Eunuque

Un eunuque est un homme castré. La castration se limite généralement à l'ablation des testicules (orchidectomie), mais il arrive qu'elle concerne également le pénis, alors connue sous le nom de pénectomie (souvent avec un tube inséré pour garder ouvert l'urètre).
Le mot vient du grec ancien : εὐνή / eunḗ (« lit ») et ἔχω / ékhō (« garder »), soit « gardien du lit » (en latin cubicularius). Cela atteste le rôle traditionnel de l'eunuque comme gardien du harem.
De nos jours, au XXIe siècle, la castration traditionnelle est, au même titre que les autres mutilations génitales ou sexuelles (notamment féminines), interdite dans la plupart des pays et totalement réprouvée internationalement : selon l'Organisation des Nations unies, toute mutilation génitale sans motif médical et thérapeutique vital, non consentie, est éthiquement inconcevable[1]. Elle est considérée comme un crime contre l'humanité selon le Statut de Rome[2], comme les autres mutilations sexuelles[3], et n'est pourtant pas encore totalement éradiquée. Sans oublier la question différente de la castration volontaire, soit de type pathologique, soit correspondant peut-être à un libre choix de modalité transgenre ou “hors genre” pourrait-on dire, comme c'est le cas par exemple des communautés de Hijras en Inde[4],[5].
[Voir commentaire et sourçage de l'image de l'infobox dans cette section : « Commentaire de l'image d'un eunuque chinois »].
Histoire
[modifier | modifier le code]Chine et Extrême-Orient
[modifier | modifier le code]Aux origines
[modifier | modifier le code]Même si le phénomène de la castration à des fins socio-politiques est souvent associé à la Chine antique et historique, ce phénomène « ne concerne pas uniquement la Chine. Les eunuques ont existé dans l’Égypte ancienne [et la Mésopotamie antique], en Grèce, à Rome, en Turquie. Avant de traverser le continent asiatique à partir des côtes méditerranéennes et de se retrouver en Corée. Et en Chine pour plus de deux mille ans. C’est dire leur importance historique. Et combien leur existence est enracinée dans la civilisation chinoise »[6].
Dans la Chine ancienne, la castration était à la fois une punition traditionnelle (jusqu'à la dynastie Sui, -) souvent infligée, par exemple aux prisonniers ; mais aussi un moyen d'obtenir un emploi dans le service impérial. En effet, dès la période Zhou (du XIIe siècle av. J.-C. au IIIe siècle av. J.-C.), les eunuques furent les conseillers les plus proches des empereurs. La raison en est qu'ils étaient les seuls à vivre, avec les concubines, dans la partie réservée (et privée) du palais impérial (dans la capitale de la dynastie Zhou : Hao, aujourd'hui Xi'an), zone qui sera plus tard appelée Cour intérieure de la Cité interdite à Pékin, c'est-à-dire dans l'intimité du souverain[7].
Un rôle important...
[modifier | modifier le code]Du fait de cette proximité privilégiée les eunuques ont été, jusqu'à la fin de l'Empire chinois et à toutes ses époques, mis en rivalité souvent favorable avec les fonctionnaires lettrés de la capitale ou avec ceux disséminés dans les provinces, car ils bénéficiaient d'une confiance plus sûre de la part du Fils du Ciel, donc d'une influence plus grande auprès de lui[7]. Certes « les parents sans ressources pratiquaient quelquefois la castration de leurs fils pour les vendre en vue de leur affectation à la garde des harems [...]. Cependant, les eunuques étaient préposés à des tâches aussi bien politiques que domestiques ». Non seulement en Chine impériale mais également « en Assyrie, puis en Perse et dans le Saint-Empire romain germanique, on leur confiait aussi d'importantes fonctions politiques parce qu'ils étaient considérés comme plus sûrs, n'ayant pas de descendance à favoriser »[7].
Ainsi, à la fin de la dynastie Ming au milieu du XVIIe siècle, il y avait selon des textes anciens[8] plus de 70 000 eunuques (宦官 huàn'guān, ou 太監 tàijiān) dans la Cité interdite (estimation haute)[9]. D'autres sources évoquent des nombres plus modérés, jusqu'à 9 000 en moyenne sous les Ming, puis plus tard sous la dynastie Qing, on s'efforça de réduire ce nombre à 2 260 eunuques au maximum par une loi[8]. Quoi qu'il en soit les eunuques du Palais impérial sont donc au nombre de plusieurs milliers puis quelques dizaines de milliers sous les Ming et sont 2 000 à 3 000 à entourer en permanence l'empereur et les principaux membres de la famille impériale[6].
Et de fait, des eunuques ont eu des rôles très importants sous les Ming : par exemple l'un des premiers empereurs Ming, Ming Yongle le bâtisseur de la Cité interdite confia sa construction entre autres à un eunuque annamite (ou vietnamien) nommé Ruan An en 1406. Il envoya aussi son eunuque favori, Zheng He, en mission d'exploration pour le compte de la Chine avec rang d'ambassadeur plénipotentiaire. Plus tard, c'est sous les ordres de l'eunuque Wang Zhen (en) que fut rénovée et fortifiée la Cité interdite[8] et que fut construit le Temple Zhihua (en) à Pékin en 1443. Et c'est encore lui, tuteur du jeune empereur Ming Yingzong et « premier “dictateur” eunuque de la dynastie Ming à exercer le pouvoir effectif »[10] qui a conseillé à l'empereur et commandé la campagne militaire malheureuse contre la dynastie Yuan du Nord mongole où lui-même fut tué et où l'empereur fut capturé à la bataille de la forteresse de Tumu.
