Guerre de la morue

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La ou les guerre(s) de la morue est le nom que l’on donne généralement à plusieurs conflits d’ordre économique qui opposèrent le Royaume-Uni et dans une moindre mesure la RFA à l’Islande entre les années 1950 et 1970 au sujet des zones de pêches islandaises. Même si la marine britannique fut mobilisée, les deux pays ne se déclarèrent jamais la guerre. Le théâtre des opérations fut les eaux à proximité de l'Islande que le gouvernement islandais souhaitait interdire aux chalutiers étrangers par crainte de voir les ressources halieutiques s'épuiser[1]. En 1952, l'Islande décide d'étendre sa zone de pêche de 3 à 4 miles nautiques au large de ses côtes, ce qui engendre une vague de protestations en Grande-Bretagne et le gel temporaire des importations de poisson islandais. La première « guerre » de la morue ne commence qu'en 1959 après une extension par l'Islande de ses eaux territoriales à 12 miles nautiques. Les Britanniques décident alors d'envoyer des navires de guerre pour protéger leurs chalutiers qui pêchent dans cette zone. Les relations s'apaisent après la conclusion d'un accord entre les deux pays. Mais le conflit reprend en 1972 lorsque l'Islande étend sa zone de pêche à 50 miles nautiques, puis à 200 miles nautiques en 1975. Malgré des opérations parfois violentes, aucune victime humaine n’est à déplorer. Le différend prit fin officiellement en 1976 avec la reconnaissance par les Britanniques des prétentions islandaises. Ce conflit a posé les bases de la mise en place d'une zone économique exclusive, qui sera reprise par la Convention de Montego Bay de 1982[2].

Le contexte[modifier | modifier le code]

Dès le Xe siècle, l’activité commerciale autour de la morue était l’une des principales en Europe, notamment parce que le christianisme interdisait la consommation d’animaux terrestres environ la moitié des jours de l’année. De plus, la morue, une fois salée et/ou séchée, se conserve plus longtemps et a meilleur goût que le hareng et la viande de baleine, par exemple. L’intérêt pour la morue n’a pas diminué, il n’est donc pas surprenant que des luttes pour cette ressource se soient produites plusieurs fois dans l’histoire.

Les eaux autour de l’Islande sont parmi les plus poissonneuses et, dès le XIIIe siècle, les marins anglais venaient y pêcher. À partir de 1475, la Ligue hanséatique décida d’exclure les marins de Bristol (principal port morutier anglais) du commerce de la morue islandaise. En 1532, suite à l’assassinat d’un marin anglais en Islande, la marine anglaise attaqua la flotte de la Ligue. Après une brève bataille navale, les Anglais se retirèrent et furent chassés d’Islande pendant 350 ans.

Principales espèces de poisson des eaux islandaises en 2005

À partir de la dernière décennie du XIXe siècle, les Britanniques revinrent pêcher dans les eaux environnant l’Islande. En effet, c’est à partir de cette époque que les prises de morue diminuèrent sérieusement en mer du Nord où s’activaient les flottes de Hull et Grimsby, les nouveaux principaux ports morutiers. En 1901, les Britanniques et les Danois[N 1] signèrent une convention qui fixait à trois milles nautiques (5,56 km) la distance minimale à laquelle les pêcheurs britanniques pouvaient s’approcher des côtes islandaises pour pêcher[E 1]. À partir de 1920, ce sont les Allemands qui en grand nombre vinrent pêcher à proximité de l’Islande. Les flottes étrangères ne respectèrent pas toujours cette limite des trois milles nautiques et l’Islande commença à se doter d’une flotte de garde-côtes. Des tensions apparurent assez rapidement entre les pêcheurs islandais et étrangers. Des scientifiques commencèrent à s’inquiéter des effets d’une pêche trop intense sur les stocks de morue. Les flottes étrangères et notamment britanniques commencèrent à être montrées du doigt notamment parce que, pendant la Première Guerre mondiale, les chalutiers et marins britanniques réquisitionnés pour les besoins de la guerre étaient absents des eaux islandaises et que les prises des pêcheurs locaux augmentèrent substantiellement.

En avril 1940, le Danemark fut envahi par l’Allemagne nazie et, en réponse, les Alliés occupèrent l’Islande. Pendant ces années de guerre, l’Islande fut quasiment le seul pays d’Europe du Nord à pouvoir pêcher et vendre de la morue. L’île, qui était jusque là très pauvre, commença à connaître la prospérité économique. En juin 1944, l’Islande devint une république indépendante et la convention de 1901 devenait donc caduque.

