Herri Batasuna

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Union populaire.
Herri Batasuna
Image illustrative de l'article Herri Batasuna
Logo officiel
Présentation
Fondation 27 avril 1978 (en tant que coalition)
5 juin 1986 (en tant que parti)
Disparition 2001 (refondation dans Batasuna)
5 juin 2003 (déclaré illégal par le Tribunal suprême)[1]
Siège Bilbao, Biscaye, Espagne
Partis créateurs Euskal Sozialista Biltzarrea
Langile Abertzale Iraultzaileen Alderdia
Herri Alderdi Sozialista Iraultzailea
Acción Nacionalista Vasca
Idéologie Nationalisme basque, Indépendantisme, Socialisme

Herri Batasuna (Union populaire en euskara) est le nom d'une organisation politique active en Espagne, dans les communautés autonomes du Pays basque et de Navarre, entre 1978 et 2000, ayant comme objectif la fondation d'un grand État basque (Euskal Herria), indépendant et socialiste.

Historique[modifier | modifier le code]

Réunion lors de la création en 1978 du parti Herri Batasuna avec Jokin Gorostidi, Telesforo Monzón, Patxi Zabaleta, Jon Idigoras et Txomin Ziluaga.

Herri Batasuna a été fondée en 1978, juste après la fin de la dictature franquiste, suite à la coalition d'Acción Nacionalista Vasca (ANV), Euskal Sozialista Biltzarrea (ESB, "Assemblée Socialiste Basque"), Herri Alderdi Sozialista Iraultzailea (HASI, "Parti Socialiste Revolutionnaire Populaire") et Langile Abertzaleen Iraultzarako Alderdia (LAIA, "Parti Revolutionnaire des Travailleurs Patriotes"). Dans la même mouvance se situaient Gestoras Pro Amnistía, le syndicat LAB, le mouvement de jeunesse Jarrai (ensuite Haika et Segi), ainsi qu'ASK.

De la fin des années 1970 à la fin des années 1990, Herri Batasuna a été une coalition politique d'importance moyenne au Pays basque et en Navarre. En Euskadi, elle a constitué la troisième ou quatrième force politique, loin derrière les nationalistes modérés du PNV, avec entre 10 et 15 % des voix.

Herri Batasuna s'est toujours défendue d'être la branche politique de l'ETA. Elle a cependant été considérée comme telle par une partie de la classe politique et de l'opinion publique espagnole. Ceci explique qu'elle ait souvent été choisie comme interlocuteur par le gouvernement espagnol, pour obtenir la fin des attentats commis par l'ETA. À défaut d'avancée satisfaisante et comme Herri Batasuna refusait strictement de condamner les attentats de l'ETA, l'État espagnol s'est progressivement orienté vers l'illégalisation de la coalition.

Le 1er décembre 1997, le Tribunal suprême espagnol a ainsi condamné vingt-trois dirigeants d'Herri Batasuna à sept ans de prison ferme, pour avoir eu l’intention de diffuser, dans le cadre d’une campagne électorale, un spot télévisé réalisé par l'ETA.

En 2000, Herri Batasuna a été dissoute. La majorité de ses membres a rejoint Batasuna, qui poursuit dans les grandes lignes sa politique. Une minorité a fondé Aralar, parti politique qui vise également l'indépendance basque, mais condamne la violence comme moyen d'y parvenir.

Lien avec l'ETA[modifier | modifier le code]

L'organisation a toujours farouchement nié être le bras politique de l'ETA; disant que cette accusation n'était qu'une tentative de déstabilisation de la part des autorités espagnoles. Cependant:

  • grand nombre de ses membres sont issus des rangs de l'ETA ou ont été condamnés pour collusion avec la bande armée;
  • ETA a régulièrement appelé à voter pour elle, allant jusqu'à lui donner des directives politiques;
  • Herri Batasuna a systématiquement refusé de condamner publiquement les attentats comme moyen de parvenir à l'indépendance du Pays basque et;
  • elle a eu l'intention de diffuser de la propagande de l'ETA.

Herri Batasuna et la violence[modifier | modifier le code]

Herri Batasuna a toujours refusé de condamner les attentats de l'ETA (environ huit cent morts depuis les années 1960). Son argument était qu'il serait hypocrite de n'interdire que les actes de violence des indépendantistes basques, sans dénoncer ceux de l'État espagnol. Concrètement, Herri Batasuna accusait celui-ci d'être responsable de l'assassinat de nationalistes basques, par le biais d'organisations paramilitaires; ainsi les GAL, responsables d'une quarantaine de morts jusqu'à la fin des années 1980, ou le Batallón Vasco-Español. La question de l'emprisonnement hors du Pays basque des militants indépendantistes condamnés pour activité terroriste était aussi un de ses chevaux de bataille. Plus généralement, Herri Batasuna considérait le Pays basque comme occupé et opprimé même si, dans les faits, peu d'entités fédérées dans le monde disposaient de plus d'autonomie (si on le compare, par exemple, au degré d'autonomie dont disposent les entités fédérées belges ou allemandes) et que, pendant toute la durée d'existence de l'organisation, Euskadi était gouverné par les nationalistes modérés du PNV. L'État espagnol a, de son côté, constamment estimé que les violations des droits de l'homme avaient cessé depuis la fin de la dictature franquiste et que toute revendication violente était inacceptable dans une démocratie.

La question du recours à la violence pour obtenir l'indépendance basque a eu raison d'Herri Batasuna, puisque l'organisation s'est divisée en 2000, entre Batasuna, continuant la politique d'Herri Batasuna, et Aralar, condamnant la lutte armée de l'ETA.

Notes et références[modifier | modifier le code]