Bataille de Lützen (1632)

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne la bataille de la guerre de Trente Ans. Pour la bataille des guerres napoléoniennes, voir bataille de Lützen (1813).
Bataille de Lützen (1632)
La mort de Gustave Adolphe à la bataille de Lützen  par Carl Wahlbom's
La mort de Gustave Adolphe à la bataille de Lützen
par Carl Wahlbom's
Informations générales
Date 6 novembre 1632
Lieu Proximité de Lützen
sud-ouest de Leipzig (Allemagne)
Issue Victoire pyrrhique suédoise
Belligérants
Flag of Sweden.svg Suède
Banner of the Holy Roman Emperor with haloes (1400-1806).svg Saint-Empire romain
Commandants
Flag of Sweden.svg Gustave Adolphe
  • Dodo von Knyphausen

Flag of Electoral Saxony.svg Bernard de Saxe-Weimar
Flag of Scotland.svg Robert Munro, 18ème Baron de Foulis

Banner of the Holy Roman Emperor with haloes (1400-1806).svg Albert de Wallenstein
  • Heinrich Holk

Banner of the Holy Roman Emperor with haloes (1400-1806).svg Comte Gottfried Heinrich von Pappenheim

Forces en présence
Infanterie : 12 800
Cavalerie : 6 200
Canons : 60
Infanterie : 10 000 (3 000 en renfort)
Cavalerie : 7 000 (2 000 en renfort)
Canons : 24
Pertes
3 400 morts, 1 600 perdus et blessés Probablement en nombre égal aux suédois
Guerre de Trente Ans
Batailles
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Coordonnées 51° 15′ 09″ N 12° 08′ 15″ E / 51.2525, 12.137551° 15′ 09″ Nord 12° 08′ 15″ Est / 51.2525, 12.1375  

Géolocalisation sur la carte : Saxe-Anhalt

(Voir situation sur carte : Saxe-Anhalt)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Lützen (1632).

Géolocalisation sur la carte : Allemagne

(Voir situation sur carte : Allemagne)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Lützen (1632).

La bataille de Lützen, (Saxe-Anhalt) (6 novembre 1632[1]) fut l'une des batailles les plus marquantes de la Guerre de Trente Ans, pendant laquelle les armées suédoises du roi Gustave II Adolphe de Suède, mort au combat, s'imposèrent face à des forces de la ligue Catholique dirigées par Albrecht von Wallenstein. Elle s'avéra être une victoire à la Pyrrhus pour les Suédois, ayant perdu leur roi et près d'un tiers de leurs hommes. Le résultat de cette bataille ne fut que peu exploitée en grande partie à cause de la mort de Gustave Adolphe, génie stratégique de son époque, résultant en une confusion dans les rangs de l'Union protestante.

Contexte[modifier | modifier le code]

Deux jours avant la bataille (4 novembre), le général Impérial Albrecht von Wallenstein décida de diviser ses forces en deux, et se retira dans ses quartiers dans les environs de Leipzig. Il ne s'attendait pas à ce que l'armée protestante, principalement suédoise et dirigée par le roi de Suède Gustave II Adolphe, s'aventure à de quelconques manœuvres, l'hiver approchant et la météo se faisant gênante pour tout combat, la pluie mouillant la poudre et les soldats s'embourbant dans la boue. Cependant, le roi suédois comptait s'aventurer à attaquer les quartiers impériaux, dans le but de prendre par surprise ses ennemis, piégés dans leurs quartiers et bagages. Il marcha vers la dernière position connue de Wallenstein, mais un détachement laissé en avant-garde par Wallenstein ruina ses plans d'attaque par surprise. Le 5 novembre eut lieu un accrochage entre les forces protestantes et l'avant-garde impériale près du ruisseau de Rippach, à environ 5 ou 6 kilomètres au sud de Lützen. Cela retarda les forces suédoises de deux à trois heures, empêchant ainsi toute offensive suédoise, les deux armées étant encore séparées par 2 ou 3 kilomètres à la tombée de la nuit.