La Première Guerre de la Morue[modifier | modifier le code]

En 1950, l’Islande décida que ses eaux territoriales s’étendaient jusqu’à quatre milles nautiques (7,41 km) de ses côtes. Entre 1954 et 1957, les Islandais constatèrent que leurs prises de morues avaient diminué d’environ un sixième alors que, dans le même temps, leurs prises de poissons côtiers[D 1],[N 2], et donc mieux protégés par la limite des quatre milles, augmentaient. Arguant donc de la nécessité de mieux protéger les stocks de morue vitaux pour leur économie, une nouvelle loi islandaise entre en vigueur le 1er septembre 1958. Cette loi étend les eaux territoriales de l'île jusqu’à 12 milles nautiques (22,22 km) de ses côtes, conformément à la majorité qui s'était dégagée lors de la conférence de Genève organisée par les Nations Unies[D 2].

Ce fut donc le début de ce que les journalistes appelèrent rapidement la première « guerre de la morue » (en anglais : cod war[N 3]). Les Islandais nommèrent les événements Þorskastríðin qui se traduit aussi par guerre de la morue ou Landhelgisstríðin qui signifie guerre des garde-côtes ou guerre des eaux territoriales. Cette première « guerre » dura de septembre 1958 à février 1961. Les pays européens qui pêchaient dans cette zone[N 4] condamnèrent cette décision unilatérale de l'Islande qui constituait selon eux une atteinte au principe de la liberté des mers. Néanmoins, tous les chalutiers étrangers se retirèrent de cette zone des 12 milles, exceptés les britanniques. La marine britannique mobilisa pas moins de 37 vaisseaux et 7 000 hommes pour protéger leurs morutiers[3]. En face, les Islandais ne purent déployer que sept patrouilleurs et 100 gardes-côtes[4], ainsi qu'un hydravion (Consolidated PBY Catalina)[5], rendant la tâche difficile pour les gardes-côtes islandais, ces derniers ne pouvant arraisonner que très peu de bateaux de pêche britanniques.

Le chalutier britannique Coventry et le navire de la Garde-côtes d'Islande Albert dans les Vestfirðir en 1958

De nombreux incidents entre l'Islande et le Royaume-Uni ont émaillé cette période. Le 4 septembre 1958, alors qu'un patrouilleur islandais, Ægir, tente d’arraisonner un chalutier britannique pour le ramener vers les Vestfirðir, il entre en collision avec une frégate britannique, le HMS Russell (F97)[6]. Le 6 octobre 1958, le María Júlía tire à trois reprises sur le chalutier Kingston Emerald, l'obligeant à se retirer. Le 12 novembre 1958, le Þór accroche le chalutier Hackness qui n'avait pas rangé ses filets correctement[7]. Le Hackness ne s'arrêta qu'après avoir subi des tirs de canons provenant du Þór. La frégate HMS Russell arriva sur place et son commandant ordonna au capitaine islandais de cesser ses actions, car il ne se trouvait pas à l'intérieur de la zone des 4 milles nautiques reconnus par les Britanniques. Le capitaine du Þór, Eiríkur Kristófersson, refusa et demanda à ses hommes de s'approcher du chalutier avec le canon armé. En réponse, la frégate britannique menaça de couler le navire islandais si le canon était utilisé. Cet incident prit fin après l'arrivée sur zone de plusieurs navires britanniques[E 2]. Le jour même de cet incident, les Islandais et les Britanniques décidèrent de négocier pour mettre fin au conflit.

Malgré la position de force du gouvernement britannique, ce dernier préféra négocier avec les Islandais, car le coût d’un tel déploiement de navires militaires était énorme. En février 1960, Peter Carington, Lord de l'Amirauté et responsable de la Royal Navy déclara que le déploiement de navires depuis le début de l'année avait déjà coûté plus de 500 000 livres et un total de 53 navires de guerre britanniques avaient pris part aux opérations. De plus, les militaires gênaient les pêcheurs et la quantité de poissons pêchés s’en ressentait[8]. Les deux parties se mirent d'accord pour que de futurs différends entre les deux pays soient envoyés devant la Cour internationale de justice de La Haye. En février 1961, le gouvernement de Harold Macmillan accepta de reconnaître la limite des 12 milles à partir de 1964.

