Colocasia esculenta

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Colocasia esculenta est une plante de la famille des Aracées, généralement connue sous le nom vernaculaire générique de taro et cultivée dans les régions tropicales pour sa racine épaissie en gros tubercule farineux, à la chair de couleur crème à rose, de texture sèche et goût proche de celui de la patate douce. Les feuilles se préparent comme des épinards. Le terme désigne aussi le tubercule lui-même.

Description[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Nom scientifique : Colocasia esculenta (L.) Schott. Famille des Aracées, sous-famille des Aroideae, tribu des Colocasieae. Sinogramme en chinois : .

Noms communs : taro ou colocase. Taro est un mot emprunté au tahitien. À la Réunion et à l'Ile Maurice, cette plante est connue sous le nom de songe ou arouille violette. En Guyane, Martinique et Guadeloupe on l'appelle dachine ou madère ou encore chou de Chine.

On trouve parfois le nom d'Eddo pour désigner le tubercule ou la plante.

Biologie[modifier | modifier le code]

Colocasia esculenta

Le Colocasia ou taro vrai, est une plante herbacée vivace par son rhizome tubéreux, qui est de grosseur variable et forme un corme, tubercule d'aspect écailleux, à peau épaisse, résultant de l'épaississement souterrain de ce rhizome.

Les feuilles grandes et belles, vertes plus ou moins foncées, parfois violacées, sont peltées, à limbe cordiforme à la base, parfois un peu sagittées. Le limbe peut atteindre 70 cm de longueur sur 60 cm de largeur et présente un bon effet déperlant - effet lotus. Il est porté par un long pétiole vert ou violet, engainant à la base.

Les inflorescences se présentent sous forme d'un spadice cylindrique, terminé par un appendice acuminé et rose. Les fleurs femelles occupent la base du spadice et donneront les fruits, de petites baies uniloculaires. Les fleurs mâles garnissent la partie supérieure. Une spathe longue et étroite, se recourbant légèrement au sommet, est enroulée en cornet autour du spadice. L'ensemble est une structure caractéristique des Aracées, bien connue chez les Arums ornementaux.

Le taro est actuellement cultivé dans toutes les régions tropicales humides pour ses tubercules mais aussi pour ses turions ou griffes (jeunes pousses) qui se mangent comme les "épinards". Le tubercule une fois déterré se conserve assez mal. Il est mangé cuit à l'eau ou sur la braise, parfois en purée ou grillé dans l'huile de palme en Afrique de l’Ouest ou d’arachide au Gabon. La multiplication se fait par bouture ou division du tubercule, en conservant un œil par fragment. La plantation doit être faite au début de la saison des pluies. On l'associe avec d'autres plantes telles que l'igname et l'aubergine. Son cycle végétatif s'étend de 8 à 18 mois. La plante exige une humidité suffisante du sol. On récolte les jeunes feuilles dès que le besoin se fait sentir. La récolte des tubercules peut s'effectuer dès que les feuilles les plus âgées dépérissent : 6 à 7 mois après plantation pour le taro. La production est très souvent vivrière, assez rarement commercialisée.

La plante semble originaire de l'Inde, mais s'est répandue dès l'époque préhistorique dans toute l'Océanie et dans l'Amérique tropicale. Elle a été introduite assez tardivement en Afrique.

Valeur nutritive[modifier | modifier le code]

Le tubercule est relativement riche en amidon, environ 30 à 33 %, mais pauvre en protéines (1 à 2 %) et en lipides. Cru, il est amer et irritant à cause de la présence de cristaux d'oxalate de calcium. Il faut bien le cuire pour éviter ce désagrément. Il s'apprête comme la pomme de terre et peut aussi être la base de desserts. Les jeunes feuilles sont parfois consommées, bien cuites.

Production[modifier | modifier le code]

La partie comestible du taro

Le taro est apprécié en Afrique occidentale, en Chine, en Polynésie, dans les îles de l'océan Indien et dans les Antilles. La récolte mondiale avoisine 9,2 millions de tonnes (FAO 2002), les principaux producteurs étant le Nigeria, le Ghana, la Chine et la Côte d'Ivoire.

À Madagascar, les champs de taro sont reconnaissables de loin, grâce aux trous circulaires faits autour de chaque pied de taro pour favoriser le développement du tubercule

Production en tonnes. Chiffres 2004-2005
Données de FAOSTAT (FAO) Base de données de la FAO, accès du 14 novembre 2006

Drapeau du Nigeria Nigeria 4 027 000,00 38 % 4 027 000,00 38 %
Drapeau du Ghana Ghana 1 800 000,00 17 % 1 800 000,00 17 %
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 1 638 328,00 15 % 1 638 500,00 16 %
Drapeau du Cameroun Cameroun 1 127 560,00 11 % 1 100 000,00 10 %
Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire 370 000,00 3 % 370 000,00 4 %
Drapeau de la Papouasie-Nouvelle-Guinée Papouasie-Nouvelle-Guinée 256 000,00 2 % 260 000,00 2 %
Drapeau de Madagascar Madagascar 200 000,00 2 % 200 000,00 2 %
Drapeau du Japon Japon 184 800,00 2 % 184 800,00 2 %
Drapeau du Rwanda Rwanda 136 359,00 1 % 136 895,00 1 %
Drapeau des Philippines Philippines 102 274,00 1 % 102 000,00 1 %
Drapeau de la République centrafricaine République centrafricaine 100 000,00 1 % 100 000,00 1 %
Drapeau de l'Égypte Égypte 116 673,00 1 % 100 000,00 1 %
Autres pays 556 308,00 5 % 501 596,00 5 %
Total 10 615 302,00 100 % 10 520 791,00 100 %

Galerie d'images[modifier | modifier le code]


Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :