Thomas-Joseph Armand-Calliat

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Armand Caillat)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Armand.
Thomas-Joseph Armand-Calliat
Naissance
Décès
(à 79 ans)
Lyon
Nom de naissance
Thomas-Joseph Armand
Nationalité
Activité
Mouvement
Néo-gothique puis symbolisme
Influencé par
Distinctions

Thomas-Joseph Armand-Calliat, né le aux Abrets et mort à Lyon le (à 79 ans), est un orfèvre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Thomas-Joseph Armand épouse une des filles de François Caillat, orfèvre bourguignon installé à Lyon, reprenant l'affaire de ce dernier en 1853 avec sa femme et sa belle-sœur et prend le nom d'Armand-Calliat[1]. Il abandonne la grosserie pour l’orfèvrerie religieuse. Grâce à Armand-Calliat, la maison connaît un essor considérable : elle passe de 12 ouvriers en 1854 à 40 en 1885[2].

La carrière de Thomas Joseph Armand-Calliat peut se diviser en trois périodes différentes. De 1853 à 1858, il est marqué par le néogothique, et c’est lorsqu’il rencontre Pierre Bossan, le futur architecte de Fourvière, en 1858, qu’il se tourne vers le symbolisme. Enfin de 1888 à sa mort, en 1901, fidèle aux leçons de Bossan et grâce à sa collaboration avec son fils, qui s’associe avec lui en 1891, Armand-Calliat recherche un art nouveau notamment avec l’emploi de l’ivoire et des émaux translucides. Son œuvre se caractérise par l’excellence de la facture. Le métal est travaillé sans tour électrique, ni soudure ou estampage, l’émail est très varié : on peut aussi bien trouver des émaux champlevés, que des émaux de niellure ou des émaux translucides. Mais la grande originalité de l’œuvre est sa portée spirituelle : Armand-Calliat souhaite faire passer le message chrétien. L’objet devient alors un véritable poème centré autour d’un thème porté par les scènes, les inscriptions, les couleurs, les formes ou encore les gemmes[2].

Il est le seul orfèvre lyonnais qui parvient à s’imposer à Paris. Il refuse les contraintes commerciales pour se concentrer sur une exécution manuelle de ses œuvres. Pour autant, il ne s’enrichit guère, et nombre de ses œuvres et de ses archives sont laissées à l’abandon jusqu’en 1982. À sa mort en 1901, il transmet la fabrique à son fils, Joseph, lequel finit pat la céder en 1924 à Amédée Cateland[2].

Son œuvre[modifier | modifier le code]

L’orfèvre Armand-Calliat est primé à l’Exposition Universelle de Londres en 1862 et à celles de Paris en 1867, 1878, 1889 et 1900. De même, il publie trois plaquettes à l’occasion des Expositions Universelles de 1867, 1878 et 1889. En quarante-huit ans de carrière, il crée environ 5 000 pièces prestigieuses, la plupart pour les grands sanctuaires français comme Lourdes, La Salette ou encore Fourvière, mais aussi pour les monastères et surtout pour l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes. Il crée aussi des œuvres originales pour les papes Pie IX et Léon XIII. Aujourd’hui, près de 1 000 dessins de son atelier sont conservés au musée de Fourvière à Lyon[2].

Quelques réalisations[modifier | modifier le code]

Reliquaire de la Sainte Épine à l'église Notre-Dame de Saint-Étienne.

Thomas-Joseph Armand-Calliat réalise à Lyon les travaux d'orfèvrerie suivants :