La Deuxième Guerre de la Morue[modifier | modifier le code]

En 1971, les Islandais décidèrent d’étendre leurs zones de pêches exclusives à partir du 1er septembre 1972 de 12 à 50 milles nautiques (92,6 km)[D 3]. Certains pays, tels que la Norvège ou la Belgique trouvèrent un accord avec l'Islande, leur permettant de continuer à pêcher dans les eaux islandaises[9]. Mais ce ne fut pas le cas de la plupart des pays, dont l'Angleterre : la deuxième guerre de la morue qui fut la plus âpre dura de septembre 1972 à novembre 1973. La marine britannique, assistée par la République Fédérale d'Allemagne[N 5], n’envoya dans un premier temps que des remorqueurs[N 6] chargés officiellement d’empêcher le harcèlement par les garde-côtes islandais.

La technique d'utilisation du coupeur de chalut

Ceux-ci utilisèrent cette fois des coupeurs de chalut pour couper et couler les filets (d’une valeur de plusieurs milliers de livres) des chalutiers britanniques et allemands. Pour se protéger les chalutiers britanniques naviguaient par deux et l’un des deux surveillait l’arrière de celui qui pêchait, ce qui de fait diminuait la capacité de pêche de la flotte britannique. Le 18 janvier 1973, les filets de dix-huit chalutiers sont coupés[10]. Face à cette tactique, les marins britanniques menacent de quitter les zones de pêche islandaises si la Royal Navy ne les protège pas. Le lendemain, des remorqueurs sont envoyés pour les assister. Le premier était le Statesman[11].

Le 23 janvier 1973, l'Eldfell entre en éruption. L'éruption, située sur la seule île habitée de l'archipel des Vestmann, Heimaey, nécessite une évacuation de la population. Les navires de la Garde-côtes sont déroutés pour assister l'évacuation, ce qui provoque un certain répit pour les chalutiers britanniques[12].

Le 19 mai 1973, des frégates britanniques arrivent dans les eaux islandaises[13]. Le 1er juin 1973 le navire ravitailleur de phare Árvakur entre en collision avec quatre navires britanniques, puis six jours plus tard, le navire Ægir entre en collision avec la frégate HMS Scylla[14].

L’OTAN, dont les protagonistes étaient membres, fit pression pour qu’un accord soit trouvé de peur que le conflit ne dégénère. Le 16 septembre 1973, le secrétaire général de l'OTAN, Joseph Luns, arrive à Reykjavik pour discuter avec le gouvernement islandais, car ce dernier menaçait de quitter l'organisation dans un contexte de guerre froide avec l'Union soviétique[15]. Après une série de discussions les Britanniques acceptèrent de retirer leurs navires le 3 octobre. Un accord est conclu le 8 novembre dans lequel le Royaume-Uni reconnaît la juridiction de l’Islande dans la zone des 50 milles en échange de la permission de pêcher 130 000 tonnes dans cette zone pendant deux ans[E 3]. Dans le même temps, une commission de l’ONU préconisa d’étendre le droit des pays à gérer les ressources économiques des mers et océans jusqu’à 200 milles nautiques (370 km) de leurs côtes. En Europe, seules l’Islande et la Norvège agréèrent[D 4].

Le patrouilleur HMS Yarmouth en novembre 1973, pendant la Guerre de la morue

Plus de neuf mois après l'accord de l'OTAN, le 19 juillet 1974[16], un des plus grands chalutiers de pêche de la flotte britannique, le CS Forester[17], est repéré en train de pêcher à l'intérieur des eaux territoriales islandaises. Le navire islandais Þór part à sa poursuite sur plus de 100 milles nautiques[18] et après plusieurs avertissements et des tirs de canons, le chalutier est finalement arraisonné. Du fait des tirs de canon, la salle des machines du chalutier, ainsi qu'un réservoir d'eau sont endommagés[19]. Le navire est remorqué jusqu'en Islande. Le capitaine est condamné à 30 jours de prison et à une amende de 5 000 livres. Le chalutier est autorisé à repartir après que l'armateur avait payé 26 300 livres[20].

