Garçon manqué

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Le garçon manqué, 1873 peinture de John George Brown.

Garçon manqué (tomboy en anglais) est une expression désignant une fille qui ressemble ou adopte des caractéristiques ou des comportements considérés comme typiques d'un garçon[1],[2].

Typiquement, cela peut se manifester par :

  • le port de vêtements considérés comme «masculin»,
  • la pratique de sports et d'activités traditionnellement réalisés par les garçons (notamment les jeux et des activités qui sont de nature physique sont considérés dans beaucoup de cultures comme étant contraire à la féminité ou du domaine des garçons[2]),
  • un grand intérêt pour la science et la technologie,
  • une préférence pour s'entourer de copains du sexe opposé plutôt que du même sexe.

Origine du comportement[modifier | modifier le code]

Il y a peu d'études sur les causes des comportements et des intérêts des femmes qui ne correspondent pas au rôle du genre féminin. Un rapport de l'Avon Longitudinal Study of Parents and Children suggère que la tendance préscolaire de certaines filles à adopter des comportements typiquement masculins, comme jouer avec des jouets généralement préféré par les garçons, est influencée par des facteurs génétiques et prénataux[3].

Ce caractère acquis peut également avoir une origine pathologique (hyperplasie congénitale des surrénales, syndrome d'insensibilité aux androgènes)[4].

Évolution de la perception[modifier | modifier le code]

Ce qualificatif se base sur des stéréotypes ou des idées reçues, tels que le fait que les filles ne pratiquent pas ou ne seraient pas attirées par certaines activités : sportives (telles que jouer au football), professionnelles ou de loisirs.

Origines péjoratives[modifier | modifier le code]

Tomboy, selon l' Oxford English Dictionary (OED), "a eu des connotations de grossièreté et d'inconvenance" tout au long de son utilisation. L' OED date la première utilisation du terme à 1592, mais une utilisation antérieure est enregistrée dans Ralph Roister Doister qui l'estime à 1553, et a été publié en 1567.

Mode de vie sain[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, dans la culture Américaine l'utilisation du mot "garçon manqué" a pris le sens d'un code de conduite qui a permis à des jeunes filles de porter des "vêtements sensible" et de manger une "alimentation saine". En raison de l'accent mis sur un mode de vie sain, le tomboyism rapidement gagné en popularité à cette époque en tant qu'alternative au code de conduite féminin dominant qui limitait les mouvements physiques des femmes[5].

Dans son livre Women and Economics de 1898, l'écrivain féministe Charlotte Perkins Gilman salue les avantages pour la santé d'être un garçon manqué ainsi que la liberté d'exploration du genre : "pas féminin jusqu'à ce qu'il soit temps de l'être"[6]. En 1915, Joseph Lee, un défenseur des aires de jeux, a estimé que le garçon manqué était une phase cruciale pour le développement physique entre les âges de huit et treize[7].

Le tomboyism est resté populaire pendant la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale dans la société, la littérature et le cinéma.

Le professeur de genre, Judith Halberstam précise que, bien que défier les rôles de genre est souvent toléré chez les jeunes filles, les adolescentes qui affichent des traits masculins sont souvent réprimées ou punies[8].

Liens supposés avec le lesbianisme[modifier | modifier le code]

Au cours du xxe siècle, la psychologie Freudienne et des réactions contre les mouvements sociaux LGBT a entraîné des craintes dans la société sur la sexualités des garçons manqués, ce qui poussé certains à se demander si le tomboyism conduit au lesbianisme.

Au cours de l'histoire, le tomboyism a été perçu comme corrélé au lesbianisme[9],[10]. Par exemple, les films d'Hollywood présentait les garçons manqués adultes sous le stéréotype "predatory butch dyke".

Dans son essai, la psychanalyste Dianne Elise a rapporté qu'il y a plus de lesbiennes parmi les garçons manqués que de femmes hétéros[11]. Cependant, même si certains garçons manqués se découvrent une identité de lesbienne dans leur adolescence ou à l'âge adulte, le comportement typique des garçons affiché par les jeunes filles n'est pas un véritable indicateur de l'orientation sexuelle[12].

