Hiroshima mon amour

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Hiroshima mon amour

Réalisation Alain Resnais
Scénario Marguerite Duras
Acteurs principaux
Sortie 1959
Durée 90 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Hiroshima mon amour (Titre japonais : 二十四時間の情事, 24 jikan no jôji, soit : une liaison de 24 heures) est un film franco-japonais d'Alain Resnais sorti en 1959.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Une actrice se rend à Hiroshima pour tourner un film sur la paix. Elle y rencontre un Japonais qui devient son amant, mais aussi son confident. Il lui parle de sa vie et lui répète « Tu n'as rien vu à Hiroshima ». Elle lui parle de son adolescence à Nevers pendant la Seconde Guerre mondiale, de son amour pour un soldat allemand et de l'humiliation qu'elle a subie à la Libération lorsqu'elle a été tondue[1].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

  • Prix Méliès en 1959.
  • Grand Prix de l’Union de la critique de cinéma en 1959.
  • Prix de la Fédération internationale de la presse cinématographique.
  • Prix de la société des écrivains de cinéma et de télévision.
  • Prix de la Fédération socialiste des ciné-clubs.
  • « Victoire 1959 » attribuée par les journaux Le Figaro, Cinémonde et Le Film français, après un référendum auprès des professionnels du film.

Diffusion et audience[modifier | modifier le code]

Le film a été projeté pour la première fois en compétition officielle au festival de Cannes 1959[2]. Au total, le film a fait 255 000 entrées en salles en France[3].

Analyse[modifier | modifier le code]

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À la fois poème d'amour et de mort, évocation de la première bombe atomique lancée sur la ville, et appel à la réconciliation entre les peuples.

Ce film, comme Nuit et Brouillard, participe du devoir de mémoire et rappelle, même si cela peut paraître dérisoire par rapport aux souffrances des blessés d'Hiroshima, l'injustice qui a frappé, à la libération de Nevers, le soldat allemand, tué, et la Française, tondue[4], pour avoir été coupable d'amour.

Ce film, en plus d'être un travail sur la mémoire, rappelle l'impossibilité de parler d'Hiroshima en soulignant l'écart entre représentation et réalité non-totalisable. Ce film souligne également l'écart entre l'Histoire (la bombe atomique, l'Occupation et la Libération) et l'histoire (deux amants à Hiroshima, deux amants à Nevers).

Le film s'inscrit dans la réflexion obsessionnelle menée par l'auteur sur la mémoire, tant collective qu'individuelle, et sa forme cinématographique. Il l'avait entamée avant Hiroshima, notamment avec les deux documentaires Nuit et brouillard et Les Statues meurent aussi (coréalisé avec Chris Marker), et il la poursuivra avec les deux prochains longs-métrages : L'année dernière à Marienbad, coécrit cette fois avec Alain Robbe-Grillet, et Muriel ou le temps d'un retour, mêlant aussi la géographie d'une ville au souvenir d'un grand traumatisme historique (la Guerre d'Algérie, tout juste achevée alors), coécrit avec Jean Cayrol.

Dans Table ronde sur Hiroshima, les critiques des Cahiers du cinéma soulignent le fait que ce film n'a jamais eu aucun précédent dans l'histoire du cinéma et sa parenté avec la modernité dans d'autres arts (cubisme, Stravinski, nouveau roman).

Alain Resnais et Marguerite Duras n'étant pas d'accord sur la fin du film (à savoir si elle allait rester ou non à Hiroshima), ils ont décidé de la laisser ouverte.

Réception critique[modifier | modifier le code]

Hiroshima mon amour est considéré par la majorité des critiques comme un chef-d’œuvre. Il bénéficie par exemple de 95 % de critiques positives sur Rotten Tomatoes[5] et d'une note de 7,9/10 sur IMDb[6]. Les critiques évoquent en effet l' « écriture éclatée et les dialogues incantatoires [qui] ouvraient des voies nouvelles au langage cinématographique » et parlent d'un texte qui est « resté célèbre pour sa musique, pour le balancement des contraires[7]. » Les Cahiers du cinéma soulignent quant à eux la modernité du film qui a « bouleversé l'histoire du cinéma[8] », tout comme Le Figaroscope qui y voit « un chef d'œuvre envoûtant du 7e art[9] ».