Wallenstein fut informé de l'arrivée suédoise dans l'après-midi du 5 novembre. Réalisant le danger auquel il s'exposait, il envoya une missive au général Gottfried Heinrich von Pappenheim, lui ordonnant de retourner au plus vite avec ses forces armées. Pappenheim reçut la missive juste après minuit, et se mit immédiatement en route afin de supporter son allié contre les forces suédoises supérieures en nombre, 40 km plus loin.

Pendant la nuit, Wallenstein déploya son armée défensivement tout au long de l'axe Lützen-Leipzig, abritant ses soldats par des tranchées. Il ancra son flanc droit sur une colline à la pente douce, où il plaça sa principale batterie d'artillerie.

La bataille de Lützen[modifier | modifier le code]

Positions avant la bataille

La brume matinale ralentit la progression suédoise, mais vers 9 heures du matin pointaient déjà les étendards azurés frappés de la croix d'or. Un complexe réseau de canaux empêchait Gustave Adolphe de déployer correctement son armée, ne rendant possible l'offensive suédoise qu'à partir de 11 heures.

La mort de Pappenheim[modifier | modifier le code]

Au début, la bataille était clairement à l'avantage des Suédois, et l'on prévoyait d'ores et déjà une éclatante victoire des forces protestantes. En effet, Gustave avait réussi à prendre de flanc l'armée de Wallenstein en contournant puis en attaquant la faible aile gauche de l'armée impériale. Pappenheim fit alors irruption sur la champ de bataille avec sa cavalerie, et notamment ses cuirassiers, ayant réussi à stopper l'avancée suédoise sur ce flanc grâce à la charge de ses 2 000 à 3 000 cavaliers. Wallenstein s'exclama : "Là je reconnais mon Pappenheim !". Cependant, en dirigeant lui-même la charge, Pappenheim s'exposait dangereusement à l'artillerie ennemie qui arrosait la position afin d'endiguer la contre-attaque impériale. Alors qu'il prenait le commandement d'une autre charge, Pappenheim fut atteint par un boulet d'artillerie suédoise de petit calibre. Il fut alors évacué hors du champ de bataille dans une calèche où il mourut plus tard dans la journée. Au même moment, un flottement se fit sentir dans les rangs impériaux qui menaient la contre-attaque, au point que cette dernière s'effondra et ne put que retenir momentanément les vagues suédoises.

Mort et disparition de Gustave Adolphe[modifier | modifier le code]

L'action de la cavalerie sur le flanc gauche impérial éventré par l'attaque suédoise continuait, les deux camps faisant donner leurs réserves afin de tirer un avantage tactique de cet affrontement en repoussant l'ennemi. Peu après, aux environs de 13 heures, Gustave décida qu'une charge de cavalerie pouvait aisément culbuter l'ennemi et lui permettre ainsi de remporter le combat à ce niveau. Il prit lui-même le commandement de ses escadres de cavalerie et chargea. Cependant, dans les denses fumées résultant des mousqueteries et de la brume épaissie par la poudre, son cheval léger l'éloigna de ses compagnons cavaliers. Il fut alors tué par plusieurs tirs.

On ignora pendant longtemps son sort, mais lorsque les fusils se turent et la fumée se dissipa, son cheval fut aperçu entre les deux lignes, sur lequel Gustave se trouvait pas, ni même aux environs de la position du cheval. Sa disparition fut la cause directe de l'arrêt des opérations qui s'étaient jusque là averées à l'avantage des Suédois au niveau de l'aile gauche impériale, pendant que l'on recherchait le corps du défunt monarque. Son corps, mal en point et traversé par les balles de la mousqueterie impériale, fut retrouvé une à deux heures plus tard, et fut évacué dans le plus grand secret dans un wagon de l'artillerie suédoise.