Et c'est donc au début du XVIIe siècle que les eunuques eurent le plus de pouvoir, sous la dynastie Ming, qui a été assez permissive avec eux : certains empereurs assez faibles et peinant à imposer leur autorité s'en remettaient à eux pour la conduite des affaires courantes de l'état comme pour les basses besognes, jusqu'à se voir dicter certaines de leurs décisions par ces fondés de pouvoir[8]. La dynastie Qing suivante fut nettement plus rigoureuse voire rigide dans la gestion de la caste des eunuques : l'empereur Shunzhi en vint à faire apposer une enseigne en fer devant le « Pavillon de l'union et de la paix », dernier pavillon avant le « palais de la Suprême Harmonie » où se déroulait l'exercice du pouvoir, enseigne qui en interdisait l'entrée aux eunuques et entendait restreindre l'ingérence des eunuques dans les affaires du gouvernement[8].
La valeur d'un tel poste était importante puisque devenir eunuque permettait d'obtenir un pouvoir immense, qui dépassait parfois même celui du premier ministre. La justification de cette obligation pour les fonctionnaires de haut rang qui acceptaient la mutilation était que, puisqu'ils ne pouvaient procréer, ils ne seraient pas tentés de trahir et de prendre le pouvoir pour fonder une nouvelle dynastie[7].
« On peut aussi penser que l'importance du rôle politique ou militaire que jouaient parfois les eunuques était rendue possible par le statut particulier, quasiment sacré, que leur conférait dans l'inconscient collectif leur “monstruosité” »[7]. De même, en culture latine, comme le dit Concetta Pennuto dans la revue historique Seizième Siècle, « l'intérêt pour l'eunuque relève du fait qu'il s'agit d'un individu praeter naturam, c'est-à-dire qui est au-delà des lois de la nature »[11]. C'était aussi le cas pour certaines époques à Rome de la vogue entourant l'hermaphrodisme et l'androgynie ainsi que toutes les caractéristiques hors norme et au-delà de la nature dont certaines étaient provoquées par mutilation[12].
... et controversé
[modifier | modifier le code]Cependant, la castration par elle-même fut finalement totalement interdite en Chine par suite de la victoire de la révolution républicaine chinoise en 1912[13]. Le nombre d'eunuques n'était plus estimé qu'à 470 lors de l'abolition de cette fonction[13].
À certaines périodes, un système similaire a existé aussi au Viêt Nam[9], en Inde[9] et en Corée.
Commentaire de l'image d'un eunuque chinois
[modifier | modifier le code]L'illustration de l'infobox en entête présente la photographie d'un eunuque en Chine au tout début du XXe siècle (Pékin, 1901), à la fin de l'époque de la dynastie Qing (1644 - 1912). Il se dénude pour montrer le site de sa castration. On constate qu'il n'était pas seulement castré, mais entièrement émasculé. L'expression de son visage dénote l'effroi et la déploration désespérée[14].
Europe et Moyen-Orient
[modifier | modifier le code]Mésopotamie antique
[modifier | modifier le code]Les plus anciens témoignages (ou faits attestés) de castration pour produire des eunuques proviennent de la cité sumérienne de Lagash au XXIe siècle av. J.-C.[9]. La première mention historique écrite de castration a été retrouvée sur un site de l'Empire néo-assyrien (d'environ 900 à 620 avant J.-C.)[9]. Sous le règne de Tiglath-Phalazar III, refondateur et rénovateur de l'Empire assyrien au VIIIe siècle av. J.-C. (années 740 av. J.-C.), le commandement de l'armée fut confié à des eunuques, et certains d'entre eux furent même nommés gouverneurs de royaumes récemment conquis (voir la section consacrée à sa conquête de la Babylonie).
« Les castrats étaient également des figures familières à la cour des empereurs Achéménides de Perse »[9] (vers le VIe siècle av. J.-C.).
Occident antique
[modifier | modifier le code]La pratique de la castration était également installée en Europe dès l'Antiquité chez les Grecs et les Romains. Aux périodes les plus anciennes, elle a surtout concerné le domaine religieux. Ceux qui vénéraient la déesse Cybèle par exemple pratiquaient des rituels d'auto-castration (sanguinaria).
Judaïsme
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La Bible hébraïque (Tanakh) évoque à plusieurs reprises[15] le mot hébreu sârîs (סריס) dont une racine a le sens de « castrer »[16], couramment traduit par « eunuque », mot qui peut aussi désigner celui qui n'a pas de descendance[17], un étranger (נכר), un serviteur (ebed) ou un chambellan (cariyc)[16], un haut fonctionnaire du pouvoir[18],[19],[20] comme « Ebed-Mélec (trad. « roi-serviteur »), l'Ethiopien, eunuque attaché à la maison du roi » (Jérémie 38:7). Dans le Livre d'Esther, l'eunuque (sârîs) Hagui est le gardien du harem du roi perse Assuérius (Xerxès Ier) et plusieurs autres (Shaashgaz, Hathac) gravitent autour de lui.