Jean-Luc Godard a déclaré avoir été jaloux du film : « Je me souviens avoir été très jaloux de Hiroshima mon amour. Je me disais : "ça c'est bien et ça nous a échappé, on n'a pas de contrôle là dessus." »[10].

Pour Claude Chabrol, Hiroshima mon amour est le « plus beau film qu['il ait] vu depuis 500 ans[11]. »

Avec le recul historique, Jean-Michel Frodon, dans sa somme sur le cinéma français, le qualifie de « film véritablement exceptionnel »[12].

Michel Ciment cite le film dans sa « cinémathèque imaginaire » : « Avec Hiroshima, mon amour, j'ai eu la sensation de n'avoir jamais vu cela au cinéma, j'en tremblais. Resnais a fait avec ce film un peu comme Picasso avec Les Demoiselles d'Avignon. Il y avait là un objet cinématographique qui rendait tout le reste classique. Il y avait une réelle nouveauté qui m'avait à l'époque complètement électrisé. Cette réflexion sur l'histoire, le fait de mêler l'intime, qui d'ailleurs à l'époque avait beaucoup choqué, l'individuel au collectif, l'histoire et le destin individuel, dans un style absolument soufflant de fluidité m'a complètement bouleversé. J'ai eu l'impression qu'on ne faisait plus du cinéma de la même façon. »[13].

Toutefois, le critique Michel Mourlet, trouve le film « ennuyeux, nul et laid ». À propos d'Hiroshima mon amour et L'Année dernière à Marienbad, il écrit : « Aucune connaissance de l'acteur, aucun empire sur le décor, les éléments, aucun sens du récit, rien que de pauvres petits essais d'intellectuels qui jouent gravement à faire du cinéma »[14].

Remake[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Éditions du scénario[modifier | modifier le code]

Ouvrages critiques[modifier | modifier le code]

  • Christophe Carlier, Marguerite Duras, Alain Resnais : "Hiroshima mon amour", Presses universitaires de France,‎ 1er octobre 1994, 128 p. (ISBN 978-2130462651)
  • Sylvette Baudrot, Chihiro Minato, Marie-Christine de Navacelle, Dominique Noguez, Alain Resnais : Tu n’as rien vu à Hiroshima, Paris : Éditions Gallimard, 2009 — 128 pages
  • Luc Lagier, Hiroshima mon amour, Cahiers du cinéma, coll. « Les petits cahiers »,‎ 6 septembre 2007, 96 p. (ISBN 978-2866424909)
  • Jean-Louis Leutrat, Hiroshima mon amour, Armand Colin, coll. « 128 »,‎ 6 février 2008, 2e éd., 128 p. (ISBN 978-2200353605)

Articles critiques[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Article de Jacques Mandelbaum dans Le Monde du 4 mars 2014
  2. Frodon 2010, p. 80
  3. Frodon 2010, p. 48
  4. Le rapport entre la tondue de Nevers et le film Hiroshima mon amour
  5. Hiroshima mon amour, rottentomatoes.com, consulté le 2 mars 2012.
  6. Hiroshima mon amour, IMDb, consulté le 2 mars 2012.
  7. Hiroshima mon amour, cineclubdecaen.com, consulté le 2 février 2012.
  8. Hiroshima mon amour, Les Cahiers du cinéma, consulté le 2 mars 2012.
  9. Figaroscope, 9 novembre 2009.
  10. cité dans Jean-Michel Frodon, Le Cinéma français, de la Nouvelle Vague à nos jours, Paris, Cahiers du Cinéma,‎ 2010, p. 29
  11. Edgar Schneider, « Bataille à Cannes autour d'Hiroshima mon amour », France-Soir, 10 mai 1959.
  12. Frodon 2010, p. 81
  13. Bertrand Keraël, « Michel Ciment, directeur de publication du magazine Positif : une cinémathèque imaginaire », La Bibliothèque du film,‎ 2002 (lire en ligne)
  14. Michel Mourlet, « Réponse à une enquête sur Hollywood », dans Michel Mourlet, Sur un art ignoré : La mise en scène comme langage, Ramsay, coll. « Ramsay Poche Cinéma »,‎ 2008, p. 78

Liens externes[modifier | modifier le code]