et l'improvisation du gouvernement, annonce sa volonté de demander au Congrès des députés la réprobation de la gestion, entre autres, de la ministre de la Défense dans cette affaire[39].

Le , alors qu'elle explique devant la commission de la Défense du Congrès des députés le déploiement de nouveaux soldats en Afghanistan, elle déclare à propos de la guerre qui sévit dans ce pays qu'elle aperçoit « la lumière au bout du tunnel »[40]. Au début de cette même année 2010, elle reste parmi les ministres les plus populaires d'Espagne, derrière Alfredo Pérez Rubalcaba et María Teresa Fernández de la Vega mais devant José Luis Rodríguez Zapatero[41]. À la suite du crash d'un hélicoptère en Haïti ayant entraîné la mort de quatre soldats le [42], elle se rend dès le lendemain sur l'île afin de leur rendre hommage et assurer leur rapatriement[43], un mois après avoir rendu visite aux troupes déployées sur place[44].

Interrogée sur l'expulsion en d'une lycéenne de son établissement de Pozuelo, dans la banlieue de Madrid, parce qu'elle portait de hijab, Chacón déclare que « l'Espagne n'est pas la France », en référence au débat sur l'interdiction du port de la burqa alors en cours dans ce pays, et qu'un consensus politique est nécessaire sur cette question[45], à l'inverse de la ministre de l'Égalité, Bibiana Aído, mais dans la droite ligne des différentes déclarations gouvernementales[46].

Carme Chacón passant en revue des troupes de l'unité militaire d'urgence (UME), en 2011.

Alors que Zapatero et le PSOE sont en chute dans les sondages, elle appuie, en , les « dures » mesures d'austérité budgétaire décidées par le gouvernement, qu'elle déclare pensées à « moyen et long terme » pour redonner de la « confiance et stabilité » à l'économie espagnole, et critique Mariano Rajoy, président du PP, comme « un pseudo leader » car son parti pratique la « pseudo démocratie »[47].

À l'occasion de la cérémonie marquant le début du retrait des troupes espagnoles de Bosnie-Herzégovine, le 18 octobre, elle fait remarquer que « ce qui s'est passé dans les Balkans doit nous rappeler que les opérations internationales sont nécessaires », et ajoute que « dans l'avenir, [l'Espagne] mettra fin à ses autres missions, comme le Liban, la Somalie ou l'Afghanistan. »[48]. Deux sondages, publiés début , confirment sa cote de popularité élevée, supérieure à celle de poids lourds comme José Blanco ou Manuel Chaves[49], et montrent qu'elle est, après Rubalcaba, la ministre la plus connue du gouvernement[50]. À l'occasion du sommet de l'OTAN organisé à Lisbonne fin , elle fait savoir que les Forces armées espagnoles commenceront le transfert aux Afghans des deux provinces qu'elles contrôlent dès 2011, soit trois ans avant la date prévue par l'Alliance pour le retrait des troupes du pays, tout en affirmant que cela n'implique pas « un retrait automatique » des soldats espagnols[51]. Elle se rétracte environ un mois plus tard, précisant devant les députés que le fait que les troupes concernées « cèdent leurs responsabilités » n'implique pas « le retrait automatique » du pays[52].

Au mois de , elle explique que le contingent espagnol déployé en Afghanistan ne sera pas réduit avant la fin de l'année, mais que le gouvernement entend entamer le retrait des troupes en 2012[53]. Le Congrès des députés adopte, un mois plus tard, la loi sur les droits et devoirs des militaires, parfois appelée « loi Chacón » (Ley Chacón), qui autorise notamment les soldates à avoir une activité associative et crée un « conseil du personnel » faisant le lien entre les troupes et le ministère[54]. Ce texte avait fait l'objet, en mars, d'un accord avec le Parti populaire[55].

Le renoncement d'une favorite[modifier | modifier le code]

Carme Chacón et la maire de Palma, Aina Calvo, lors d'un meeting pour les municipales, en .

