Sanctuaire de la Sainte-Baume

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Sanctuaire de la Sainte-Baume
Image illustrative de l'article Sanctuaire de la Sainte-Baume
L'intérieur de la grotte.
Présentation
Nom local Grotte de Sainte-Marie-Madeleine
Culte Catholicisme romain
Type Sanctuaire
Rattachement Diocèse de Fréjus-Toulon
Site web http://www.saintebaume.org
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Coordonnées 43° 19′ 38″ nord, 5° 45′ 53″ est

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Sanctuaire de la Sainte-Baume

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Sanctuaire de la Sainte-Baume

Le sanctuaire de la Sainte-Baume, également connu sous le nom de grotte de Sainte-Marie-Madeleine, est un sanctuaire érigé au sein d'une grotte du massif de la Sainte-Baume, qui aurait servi d'ermitage à sainte Marie Madeleine après qu'elle eut évangélisé la Provence.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Selon la Tradition, Marie Madeleine fut expulsée de Palestine avec plusieurs disciples lors des premières persécutions contre les chrétiens après la Pentecôte. Embarqués sur une barque sans voile ni gouvernail, ils débarquèrent miraculeusement sur les rivages provençaux, à un endroit qui fut ensuite nommé Les Saintes-Maries-de-la-Mer et devinrent les premiers évangélisateurs de la Provence. « Marie Madeleine prêcha à Marseille en compagnie de Lazare puis elle s’établit dans cette montagne escarpée, dans la grotte qui depuis porte son nom. Telle la bien-aimée du Cantique des Cantiques, « colombe cachée au creux du rocher, en des retraites escarpées », elle put s’adonner à la prière et à la contemplation dans la solitude »[1].

Chronologie[modifier | modifier le code]

À l'époque préchrétienne la Sainte-Baume est la montagne sacrée des Marseillais : haut lieu de culte des fécondités, et notamment de l’Artémis d’Éphèse. Vers 60, Lucain, poète latin, mentionne un certain « bois sacré » près de Marseille.

Vers 415, saint Jean Cassien, fonde un premier prieuré à son retour d’Égypte et dès le Ve siècle, la présence de moines de l’abbaye de Saint-Victor de Marseille est attestée.

La grotte de Sainte-Marie-Madeleine devient un lieu de pèlerinage chrétien réputé. En 816, le pape Étienne VI, puis, en 878, le pape Jean VIII s'y rendent. Comme le , Saint Louis visite la Sainte-Baume [2] à son retour de Croisade.

Reliquaire du tibia de Marie Madeleine.

En 1279, Charles II d'Anjou, roi de Sicile et comte de Provence, réalise les fouilles qui aboutissent à la découverte à Saint-Maximin des reliques de Marie Madeleine, dans une crypte enfouie sous le petit prieuré bénédictin dédié à la sainte. Un tombeau de marbre y est identifié comme celui de Marie Madeleine. En outre, un rouleau de parchemin explique que les reliques ont été enfouies au début du VIIIe siècle afin de les protéger des invasions sarrazines qui faisaient rage dans le Pays[3]. Après six ans de détention à Barcelone, Charles II peut mettre en œuvre en 1288 son projet de construire une basilique pour abriter les reliques. Enfin, le , il obtient du pape Boniface VIII une bulle pontificale, qui confie au jeune ordre des dominicains la charge des lieux saints : la basilique de Saint-Maximin et la grotte de la Sainte-Baume.

En 1332, le même jour Philippe VI de Valois, roi de France, Alphonse IV d’Aragon, Hughes de Chypre, et Jean de Luxembourg, roi de Bohème se recueillent dans la grotte.

Tout au long des XIVe et XVe siècles, papes, rois et princes se rendent en pèlerinage dans la grotte, l'une des plus célèbres de la chrétienté.

En 1440, on déplore l'incendie de la grotte et la destruction des bâtiments. En 1456 Louis XI, roi de France dote richement la grotte et dessine le plan de la coupole qu’il offre pour l’autel. Et, le , François Ier accompagné par sa mère Louise de Savoie et son épouse Claude de France) vient rendre grâce à son retour de Marignan. Il accorde des fonds pour la restauration de la grotte, fait édifier le « portail François Ier » (visible à l’hôtellerie), et construit trois chambres royales à la grotte. Jean Ferrier, archevêque d’Arles fait ériger les oratoires du chemin des Rois.

En 1533, François Ier revient à l’occasion du mariage de son deuxième fils, Henri d’Orléans, avec Catherine de Médicis à Marseille. Elle reviendra le avec Charles IX roi de France (14 ans), son frère le futur Henri III de France, et Henri de Navarre (11 ans).

Charles IX s’y rend lors de son tour de France royal en 1564 afin de satisfaire les catholiques[4]. Mais, en 1586 et 1592, on déplore des pillages de la grotte (la seconde fois malgré le pont-levis érigé à la suite du pillage intervenu alors que les reliques de Saint-Maximin avaient été transférées dans la grotte durant les troubles suscités par la Ligue).

Esprit Blanc fait construire en 1630 la chapelle dite « des Parisiens » (ou « des morts ») et, en 1649, Monseigneur de Marinis offre la statue de la Sainte Vierge, œuvre du sculpteur génois Orsolino (toujours visible à la grotte).

