Calonectris diomedea

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Calonectris diomedea est une espèce d’oiseaux de mer grégaires du bassin méditerranéen, d'assez grande taille, de la famille des Procellariidae. Ces oiseaux, qui hivernent au large, viennent chaque année nicher sur les îles et côtes rocheuses européennes.

Cette espèce a été séparée de l'espèce Calonectris borealis par le Congrès ornithologique international en 2013. C. borealis vit sur les îles de l'Atlantique, telles les Açores, Madère etc. Certains ont vu en ce puffin l'alcyon, un oiseau qui quitte rarement les flots, et touche rarement les rivages, et la terre[1].

Description[modifier | modifier le code]

Mensurations[modifier | modifier le code]

Ce puffin est relativement grand. En effet, il a une longueur de 45 à 56 cm. Son envergure va de 1,00 à 1,25 m. Son poids varie de 700 à 800 grammes.

Aspect général[modifier | modifier le code]

L'aspect des juvéniles est très similaire à celui des adultes. Il n'y a pas de dimorphisme sexuel chez cette espèce, mais la femelle est plus légère et possède un bec plus fin[2].

Ce puffin a le dessus du corps, la tête et la gorge sombres, gris-brun. L’extrémité des ailes et la queue sont plus sombres, presque noirs. La nuque peut avoir une teinte plus grise que brune. Le ventre et le dessous des ailes sont blancs, même si le dessous des ailes présente une fine bordure gris très sombre, presque noire. La limite entre le gris-brun de la tête et le blanc du dessous de l'animal est indéfinie (passage progressif), contrairement au Puffin majeur. Le bec est jaune pâle, mais son extrémité peut être marquée de gris ou de noir. L’œil est noir, parfois cerclé de blanc. Les pattes, rosées, sont palmées.

Comportement[modifier | modifier le code]

Comportement social[modifier | modifier le code]

Cet oiseau grégaire vit généralement en bandes pendant la saison d'hivernation, en pleine mer. Lors de la saison de nidification, il constitue des colonies comprenant de nombreux individus, plusieurs centaines en général.

Vol[modifier | modifier le code]

Cet oiseau alterne vol battu et vol plané.

Le vol est généralement nonchalant, assez lourd et près des vagues. Mais par grand vent, ce puffin démontre sa maîtrise aérienne en réalisant des remontées spectaculaires suivies de descentes à pic[3]. Il tient ses ailes légèrement en cloche et vers l'arrière, contrairement au Puffin majeur, qui les tient raides et droites.

Migration[modifier | modifier le code]

Cette espèce hiverne dans l'hémisphère sud et revient à la fin du mois de février en Méditerranée, retournant chaque année sur la même île pour se reproduire. Pour sa migration et ses voyages alimentaires, il privilégie l'orientation olfactive à l'orientation magnétique[4].

Alimentation[modifier | modifier le code]

Son régime est essentiellement constitué de poissons, de céphalopodes, de crustacés (crevettes), de méduses et autres animaux marins. Il profite parfois des déchets de poissons rejetés par les bateaux de pêche, mais moins couramment que les autres Procellaridae.

Il se nourrit le plus souvent de nuit. Il suit souvent les bancs de gros poissons qui rabattent le menu fretin vers la surface, où il n'a plus qu'à se servir[5]. Il préfère prélever la nourriture en surface, plongeant juste le bec dans l'eau en vol pour capturer ses proies, mais il peut occasionnellement s'immerger complètement au cours de plongée pouvant atteindre de 4 à 5 m de profondeur[2].

Reproduction[modifier | modifier le code]

Cette espèce niche en colonies. Les adultes arrivent sur les sites de nidification vers le mois de mars.

La nidification débute en mai/juin. Elle a lieu sur des îlots ou des côtes rocheuses, au niveau de falaises côtières ou d'éboulis, dans une crevasse du roc, un trou ou un terrier au flanc de pentes abruptes.

Le nid est constitué de fragments de végétaux marins ou terrestres. La ponte ne comprend qu'un seul œuf, blanc terne. Les deux parents assurent l'incubation, qui dure en moyenne 54 jours.

Après l'éclosion, Le nid n'est visité que de nuit. Au bout de 14 semaines, le petits prennent leur envol. Les puffins de cette espèce commencent à quitter leur aire de nidification en septembre, mais les jeunes partent généralement plus tard, vers le mois d'octobre.

Les juvéniles seront adultes et aptes à se reproduire à 3 ans[6]. Le record actuel de longévité en Europe, déterminé par baguage, est de 24 ans et 10 mois sur un oiseau trouvé mort[7].

Vocalisations[modifier | modifier le code]

D'habitude silencieux en mer, cet oiseau devient bruyant lorsqu'il est en colonie. Il pousse des cris plaintifs rauques et sonores ressemblant à des pleurs de bébé ou des lamentations.

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

C'est un oiseau marin qui vit une grande partie de l'année au large. Il niche dans les zones tempérées, sur les îles ou les côtes rocheuses de la Méditerranée. Il hiverne dans l'Atlantique, au large des côtes de l'Europe de l'ouest, des Amériques ou de l'Afrique du Sud, mais aussi au large de l'Afrique de l'ouest et dans l'océan Indien.[réf. nécessaire] Il est particulièrement fréquent en Méditerranée et au large de l'Afrique du nord-ouest.

