Communion anglicane

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Le symbole de la Communion anglicane est la compass rose (rose des vents), qui en illustre à la fois les caractères universel et décentralisé.

La Communion anglicane est l'ensemble des Églises anglicanes et épiscopales (on dit "provinces") en communion avec l'Archevêque de Cantorbéry. C'est avec l'Église catholique romaine la seule église chrétienne mondiale, présente dans 164 pays.

À proprement parler, la Communion anglicane ne fait pas partie du protestantisme. Mais les liens sont nombreux, tant historiques que théologiques. Par certains aspects (organisation, liturgie), les Églises de cette dénomination sont des Églises catholiques nationales, indépendantes de Rome. Par d'autres aspects, ce sont des Églises réformées, surtout en ce qui concerne la place accordée à la Bible et la place des laïcs dans la gouvernance de chaque province. Pourtant, l'anglicanisme n'a pas de théologien fondateur tel un Luther ou Calvin. On parle parfois d' « Église pont » ou de « via media » entre les deux grandes confessions.

On trouvera à l'article Anglicanisme ce qui concerne l'histoire, l'organisation et la doctrine des Églises membres de la Communion anglicane.

Cette forme du christianisme est aujourd'hui présente principalement dans les pays de culture anglo-saxonne, mais compte aussi quatre millions de fidèles francophones. Le plus grand diocèse de la province dite américaine est par exemple en fait en Haïti. En Europe, à part les diocèses de l'Église d'Angleterre et de l'Église épiscopale, il existe aussi une église de l'Espagne et une du Portugal. À la conférence de Lambeth en juillet 2008, la traduction a été faite en huit langues différentes.

Emprise géographique et diversité de statuts[modifier | modifier le code]

Implantation géographique des provinces de la communion anglicane (les frontières sont celles des états et non des provinces).

La communion anglicane compte 38 provinces ecclésiastiques qui sont autant d'églises indépendantes. On y trouve

  • des églises coïncidant avec le territoire d'un État (comme au Canada, ou en Ouganda) ;

Il s'y ajoute cinq petites églises qualifiées d'extra-provinciales, qui sont directement rattachées au siège métropolitain de Cantorbéry, et une dernière, l'Église épiscopale de Cuba qui a un gouvernement particulier.

Parmi toutes ces églises, seule l'Église d'Angleterre a encore un statut de religion d'état.

Les organes de la communion[modifier | modifier le code]

La Communion anglicane ne possède pas de véritable gouvernement, puisque les églises qui la composent fonctionnent de façon autonome. Il existe cependant plusieurs instances qui permettent la réunion de représentants des églises membres de la communion. Elles assurent une forme de consultation et de collaboration, pour assurer le maintien d'une certaine unité en matière de doctrine et de discipline des sacrements.

L'archevêque de Cantorbéry[modifier | modifier le code]

L'archevêque de Cantorbéry est le chef symbolique de la Communion anglicane. Ici, Rowan Williams qui a été remplacé par Justin Welby en 2013.
Article détaillé : Archevêque de Cantorbéry.

Pour des raisons historiques, l'archevêque de Cantorbéry possède une forme de primauté d'honneur sur les autres évêques anglicans. Il n'exerce pour autant aucun pouvoir sur les églises sœurs de la Communion anglicane. Il est considéré comme le chef spirituel de l'anglicanisme et le garant de l'unité de la Communion. Il joue notamment un rôle important dans l'œcuménisme et les relations avec les autres religions.

L'archevêque de Cantorbéry est nommé par le premier ministre britannique agissant au nom du souverain. Depuis 2013, c'est Justin Welby qui occupe cette fonction.

Jusqu'au XXe siècle, les archevêques de Cantorbéry occupaient leur fonction jusqu'à leur décès. Depuis, il est devenu habituel qu'ils se retirent, parfois en suivant la limite d'âge de 70 ans commune aux évêques anglicans, parfois même auparavant. Les interventions des anciens archevêques de Cantorbéry, comme George Carey depuis 2003, ont souvent un certain impact dans le monde anglican. Elles sont aussi parfois critiquées comme mettant le titulaire actuel de la fonction en porte à faux[1].

La conférence de Lambeth[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conférence de Lambeth.

La conférence de Lambeth réunit tous les évêques de la Communion sous la présidence de l'archevêque de Cantorbéry, ce qui lui confère un poids symbolique important. Elle se tient de façon décennale depuis 1867. La conférence passe des résolutions, qui, sans avoir le caractère contraignant de décisions synodales, ont en général une forte influence sur l'évolution de la Communion et de l'anglicanisme. C'est ainsi que les conférences de 1978 et 1988 ont entériné la possibilité pour certaines églises de la communion d'ordonner des femmes comme prêtres puis évêques. En 1998 est affirmé que « la pratique homosexuelle est incompatible avec l'Écriture », tandis que la conférence de 2008 voit les églises de la communion très divisées, de nouveau sur la question de l'homosexualité.

Le conseil consultatif anglican[modifier | modifier le code]

Ce conseil assure depuis 1968 des réunions à intervalles de deux ou trois ans entre représentants des évêques, du clergé et des laïcs de toute la Communion. Il tend à prendre un rôle de plus en plus important.

La conférence des primats anglicans[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conférence des primats.

La conférence des primats se réunit tous les deux-trois ans environ depuis 1978.

En février et avril 2010, deux primats anglicans ont fait savoir publiquement leur désaccord avec l'évolution des rapports de force entre les instruments de communion : ils accusent en effet le "Standing Committee" de la communion anglicane, émanation du conseil consultatif, de chercher à supplanter les autres instruments de communion pour promouvoir un agenda libéral au mépris des décisions de la conférence des primats[2].

L'incapacité des instances de la Communion à enrayer l'évolution libérale de l'Église épiscopale des États-Unis engendre des tensions importantes. Une ligne de fracture se dessine, qui voit les primats du Global South boycotter la conférence des primats de Dublin en 2011. Au total, plus du tiers des provinces de la Communion n'envoient pas de représentant[3].

Les accords d'intercommunion[modifier | modifier le code]

La Communion anglicane est très engagée dans l'œcuménisme dont elle est un des acteurs importants depuis le début du XXe siècle. Ses positions doctrinales lui permettent en effet de prétendre au rôle de "pont" entre catholiques et protestants. Avec certaines églises, les accords sont allés jusqu'au stade de la pleine communion doctrinale et sacramentelle. C'est le cas de l'Église d'Angleterre et l'Église vieille-catholique depuis les accords de Bonn de 1931, accords qui ont progressivement été étendus à toute la Communion anglicane. L'Église malankare Mar Thoma, de tradition syriaque, est elle aussi en pleine communion avec la Communion anglicane. Plus récemment, en 1992, est formée la communion de Porvoo réunissant douze églises anglicanes et luthériennes d'Europe[4].

Malgré la profondeur du lien d'intercommunion, et la possibilité qui leur a été donnée d'assister et de voter lors des conférences de Lambeth, les églises concernées par ces accords restent des entités distinctes de la Communion anglicane[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Open letter to Lord Carey of Clifton.
  2. (en) Voir les articles du Church Times : Primate resigns from ACC committee et Anglicans ‘moving into darkness’ says Orombi
  3. (en) Primates depleted as Dublin summit kicks off, Church Times
  4. (en) In full communion : on note que la communion de Porvoo est citée séparément puisqu'il ne s'agit pas à ce jour d'un accord englobant l'ensemble de la Communion anglicane.
  5. La Communion anglicane et ses 38 Églises, sur La Croix.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]