Le Louis XIV, avec Anne d’Autriche et Mazarin, se rendent au sanctuaire.

La Révolution et l'Empire mettent en péril le site. En 1791, le marquis d’Albertas rachète les biens des dominicains qui avaient été vendus comme biens nationaux. Mais, en 1793, la Sainte-Baume est rebaptisée « les Thermopyles », l’intérieur de la grotte et la grande hôtellerie attenante (dont on voit encore les traces dans la falaise) sont détruits. Heureusement, Lucien Bonaparte, mari de Christine Boyer, fille de l’aubergiste de Saint-Maximin, sauve la basilique et la forêt de la Sainte-Baume des révolutionnaires. En 1814, le maréchal Brune détruit la grotte et ce qui venait d’y être reconstruit.

Ce n'est qu'en 1822, que Chevalier, préfet de Toulon, restaure le culte catholique. En 1824, une communauté de trappistes s’établit sur le plateau, en face de l’actuelle hôtellerie puis laisse la place en 1833 à des capucins qui ne restent que deux ans.

La statue de Marie Madeleine sur son rocher provient du tombeau du comte Joseph-Alphonse-Omer de Valbelle qui était à la chartreuse de Montrieux[réf. souhaitée].

En 1848, le père Henri-Dominique Lacordaire, célèbre prédicateur et restaurateur de l’ordre dominicain en France depuis 1840, vient à la grotte et, en 1859, il rachète le couvent de Saint-Maximin pour y réinstaller les frères prêcheurs ; avec l’aide de l’œuvre pour la restauration des lieux saints de Provence qu’il avait fondée, il réinstalle le 22 juillet, les frères à la grotte ; il fait construire l’hôtellerie dans la plaine de la Sainte-Baume.

En 1865, le frère dominicain Jean-Joseph Lataste fonde la congrégation des Dominicaines dites « de Béthanie » qui accueille des femmes sorties de prison (Madeleines converties) ; il érigera une communauté près de l’église de Plan d’Aups en 1884. En 1889, quelques reliques de Marie Madeleine sont placées dans le reliquaire réalisé par l’orfèvre lyonnais Armand Caillat et déposées dans la grotte.

À la suite des lois de séparation des Églises et de l’État, la grotte devient propriété de la commune de Plan d’Aups en 1910.

En 1914, avec les célébrations du centenaire de la réouverture du culte à la Sainte-Baume, le père Vayssière restaure les escaliers menant à la grotte (150 marches en mémoire des 150 Ave du Rosaire) et inaugure le calvaire. Puis en 1928, est inaugurée la maison de retraite Nazareth en face de l’hôtellerie (aujourd’hui occupée par l’écomusée). En 1932, Marthe Spitzer[5], juive convertie proche des Bénédictines de la rue Monsieur et de l'entourage de Jacques Maritain, réalise la Pietà qui est sur le parvis de la grotte (offerte par la basilique La Madeleine de Paris).

En 1948, l’architecte Le Corbusier projette la construction d’une basilique souterraine à la Sainte-Baume (projet utopique jamais réalisé) puis, en 1966 - Oscar Niemeyer réalise un projet de couvent moderne à l’Hôtellerie à la place de l’aile ouest. En 1970, Thomas Gleb réalise l’oratoire Saint-Dominique, à l’hôtellerie, entre 1976 et 1981, le compagnon Pierre Petit (« Tourangeau, le disciple de la Lumière ») réalise les vitraux de la grotte.

En 1995 a été célébré le septième centenaire de la fondation de la basilique de Saint-Maximin et de l'installation des frères dominicains à Saint-Maximin et à la grotte de la Sainte-Baume.

Une communauté de quatre frères dominicains a été rétablie à l'été 2002 (date de la réouverture de la grotte après les travaux de purge de la falaise), qui assure l’accueil des pèlerins à la grotte de Sainte-Marie-Madeleine. Depuis l'été 2008, le nombre des frères dominicains a été porté à huit, et ils assurent, en plus de l'accueil à la grotte, la gestion de l'hôtellerie de la Sainte-Baume.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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  1. La Sainte-Baume, Roc de la Miséricorde
  2. §663 : Le roy s'en vint par la contree de Provence jusques a une cité que en appele Ays en Provence, la ou l'en disoit que le cors a la Magdeleinne gisoit ; et fumes en une voute de roche moult haut, la ou l'n disoit que la Magdeleinne avoit esté en hermitage .XVII. ans. [Le roi s'en vint par le comté de Provence jusqu'à une cité que l'on appelle Aix-en-Provence, où l'on disait que reposait le corps de la Madeleine ; et nous fûmes dans une grotte de rocher, très haut, où l'on disait que la Madeleine avait été en ermitage dix-sept ans.] Joinville, Vie de saint Louis, Classiques Garnier, 1995.
  3. À propos de la découverte des reliques de sainte Marie Madeleine, Marie-Christine Trouillet, archiviste-paléographe, 1980
  4. Pierre Miquel, Les Guerres de Religion, Paris, Club France Loisirs, 1980 (ISBN 2-7242-0785-8), p. 254
  5. Pélerinage à la grotte et mise en place de la pietà monumentale du parvis (commune de Plan-d'Aups-Sainte-Baume)