Lynne Yamaguchi et Karen Barber, éditeurs de Tomboys! Tales of Dyke Derring-Do, soutiennent que "tomboyhood est beaucoup plus qu'une phase pour beaucoup de lesbiennes", il "semble faire partie de la fondation des adultes que nous sommes"[13]. De nombreux contributeurs à Tomboys! ont lié leur auto-identification en tant que garçon manqué et lesbiennes en se plaçant hors "des limites culturelle du genre".

Fierté moderne[modifier | modifier le code]

L'omniprésence de vêtements féminins traditionnels (tels que les jupes et les robes) a diminué dans le monde occidental, où il n'est généralement plus considéré comme un trait masculin de ne pas les porter. Une augmentation de la popularité des événements sportifs de femmes (voir Titre IX) et des autres activités qui étaient traditionnellement dominées par les hommes a élargi la tolérance et réduit la connotation péjorative de garçon manqué.

Le sociologue Barrie Thorne rapporte que certaines "femmes adultes le racontent avec une pointe de fierté comme pour dire : j'ai été (et suis toujours) active et indépendante; j'ai maintenu (et je maintiens) ma valeur égale à celle des garçons et des hommes, et j'ai gagné leur respect et leur amitié; j'ai résisté (et continuent de résister) aux stéréotypes de genre"[14].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Tomboy in the Online Etymology Dictionary
  2. a et b Who Are Tomboys and Why Should We Study Them?, SpringerLink, Archives of Sexual Behavior, Volume 31, Number 4
  3. Melissa Hines et Golombok, Susan; Rust, John; Johnston, Katie J.; Golding, Jean; Avon Longitudinal Study of Parents and Children Study Team, « Testosterone during Pregnancy and Gender Role Behavior of Preschool Children: A Longitudinal, Population Study », Child Development, vol. 73, no 6,‎ , p. 1678–1687 (DOI 10.1111/1467-8624.00498, JSTOR 3696409)
  4. (en) Rebecca M. Jordan-Young, « Hormones, context, and "Brain Gender" : A review of evidence from congenital adrenal hyperplasia », Social Science & Medicine, vol. 74, no 11,‎ , p. 1738-1744
  5. Michelle Ann Abate, Tomboys: A Literary and Cultural History, Temple University Press, (ISBN 978-1-59213-722-0)
  6. Charlotte Perkins Gilman, Women and Economics, Boston, Small, Maynard & Company, (lire en ligne), p. 56
  7. Joseph Lee, Play in Education, , 392–393 p.
  8. Halberstam, Judith]: Female Masculinity, Durham: Duke University Press, 1998.
  9. Jayne Relaford Brown, Encyclopedia of Lesbian Histories and Cultures, Routledge, , 771–772 p. (ISBN 0815319207, lire en ligne), « Tomboy » :

    « The word [tomboy] also has a history of sexual, even lesbian, connotations. [...] The connection between tomboyism and lesbianism continued, in a more positive way, as a frequent theme in twentieth-century lesbian literature and nonfiction coming out stories. »

  10. Judith Halberstam, Female Masculinity, Duke University Press, , 193–196 p. (ISBN 0822322439, lire en ligne) :

    « Hollywood film offers us a vision of the adult tomboy as the predatory butch dyke: in this particular category, we find some of the best and worst of Hollywood stereotyping. »

  11. Elizabeth King, « A Short History of the Tomboy », The Atlantic,‎ (lire en ligne)
  12. Gabriel Phillips et Ray Over, « Differences between heterosexual, bisexual, and lesbian women in recalled childhood experiences », Archives of Sexual Behavior, vol. 24, no 1,‎ , p. 1–20 (DOI 10.1007/BF01541985)
  13. Tomboys! Tales of Dyke Derring-Do, Los Angeles, Alysson,
  14. Barrie Thorne, Gender play: boys and girls in school, Rutgers University Press, (ISBN 0-8135-1923-3), p. 114

Liens externes[modifier | modifier le code]