Escurial
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Le Site royal de Saint-Laurent-de-l'Escurial (en castillan : Real Sitio de San Lorenzo de El Escorial) est un grand complexe (palais, monastère, musée et bibliothèque) qui se trouve à L'Escurial (en castillan : El Escorial), commune située à 45 kilomètres au nord-ouest de Madrid, dans la Communauté autonome de Madrid (Espagne). C'est une ancienne résidence du roi d'Espagne.
Le Site royal de Saint-Laurent-de-l'Escurial a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco en 1984.
Sommaire |
[modifier] Le nom de l'Escurial
Le nom de l'Escurial vient d'un ancien village situé près du lieu où a été construit ce monastère-palais, aujourd'hui la commune de L'Escurial, (12 669 habitants en 2003). On ne doit pas le confondre avec Saint Laurent de l'Escurial, (14 358 habitants en 2003), apparu postérieurement au bâtiment.
[modifier] Historique
Ce complexe monumental est situé à côté de la montagne Abantos dans la Sierra de Guadarrama.
Il a été ordonné par le roi Philippe II, à la fois en commémoration de sa victoire de Saint-Quentin sur les troupes d'Henri II, roi de France, le 10 août 1557, pour l'expiation du massacre des civils réfugiés commis alors par ses troupes dans l'église Saint-Laurent et, enfin, pour élever une lieu de sépulture à ses parents, l'empereur Charles Quint et Isabelle de Portugal, ainsi qu'à lui-même et à ses successeurs.
C'est aussi un sanctuaire érigé à la gloire de la Contre-Réforme, qui contient l'une des plus grandes collections de reliques du monde catholique : on y trouve quelque 7 500 reliques abritées dans 570 reliquaires répartis dans tout le monastère, mais spécialement dans la basilique Saint-Laurent.
[modifier] Plan, construction
Le plan du bâtiment, avec ses tours, rappelle la forme d'un gril. On affirme traditionnellement que le bâtiment a été construit à la mémoire de saint Laurent, martyrisé à Rome sur un gril. La Saint-Laurent est fêtée le 10 août, aussi date anniversaire de la bataille de Saint-Quentin, d'où le nom de l'ensemble et de la localité qui l'environne.
En réalité, l'origine architecturale de ce plan est très controversée. En écartant l'idée de la grille, qui n'est apparue que lorsqu'Herrera a supprimé les six tours intérieures de l'époque, le plan paraît être bien plus basé sur les descriptions du Temple de Salomon par l'historien judéo-romain Flavius Josèphe. Il aurait ensuite été aménagé afin d'adapter cette idée aux nécessités du programme monastique et aux multiples fonctions que Philippe II a voulu loger dans le bâtiment : panthéon, basilique, couvent, collège, bibliothèque, palais. Tout cela a doublé les dimensions initiales du bâtiment.
Les statues de Salomon et David flanquent l'entrée de l'église en montrant un parallélisme entre le guerrier Charles Quint et le prudent Philippe II. De la même manière, la fresque de Salomon qui se trouve au centre de la bibliothèque, montrant son image d'une plus grande sagesse : l'épisode célèbre avec la Reine de Saba. La construction a commencé, avec la pose de la première pierre le 23 avril 1563. Sous la responsabilité de l'architecte Juan Bautista de Tolède, qui n'a pas pu la finir, mourant en 1567, passant la direction à son disciple, Juan de Herrera, qui l'a mené à terme en 1584, avec une telle réussite que son œuvre a donné naissance, en architecture, à l'école herreriana.
[modifier] Description
[modifier] Bibliothèque
La bibliothèque, dotée d'une collection de plus de 35 000 volumes, est située dans une grande nef de 54 mètres de long, 9 mètres de large et 10 mètres de haut. Le sol est de marbre et les meubles de bibliothèque de bois nobles, riches et sculptés. La voûte du plafond est décorée de fresques représentant les sept arts libéraux : la rhétorique, la dialectique, la musique, la grammaire, l'arithmétique, la géométrie et l'astrologie.
[modifier] Palais et dépendances
Le palais de Philippe II est formé d'une série de pièces décorées avec austérité, a été le lieu de résidence du roi Philippe II. Situé à côté de l'autel principal de la Basilique, il dispose d'une fenêtre qui permettait au roi de suivre la messe depuis son lit lorsqu'il était malade. On dit notamment qu'il souffrait de la goutte.
La basilique est remarquable par sa nef et la distance entre ses points d'appui. L'autel est immense, avec un retable de 26 mètres de hauteur et 14 de large.
La salle des Batailles est ornée de fresques représentant les principales batailles gagnées par les armées espagnoles.
[modifier] Nécropole
[modifier] Panthéon des Rois
Le Panthéon des Rois est composé de 26 tombes de marbre où reposent les restes des rois des maisons d'Autriche et de Bourbon, sauf Philippe V, Ferdinand VI, Joseph Ier Bonaparte et Amédée de Savoie. Les murs de marbres de Tolède polis sont décorés d'ornementations de bronze doré.
Les derniers restes déposés dans le panthéon ont été ceux du roi Alphonse XIII et de son épouse la reine Victoire Eugénie de Battenberg. Exceptionnellement, on trouve le sarcophage de « Jean III », père de Juan Carlos Ier, bien qu'il n'ait jamais régné.
[modifier] Panthéon des Infants
Le panthéon des Infants, terminé en 1888, est destiné aux princes, aux infantes et aux reines qui n'ont pas été des mères de rois. Celui de Don Juan d'Autriche se démarque, avec des murs et des sols de marbre blanc. Sur les 60 caveaux présents, 36 sont actuellement occupés.
[modifier] Salles d'expositions
Les salles capitulaires, destinées actuellement à des peintures, étaient les salles où les moines tenaient leurs chapitres, sorte de confessions mutuelles destinées à maintenir la pureté de la congrégation.
La pinacothèque regroupe les œuvres des écoles allemande, flamande, vénitienne, italienne et espagnole, des XVe, XVIe et XVIIe siècles.
Le musée d'Architecture, constitué de 11 salles, présente les outils, grues et autres matériels employés dans la construction du monument, ainsi que des reproductions de plans et documents relatifs aux œuvres. Des maquettes permettent d'apprécier l'architecture générale du bâtiment.
[modifier] Jardins
Les jardins des moines, aménagés à la demande de Philippe II, qui était un amoureux de la nature, constituent un lieu idéal pour le repos et la méditation. Manuel Azaña, qui étudia dans le collège des Augustins de ce monastère, les cite dans ses Mémoires et dans son œuvre Le Jardin des frères.
[modifier] Notes et références
[modifier] Voir aussi
[modifier] Liens externes
- (es) (en) site web du Patrimoine National espagnol (espagnol et anglais)
- (es) (en) Site de Tourisme de San Lorenzo de el Escorial (espagnol et anglais)
- (fr) Thèse doctorale Juan Rafael du Hall sur la relation de l'Escurial avec le Temple de Salomon
| Sites royaux d'Espagne | |
| Palais : Palais royal de Madrid • La Zarzuela • L'Almudaina • Aranjuez • L'Escorial • La Granja • Le Pardo • Reales Alcázares de Séville • Riofrío |
|
| Monastères royaux : Descalzas Reales • La Encarnación • Las Huelgas • Sta. Clara de Tordesillas • Valle de los Caídos • Yuste |
|
| Sanctuaires sous patronage royal : Panteón de Hombres Ilustres • San Pascual • Sta. Isabel • Collège de Donzelles Nobles |
|