La loi mosaïque fustigeant la pratique courante de la castration des peuples alentour[18], l'interdit formellement[21],[22] chez l'animal[23] comme chez l'homme[24] (ainsi que la stérilisation de la femme[25]) et incitant plutôt au mariage et à la procréation[26],[27],[21], considère a priori que les eunuques en tant qu'hommes castrés seraient indignes de participer à l'assemblée d'Israël (Deutéronome 23:1-2)[22] ; mais sous la royauté juive, cette institution fait face à une réalité et accueille l'eunuque dans la communauté (Jérémie 29:2-5 et Isaïe 56:3-5)[28],[29] :
« Que l'eunuque qui s'attache à l'Eternel ne dise pas : “Hélas ! Je ne suis qu'un arbre desséché !” Car ainsi s'exprime l'Eternel : “Aux eunuques qui observent Mes sabbats, qui se complaisent à ce que J'aime, qui s'attachent à Mon alliance, à eux, J'accorderai, dans Ma maison et dans Mes murs, un monument, un titre qui vaudra mieux que des fils et des filles ; Je leur accorderai un nom éternel, qui ne périra point”. »
Christianisme
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Dans le Nouveau Testament (Matthieu 19:12), il est fait allusion aux différents types d'eunuques :
« Car il y a des eunuques qui le sont dès le ventre de leur mère ; il y en a qui le sont devenus par les hommes ; et il y en a qui se sont rendus tels eux-mêmes, à cause du royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre comprenne. »
L'expression « eux-mêmes, à cause du royaume des cieux » est souvent interprétée par l'adoption de la chasteté par le célibat et non pas celle de la castration physique[20].
Dans Actes 8:27 à 8:39, il est raconté que le diacre Philippe baptise l'eunuque éthiopien, trésorier de la reine Candace d'Éthiopie, rentrant par la route de Jérusalem dans son pays[30].
Dans Isaïe 56:3, l'impossibilité pour l'eunuque d'avoir une descendance ne doit pas se transformer en plainte mais doit être considérée comme une bénédiction : « Que l'étranger qui s'attache à l'Éternel ne dise pas : L'Éternel me séparera de son peuple ! Et que l'eunuque ne dise pas : Voici, je suis un arbre sec ! Car ainsi parle l’Éternel: Aux eunuques qui garderont mes sabbats, Qui choisiront ce qui m'est agréable, Et qui persévéreront dans mon alliance, Je donnerai dans ma maison et dans mes murs une place et un nom Préférables à des fils et à des filles; Je leur donnerai un nom éternel, Qui ne périra pas. »
Dans le Livre des Rois, il est fait mention d'un eunuque nommé Nethan Mélec à 23:11 « Il fit disparaître de l'entrée de la maison de l'Éternel les chevaux que les rois de Juda avaient consacrés au soleil, près de la chambre de l'eunuque Nethan Mélec, qui demeurait dans le faubourg ; et il brûla au feu les chars du soleil. » et à 25:19 « Et dans la ville il prit un eunuque qui avait sous son commandement les gens de guerre, cinq hommes qui faisaient partie des conseillers du roi et qui furent trouvés dans la ville, le secrétaire du chef de l'armée qui était chargé d'enrôler le peuple du pays, et soixante hommes du peuple du pays qui se trouvèrent dans la ville. »
Le Livre de la Sagesse 3:14 dit : « Heureux encore l'eunuque qui de sa main n'a pas fait l'iniquité et qui n'a pas conçu de pensées criminelles contre le Seigneur! Il recevra une récompense de choix pour sa fidélité, et il aura dans le temple du Seigneur le sort le plus désirable. »
France
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En France médiévale, celui qui se rend coupable d'homosexualité ou de bestialité est castré (dans le meilleur des cas, car il pouvait aussi être mis à mort) : il est transformé en eunuque par l'ablation de ses testicules, comme le montre cette illustration d'une « coutume de Toulouse » (ouvrage de droit français médiéval, ici du XIIIe siècle).
Mais la castration pouvait aussi servir de punition et de vengeance, comme l'illustre la tragique romance d'Héloïse et Abélard : ce dernier fut en effet castré en 1117 lors d'une expédition punitive commanditée par le chanoine Fulbert, oncle et tuteur d'Héloïse d'Argenteuil, qui était révolté par leur passion charnelle et leur non-observance du mariage confidentiel qui les avait unis en secret : en effet la réforme grégorienne, qui prétendait imposer le célibat à tous les prêtres catholiques, était encore récente à l'époque et non universellement appliquée, les prêtres mariés n'étant pas rares. D'ailleurs le deuxième concile du Latran, qui fixe le célibat des prêtres en 1139, est postérieur[31].
Néanmoins, cette castration punitive et vengeresse a déjà été considérée à l'époque comme un crime abominable et punie comme telle, tant par l'opinion publique du temps que par le tribunal épiscopal, puisque les trois protagonistes étaient ecclésiastiques[32].
Empire byzantin
[modifier | modifier le code]Concernant l'Empire byzantin, les eunuques sont attestés à l'époque proto-byzantine mais ne jouent un rôle politique majeur qu'à partir du développement du cubiculum impérial. On les retrouve essentiellement à Constantinople, notamment au palais impérial, mais on en retrouve en province dans des cubicula des grands personnages imitant l'empereur. Le recrutement est longtemps venu des pays étrangers mais s'est modifié à partir du VIIe siècle avec un recrutement axé en Asie Mineure et en Paphlagonie. Les eunuques étaient issus de toutes les couches sociales sans distinction, et aucune charge n'était fermée aux eunuques à part celle d'empereur. Certains devinrent patriarches, commandant d'armées ou directeur des services fiscaux.
Empire ottoman
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Dans l'Empire ottoman et les autres terres musulmanes, des eunuques (appelés hadım en turc) étaient affectés à la garde et à l'administration des harems ou sérails, c'est-à-dire de l'habitation privée dans lesquelles les épouses et concubines d'un homme important étaient logées et tenues à l'écart du monde. Un homme non châtré autre que le maître de maison n'aurait pas pu être admis dans une telle enceinte de peur qu'il n'entretienne une liaison avec une des épouses. On pensait que la castration ôtait les désirs sexuels et la possibilité de coït. Si l'on en croit Voltaire, c'était loin d'être toujours le cas puisqu'il nous dit dans le Dictionnaire philosophique à l'article « Joseph » :
« Le kisler-aga, eunuque parfait, à qui on a tout coupé, a aujourd’hui un sérail à Constantinople : on lui a laissé ses yeux et ses mains, et la nature n'a point perdu ses droits dans son cœur. Les autres eunuques, à qui on n'a coupé que les deux accompagnements de l'organe de la génération, emploient encore souvent cet organe. »
On trouve des descriptions similaires dans les Lettres persanes de Montesquieu[33].