Entre septembre et mars, ils quittent leurs aires de nidification. Les populations quittent la Méditerranée et rejoignent l'Atlantique. Certains individus hivernent au large des côtes orientales de l'Amérique du Nord ou de l'Amérique du Sud. D'autres descendent vers le sud et atteignent ainsi l'Afrique du Sud et l'océan Indien. Des individus erratiques ont été signalés en Nouvelle-Zélande.[réf. nécessaire]

Population[modifier | modifier le code]

La population européenne est estimée à entre 270 000 à 290 000 couples par BirdLife International[réf. nécessaire] .

Statut et préservation[modifier | modifier le code]

Cet oiseau est chassé (surtout les oisillons) pour sa chair ou sa graisse, mais ses œufs peuvent aussi être consommés. La pression humaine se fait aussi sentir au niveau des dérangements des adultes nicheurs, du tourisme côtier, de la destruction des aires de nidification, et de l'introduction d'espèces prédatrices (chats, chiens, rats…)[2].

Sa population a enregistré un fort déclin entre les années 1970 et 1990. Même si le déclin a été moins important entre les années 1990 et 2000, il persiste en Italie et en Espagne. De ce fait, BirdLife International considère cette espèce comme « vulnérable », de même que l'Agence européenne pour l'environnement (AEE)[8]. Elle est protégée par la directive oiseaux en annexe I depuis 1979 et par la Convention de Berne (protection de la vie sauvage) en annexe II (espèce animale strictement protégée).

L'UICN considère que ce déclin est insuffisant pour être alarmant et a classé cette espèce dans la catégorie LC (préoccupation mineure)[9].

Systématique[modifier | modifier le code]

D'après le Congrès ornithologique international, c'est une espèce monotypique, c'est-à-dire non divisée en sous-espèces. À la suite des travaux phylogéniques de Gómez-Díaz et al. (2006, 2009) et des recommandations de Sangster et al. (2012), le taxon original Calonectris diomedea (connu sous le nom normalisé CINFO de Puffin cendré), constitué de deux sous-espèces, est divisé en deux espèces par le Congrès ornithologique international (version 3.2, 2013) : Calonectris diomedea et Calonectris borealis. Les autres autorités taxinomiques considèrent toujours C. borealis comme une sous-espèce de C. diomedea (Howard & Moore, 2008) et HBW considèrent toujours que le Puffin du Cap-Vert (Calonectris edwarsii) est aussi une de ses sous-espèces.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Calonectris vient du grec kalos, beau et niktôr, plongeur. Le terme diomedea fait référence à la légende de Diomède, qui aurait été tué par le roi Daunos et dont les compagnons auraient été transformés en oiseaux. De plus, les îles Tremiti, en Italie, qui les accueillent, étaient autrefois appelées « îles Diomedes ».

Puffin viendrait de l'anglais to puff, souffler, et ferait référence à la capacité qu'ont ces oiseaux à projeter par le bec une substance huileuse et nauséabonde[10].

Philatélie[modifier | modifier le code]

Plusieurs états ont émis des timbres à l'effigie de cet oiseau (voir quelques exemples sur cette page) : Madère en 1986 et 2007, les îles Maldives en 1986, Malte en 1987, l'île Maurice en 1985 et la France en 1997.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Photos et vidéos[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Karel Šťastný (trad. Dagmar Doppia), La grande encyclopédie des oiseaux, Paris, Gründ,‎ octobre 1989, 494 p. (ISBN 2-7000-2504-0), « Puffin cendré », p. 41
  • Gómez-Díaz, E., J. González-Solís, M.A. Peinado, and R.D.M. Page (2006), « Phylogeography of the Calonectris shearwaters using molecular and morphometric data », Mol. Phylogenet. Evol., vol. 41, p. 322-332.
  • Gómez-Díaz, E., J. González-Solís, and M.A. Peinado (2009), « Population structure in a highly pelagic seabird, the Cory's shearwater Calonectris diomedea: an examination of genetics, morphology and ecology », Mar. Ecol. Prog. Ser., vol. 382, p. 197-209.
  • Robb, M. & K. Mullarney (2008), Petrels Night and Day: A Sound Approach Guide, Sound Approach. Poole, Dorset, UK.
  • Sangster, G., J.M. Collinson, P.-A. Crochet, A.G. Knox, D.T. Parkin, et S.C. Votier (2012), « Taxonomic recommendations for British birds: Eighth report », Ibis, vol. 154, p. 874-883.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les joyaux cachés de la Méditerranée, documentaire diffusé le 08/02/2014 à 20h45 sur France 3
  2. a, b et c C. diomedea sur Oiseaux.net, 2007.
  3. Hume R., Lesaffre G. et Duquet M. (2004) Oiseaux de France et d'Europe, Larousse, (ISBN 2-03-560311-0)
  4. (en) Anna Gagliardo, Joël Bried, Paolo Lambardi, Paolo Luschi, Martin Wikelski et Francesco Bonadonna, « Oceanic navigation in Cory's shearwaters : evidence for a crucial role of olfactory cues for homing after displacement », The Journal of experimental biology, vol. 216, no 15,‎ 1er août 2013, p. 2798-2805
  5. C.diomedea sur ENature, 2007
  6. Calonectris diomedea sur le site AnAge
  7. Cory´s Shearwater, European Longevity Records, sur le site de l'European Union for Bird Ringing (Euring)
  8. Statut de C.diomedea sur le site de l'AEE
  9. Statut de C.diomedea sur le site de l'UICN, BirdLife International 2004, UICN 2007
  10. Cabard P. et Chauvet B. (2003): Étymologie des noms d'oiseaux. Belin. ISBN 2-7011-3783-7

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]