Intervention de la Cour internationale de justice[modifier | modifier le code]

La revendication de l'Islande dépassant la zone de 12 milles, cette dernière étant reconnue par la communauté internationale, elle pouvait porter atteinte au principe de la liberté de la mer. La Cour internationale de justice a rendu deux arrêts au fond le 25 juillet 1974, après avoir été saisie par la République fédérale d'Allemagne et le Royaume-Uni. La CIJ reconnaît que « l'existence d'une zone de pêche jusqu'à 12 milles à partir des lignes de base semble généralement acceptée » (§52 de l'arrêt RU c/ Islande et §44 de l'arrêt RFA c/ Islande)[21]. La CIJ reconnaît également que « la pratique des États en matière de pêche montre que la notion de droits préférentiels des États riverains est de plus en plus largement acceptée, en particulier pour les pays ou territoires se trouvant dans une situation de dépendance spéciale à l'égard de leurs pêcheries côtières » (§58 de l'arrêt RU c/ Islande et §50 de l'arrêt RFA c/ Islande). Alors que la 3e conférence des Nations Unies sur le droit de la mer avait commencé et que les négociations sur la zoné économique exclusive étaient engagées, la CIJ évita de se prononcer sur la question de l'extension à 50 milles car elle « n'est pas opposable aux demandeurs »[22].

La Troisième Guerre de la Morue[modifier | modifier le code]

En 1974, l'Organisation des Nations unies convoque une convention internationale à Caracas sur le droit de la mer où il ressort que de plus en plus de Nations sont en faveur du principe d'une juridiction sur 200milles marins[D 5]. En 1975, l'accord conclu entre le Royaume-Uni et l'Islande concernant des droits de pêches sur deux ans prend fin et l’Islande en profite pour étendre sa juridiction jusqu’à la limite des 200 milles (370 km)[E 4]. Mêmes causes, mêmes effets, une troisième guerre de la morue se déclencha entre les Islandais et les Britanniques de nouveau alliés aux Allemands de l’Ouest. Elle dura de novembre 1975 à mars 1976 et consista de nouveau en une guerre d’éperonnages et de chaluts tranchés. Les Allemands se retirèrent rapidement après avoir négocié des quotas de saumons[D 5]. L’OTAN intervint de nouveau car l’Islande menaçait de fermer sa base de Keflavik[D 4].

Un des incidents les plus graves s'est produit le 11 décembre 1975[23]. Tel que rapporté par l'Islande, le Þór, sous le commandement de Helgi Hallvarðsson, quittait le port de Seyðisfjörður pour effectuer des opérations de déminage, lorsqu'il reçoit l'ordre d'enquêter sur une éventuelle présence de navires étrangers non identifiés à l'embouchure du fjord. Ces navires sont identifiés comme étant trois navires britanniques, le Lloydsman, un remorqueur de haute mer qui était trois fois plus grand que le Þór, le Star Aquarius, un navire de ravitaillement des plates-formes pétrolières du Ministère britannique de l'Agriculture, et son navire jumeau Star Polaris. Ils avaient trouvé refuge à l'entrée du fjord suite à un coup de vent[24]. Lorsque l'ordre de quitter les eaux territoriales islandaises est donné aux navires britanniques par le commandant du Þór, il est d'abord respecté. Mais à deux milles nautiques (4 km) de la côte, le Star Aquarius aurait viré à tribord et frappé le navire islandais alors que ce dernier tentait de dépasser par la droite le ravitailleur. Alors même que le Þór augmentait sa vitesse, le Lloydsman entre à son tour en collision. Face aux menaces d'une nouvelle collision, le commandant islandais ordonne de tirer en direction des Britanniques, ce qui a pour conséquence le retrait de ces derniers. Après que les remorqueurs se sont retirés, le patrouilleur islandais, qui était proche de sombrer, navigua jusqu'au Loðmundarfjörður pour des réparations temporaires[25]. La version britannique de l'incident diffère considérablement, en estimant que l'équipage du Þór avait tenté de monter à bord de l'un des remorqueurs, les autres navires ayant essayé de le protéger. Niels Sigurdsson, l'ambassadeur islandais à Londres, déclara que les Islandais étaient en état de légitime défense après avoir été percutés par les navires britanniques. L'Islande consulta le Conseil de sécurité des Nations unies sur l'incident, qui refusa d'intervenir[26].

Un deuxième incident se produit en janvier 1976, lorsque le HMS Andromeda (F57) entre en collision avec le Þór. La coque du Þór est percée, tandis que la coque du navire britannique est enfoncée. Le ministère britannique de la Défense déclara qu'il s'agissait d'une attaque délibérée sur le navire britannique alors que les gardes-côtes islandais insistaient sur le fait que les Britanniques avaient percuté le Þór suite à un dépassement et un changement de cap[27].