Réagissant, en , aux protestations en cours dans les pays arabes, elle dénonce le fait que l'Union européenne « s'est trompée de nombreuses fois » dans ses relations avec les États du Sud et rappelle que « l'Alliance des civilisations[Note 5], ce n'est pas la démocratie en Occident et l'autocratie en Orient »[56]. Elle réitère ses critiques le 22 février, à propos du régime du colonel Mouammar Kadhafi et alors que la Libye est en pleine révolte[57]. Ce même jour, elle affirme lors d'un déjeuner de presse qu'une femme, même originaire de Catalogne, pourrait parfaitement diriger l'Espagne, ajoutant qu'elle soutiendra le président Zapatero pour un troisième mandat, mais que s'il ne se représente pas, la parole reviendra aux militants du PSOE[58].

À la fin du mois de mars, alors que les spéculations sur un possible renoncement du chef du gouvernement à concourir pour un troisième mandat en 2012 redoublent[59], elle apparaît, avec le premier vice-président du gouvernement et ministre de l'Intérieur, Alfredo Pérez Rubalcaba, comme l'une des personnes favorites pour lui succéder[60], recevant le soutien du secrétaire général du Parti socialiste de Madrid-PSOE, opposant interne de Zapatero[61]. Elle demande toutefois, avec le soutien des socialistes catalans, qu'il soit mis fin à ce débat[62],[63]. Tandis que la perspective d'un renoncement de Zapatero semblait finalement s'éloigner[64], celui-ci annonce, le 2 avril, qu'il ne se représentera pas aux prochaines élections générales, qu'il souhaite achever son mandat et que son successeur sera choisi à l'occasion d'un processus de primaires internes[65].

Un sondage publié à la fin du mois montre que sa popularité et ses effets sur les intentions de vote pour le PSOE sont quasiment identiques à ceux de Rubalcaba, alors que ce dernier la distançait nettement un mois plus tôt[66], dans un contexte de forte hausse des intentions de vote socialiste, qui progressent de plus de sept points et demi en un mois[67]. Le 26 mai, deux jours avant le comité fédéral du parti, elle annonce qu'elle retire sa candidature à la primaire, affirmant que cela risque de mettre en danger l'unité des socialistes et la stabilité du gouvernement[68], alors qu'elle avait décidé dès le mois de février de se présenter et qu'elle avait déjà constitué son équipe de campagne[69].

Proposée, à la fin du mois d'août, par le PSC comme tête de liste dans la province de Barcelone aux élections générales du 20 novembre suivant[70], elle apporte son soutien à la révision constitutionnelle, annoncée par Zapatero, afin de fixer dans la Constitution une limite aux déficits et à l'endettement publics, affirmant agir par « loyauté » envers Rubalcaba, tout en critiquant le choix de ne pas recourir à un référendum[71].

La défaite au trente-huitième congrès socialiste[modifier | modifier le code]

À la suite de la déroute socialiste aux élections générales, Zapatero annonce, à la demande de Rubalcaba, la tenue d'un congrès en [72]. Des rumeurs sur une possible candidature de Carme Chacón au poste de secrétaire générale du PSOE apparaissent alors[73], confirmées le 23 novembre par Manuel Chaves, président du parti et vice-président du gouvernement[74]. Elle reçoit très rapidement, de nouveau, le soutien de Tomás Gómez[75], puis l'appui, à la fin du mois de , de l'ancien ministre des Affaires étrangères, Miguel Ángel Moratinos[76]. Le 20 décembre, quelques heures après l'investiture de Mariano Rajoy par le Congrès des députés, elle signe, avec, entre autres, Francisco Caamaño, Josep Borrell, Cristina Narbona, Juan Fernando López Aguilar, Javier Rojo ou encore Aina Calvo, le manifeste « Mucho PSOE por hacer », qui appelle à une plus grande ouverture du PSOE sur la société, à la définition d'une politique économique et fiscale de gauche, et procède à une critique des dernières années de pouvoir de Zapatero, notamment le refus de parler, dès 2008, de « crise » et les coupes budgétaires décidées en , tout en rappelant leur attachement aux grandes avancées obtenues au cours des sept dernières années[77],[78].