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Kuslir Aga, chef des Eunuques noirs, 1670.
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Kissar Aga, Premier eunuque noir du sérail turc, XVIIIe s.
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Costume d'eunuque blanc, 1749.
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Costume du chef des Eunuques noirs, 1749.
Perpétuation en Occident
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À l'époque chrétienne, la pratique se perpétua en Occident. Comme les femmes n'étaient pas autorisées à chanter dans les églises, leur place était prise par les castrats. La pratique demeura populaire jusqu'au XVIIIe siècle et en partie au XIXe siècle. Le castrat italien Alessandro Moreschi, duquel il existe un enregistrement, ne mourut qu'au début du XXe siècle.
La secte russe du XVIIIe siècle, les skoptzy (скопцы) sont un exemple de culte de la castration, ses membres voyant cela comme une voie pour renoncer aux péchés de la chair. Au XXe siècle, plusieurs membres du culte de la secte Heaven's Gate ont également été trouvés castrés, apparemment volontairement, pour les mêmes raisons.
Les eunuques dès le ventre de leur mère ?
[modifier | modifier le code]Dans Matthieu 19:12, Jésus évoque ce type d'eunuques « dès le ventre de leur mère » par opposition à ceux « rendus tels par les hommes » et ceux qui « se font eunuques pour le Royaume des Cieux »[34],[35].
Dans ce contexte — étant donné qu'il est communément admis que le troisième exemple concerne non pas des personnes émasculées, mais faisant vœu de chasteté, notamment la secte des esséniens à l'époque, et que ces trois catégories semblent être celles qui justifient qu'on renonce au mariage — certains ont postulé qu'eunuques "dès le ventre de leur mère" désignait, non forcement des infirmes[36], mais des personnes impuissantes ou non portées sur les femmes, donc notamment des homosexuels.
Appuyé par le fait que le terme eunuque désignait à l'époque romaine (tardive, du moins) à la fois les personnes castrées, mais aussi celles impuissantes, incapable de procréer de façon générale sans qu'il soit précisé exactement les raisons. Par exemple, dans le Digeste (ou Pandectes) créé par Justinien, qui correspond à une modernisation de toute la législation antique ainsi qu’à une synthèse de la jurisprudence antique au VIe siècle, le terme "eunuque" (Spado) y est défini comme tel : "Le terme 'spadonum' est une appellation générale : sous ce terme sont aussi ceux qui sont impuissants par nature, ainsi que ceux qui ont été châtrés (Ihlibiœ ou thlasire), et même si un autre genre d'impuissant existe, il est inclus"[37]. La différence entre eunuques non-castrés et castrats étant bien établie pour ce qui est du droit au mariage[38],[39],[40] ou à avoir (adopter) des enfants[41] et héritiers[42],[43] tous interdits à ce dernier. Cependant, la différence n'étant pas explicitée, ce peut être, avant tout, une question de présence ou non de la verge[44] ou d'avancement de la puberté, comme pour les castrats modernes, la castration pouvant être accidentelle et est notamment précisée pour les jeunes garçons[45].
Qui plus est, d'après certains chercheurs, dans la société byzantine tardive (de 600 à 1100[46]) dans laquelle importait plus la capacité de reproduction que les attributs physiques les eunuques deviennent une classe à part, que certains chercheurs associent à une sorte de "3e genre" sans pour autant être un "3e sexe", au point où certains curés et nonnes non castrés ont pu profiter de ce statut[47].
Cependant, l'association entre gays et eunuques semble plutôt être une analogie établie par la littérature pro-homosexuelle américaine[48].
Spiritualité chrétienne
[modifier | modifier le code]Dans l'évangile selon Matthieu, on trouve cette parole de Jésus-Christ : « Certains se font eunuques pour le Royaume des Cieux ». (Mt 19,12). Cette parole a été interprétée de manière différente selon les traditions chrétiennes. La plus commune, dans l'orthodoxie et le catholicisme, est d'y voir un appel à la continence volontaire de la part de Jésus afin de se consacrer totalement à la prière et l'évangélisation. Cela se traduit concrètement par un engagement monastique.
Origène est connu pour avoir interprété cette parole à la lettre. Ce geste fut reproché au théologien, qui le regretta plus tard et estimait que l'incapacité de copuler physiquement ne lui permettait pas pour autant d'être chaste au niveau du cœur comme le Christ le demande (« Moi je vous dis que celui qui regarde une femme avec envie a déjà commis l'adultère avec elle en son cœur. » Matthieu 5,28).
Identités de genre et communautés contemporaines
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Aux États-Unis et sur internet
[modifier | modifier le code]Il existe un site consacré à la castration volontaire : Eunuch Archive [49], relayé et étudié par le site Eunuch Online[50] qui est animé par les chercheurs Ariel B. Handy[51] et Thomas W. Johnson[52]. Ce site (abrégé en « EA ») affirme à propos des eunuques qu'ils constituent un troisième genre au-delà de la binarité femme-homme, et qu'il s'agit du cas le plus ancien connu aujourd'hui d'une identité transgenre, ou “hors genre”, non-binaire[53]. Si ce n'est qu'historiquement la condition d'eunuque répond le plus souvent à un contexte de castration forcée ou faiblement consentie dans le cadre d'un ordre social patriarcal très contraint.