Entretemps, l'infanterie expérimentée du centre suédois fut tenue de suivre les ordres relatifs aux plans de Gustave, qui consistait à enfoncer le centre impérial, lourdement défendu par des troupes solidement retranchées. L'attaque fut un échec retentissant. Ils furent en premier lieu décimés par les feux conjugués de l'artillerie et de l'infanterie impériale, avant d'être balayés par une charge d'infanterie qui camouflait une vague de cavalerie. Deux des plus vieux et des plus expérimentés des régiments suédois, à savoir le "Old Blue" ("vieux bleu") et le "Régiment Jaune" furent anéantis pendant cet assaut meurtrier, une poignée de survivants se jetant dans les lignes désordonnées suédoises, la première se repliant déjà devant une telle concentration de feu de la part des impériaux. Le pasteur royal, Jakob Fabricius, regrouppa une poignée d'officiers suédois autour de lui et commença à chanter un psaume. Cet acte fit stopper plusieurs centaines de soldats suédois dans leur retraite, que le troisième commandant Dodo von Knyphausen put rallier grâce à sa deuxième ligne encore préservée du feu de l'artillerie ennemie. La première ligne au moral certes fluctuant se reforma alors.

Bernard de Saxe-Weimar[modifier | modifier le code]

Vers 15 heures, le deuxième commandant de l'armée protestante Bernard de Saxe-Weimar, informé de la mort du roi, revint de l'aile gauche et prit le commandement intégral de l'armée protestante. Il voulait gagner cette bataille afin de venger la mort de Gustave, ou trépasser en faisant un maximum de pertes, invalidant ainsi la légende populaire qui prétendait que le sort du souverain était inconnu de toute l'armée (malgré le fait que circulaient déjà des rumeurs plus tôt, mais ce ne fut que le lendemain que Bernard réunit les officiers ayant survécu afin de leur révéler la vérité sur le sort de leur roi).

La bataille fut une lutte sinistre, les deux armées laissant derrière elles des pertes terribles. Finalement, lorsque le crépuscule tombait, les Suédois réussirent à capturer la principale batterie d'artillerie impériale, et donc sa position en hauteur après avoir refoulé son aile droite. Les Impériaux se retirèrent et se placèrent hors de portée des Suédois, leur abandonnant le terrain. À 18 heures arrivait l'infanterie de Pappenheim forte de 4 000 hommes, qui avait marché toute la journée guidée par le canon. Ils voulaient repousser les Suédois, mais Wallenstein, pour qui la situation était désespérée, leur ordonna de se replier, en couvrant la retraite du gros de l'armée vers Leipzig.

Conséquences et analyses[modifier | modifier le code]

Stratégiquement et tactiquement, la bataille de Lützen demeure une victoire protestante. Ayant été contraintes de lancer l'assaut sur des forces retranchées, les forces suédoises perdent 6 000 hommes, incluant blessés graves et déserteurs, qui d'ailleurs ont repris du service quelques semaines plus tard. L'armée impériale, contrairement encore une fois à la propagande suédoise et plus généralement protestante, a certainement perdu un peu moins d'hommes que les Suédois, soit moins de 6 000 hommes, mais étant donné que le champ de bataille fut investi par l'ennemi, tout comme le théâtre général des opérations, peu de blessés purent être secourus, sinon faits prisonniers par les Suédois ou achevés par des pilleurs de cadavres.

L'armée suédoise réalisa ses principaux objectifs de campagne. Le massacre des Saxons perpétré par les Impériaux avait été stoppé, Wallenstein ayant décidé de retirer ses forces de Saxe afin de les protéger de l'hiver en Bohême, ce qui conserva la Saxe du côté suédois. Une conséquence bien plus remarquable demeure la mort de Gustave Adolphe, commandant suprême des forces protestantes. Sans lui pour unifier les protestants allemands, leur effort de guerre perdit en efficacité. Ainsi, les Habsbourg catholiques purent rétablir leur équilibre militaire et économique pour ensuite compenser les pertes engendrées par les actions suédoises de Gustave Adolphe.

En outre, la mort du roi de Suède permit à la France de prendre une place prépondérante au sein de la coalition anti-Habsbourg, avant d'en prendre le commandement. La régence en Suède fut forcée d'accepter un rôle bien moindre pour les affrontements à venir, qui finalement furent interrompus par le Traité de Westphalie de 1648.

À l'endroit où Gustave tomba se dresse une chapelle, construite en 1907 par un citoyen de Gothenburg, Oskar Ekman.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 6 novembre dans la calendrier julien, ou 16 novembre dans le calendrier grégorien, mais il convient de donner les dates avec le calendrier en cours à l'époque et dans ce lieu, qui était le calendrier julien.

Voir aussi[modifier | modifier le code]