Elle confirme, le , lors d'une réunion au siège de l'Union générale des travailleurs (UGT) à Valence, qu'elle a l'intention de se présenter au secrétariat général du Parti socialiste, sur la base de la plate-forme Mucho PSOE por hacer, sa candidature devant toutefois être officiellement annoncée le 7 janvier à Olula del Río, ville natale de son père dans la province d'Almería[79]. Elle affrontera donc cette fois-ci Alfredo Pérez Rubalcaba, candidat depuis le 29 décembre précédent[80].

Lors de son discours de candidature, elle appelle les socialistes à « la cohérence » entre les discours et les actes, à ne pas se plonger dans l'immobilisme, affirme que ceux qui ont rejoint le PSOE l'ont fait avec « l'espoir de changer les choses et d'un avenir meilleur », rend hommage à la politique sociale de José Luis Rodríguez Zapatero et au bilan de son futur adversaire au ministère de l'Intérieur[81]. Disposant du soutien du courant de la Gauche socialiste (IS)[82], elle reçoit l'appui de l'ancienne ministre de la Santé et ex-secrétaire à l'Organisation du parti, Leire Pajín, et de l'ancien président de Castille-La Manche, et député de la province de Ciudad Real, José María Barreda[83]. À son meeting assistent également l'ancien président du Congrès des députés, Manuel Marín, l'ancien chef de cabinet et la secrétaire personnelle de Zapatero[84]. Deux semaines après sa déclaration de candidature, elle obtient le soutien de María Teresa Fernández de la Vega, numéro deux des gouvernements Zapatero entre 2004 et 2010, qui n'appartient pas au PSOE mais qui s'y trouve intimement liée[85]. À l'occasion d'une réunion avec des représentantes de la cause féministe, elle reçoit l'appui de l'ancienne ministre du Logement, Beatriz Corredor[86], avant d'obtenir, le 30 janvier, celui de Gregorio Peces-Barba, ancien président du Congrès et « père de la Constitution »[87].

Elle est toutefois battue, le 4 février, en ne remportant que 465 voix sur 953, soit 48,8 % des suffrages exprimés, contre 487 à Rubalcaba[88], qui a su faire valoir son expérience, annoncé sa volonté de réviser le concordat avec le Saint-Siège et réaffirmé son intention de reprendre la main sur les fédérations régionales[89]. Lors d'une rencontre avec son concurrent victorieux, quelques heures plus tard, elle lui communique son refus de participer à la nouvelle commission exécutive fédérale ou à la direction du groupe parlementaire, mais émet le souhait que ses soutiens en fassent partie[90]. Son principal collaborateur et ancien secrétaire à l'Organisation du PSC, José Zaragoza, est alors intégré à la direction du parti, tandis qu'elle est placée en tête de liste pour le comité fédéral, juste derrière Manuel Chaves[91].

Une critique de la direction socialiste[modifier | modifier le code]