Ce concept de troisième genre est en lien avec le phénomène biologique et psychologique de l'hermaphrodisme humain ainsi qu'avec l'androgynie et la déconstruction des caractéristiques traditionnellement attachées au genre, mais il s'en distingue[54],[12]. Parce qu'il a trait à ce qui se présente comme un véritable désir — acquis, mais irrépressible, permanent — de castration, et que la nature ou le déterminisme biologique n'y ont qu'une mince part. Et aussi parce qu'il dépasse et déplace les pratiques de travestissement et de féminisation classiques des hommes. L'histoire de ce concept de troisième genre est longue et remonte à la plus haute Antiquité (au moins gréco-romaine), et elle a vu l'histoire sociale de l'admissibilité des comportements différents osciller régulièrement entre binarité et non-binarité sur les trois derniers millénaires et dans toutes les cultures[12].
Ainsi, la plupart des hommes désirant être eunuques ne veulent pas changer leur sexe d'homme pour devenir femme (comme dans d'autres configurations de transidentité) mais se considèrent comme d'un « genre neutre »[55]. Bien que cette identité de genre ne soit pas reconnue comme telle par le DSM-5, des personnes s'en revendiquent et s'organisent autour de cet objectif depuis au moins le milieu des années 1990.
À travers leurs échanges en ligne, notamment via l’Eunuch Archive, elles se renseignent les unes les autres sur les méthodes de castration médicalement les plus sûres et sur les effets physiques et psychologiques de la privation d'androgènes (hormones mâles)[50]. Elles discutent aussi de ce que représente pour elles le fait d'être ou de vouloir devenir eunuque.
Aux États-Unis, elles se retrouvent également lors de rencontres annuelles, en particulier à Minneapolis[53]. « Au moins dix rassemblements annuels de membres de l'EA (Eunuch Archive) ont eu lieu, ainsi qu'une acceptation croissante des eunuques dans le monde entier (bien que cela reste très minoritaire). Plusieurs pays commencent à proposer un troisième genre en tant qu'identité de genre valide. »[50].
En Inde
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Il existe aussi en Inde des communautés plus traditionnelles d'hommes qu'on appelle les Hijras ou « eunuques indiens » et qui pratiquent la castration volontaire depuis environ quatre siècles[4]. Mais leur origine remonte à l'antiquité. « Rassemblés en communautés, ces eunuques indiens, plus vraiment hommes et pas vraiment femmes, seraient environ un million [en 2011]. [...] Issus de toutes les castes de la société indienne, les Hijras sont souvent des hommes qui ne se reconnaissent pas en tant que tel et ont décidé de se faire émasculer. [...] Au temps des maharajas, les Hijras étaient employés pour garder les harems. Aujourd'hui [en 2011] ils sont considérés comme des parias. [...] Officiellement, la castration [forcée] est interdite en Inde depuis 1880. »[4]. Néanmoins, la Cour suprême de l'Inde en avril 2014 a reconnu les hijras, les personnes transgenres, les eunuques et les personnes intersexes comme un « troisième genre » en droit[5],[56],[57],[58]. En elles (/eux), les hijras conjuguent la non-binarité de genre et la non-dualité philosophique ancestrale de l'Inde[59].
En revanche, dans ce même pays, l'Inde, « en décembre [2013], la Cour suprême a[vait] refusé de dépénaliser l'homosexualité qui rest[ait] un crime en Inde. Les personnes se rendant “coupables de relations charnelles contre nature” risqu[ai]ent l'emprisonnement »[5] ; et même, selon son article 377 le Code pénal indien « punissait de plusieurs années de prison toute relation sexuelle entre personnes du même sexe »[60]. Ces deux décisions de la même Cour suprême à seulement quatre mois d'intervalle semblaient contradictoires à de nombreux observateurs[5], même si l'émasculation volontaire et l'homosexualité sont à l'évidence des pratiques bien distinctes. Mais depuis cette date, la Cour suprême indienne a abrogé cet article 377 le 6 septembre 2018, dépénalisant ainsi l'homosexualité[60]. Mais cette abrogation est seulement partielle en 2018 : d'ailleurs, « “la décriminalisation n’est qu’un premier pas”, a déclaré le juge Dhananjaya Yeshwant Chandrachud, “la sexualité ne peut pas être réduite à une formulation binaire”. Les chaînes de télévision indiennes [...] ont retransmis les pleurs et les hurlements de joie d’une communauté [LGBT] encore abasourdie par un jugement proclamant que “l’homosexualité est complètement naturelle” »[61].
Raisons et déraison du désir de castration ?
[modifier | modifier le code]Chez les hommes qui souhaitent se faire castrer et devenir eunuques ou ceux qui le sont déjà, la principale raison évoquée est celle d'atteindre un état qui les libérerait des pulsions sexuelles[62]. D'après les informations recueillies à ce jour, trois facteurs encourageant le désir de castration sont identifiés : la violence faite aux enfants (y compris les menaces de castration de l'enfant par les parents), l'exposition à la castration d'animaux au cours de l' enfance et l'abstinence sexuelle dans une démarche religieuse ou par refus de la procréation[55].
Les actes d'autocastration restent extrêmement rares et surviennent la plupart du temps sur un terrain psychotique ou secondairement à la suite d'un abus de drogue ou d'alcool, ou d'un traumatisme psychologique grave en décalage avec l'environnement affectif du sujet et avec l'air du temps (comme en témoigne par exemple le film de Marco Ferreri : La dernière femme). Ils sont en général le signe d'une grande souffrance psychologique en tant que réponse dissociative, et sont potentiellement très dangereux par les complications sexuelles et urinaires qu'ils peuvent entraîner[63],[64]. La première description scientifique d'une autocastration a été faite en 1901[65], mais les cas publiés postérieurement sont rares[66].