  • Calice du chanoine Didelot en argent doré, émaux, diamants et verroterie, selon un dessin de Pierre Bossan, vers 1860, monastère de la Visitation Sainte-Marie, Moulins.
  • Calice néo-gothique, dessin aquarellé, vers 1860, musée de Fourvière, Lyon.
  • Calice du cardinal Mermillod, dessin aquarellé, 1864, musée de Fourvière, Lyon.
  • Crosse de Mgr Odon Thibaudier, 1867, musée de Fourvière, Lyon.
  • Crosse du Bon Pasteur, dessin aquarellé, au bas à gauche tracé au crayon en lettres majuscules : Pierre Bossan, 1867-1875, musée de Fourvière, Lyon.
  • Crosse du Bon Pasteur en argent doré, émaux, améthystes et perles, 1867-1875, exposée aux Expositions Universelle de Paris en 1867 et en 1878, musée des Beaux-Arts de Lyon.
  • Ostensoir en cuivre doré, laiton et améthystes, avec une inscription sous le pied : DON DE M.MONTAGNIEU CURE DE CHASSELAY, 1869, Chasselay.
  • Projet de calice néo-gothique, dessin aquarellé rehaussé d’or, vers 1870, musée de Fourvière, Lyon.
  • Bougeoir en vermeil, argent, émaux, lapis-lazulis, gemmes et perles, 1875, exposé durant l’Exposition Universelle de Paris en 1878, musée des Beaux-Arts de Lyon .
  • Rosaire en bronze doré et émaux, 1875, offert par les affiliés à Notre-Dame de Fourvière, musée de Fourvière, Lyon.
  • Calice de Fourvière, selon un dessin Pierre Bossan, 1875, musée de Fourvière, Lyon.
  • Ciboire de Fourvière où Pontique, Alexandre de Lyon et Irénée de Lyon sont représentés, 1876, musée de Fourvière, Lyon.
  • Buste reliquaire de Casarie, 1876, église Notre-Dame, Villeneuve-lès-Avignon.
  • Bassin de Mgr Theuret en argent et émaux, vers 1878, cathédrale Notre-Dame-Immaculée, Monaco.
  • Patène du cardinal Caverot, 1881, musée de Fourvière, Lyon.
  • Calice du cardinal Caverot, 1881, musée de Fourvière, Lyon.
  • Chapelle du Jubilé en argent et émaux, 1884, offerte au prélat par les prêtres du diocèse de Moulins, à l’occasion de son Jubilé sacerdotal en 1884.
  • Crosse du jubilé du cardinal Foulon en argent doré et émaux, 1891, musée de Fourvière, Lyon.
  • Crosse de l’abbé de Farnborough, fin XIX, musée de Fourvière, Lyon.
  • Ostensoir en argent doré et émail, dernier tiers du XIX, objet inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques le 21 août 1987, église Saint Prix, Chaponost.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Thomas-Joseph Armand-Calliat est fait chevalier de la Légion d'honneur le [6] et promu officier le [6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. * « Armand-Calliat (Thomas-Joseph) », dans Adolphe Vachet, Nos Lyonnais d'hier : 1831-1910, Lyon, (lire en ligne), p. 7-8.
  2. a, b, c et d Bernard Berthod et Elisabeth Hardouin-Fugier, Dictionnaire des Arts liturgiques XIXe et XXe siècles, Les éditions de l'amateur, 1996, p. 80
  3. Notice no PM42000622, base Palissy, ministère français de la Culture
  4. Notice no PM69000477, base Palissy, ministère français de la Culture
  5. Notice no PM69000542, base Palissy, ministère français de la Culture
  6. a et b « Thomas-Joseph Armand-Calliat », base Léonore, ministère français de la Culture.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Thomas-Joseph (1822-1901) Auteur du texte Armand-Calliat, L'Orfèvrerie religieuse lyonnaise à l'Exposition de 1867. Exposition de M. Armand-Calliat, (lire en ligne)
  • Bernard Berthod et Jean Comby, Histoire de l’Eglise de Lyon, éditions la Taillanderie, p. 143
  • Bernard Berthod, Bossan et Armand-Calliat, Lyon, 1986, p. 57.58
  • Bernard Berthod et Elisabeth Hardouin-Fugier, Dictionnaire des Arts liturgiques XIXe et XXe siècles, Les éditions de l’amateur, 1996, p. 80
  • René Mornex, Bernard Ducouret et Olivier Faure, L’Antiquaille de Lyon, Histoire d’un hôpital, ouvrage réalisé dans le cadre de la célébration du bicentenaire des Hospices civils de Lyon, réalisé en collaboration avec la direction régionale des Affaires culturelles et la Ville de Lyon, p. 134
  • Gérard Picaud et Jean Foisselon,Splendeurs dévoilées, Cinq siècles d’art à la Visitation, Somogy, éditions d’art, commandée par le musée de la Visitation, 2001, p. 73
  • Pierres et ors, trésor liturgique de la cathédrale de Moulins, Art et Foi, publié par le conseil général de l’Allier, dans les éditions du Signe, p. 54 à 60.
  • Préinventaire des monuments et richesses artistiques, Chasselay, département du Rhône, 2002, p. 109

Liens externes[modifier | modifier le code]