Après plusieurs semaines de silence, elle critique, à l'occasion d'une réunion du groupe parlementaire socialiste à la fin du mois de , la position de la direction sur le scandale de la banque Bankia, qualifiée de « banque du PP », en raison de ses cadres dirigeants, affirmant que le PSOE doit demander, à l'image de la Gauche unie, une vraie commission d'enquête parlementaire et non la simple comparution des dirigeants de la banque au Parlement. Elle reçoit alors le soutien de plusieurs figures du parti ou du groupe, Cristina Narbona, Rosa Aguilar, Tomás Gómez et Odón Elorza[92].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le PSC est un parti indépendant du PSOE, avec qui il a une alliance permanente. Il participe donc aux organes de direction du PSOE.
  2. La députation permanente (Diputación Permanente) est un organe du Congrès des députés chargé de « veiller aux pouvoirs de la chambre » quand celle-ci n'est pas réunie, dissoute ou en dehors des périodes prévues pour les sessions, selon l'article 57 du règlement du Congrès
  3. Le décret royal de nomination des ministres du gouvernement est en réalité daté du 12 avril, mais les ministres n'ont prêté serment sur la Constitution et devant Juan Carlos Ier, Sofía de Grèce et José Luis Rodríguez Zapatero, entre autres, que deux jours plus tard.
  4. En espagnol, Centre de recherches sociologiques se traduit par Centro de Investigaciones Sociológicas (CIS).
  5. L'Alliance des civilisations est un projet de coopération politique, économique et sociale entre les États occidentaux et le monde arabe promu en 2004 par José Luis Rodríguez Zapatero.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Déclaration d'activités extra-parlementaires sur le site du Congrès des députés
  2. a et b (es) Biographie de Carme Chacón sur le site du ministère espagnol de la Défense
  3. (es) Notice biographique pour la IXe législature sur le site du Congrès des députés
  4. a et b (es) Carme Chacón, une vocation culturelle pour le logement, édition de la La Vanguardia du
  5. (es) « Je suis pacifiste » - Profil de Carme Chacón, édition d'El País du
  6. (es) La ministre Chacón s'est mariée hier avec Miguel Barroso, édition de la La Vanguardia du
  7. (es) Le premier fils de la ministre est né, édition d'El País du
  8. a, b et c (es) Biographie de Carme Chacón sur le site du Parti socialiste ouvrier espagnol
  9. a et b (ca) Biographie de Carme Chacón sur le site du Parti socialiste catalan
  10. a et b (es) Notice biographique pour la VIIe législature sur le site du Congrès des députés
  11. a et b (es) Biographie de Carme Chacón sur le site de la présidence du gouvernement espagnol
  12. (fr) Carme Chácon, nouvelle arme de Zapatero contre le machisme, édition de Libération du
  13. (es) Élevée pour le triomphe et l'engagement, portrait de Carme Chacón publié par El País le
  14. (es) La législature commence par l'affrontement, édition d'El País du
  15. (es) « Les jeunes ne veulent pas d'explications, ils veulent des appartements », interview de Carme Chacón à El País le
  16. (es) Zapatero essaye de reprendre l'initiative avec un changement gouvernement tourné vers le futur, édition d'El País du
  17. (es) Décret royal 962/2007 de nomination de Carme Chacón Piqueras comme ministre du Logement publié sur le site du Bulletin officiel de l'État
  18. (es) Chacón annonce une aide de 210 euros pour les jeunes qui louent un logement, édition d'El País du
  19. (es) Décret-loi royal 1472/2007 de régulation du revenu basique d'émancipation des jeunes, publié sur le site internet du Bulletin officiel de l'État
  20. (es) Carme Chacón sera tête de liste du PSC pour Barcelone, édition de Libertad Digital du
  21. (es) Résultat des élections générales espagnoles de 2008 dans la province de Barcelone, publié sur www.20minutos.es
  22. a et b (es) Profil de Carme Chacón publié sur www.elmundo.es
  23. (es) Chacón, première femme à la Défense, édition de Público du
  24. (fr) Espagne : « ministre en cloque », Carme Chacon est critiquée, publié sur Rue89 le
  25. (fr) Future mère et chef des militaires, édition du Journal du dimanche du
  26. (es) Chacón rend une visite surprise aux troupes en Afghanistan, édition d'El País du
  27. (es) Rubalcaba remplacera Chacón durant son congé maternité, édition d'El País du