La raison pour souhaiter devenir eunuque semble être particulière à chaque individu, comme l'explique l'ingénieur parisien de 53 ans Sporus Meijs (ultra tatoué et adepte de la castration volontaire) dans une interview à une journaliste anglaise[67]. Il se souvient avoir eu une enfance heureuse, même si elle était conservatrice et traditionnelle. Bien que ses parents aient divorcés, lui et sa sœur cadette se souviennent avoir été chéris en tant qu'enfants. Il témoigne : « je n'ai pas l'intention de devenir plus féminine, ce serait bien difficile avec mon look. Souvent, les gens ne réalisent pas qu'il existe tout un spectre entre “100 % femme” et “100 % homme” »[67].
Son témoignage voudrait accréditer l'idée que le désir d'être castré ne serait pas pathologique et ferait partie de l'éventail des recherches personnelles dans la quête d'une transidentité, mais la grande majorité des psychiatres et psychologues ne partage pas ce point de vue et le rattache aux pratiques d'automutilations extrêmes[68]. Selon Ariel B. Handy et Thomas W. Johnson les échanges et « les histoires fictives écrites par des membres de l'EA (Eunuch Archive) aident potentiellement les auteurs et les lecteurs à travailler sur leurs idées de castration extrême »[50], et donc à établir ou à circonscrire leur part de souffrance pathologique pour la réduire.
Pathologie
[modifier | modifier le code]La relation pathologique au corps caractérisée par le désir d’être un eunuque est appelée le syndrome skoptique, nom formé d'après la secte russe des skoptzy et codée dans le DSM-IV à la section 302.6. Il est considéré comme une paraphilie.
Légendes
[modifier | modifier le code]Suivant le Dictionnaire de la mauvaise information[69] de Tom Burnham, les eunuques ne pouvaient pas avoir de coït avec les femmes du harem qu’ils surveillaient. Cependant, si la castration intervient après la puberté, ce qui était le plus fréquent pour les serviteurs, il peut y avoir érection et donc coït mais il ne pourra pas y avoir de fécondation. Toujours selon Burnham, et d'autres sources, de nombreuses femmes préfèrent avoir ces eunuques comme amants car ils n’éjaculent pas et peuvent tenir l’érection plus longtemps[8].
Selon l'historienne Concetta Pennuto dans la revue historique Seizième Siècle c'est par le croisement, de l'Antiquité jusqu'à la Renaissance, entre écrits médicaux, littéraires et philosophiques, où la présence des eunuques est fréquente, le tout corroboré par les récits de voyage, que l'on peut dessiner la figure de l'eunuque dans l'imaginaire collectif de ces époques, et « proposer un bref excursus [...] sur le désir amoureux que suscitaient les eunuques à la Renaissance »[11]. En effet, « corps transformé, l'eunuque sollicite les auteurs en montrant comment éros et médecine se rencontrent dans la création d'une source de plaisir. [...] Par conséquent “il n'est pas sûr de laisser les eunuques surveiller les femmes”, car ceux-ci peuvent bien faire l'amour avec elles malgré l'absence de semence. L'action praeter naturam [au-delà de la nature] des eunuques consiste précisément en l'érection due non pas à la semence, mais aux “esprits du corps” »[11] selon la formule de Giambattista da Monte, grand médecin humaniste italien réfléchissant en 1556 la pensée de Galien sur les pratiques sexuelles (In arte paruam Galeni explanationes « De quelques explications sur l’Ars parva ou Art médical de Galien », chap. XLIII, pp. 653-654[70]). En effet « “les mélancoliques ont souvent le désir du coït” dit Aristote. “Les eunuques l'ont également” commente Giambattista da Monte. [... Car] “les eunuques peuvent avoir une érection [et même un plaisir] sans éjaculation, grâce à la circulation dans le corps, et en particulier dans la région du ventre, de flatus crudi” [« souffle brut ou de crudité », plus loin appelé « esprits venteux » : spiritus flatuosi] » (ibidem[11]).
Selon Galien et da Monte « c'est de cette façon que les eunuques jouissent de l'acte sexuel »[11], et Concetta Pennuto de citer le philosophe et historien des systèmes de pensée Michel Foucault : « la jouissance est réduite, car selon la médecine galénique, le plaisir est étroitement lié à la production et à l'émission de la semence chez l'homme aussi bien que chez la femme »[71].
Ne pouvant procréer, les eunuques sont néanmoins acceptés par les empereurs orientaux dans la présence de leurs épouses ou concubines, le plaisir des femmes étant admis contrairement à l'éventualité d'un bâtard clandestin dans cette culture.[réf. souhaitée]
Eunuques chinois célèbres
[modifier | modifier le code]- Shu Diao, eunuque intrigant qui fut responsable de la guerre civile de succession dans l’état féodal de Qi ;
- Cai Lun (v. 50-v. 121), considéré par convention comme l’inventeur du papier en 105 ;
- Zhao Gao, ancien précepteur et ministre de Qin Er Shi (mort en -207) ;
- Zhang Rang, tête de l’infâme « 10 Changshi » de la dynastie des Han de l’Est ;
- Huang Hao, qui apparaît dans le roman Les Trois Royaumes ;
- Li Fuguo, homme de confiance et ami loyal de l'empereur Tang Xuanzong des Tang ;
- Ou We Mapine, surveillant de l’armée ;
- Tong Guan, de la dynastie Song, qui apparaît aussi dans le roman Au bord de l'eau ;
- Zheng He (1371-1435), explorateur ;
- Wang Zhen (en), le premier eunuque à exercer l'effectivité du pouvoir sous la dynastie Ming et à pouvoir être qualifié comme « l'un des plus puissants dictateurs eunuques de l'histoire des Ming »[10]. Tuteur de l'empereur Ming Yingzong il fut tué lors de la campagne militaire de la « crise Tumu » contre la dynastie Yuan du Nord où Yingzong fut fait prisonnier (voir les articles consacrés à la bataille de la forteresse de Tumu, ainsi qu'à Ming Yingzong) ;
- Liu Jin, un autre despote célèbre ;
- Wei Zhongxian, l’eunuque à la pire réputation de l’histoire chinoise ;
- An Dehai, eunuque corrompu de la dynastie Qing, favori de l’impératrice veuve Cixi ;
- Li Lianying, un autre despote de la dynastie Qing ;
- Sun Yaoting, dernier eunuque vivant de la dynastie Qing, décédé le 17 décembre 1996, dans sa 94e année.
