Patella (genre)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Patella.

Les Patella forment un genre de gastéropodes prosobranches comestibles vivant dans la zone de balancement des marées.

Noms vernaculaires[modifier | modifier le code]

Les espèces de ce genre portent divers noms vernaculaires : Patelles, Arapèdes, Berniques, Bernicles ou Bernaches. Ce sont des dénominations régionales qui, selon les interprétations, peuvent désigner tout le genre ou les quelques espèces qui vivent dans la région en question. Patelle est le nom le plus générique en France.

La DGCCRF retient les appellations :

  • Patella caerulea, Arapède
  • Patella intermedia, Bernique
  • Patella lugubris, Patelle
  • Patella mexicana, Patelle
  • Patella rustica, Arapède
  • Patella safiana, Patelle
  • Patella ulyssiponensis, Bernique
  • Patella vulgata, Bernique

Description[modifier | modifier le code]

Radula de Patelle vue à la loupe binoculaire
Bioérosion d'un rocher basaltique par sédentarisation des Patelles

La coquille de ce mollusque prend la forme d'un « chapeau chinois » appliqué contre les rochers. Les bords de la coquille s'adaptent parfaitement au relief de la roche. Ainsi, à marée basse, la Patelle ne se dessèche pas. Grâce à une radula très longue (sorte de ruban brun muni de petites dents), la Patelle râpe les petites algues à la surface des rochers. La Patelle commune (Patella vulgata) consomme également les grandes algues (ascophylles et fucus) et détruisent les champs qu'elles constituent sur le littoral atlantique, notamment en Bretagne[1], et qui constituent un abri pour de nombreuses espèces de l'estran. Alors que l'on considérait que l'absence d'algues brunes sur les côtes rocheuses battues par les vagues était due à l'action mécanique de la mer, une étude récente[2] menée sur une zone s'étendant entre l'île de Man et le sud du Portugal, montre que ce sont les brouteurs et essentiellement les Patelles qui sont les premiers responsables de cette situation. L'élimination des Patelles est suivie d'une colonisation des rochers par les algues brunes particulièrement nette dans le nord de la zone étudiée. La patelle joue un rôle important dans la préservation de l'écosystème de la zone intertidale.

Les Patelles retournent toujours vers leur lieu de départ[3], où leur coquille peut user une rainure circulaire dans la roche même lorsqu'elle est dure.

Pêche et utilisation culinaire et religieuse[modifier | modifier le code]

La Patelle est très facile à pêcher puisqu'elle est visible à marée basse sur les rochers. Il faut cependant se munir d'un bon couteau.

Malgré tout, elle est très peu pêchée, car sa chair est assez coriace. Elle peut tout de même être utilisée hachée, par exemple dans une sauce « bolognaise » aux patelles.

C'est un fruit de mer particulièrement savoureux lorsqu'il est poêlé dans du beurre.

En Bretagne tout particulièrement, elle est consommée depuis très longtemps et on la prépare souvent au four avec une persillade. Il est recommandé de retirer la radula de la tête avant de cuire les patelles sans quoi elles auront un goût amer et seront particulièrement dures. Pour ce faire, on presse le centre du mollusque de manière à faire sortir la radula et la tête, on peut alors les extraire facilement à l'aide d'un couteau. La cuisson est ensuite réalisée en une dizaine de minutes au four.

Liste des espèces européennes[4][modifier | modifier le code]

  • Patella cærulea Linné 1758 (Arapède) principal représentant du genre en Méditerranée. Dépasse le détroit de Gibraltar jusqu'à une ligne Tarifa (Espagne) - Tanger.
  • Patella ferruginea Gmelin, 1791. Grande espèce, de 55 à 75 mm. Présente en Méditerranée mais très localement et menacée d'extinction suite à une collecte excessive.
  • Patella intermedia Murray 1857 ( = P. depressa), dont le pied est noir, les tentacules marginaux (tentacules palléaux) blanc pur[1] et la radule longue (environ 2 fois la longueur de la coquille) et grêle ; elle vit dans une zone de répartition plus limitée, du sud ouest de l'Angleterre et le Pays de Galles jusqu'au Sénégal. Pénètre en Manche jusqu'aux îles Saint-Marcouf à l’est de la pointe du Cotentin). Absente en Méditerranée. Espèce fréquentant plutôt les rochers des côtes battues par les vagues, elle ne pénètre pas dans les baies abritées ni dans les estuaires.
  • Patella rustica Linné, 1758 (= P. lusitanica). Présente en Méditerranée et en Atlantique sur les côtes espagnoles et portugaises ainsi qu'en France, jusqu'à Biarritz.
  • Patella ulyssiponensis Gmelin, 1791 (Olyssipone ou Ulyssipone = Lisbonne) (= P. aspera, =P. athletica), dont le pied est jaune[1] et la radule courte (environ la longueur de la coquille), elle vit sur le bas de l'estran (et éventuellement dans les flaques à un niveau plus élevé). Présente de la Norvège (Stavanger, Bergen) jusqu'en Angola. Pénètre en Manche jusqu'aux îles Saint-Marcouf. Présente en Méditerranée. Espèce fréquentant plutôt les rochers des côtes battues par les vagues, elle ne pénètre pas dans les baies abritées ni dans les estuaires.
  • Patella vulgata Linné 1758[1]. Sur les côtes atlantiques des îles Lofoten jusqu'à Odeceixe, au Portugal. Toute la Manche. Présence en Méditerranée douteuse.

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d http://www.tela-botanica.org/page:ceintures_fucacees?langue=en.(starving limpets?)
  2. Coleman, R.A.,Underwood, A.J., Benedetti-Cecchi, L., Aberg, P., Arenas, F., Arrontes, J., Castro, J. Hartnoll, R. G., Jenkins, S.R., Paula, J. Della Santina, P.& Hawkins, S.J.2006. A continental scale evaluation of the role of limpet grazing on rocky shores. Oecologia. 147:556-564
  3. selon le DORIS, Données d'Observations pour la Reconnaissance et l’Identification de la faune et de la flore Subaquatiques (http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?fiche_numero=1191)
  4. Christiaens, J. 1973. Révision du genre Patella (Mollusca, Gastropoda). Bull. Mus. natl Sci. Nat. 182: 1305-1392.