  28. (es) Chacón reprend les commandes et annonce le remplacement de l'état-major militaire, édition d'El País du
  29. (es) La fulgurante ascension de la ministre catalane, Carme Chacón, édition de la La Vanguardia du
  30. (es) Composition de la commission exécutive fédérale du PSOE issue du 37e congrès fédéral, sur le site du Parti socialiste ouvrier espagnol
  31. (es) L'Espagne quittera le Kosovo cet été, édition d'El País du
  32. (es) Chacón : « Nous ne reconnaissons pas l'indépendance du Kosovo, et notre travail a pris fin », édition de Público du
  33. (es) Biden : la polémique sur le Kosovo est « un chapitre clos », édition de Público du
  34. (es) Chacón rappelle aux chalutiers que les protéger coûte 75 millions d'euros, édition d'El País du
  35. (es) Les pirates retiennent un chalutier espagnol, édition d'El País du
  36. (es) Chacón critiquée pour sa passivité, édition d'El Mundo du
  37. (es) Les preneurs d'otage de l'Alakrana transportent trois hommes d'équipage sur la terre somalienne, sur le site de la Cadena COPE le
  38. (es) Zapatero : « L'Alakrana navigue librement vers des eaux sures », édition d'El País du
  39. (es) Rajoy demande la réprobation de De la Vega, Chacón et Caamaño, sur le site d'Antena 3 le
  40. (es) Chacón ne voit pas lointain le retrait de l'Afghanistan, édition de Público du
  41. (es) La popularité de Zapatero tombe sous celle de Rajoy, édition d'El Mundo du
  42. (fr) Quatre soldats espagnols tués dans l'accident de leur hélicoptère, dépêche sur le site de France 24 le
  43. (es) Carme Chacón rend hommage aux quatre militaires décédés en Haïti, communiqué sur le site du ministère espagnol de la Défense le
  44. (es) Chacón voyage en Haïti pour rendre visite aux troupes espagnoles, édition d'El País du
  45. (es) Chacón sur la régulation du voile : « l'Espagne n'est pas la France », édition de Público du
  46. (es) La ministre de l'Égalité : « Je n'aime aucun voile », édition de Público du
  47. (es) Chacón: « Zapatero est un leader vaillant, Rajoy un pseudo leader », édition de Público du
  48. (es) La ministre de la Défense formalise l'au revoir de l'Espagne en Bosnie-Herzégovine, édition de Público du
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  50. (es) Le nouveau gouvernement crée plus d'expectatives, édition de Público du
  51. (es) L'Espagne transférera en 2012 le contrôle de ses zones afghanes, édition de Público du
  52. (es) Chacón ne met pas de date pour le retrait d'Afghanistan, édition de Público du
  53. (es) « España iniciará a partir del verano de 2012 la retirada de Afganistán », El País, le
  54. (es) « El Congreso avala la ley de derechos y deberes de los militares », El País, le
  55. (es) « PSOE y PP pactan la ley de derechos de los militares », El País, le
  56. (es) Chacón admet des « erreurs » de l'Europe avec ses voisins du Sud, édition de Público du
  57. Fil d'information permanent du quotidien El País, le
  58. (es) Chacón pense que l'Espagne est prête pour qu'une femme dirige le pays, édition de Público du
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  62. (es) Le PSC de Chacón demande que Zapatero close la succession et achève son mandat, édition de El País, le
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  64. (es) Zapatero gêné par Rubalcaba et Chacón à propos de sa succession, édition de ABC, le
  65. (es) Zapatero : « Je ne serai pas candidat aux prochaines élections », édition de Público, le
  66. (es) Rubalcaba et Chacón obtiennent plus de soutien que Rajoy, édition de Público, le
  67. (es) Le PSOE réduit l'avance du PP à 2,3 points, édition de Público, le
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  71. (es) « Chacón expresa "dudas" por el procedimiento seguido para reformar la Constitución », RTVE, le
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  76. (es) « “El PSOE debe celebrar primarias ‘a la francesa” », El País, le
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  79. (es) « Chacón se presentará como candidata para "levantar ya" al PSOE », Público,‎ 4 janvier 2012 (lire en ligne)
  80. (es) Jordi Fàbregas, « Rubalcaba presentará su candidatura a la secretaría general del PSOE el 29 de diciembre », Cadena SER,‎ 29 décembre 2011 (lire en ligne)
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