- Sima Qian, historien chinois, le premier à avoir tenté de décrire l'histoire de la Chine depuis sa création. Tous les historiens impériaux chinois se sont par la suite inspirés de son œuvre, le Shiji (史記 / 史记, Shǐjì).
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Déclaration relative à l'orientation sexuelle et l'identité de genre le 18 décembre 2008.
- ↑ Principes de Jogjakarta, Principe 3 : Le droit à la reconnaissance devant loi.
- ↑ Éliminer les mutilations sexuelles féminines Déclaration commune 2008 HCDH, OMS, ONUSIDA, PNUD, UNCEA, UNESCO, UNFPA, UNHCR, UNICEF, UNIFEM
- Elodie Drouard, « Qui sont les eunuques indiens ? », sur franceinfo.fr, un site de France Télévisions, (consulté le ).
- Pauline Hofmann avec AFP, « L'Inde reconnaît un troisième genre », sur europe1.fr : Europe 1, 2014 mis à jour le 18/02/2025 (consulté le ).
- Les liens ci-après renvoient à de nombreux extraits de cet ouvrage sur Cairn.info et un aperçu de 44 pages sur Google Livres : Bernard Brizay, Petite et grande histoire de la Cité interdite : un empire universel ?, Paris, Perrin, , 384 p. (ISBN 978-2262094973 et 2262094977, présentation en ligne, lire en ligne), pages 87 à 113. En édition de poche : Bernard Brizay, Petite et grande histoire de la Cité interdite, Pocket, , 388 p. (ISBN 978-2266338233 et 2266338234, présentation en ligne).
- Marie Guillet pour l’Encyclopædia Universalis, « EUNUQUES », sur universalis.fr (consulté le ).
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- Concetta Pennuto, « “Il n'est pas sûr de laisser les eunuques surveiller les femmes” : réflexions sur les eunuques à la Renaissance », Seizième Siècle, no 7, consacré à « L'érotisme à la Renaissance », sous la direction de Chiara Lastraioli, , p. 111-123 (lire en ligne
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- (en) « The Eunuchs of China », sur usrf.org (consulté le )
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- Source web : (en) USRF : Urological Sciences Research Foundation, « The Eunuchs of China », sur usrf.org (consulté le ).
- Elle est extraite de l'ouvrage suivant : (en) K. Chimin Wong (王吉民), et Wu Lien-teh (伍連德), History of Chinese Medicine : Being a Chronicle of Medical Happenings in China from Ancient Times to the Present Period [« Histoire de la médecine chinoise : chronique des événements médicaux en Chine depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours. »], Shanghai, National Quarantine Service (première édition par The Tientsin Press Ltd en 1932), 1936 : seconde édition (présentation en ligne), planche n° XIX après la page 202.
- Légende originale : A young eunuch undressed to show site of castration, taken in Peking 1901.
- Cet ouvrage a été réimprimé en 1973 à partir de l'édition de 1936 par AMS Press Inc. edition, New York, (ISBN 0-404-07990-3) [1].
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- ↑ Commandement no 168 : Ne pas offrir à D.ieu d'animal (mâle) castré – Lévitique 22, 24. Lire en ligne le résumé des 613 commandements aux Juifs
- ↑ « Écrasé, broyé, démembré, châtré : vous n’offrirez pas ceux-là à l’Eternel, et en votre pays vous n’en ferez point », Lv. 22:24
- ↑ shlomit12, « 05. L’interdit de provoquer la stérilité d’une femme | Pniné Halakha », (consulté le )
- ↑ « Dieu les bénit et leur dit : “Croissez et multipliez, emplissez la terre” », Gn 1:28 ; cf. aussi 1:22, 8:17, 9:1 et 9:7)
- ↑ « Mariez-vous et ayez des fils et des filles, donnez des femmes en mariage à vos fils et des maris à vos filles, pour qu'elles mettent au monde des fils et des filles ! Augmentez en nombre là où vous êtes et ne diminuez pas ! », Jér. 20:6
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- ↑ Steffek Emmanuelle, « Quand juifs et païens se mettent à table (Ac 10) », Études théologiques et religieuses, 2005/1 (Tome 80), p. 103-111. Lire en ligne
- ↑ contrairement à la compréhension consensuelle, cf. Bible annotée de New Oxford https://www.levangile.com/bible-annotee-double-colonne-matthieu-19
- ↑ D 50.16.128
- ↑ "Et si un eunuque souhaite affranchir une esclave pour le mariage, il peut le faire. Ce n'est pas le cas pour un castrat." Digeste 40.1.14.2
- ↑ "Si un eunuque épouse une femme, il faut faire la distinction entre s'il est castré ou non : pour un castrat, il est dit que la dot n'existe pas ; pour celui qui n'est pas castré, étant donné qu'il y a mariage, la dot et l'action en dot existent." Digeste 40.1.14.2
- ↑ "Bien que personne ne soit exclu par la loi, il faut néanmoins comprendre que la loi (d'interdiction d'interdire à un esclave de ne pas se marier) s'applique à ceux qui peuvent avoir des enfants. Ainsi, si quelqu'un contraint un affranchi castré sous serment, il faut dire que le patron ne sera pas puni en vertu de cette loi." (Digeste 37.14.6.2)
- ↑ "Ils nommeront aussi un eunuque comme tuteur" (Digeste 27.1.15)