Extension de la Zone économique exclusive de l'Islande.
  •      eaux intérieures
  •      extension à 4 milles
  •      extension à 12 milles (mer territoriale) en 1958
  •      extension à 50 milles en 1972
  •      extension à 200 milles (ZEE actuelle) en 1975

Le Royaume-Uni a déployé un total de 22 frégates. En plus des frégates, sept navires de ravitaillement, neuf remorqueurs, et trois navires de soutien étaient en service pour protéger les chalutiers, bien que seulement six à neuf de ces navires fussent sur zone à un moment donné. Dans le même temps, l'Islande a déployé quatre navires patrouilleurs (Óðinn, Þór, Týr, et Ægir) et deux chalutiers armés (Baldur et Ver)[28],[29]. Le gouvernement islandais avait tenté d'acquérir des patrouilleurs américains de la classe Asheville, ce qui fut refusé par le gouvernement américain. Les Islandais essayèrent ensuite d'acquérir des navires soviétiques de la classe Mirka. Le contexte de guerre froide joua en la faveur de l'Islande, notamment lorsqu'elle menaça de fermeture la base de l'OTAN à Keflavík, ce qui aurait gravement nui à la capacité de défense de l'OTAN pour défendre l'océan Atlantique de l'Union soviétique.

En conséquence, suite aux pressions américaines, le gouvernement britannique accepta la zone de 200 milles nautique (370 km) accord spécifique. Début 1976, la Communauté économique européenne accepta également le principe des 200 milles nautiques[D 4].

Les pêcheurs belges ne se sont pas opposés aux mesures islandaises durant le conflit. Lors des pourparlers, les diplomates belges ont revendiqué des droits historiques qui ont finalement été admis. Le 28 novembre 1975 des négociateurs du service des pêches du ministère de l'agriculture ont signé un accord avec le gouvernement islandais[30]. En fonction des périodes de l'année la modeste flotte ostendaise pouvait continuer de pêcher dans certains secteurs, mais, mis à part les chalutiers existants, aucun autre chalutier ne serait toléré. Le retraite de la flotte du chalutier O.129 Amandine annonça la fin de la pêche belge au large de l'Islande le 3 avril 1995[31].

Conséquences de la Guerre de la morue[modifier | modifier le code]

Cet épisode de l'histoire d'Islande aura pour conséquence une modernisation de sa flotte de pêche et va permettre au pays de mieux contrôler le volume et la nature des prélèvements[32]. Dans les années qui suivront, les prises connaîtront des records, notamment en 1982 où la prise de morues est proche de 508 000 tonnes[33]. Au Royaume-Uni, l'industrie de la pêche, déjà en déclin, va être sévèrement affectée, notamment au nord du pays. Les ports de pêche de Grimsby, Fleetwood et Kingston-upon-Hull seront les plus touchés. 1 500 pêcheurs, ainsi que 7 000 personnes sur terre, perdront leur emploi[34]. En 2012, plus de 35 ans après la fin de la guerre de la morue, le gouvernement britannique accorde une indemnisation de 1 000 livres pour 2 500 pêcheurs affectés par la fin de la pêche au large de l'Islande. Cette mesure fut critiquée pour être intervenue trop tard[35].

Dans le droit de la mer actuel, la zone des 200 milles correspond à la zone économique exclusive des États. De plus, le Royaume-Uni et l’Islande sont tous les deux signataires de la convention de Montego Bay qui régit les droits marins des États[36].

Références[modifier | modifier le code]

  • (en) Jón R. Hjálmarsson, History of Iceland : From the Settlement to the present day, Reykjavik, Iceland Review,‎ 2007, 208 p. (ISBN 978-9979-2-2058-9, OCLC 269082266)
  1. p. 179.
  2. p. 180.
  3. p. 181.
  4. a, b et c p. 184.
  5. a et b p. 183.
  • (en) Gunnar Karlsson, Iceland's 1100 years : the history of a marginal society, Londres, C. Hurst & Co. Publishers,‎ 2000, poche, 418 p. (ISBN 978-1-85065-420-9, LCCN 2002392084)
  1. p. 342.
  2. p. 345.
  3. p. 346.
  4. p. 347.

