Monosexualité

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
L'échelle de Kinsey sur la sexualité humaine. La part de sentiments et des relations homosexuels est exprimée en bleu. L'hétérosexualité (0) comme l'homosexualité (6) sont des monosexualités. Les dégrés situés entre correspondent tous à la bisexualité ; les monosexuels ne sont, eux, qu'attirés par un seul genre[1].

La monosexualité est le fait de ressentir une attirance physique, ou le fait de maintenir des relations amoureuses, sentimentales et sexuelles uniquement envers des personnes d'un seul sexe. Ainsi, la monosexualité inclut l'hétérosexualité (l'attirance exclusive envers les personnes du sexe opposé) et l'homosexualité (l'attirance exclusive[2] envers les personnes de même sexe), et s'oppose à la bisexualité (l'attirance ou le maintien de relations amoureuses ou sexuelles à des dégrés différents envers des hommes et des femmes)[3].

Le mot est d'usage relativement ancien, apparaissant dès le début du XXe siècle sous la plume du psychanalyste Wilhelm Stekel dans son ouvrage Bi-sexual love ; s'inspirant, bien que divergeant des conceptions freudiennes sur la bisexualité innée, il affirme que la bisexualité est l'état naturel de l'être humain, et qu'hétérosexualité comme homosexualité ne sont que des névroses[4] : « Il n'y a pas d'homosexualité innée, ni d'hétérosexualité innée. Il n'existe que la bisexualité ! [...] Il n'existe pas de personnes monosexuelles ! Chacun de nous est bisexuel[3]. »

La valorisation de la monosexualité contribue au phénomène dit d'« occultation de la bisexualité », où l'on mésinterpréte l'histoire ou les données primaires de la sexualité humaine, soit en gommant les relations homosexuelles pour ne préserver que la vie hétérosexuelle, soit au contraire en qualifiant d'« homosexuelles » des personnes ayant maintenu des relations hétérosexuelles et homosexuelles. Ce phénomène a abondamment été utilisé par les communautés homosexuelles, Chris Calge a ainsi écrit que cette approche constitue une « historiographie monosexuelle gay[5]. »

D'après les rapports Kinsey, 63 % des hommes et 87 % des femmes peuvent être décrits comme des monosexuels, en prenant comme outil de classification les expériences sexuelles débouchant sur un orgasme[6].

La promotion d'une « monosexualité impérative », utilisée par des hétérosexuels déclarés ou les homosexuels déclarés, est l'une des facettes de l'occultation de la bisexualité[7]. Cette pression a la normalisation monosexuelle est devenu un force puissante dans la culture occidentale, en particulier américaine, depuis les années 1970[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Meg Barker, Christina Richards, Rebecca Jones, Helen Bowes-Catton, Tracey Plowman, Jen Yockney et Marcus Morgan, « The Bisexuality report : Bisexual inclusion in the LGBT equality and diversity », Centre for Citizenship, Identities and Governance and Faculty of Health and Social Care, The Open University
  2. (en) « LGBT definitions », Resource Center Dallas
  3. a et b (en) Marjorie Garber, Bisexuality and the Eroticism of Everyday Life, Routledge (2000) p. 202
  4. (en) Brett Genny Beemyn « Bisexuality », glbtq.com: An Encyclopedia of Gay, Lesbian, Bisexual, Transgender, and Queer Culture (2004), p. 1
  5. (en) Steven Angelides, A History of Bisexuality, University of Chicago Press, 15 sept. 2001 (281 pages), p. 7
  6. (en) « Prevalence of Homosexuality », The Kinsey Institute, (consulté le 8 septembre 2012)
  7. a et b (en) Brett Beemyn, Mickey Eliason, Queer Studies: A Lesbian, Gay, Bisexual, & Transgender Anthology, NYU Press, (1996), 318 pages, p. 222

Sur les autres projets Wikimedia :