Minorité sexuelle et de genre

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Une minorité sexuelle et de genre (MSG), ou sexualité minoritaire, est un groupe dont l’identité, l’orientation ou les pratiques sexuelles diffèrent de la majorité de la société environnante. Utilisée principalement pour désigner les personnes LGBT ou non hétérosexuelles[1],[2], l’expression peut également désigner les personnes transgenres[3], non-binaires (y compris le troisième genre[4]) ou intersexuées.    

Origine[modifier | modifier le code]

L’expression « minorité sexuelle » a très probablement été inventée à la fin des années 1960 sous l'influence du livre de Lars Ullerstam Les minorités érotiques, qui se prononce fortement en faveur de la tolérance et de l'empathie pour des variétés de sexualité non communes telles que la pédophilie et les « criminels sexuels »[5]. Le terme a été utilisé de façon analogue à celui de minorité ethnique[6],[7].

Des scientifiques tels que Ritch Savin-Williams promeuvent l’utilisation du terme afin de décrire avec précision les adolescents qui ne peuvent s’identifier sous aucune étiquette d’identité sexuelle culturellement définie (lesbienne, gay, bisexuelle, etc) mais qui sont tout de même attirés par les personnes de même sexe anatomique qu'eux[8].

Problèmes sociaux et de santé associés[modifier | modifier le code]

Stress[modifier | modifier le code]

Les problèmes sociaux peuvent entraîner des problèmes de santé et des problèmes psychologiques, en particulier chez les jeunes. Des études ont constaté que les minorités sexuelles sont confrontées à un stress accru en raison des stigmates associés. Ce stress crée une régulation émotionnelle et un coping élevés ainsi que des processus sociaux et cognitifs menant à un risque de psychopathologie[9].

Comportements à risque[modifier | modifier le code]

En 2009, une étude sur un échantillon limité a montré que les adolescents LGBT étaient plus souvent victimisés, avaient des taux plus élevés de psychopathologies, quittaient la domicile plus fréquemment, utilisaient plus fréquemment des substances hautement addictives et étaient plus susceptibles d'avoir plus de partenaires sexuels multiples que les adolescents hétérosexuels[9]. En 2015, l’agence américaine des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies a publié une étude réalisée auprès de grandes cohortes d’élèves de High Schools. Elle a révélé une centaine de comportements à risque pour la santé des élèves LGB. Les élèves des minorités sexuelles adoptent des comportements plus risqués par rapport aux élèves de la majorité[2].

Développement[modifier | modifier le code]

D’après des études sur les adolescents, les minorités sexuelles sont similaires aux hétérosexuels en termes de besoins et de préoccupations liées au développement. Cependant, des recherches ont suggéré que les jeunes des minorités sexuelles, en particulier LGBT, sont plus sensibles aux problèmes psychologiques et de santé que les jeunes hétérosexuels[10].

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Les minorités sexuelles ont tendance à plus souvent utiliser des méthodes de médecine alternative pour répondre à leurs besoins de santé que les hétérosexuels[11]. Les femmes de minorités sexuelles ont une incidence plus élevée d’asthme, d’obésité, d’arthrite et de maladies cardiovasculaires que les autres groupes[12].

Les adolescents de minorités sexuelles signalent une incidence plus élevée des éléments suivants par rapport aux hétérosexuels[2] :

  • avoir un sentiment d’insécurité lors du trajet vers ou depuis l’école ;
  • ne pas aller à l’école à cause d’une impression d’insécurité ;
  • être forcé de participer à des pratiques sexuelles non désirée avec une personne avec laquelle existe une relation amoureuse (toucher, embrasser, ou être physiquement forcé d’avoir des rapports sexuels) dans les 12 derniers mois ;
  • avoir des rapports sexuels ;
  • avoir eu des relations sexuelles avant l'âge de 13 ans ;
  • avoir eu des relations sexuelles avec au moins quatre autres personnes ;
  • ne pas utiliser de contraception ;
  • avoir subi des violences sexuelles.

Par rapport à la population générale, les minorités sexuelles présentent un risque plus élevé d’automutilation[13].

Discrimination[modifier | modifier le code]

Lorsque des adultes gays, lesbiennes et bisexuels déclarent avoir été victimes de discrimination, 42 % l’attribuent à leur orientation sexuelle. Cette discrimination est corrélée aussi bien aux effets néfastes sur la qualité de vie qu’aux indicateurs de morbidité psychiatrique[14].

Dans les médias[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Les minorités sexuelles sont généralement décrites dans les médias américains comme étant ignorées, banalisées ou condamnées. L’expression d’« anéantissement symbolique » explique leur manque de caractérisation, car il ne correspond pas au style de vie blanc et hétérosexuel. Des émissions de télévision telles que The Ellen DeGeneres Show ou des séries telles que Modern Family montrent des personnes ouvertes sur leurs modes de vie non hétérosexuels. Dans la musique, des personnalités comme Sam Smith et Sia ont chanté des textes qui parlent de leurs émotions et de leur sexualité. Bien que les minorités sexuelles aient une place dans les médias, elles sont souvent encore limitées dans leurs représentations. Dans les émissions télévisés, si un personnage est gay, il s'agit souvent d’une personne très superficielle qui n’est présente que pour la comédie ou un retournement de l’intrigue. Cependant, l’idée de non-normativité s'est normalisée dans la société depuis l’intégration d’acteurs, de musiciens et de personnages de minorités sexuelles dans les médias[15].