Autres références

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  2. (is) Halldór B. Ívarsson, « Útfærsla efnahagslögsögunnar », Garde-côtes d'Islande (consulté le 3 mars 2012)
  3. (en) [vidéo] History of the Cod Wars sur YouTube, BBC, consulté le=3 mars 2012
  4. Jón Björnsson, Íslensk skip, Reykjavik, Örn og Örlygur, 1990, p. 8-142. (ISBN 9979-1-0375-2)
  5. Svipmyndir úr 70 ára sögu. Landhelgisgæsla Íslands. Reykjavík. 1996. p. 30-31, 37–38. (ISBN 9979-60-277-5)
  6. (is)Morgunblaðið, Árekstur milli íslenzks varBskips og brezks togara, 4 septembre 1958, [lire en ligne]
  7. (is)Morgunblaðið, Sjálfstæðhflokkurinn ber fram kröfu um ab ofbeldisaogeroir Breta verð til manndrápa kemur, 13 novembre 1958, [lire en ligne]
  8. Sveinn Sæmundsson, Guðmundur skipherra Kjærnested, Reykjavik, Örn og Örlygur, 1984, p. 151.
  9. (en) Bruce Mitchell, « Politics, fish, and international resource management: the british-icelandic cod war », The geographical review, vol. 66, no 2,‎ avril 1976 (lire en ligne)
  10. (is) Morgunblaðið, Styðjum málstað íslands, 19 janvier 1973, [lire en ligne]
  11. (is) Sverrir Þór Sævarsson, « Annað þorskastríðið (1972 – 19. maí 1973) », lhg.is (consulté le 30 avril 2012)
  12. (is) Morgunblaðið, 24 janvier 1973, [lire en ligne]
  13. (is) Morgunblaðið„Ætti ekki að koma fyrir milli bandalagsríkja!", 22 mai 1973, [lire en ligne]
  14. (is) Meike Stommer, « Átök við Vestur-Þjóðverja (1972-75) », lhg.is (consulté le 30 avril 2012)
  15. (is) Morgunblaðið NATO aldrei nauðsynlegra, 18 septembre 1973, [lire en ligne]
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  22. Jean-Pierre Beurier, Droits maritimes, Dalloz, 2008, Paris, p. 720.
  23. (is) Morgunblaðið, „Erum enn ákveðnari að vinna þetta stríð" - viðbrögð varðskipsmanna í samtali við Morgunblaðið á Loðmundarfirði, 12 décembre 1975, [lire en ligne]
  24. (en) Norman Storey, What price cod? : a tugmaster's view of the cod wars. Beverley, North Humberside, Hutton Press, 1992. (ISBN 1-872167-44-6)
  25. (is) Atli Magnússon, Í kröppum sjó : Helgi Hallvarðsson skipherra segir frá sægörpum og svaðilförum, Örn og Örlygur, Reykjavík, 1992. p. 204-206 (ISBN 9979-55-035-X)
  26. (is) Guðni Thorlacius Jóhannesson, Þorskastríðin þrjú : saga landhelgismálsins 1948–1976, Hafréttarstofnun Íslands, Reykjavík, 2006, (ISBN 9979-70-141-2)
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  28. Atli Magnússon, Í kröppum sjó : Helgi Hallvarðsson skipherra segir frá sægörpum og svaðilförum, Örn og Örlygur, Reykjavík, 1992. p. 201-202
  29. Jane's fighting ships : the standard reference of the world's navies. London, 1900–.
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  32. Sophie Brun et Sophie Paris, Islande, Gallimard, Paris, 2010, 352 pages, (ISBN 978-2-74-242373-6), page 114.
  33. (is) « Icelandic fisheries », fisheries.is (consulté le 30 avril 2012)
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Notes

  1. L’Islande faisait partie du royaume du Danemark depuis 1380.
  2. Exemples : Les Aiglefins et les carrelets.
  3. Par référence à la Guerre froide (cold war) qui sévissait à l’époque.
  4. Le Danemark, l'Espagne, la France, les Pays-Bas, la RFA et bien sûr le Royaume-Uni.
  5. Sous forme de navire de ravitaillement car les Allemands n’avaient pas le droit d’avoir de forces offensives.
  6. À partir de mai 1973, ils dépêchèrent sept frégates de guerre après que les chalutiers se furent plaints de tirs d’obus.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mark Kurlansky, Un poisson à la conquête du monde ou La fabuleuse histoire de la morue, Paris, Le Grand Livre du Mois,‎ 1999, 333 p. (ISBN 978-2-702-83362-9)

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]