Valhalla

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Walhalla (1896) par Max Brückner.
Le dieu Heimdall gardant la Valhöll. Manuscrit islandais du XVIIe siècle (source : institut Árni Magnússon, en Islande).
Une Valkyrie, Peter Nicolai Arbo, 1865

Le Valhalla (également la Valhalle), dans la mythologie nordique, est le lieu où les valeureux guerriers défunts sont amenés. C'est le paradis viking au sein même du royaume des dieux, « la fortification d'Ásgard » où règne Odin. C'est sur les champs de bataille que les Valkyries choisissent et emmènent les hommes les plus braves et les plus valeureux afin de les ramener à Ásgard, où Odin les attend pour les préparer à la bataille finale, le Ragnarök.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Valhalla vient du vieux norrois Valhǫll composé de valr, désignant les guerriers morts sur le champ de bataille, et hǫll, la halle [1]. Toujours selon les notes de l'Edda de Snorri, ce dernier mot peut également désigner "le palais" ou un grand bâtiment d'une seule pièce où se tenait la cour de Norvège (voir ainsi la Håkonshalle, "halle de Håkon", à Bergen). Valhalle en est la forme francisée.

Description[modifier | modifier le code]

La Valhalle est si haute qu'on peut à peine en voir le sommet[2]. Son toit est recouvert de boucliers dorés, probablement de bouleau, si l'on en croit la description de Thiodolf de Hvinir :

"Sous les jets de pierre,
les sagaces guerriers
sur leur dos firent scintiller
Les écorces de bouleau de la halle de Svafnir."[2].

La halle dispose de six cent quarante portes[3] et l'une d'entre elle est surmontée de la tour Hlidskjálf, selon une hypothèse jugée vraisemblable par François-Xavier Dillmann dans ses notes.

Les habitants de la Valhalle sont les Einherjar, vivant sous la protection d'Odin, qui siège également dans la halle, accompagné des ses deux loups Geri et Freki ainsi que ses corbeaux Hugin et Munin. S'il semble que la très grande multitude d'Einherjar qui vivent là soit presque innombrable[4], Snorri Sturluson rapporte ce qui est dit dans les Grimnismal :

"Huit [grandes] centaines d'Einherjar
sortiront en même temps par chaque porte
quand ils iront se battre avec le loup."[5].

Avec ses six cent quarante portes, la Valhalle contiendrait donc six cent quatorze mille quatre cent Einherjar.

Ils se nourrissent de la chair du sanglier Sæhrímnir, bouilli tous les jours par le cuisinier Andhrímnir dans le chaudron nommé Eldhrímnir[6]. Ce sanglier revient à la vie tous les soirs et sera mangé de nouveau le jour suivant. Seul Odin ne se nourrit pas, donne sa nourriture à ses loups et boit seulement du vin en guise de repas[7]. Les Einherjar, eux, boivent le lait de la chèvre Heidrun, qui est en fait de l'hydromel. Cette chèvre est sur la Valhalle même, et broute les feuilles de l'arbre Læradr (v. isl. Hléraðr, "celui qui procure le repos")[8]. Un autre arbre, Glasir, se situe à l'extérieur de la Valhalle[9]. Son feuillage est d'or et c'est pourquoi le « feuillage de Glasir » est considéré comme une métaphore (kenning) pour désigner l'or. Il y a de plus, également sur la Valhalle, un cerf du nom d'Eikthyrnir, qui broute aussi les feuilles de Læradr : de ses bois proviennent tant de gouttes qu'un ruissellement se forme jusque dans Hvergelmir. De là partent ensuite les rivières qui parcourent le domaine des Ases[10].

Chaque jour, tous les guerriers s'habillent, revêtent leur armure et partent combattre les uns contre les autres dans un enclos. Ils s'entretuent sans crainte, car à l'heure du premier repas de la journée (v. isl. dǫgurðarmál, repas pris vers neuf heures le matin[11]), tous ressuscitent et reviennent du combat à cheval pour un nouveau banquet, qui durera donc la majeure partie de la journée :

"Tous les Einherjar
dans le pré d'Odin
chaque jour se pourfendent.
Ils désignent les morts,
puis, du combat, à cheval ils reviennent.
Ensemble ils siègent ensuite, réconciliés."[12].

Lors de ces banquets, ils sont servis par les Valkyries elles-mêmes ainsi que Skuld, la plus jeune des Nornes[13].

Tous attendent le jour où sortant des six cent quarante portes de la Valhalle, ils combattront dans une dernière guerre contre Loki, le loup Fenrir, et de nombreux autres ennemis, lors du Ragnarök[5].

