Béthanie

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31° 46′ 17.08″ N 35° 15′ 40.77″ E / 31.7714111, 35.261325 ()

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Marthe et Marie accueillant Jésus à Béthanie (Otto van Veen)
Mosaïques de Marie, Lazare et Marthe sur la façade de l'église catholique à Béthanie.

Béthanie (de l'hébreu Beth-Ananiah) est le village, en Terre sainte, où habitaient les amis de Jésus, Marthe, Marie et Lazare. C'est au cimetière de Béthanie qu'aurait eu lieu la résurrection de Lazare. L'endroit, à 2,7 km à l'est de la vieille ville de Jérusalem (versant est du Mont des oliviers), est aujourd'hui un village arabe, dont le nom El Azariyah vient du grec Lazarion, c`est-à-dire: le lieu de Lazare.

Référence Biblique[modifier | modifier le code]

L'Évangile selon Jean y situe l'épisode du baptême de Jésus[1]. La situation de l'épisode est peu probable, puisque Béthanie ne se situe pas à côté du Jourdain, comme le souligne déjà la Souda au IXe siècle[2]. Du reste, un certain nombre de variantes textuelles situent l'épisode à Bétharaba, qui est la solution proposées par la Souda.

Le même évangile y situe également la résurrection de Lazare[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Époque byzantine[modifier | modifier le code]

Eusèbe de Césarée cite ce village vers 330 comme étant celui de Lazare. Le pèlerin de Bordeaux à la même époque en 333 écrit qu'il a vu le tombeau où Lazare a trouvé son dernier repos, mais c'est saint Jérôme[4], en 390, qui donne le plus de précision en traduisant l'Onomasticon d'Eusèbe. Il ne traduit pas exactement la phrase d'Eusèbe qui précise que c'est ici que l'on montre la tombe de Lazare, mais écrit : « Une nouvelle église construite à cet endroit conserve sa mémoire. » L'église nouvelle du Lazarium (ou Lazarion en grec) est donc attestée vers 390 dans l'Onomasticon de saint Jérôme, mais pas encore en 383 par Égérie, où la station liturgique qu'elle décrit (ch. 29) se fait à ciel ouvert. Elle contenait une crypte avec un tombeau, que l'on peut encore visiter aujourd'hui.

Les fouilles de 1949 découvrent un sol de riches mosaïques au x formes géométriques et entrelacs remarquables de couleur ocre, brun et noir sur fond blanc[5]. L'église de plan basilical à trois ailes, de 18 mètres de largeur, se trouve à l'est du site. Elle comporte deux sacristies de chaque côté, séparées par des colonnes de pierre rose de Bethléem et s'ouvrant en ailes, qui servent ainsi à renforcer l'église. Les colonnes étaient d'ordre corinthien, comme le montrent des restes de feuilles d'acanthe. Un atrium se trouve au milieu et le tombeau à l'ouest du site. Les pierres sont de même nature que celles de la basilique constantinienne de la Nativité à Bethléem et celles de l'absides sont liées par un liant de mortier similaire à celui utilisé pour le théâtre romain de Césarée. L'autel était sans doute sigmatique, comme il était fréquent à l'époque. Une porte se trouvait au nord, comme l'atteste le seuil retrouvé. Des jarres et une douzaine de lampes à huile byzantines sont trouvées sur le site.

Cette église est détruite vraisemblablement par un tremblement de terre, car il y a des signes d'écroulement, et une nouvelle église est construite au Ve ou VIe siècle.

Les pèlerins Daniel et Saewulf la décrivent au XIIe siècle. Elle est modifiée par les croisés.

L'église que l'on visite à côté est une reconstruction sur une partie du plan de l'église byzantine.

Royaume de Jérusalem[modifier | modifier le code]

La reine Mélisende de Jérusalem et sa sœur cadette, l'abbesse Yvette de Béthanie, y font construire une abbaye.

Réutilisation du nom[modifier | modifier le code]

Résurrection de Lazare (Carl Heinrich Bloch)

La portée symbolique de ce miracle a répandu le nom de Béthanie, qui a été réutilisé pour beaucoup d'œuvres, de villes et de lieux-dits. Le nom même qui dérive de l'hébreu Beth-ani, maison de l'Affliction (Domus Adflictionis, en latin, traduit par saint Jérôme[6]) laisse entendre que le village était une halte pour les pèlerins en marche vers Jérusalem, et que l'on y soignait les malades et les nécessiteux, comme l'indique l'épisode de Simon de Béthanie[7] qui était lèpreux.

Certains historiens[8] suggèrent que Béthanie était un endroit d'arrêt privilégié des Galiléens avant d'arriver à Jérusalem, après avoir pris la route du midi à l'est du Jourdain évitant ainsi de traverser des terres peuplées de Samaritains, et prenant ensuite les hautes routes par Jéricho.

Ce nom est naturellement associé aux œuvres de charité envers les personnes en difficulté.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Évangile de Jean, Jn 1. 28
  2. Suidae Lexicon, β 252, éd. Ada Adler, t. 1, Stuttgart : Teubner, 1928, p. 469
  3. Évangile de Jean, Jn 11
  4. Il est en Terre Sainte depuis quatre ans
  5. Elles ont disparu entre les colonnes et vers le sanctuaire
  6. C'est ce sens qui est aussi repris par le Nouveau Testament rédigé en syriaque
  7. Évangile selon Marc XIV, 3-10
  8. (en) Brian J. Capper, Essene Community Houses and Jesus Early Community, 2006, in James H. Charleworth, Eerdmanns Publishing, « Jesus and Archeology », pp.474-502

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]