- ↑ "il est demandé si une personne qui ne peut pas facilement engendrer peut nommer un héritier posthume. [...] en effet, il peut aussi bien se marier que faire une adoption. [...] un eunuque peut également nommer un héritier posthume, car ni l'âge, ni la stérilité ne sont des obstacles à cette possibilité." (Digeste 38.2.6)
- ↑ "si quelqu'un est castré, [il] ne pense pas qu'il puisse nommer un héritier posthume." Digeste 38.2.6.1) et "Un hermaphrodite, s'il a une prédominance des caractéristiques masculines" (Digeste 38.2.6.2)
- ↑ "Mais si quelqu'un est eunuque de telle manière que la partie du corps si nécessaire lui manque entièrement, il est malade." (Digeste 21.1.7)
- ↑ "Et si quelqu'un a castré un jeune garçon [...]" (Digeste 9.2.27.28)
- ↑ Kathryn Ringrose, Living in the Shadows: Eunuchs and Gender in Byzantium, chapitre I in Gilbert Herdt, Third Sex, Third Gender: Beyond Sexual Dimorphism in Culture and History, New York, éd. Zone Books, 1996, p. 85-109
- ↑ Une société de ville capitale : les eunuques dans la Constantinople byzantine (IVe-XIIe siècle), Georges Sidéris, Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public Année 2005 36 pp. 243-274 https://www.persee.fr/doc/shmes_1261-9078_2006_act_36_1_1898
- ↑ Régis Courtray, « Daniel et Ashpenaz : sur quelques lectures contemporaines de Daniel 1, 7 et 9 », Anabases [En ligne], 13 | 2011, mis en ligne le 01 mars 2014, consulté le 17 août 2024. URL : http://journals.openedition.org/anabases/1810 ; DOI : https://doi.org/10.4000/anabases.1810
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- Dans notre traduction : (en-GB) Aimee Braniff Cree, picture desk, « The Story of a Modern Eunuch », sur Media Drum World, (consulté le )
- ↑ Voir notamment cet article et ce numéro de la revue de l'association « Corps & Psychisme » qui rapproche justement l'expérience du tatouage extrême de l'autocastration et de l'automutilation : Sylvie Scaramozzino, « Pour une approche psychiatrique de l'automutilation : implications nosographiques », Revue : Champ psychosomatique, L'Esprit du temps éditeur, no 36 : « Du marquage du corps à l'automutilation », , pp. 25 à 38 (lire en ligne
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- ↑ Tom Burnham, The Dictionary of Misinformation, Thomas Y. Crowell, 1975.
- ↑ On pourra consulter les fiches concernant ce livre ancien ici : sur edit16, archivi del rinascimento, ou sur worldcat. On pourra consulter la numérisation photographique du livre ici : [2], ou ici : [3]. Mais il semble que les pages 653-654 fassent partie d'un autre volume.
- ↑ Concetta Pennuto référence ainsi dans son article cette citation de Michel Foucault, Histoire de la sexualité III : Le souci de soi, Paris, Gallimard, , 288 p. (ISBN 2-07-027382-2, présentation en ligne, lire en ligne), pages 143-149. Voir de cet ouvrage une recension critique universitaire ici : Académie de Poitiers, ainsi qu'une lecture psychanalytique et un commentaire ici : Le souci de soi de Michel Foucault ou comment faire de sa vie une œuvre, par Michel Constantopoulos. Voir aussi, au sujet des eunuques sur un thème voisin ces deux livres posthumes du même Michel Foucault, Les hermaphrodites, Paris, Gallimard (présentation en ligne), ainsi que : Michel Foucault, Herculine Barbin dite Alexina B. (présentation en ligne).
Bibliographie
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- (en) Elizabeth James, Women, Men and Eunuchs : Gender in Byzantium, Routledge, , 240 p. (ISBN 978-1-135-10547-1, lire en ligne)
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- (en) Kathryn M. Ringrose, The Perfect Servant : Eunuchs and the Social Construction of Gender in Byzantium, University of Chicago Press, , 295 p. (ISBN 978-0-226-72015-9, lire en ligne)
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- (en) Piotr O. Scholz, Eunuchs and Castrati : A Cultural History, Markus Wiener Publishers, , 327 p. (ISBN 978-1-55876-200-8, lire en ligne)
- (en) Mathew Kuefler, The Manly Eunuch : Masculinity, Gender Ambiguity, and Christian Ideology in Late Antiquity, University of Chicago Press, (ISBN 978-0-226-45739-0, lire en ligne)
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- (en) Shih-shan Henry Tsai, The Eunuchs in the Ming Dynasty, State University of New-York Press, , 290 p. (ISBN 978-0-7914-2687-6, lire en ligne)
- (en) Shaun Marmon, Eunuchs and Sacred Boundaries in Islamic Society, Oxford University Press, , 176 p. (ISBN 978-0-19-536127-8, lire en ligne)
Annexes
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Eunuques dans l'Empire byzantin
- Castrat
- Hijra (sous-continent indien)
- Non-binarité
- Hermaphrodisme
- Bispiritualité
- Non-dualité
Liens externes
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- Ressource relative à la santé :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Commentaire sur la parasha Kora'h : « Le curé et le Sage »