Références dans les textes[modifier | modifier le code]

La Gylfaginning[modifier | modifier le code]

La Valhalle est évoquée dès le chapitre 2, lorsque le roi Gylfi arrive à Ásgard pour en savoir plus sur les dieux et leur puissance. Ceux-ci ayant eu vent de son voyage lui préparent des illusions visuelles, dont un jongleur qui lui demande son nom à l'entrée de la halle. Il prétend alors s'appeler Gangleri et demande qui possède ce bâtiment. Le jongleur lui répond que c'est leur roi. Gylfi rentre alors dans la halle, en admire l'architecture décrite plus haut (hauteur exceptionnelle, toit fait de boucliers, etc.) et rencontre enfin trois hommes assis sur trois trônes les uns au-dessus des autres. Ceux-ci s'appellent "le Très-Haut", "l'Egal du Très-Haut" et "le Tiers", noms issus du vieil islandais respectivement Hár, Jafnhár et þriði, et cités par la suite tous trois comme noms d'Odin[14]. Commence alors leur discussion, qui donne lieu au texte de la Gylfaginning.

Les chapitres 38 à 41 de la Gylfaginning sont de plus exclusivement dédiés à la description du Valhalla, ses habitants, leurs occupations, ce qu'ils y mangent et ce qu'ils y boivent.

Les Skáldskaparmál[modifier | modifier le code]

Après avoir été défié à la course de chevaux par Odin, le géant Hrungnir est dans une telle "fureur de géant" qu'il ne s'aperçoit pas arriver directement en Asgard, devant le Valhalla. Il est alors invité par les dieux à leur banquet. Mais il boit tellement, qu'ivre, il affirme qu'il enlèvera la Valhalle, l'emmènera aux Jötunheimar, le domaine des géants de glace, qu'il fera disparaitre Asgard et tuera tous les dieux à l'exception de Freyja et de Sif. Las de ses vantardises, les dieux invoquent Thor, qui était absent, et Hrungnir le provoque en duel aux Grjotunagardar, "domaine des champs de pierre", la frontière entre le domaine des Ases et celui des géants de glace. Cet épisode aboutira à la mort de Hrungnir[15].

Vingólf[modifier | modifier le code]

Dans l'Edda de Snorri, l'auteur affirme que les guerriers valeureux morts au combat seront envoyés par Odin soit au Valhalla, soit à Vingólf[16].

Article détaillé : Vingólf.

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Le Valhalla a toujours une influence sur la culture contemporaine. Dans la musique, et en particulier dans le metal, des groupes comme Amon Amarth, Black Sabbath, Judas Priest, Blind Guardian, Manowar, Pantera ou encore Heaven Shall Burn en ont fait le titre d'une de leurs chansons. De la même manière, le thème du Valhalla et du Ragnarok est repris par de multiples groupe de viking métal, ainsi, les Bâtards du Nords, ont nommé une de leur chanson Einherjar. Alain Bashung mentionne le Valhalla dans la chanson Aucun Express. Bathory également, dans plusieurs de leurs chansons. C'est également le nom d'un festival de musique (électro).

Il s'agit également du titre d'un dessin animé danois sorti en 1986 qui illustre l'Edda en prose de Snorri Sturluson, ainsi que d'un thriller néerlandais sorti en 1995 (sous l'orthographe Walhalla).

Le Valhalla est un terme récurrent dans la saga vidéo ludique Final Fantasy. Que ce soit le nom d'une arme dans Final Fantasy XI, Final Fantasy Tactics et Final Fantasy Dimensions ou un lieu dans la série Fabula Nova Crystallis Final Fantasy, voir même un monde dans Final Fantasy Legend II.

Sovngarde, le paradis des guerriers nordiques du jeu vidéo The Elder Scrolls V : Skyrim sorti en 2011 en est inspiré.

Enfin, c'est le nom d'un vaisseau Asgard dans la série Stargate SG-1 et d'un comic book danois.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Odin accompagné de ses loups Geri et Freki et ses corbeaux Hugin et Munin, Johannes Gehrts, 1901

Personnages[modifier | modifier le code]

Animaux[modifier | modifier le code]

Objets[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Snorri Sturluson, L'Edda, annotée par François-Xavier Dillman, note 7 du chapitre 2
  2. a et b Gylfaginning, chapitre 2
  3. L'Edda de Snorri, 1991, annoté par François-Xavier Dillmann, note 2 du chapitre 40 : « Le nombre des portes [du Valhöll] est donc de six cent quarante, puisqu'il est certainement question ici de la « grande centaine germanique ». »
  4. Snorri Sturluson, L'Edda, annotée par François-Xavier Dillman, chapitre 38
  5. a et b Grímnismál, strophe 23
  6. Grímnismál, strophe 18
  7. Grímnismál, strophe 19
  8. Snorri Sturluson, L'Edda, annotée par François-Xavier Dillman, chapitre 39 et note 3 du même chapitre
  9. Skáldskaparmál, chapitre 32
  10. Gylfaginning, chapitre 39
  11. Snorri Sturluson, L'Edda, annotée par François-Xavier Dillman, note 12 du chapitre 38
  12. Vafthrúdnismál, strophe 41
  13. Grímnismál, strophe 36
  14. Snorri Sturluson, Gylfaginning, annotée par François-Xavier Dillman, notes 15, 16 et 17 du chapitre 2
  15. Skáldskaparmál, chapitre 3
  16. Gylfaginning, chapitre 20