Hérules

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Les Hérules sont un peuple germanique appartenant au groupe ostique, ou groupe des Germains dits « orientaux », issus de Scandinavie, comme les Goths, les Vandales, les Burgondes, et les Gépides entre autres. Peu connus, les Hérules apparaissent comme un peuple mineur mais furent souvent signalés dans les raids gothiques et notamment sur la Mer Noire, où ils se découvrent vite une vocation de pirates.

Antiquité tardive[modifier | modifier le code]

En 267, ils pillent Athènes et mettent ainsi fin à la prestigieuse production sculpturale de la ville. Ils sont mentionnés pour la première fois dans les sources romaines au IIIe siècle lorsqu'en 268 et 269, ils prennent part à une coalition barbare qui réunit les Peucins et les Carpes, petites peuplades germaniques, mais également des Gépides, et surtout des Goths. L'armée rassemblée, qui aurait compté plus de 300 000 guerriers (chiffre certainement exagéré par les chroniqueurs romains et grecs), attaque les forces de l'empereur Claude II le Gothique sur le Danube.

Au IIIe siècle, un autre peuple germanique, les Lombards, alors établis en Pannonie et qui ne font irruption en Occident qu'en 568, sont alliés ou sont vassaux des Hérules.

Par la suite, il est fait mention d'eux au moment des Grandes invasions, à partir de la seconde moitié du IVe siècle.

Haut Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au Ve siècle, ces derniers possèdent un semblant de royaume le long du Danube, bien qu'étant sans doute peu nombreux : c'est probablement de là que part la bande armée dont Odoacre, par ailleurs un des leurs déjà établi en Italie, prend la tête. Ce dernier incendie Pavie, pille Rome et dépose l'empereur Romulus Augustule, se faisant proclamer « Roi d'Italie» (476). Cet épisode est surtout connu pour avoir été interprété par l'Historiographie comme la chute officielle de l'Empire romain d'Occident.

Tous les Hérules ne semblent pas toutefois s'être établis sur le Danube entre le IIIe siècle et le Ve siècle. Un détachement hérule est en effet attesté durant les années 400/407 dans des bandes armées barbares, aux côtés de Frisons et de Saxons, qui font de la piraterie en Mer du Nord et sur les côtes de la Manche. Ceux-là mettent à mal les défenses côtières de l'Empire romain (la marche militaire côtière d'Armorique ou Litus armoricus) et établissent des postes avancés d'observation ou de petits établissements de peuplement jusque sur la côte atlantique. C'est ainsi qu'ils allèrent jusqu'en Espagne, et qu'en 456, environ 500 pirates hérules furent signalés sur les côtes cantabriques et de Galice, embarqués sur 8 navires. Certains même, se fixèrent sur la côte espagnole et continuèrent la piraterie.

Après l'an 476, d'autres Hérules servent dans l'armée de Théodoric le Grand, s'intégrant aux Ostrogoths que l'empereur d'Orient, Zénon, a chargé de récupérer l'Italie, alors aux mains des mercenaires barbares d'Odoacre.

Vers 491, Théodoric, vainqueur des Vandales noue des contacts avec les Hérules danubiens pour se prémunir de la pression des Alamans.

Odoacre est quant à lui renversé par Théodoric en 493 et sa bande armée est chassée d'Italie, alors que le roi goth fonde le royaume de Ravenne. Les Hérules, revenus sur le Danube sous la conduite de leur roi Rodulf, furent sévèrement battus en 510 par les Lombards : selon Procope de Césarée, beaucoup d'entre eux retournèrent en Scandinavie[1] ou en Bavière.

En 532, des troupes hérules, dirigées par le général Mundus, participent à la répression de la sédition Nika à Constantinople.

En 550, la présence d'environ 3000 mercenaires hérules est encore attestée le long de la ligne de défense danubienne ou limes danubien, à Sirmium et à Singidunum, mais ceux-ci avaient été établis là vers 510. N'oublions pas aussi que des contingents hérules servirent Byzance dans sa guerre contre les Vandales d'Afrique en 533 et 534, ainsi qu'en Italie sous la conduite du vieux général eunuque Narsès, contre les Ostrogoths, à partir de 551. Ils disparurent en tant que peuple distinct avant le milieu du VIIe siècle, ceux du Nord fusionnant avec Frisons et Saxons, certains retournant même dans leur patrie d'origine, en Scandinavie, qu'ils avaient pourtant quittée des siècles plus tôt (ce qui démontre bien l'attachement aux origines même lointaines et peut-être la survivance de liens étroits avec les populations nordiques), d'autres fusionnant avec Ostrogoths et Lombards.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Lévèque, Dialogues d'histoire ancienne, Volume 17, Numéro 1, Presses Univ. Franche-Comté,‎ 1991 (ISBN 2251604502, lire en ligne)