Problématiques culturelles[modifier | modifier le code]

La recherche sur les minorités sexuelles est « biaisée en faveur des hommes — et se concentre de manière disproportionnée sur le VIH et les autres infections sexuellement transmissibles »[16].

Entre 1989 et 2011, aux États-Unis, de nombreuses subventions de recherche ont été mises en place par les National Institutes of Health (NIH), mais la recherche pour les minorités sexuelles et la santé ne représentait que 0,1 % de toutes les études financées. La plupart des recherches portaient sur les hommes gays et bisexuels ; les études sur les femmes dans les minorités sexuelles ne représentaient que 13,5 %[16].

L’Afrique du Sud a l’une des prévalences les plus élevées de violences sexuelles dirigées contre les femmes de minorité sexuelle. Les femmes de couleur qui vivent dans des zones urbaines à faible revenu sont particulièrement ciblées. Les auteurs de violences sexuelles croient qu'ils « corrigent » les femmes et que leurs actions les « guériront » de leur homosexualité[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Michael K. Sullivan, Sexual Minorities : Discrimination, Challenges, and Development in America, , 253 p. (ISBN 978-0-7890-0235-8).
  2. a b et c (en) Laura Kann, Emily O’Malley Olsen, Tim McManus et William A. Harris, « Sexual Identity, Sex of Sexual Contacts, and Health-Related Behaviors Among Students in Grades 9–12 — United States and Selected Sites, 2015; Morbidity and Mortality Weekly Report (MMWR) », Centers for Disease Control and Prevention, (consulté le 20 mars 2017).
  3. (en) « Definition of Terms - "Sexual Minority" », Gender Equity Resource Center (consulté le 12 mars 2015).
  4. (en) Gopal Sharma, « Nepal to issue passports with third gender for sexual minorities », sur Reuters, (consulté le 12 mars 2015).
  5. (en) Julia Lattimer, « GSM acronym better than LGBT alphabet soup », Collegiate Times (consulté le 11 juin 2015).
  6. (en) « Queering the language of 'sexual minorities' in Canada » (version du 12 juin 2015 sur l'Internet Archive), sur congress2013.ca, .
  7. (en) Lars Ullerstam, The Erotic Minorities : A Swedish View, (lire en ligne).
  8. (en) Ritch C Savin-Williams, « A critique of research on sexual-minority youths », Journal of adolescence, vol. 24, no 1,‎ , p. 5-13.
  9. a et b (en) Mark L. Hatzenbuehler, « How does sexual minority stigma "get under the skin"? A psychological mediation framework. », Psychological Bulletin, vol. 135, no 5,‎ , p. 707–730 (ISSN 1939-1455, PMID 19702379, PMCID 2789474, DOI 10.1037/a0016441, lire en ligne)
  10. (en) Bryan N. Cochran, Angela J. Stewart, Joshua A. Ginzler et Ana Mari Cauce, « Challenges Faced by Homeless Sexual Minorities: Comparison of Gay, Lesbian, Bisexual, and Transgender Homeless Adolescents With Their Heterosexual Counterparts », American Journal of Public Health, vol. 92, no 5,‎ , p. 773–777 (ISSN 0090-0036, PMID 11988446, PMCID 1447160, DOI 10.2105/AJPH.92.5.773)
  11. (en) Arthur W. Blume, « Advances in Substance Abuse Prevention and Treatment Interventions Among Racial, Ethnic, and Sexual Minority Populations », Alcohol Research : Current Reviews, vol. 38, no 1,‎ , p. 47–54 (PMID 27159811, PMCID 4872612).
  12. (en) Jane M. Simoni, Laramie Smith, Kathryn M. Oost et Keren Lehavot, « Disparities in Physical Health Conditions Among Lesbian and Bisexual Women: A Systematic Review of Population-Based Studies », Journal of Homosexuality, vol. 64, no 1,‎ , p. 32–44 (ISSN 0091-8369, PMID 27074088, PMCID 5063711, DOI 10.1080/00918369.2016.1174021).
  13. (en) Kate Jackman, Judy Honig et Walter Bockting, « Nonsuicidal self-injury among lesbian, gay, bisexual and transgender populations: an integrative review », Journal of Clinical Nursing, vol. 25, nos 23–24,‎ , p. 3438–3453 (ISSN 0962-1067, PMID 27272643, DOI 10.1111/jocn.13236).
  14. (en) Vickie M. Mays et Susan D. Cochran, « Mental Health Correlates of Perceived Discrimination Among Lesbian, Gay, and Bisexual Adults in the United States », American Journal of Public Health, vol. 91, no 11,‎ , p. 1869–1876 (ISSN 0090-0036, PMID 11684618, PMCID 1446893, DOI 10.2105/AJPH.91.11.1869)
  15. (en) « GLOing Depictions of Sexual Minorities: The Evolution of Gay- and Lesbian-Oriented Digital Media » (version du 20 décembre 2016 sur l'Internet Archive).
  16. a b et c (en) Alexandra Muller et Tonda L. Hughes, « Making the invisible visible: a systematic review of sexual minority women's health in Southern Africa », BMC Public Health, vol. 16, no 1,‎ , p. 307 (ISSN 1471-2458, PMID 27066890, PMCID 4827176, DOI 10.1186/s12889-016-2980-6).

Articles connexes[modifier | modifier le code]