Napoléon-Jérôme Bonaparte

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Jérôme Napoléon

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Jérôme Napoléon par Hippolyte Flandrin (1860).

Titres

Prince Napoléon[1]

185317 mars 1891
(environ 38 ans)

Prédécesseur Création du titre
Successeur Victor Napoléon

Sénateur du Second Empire

25 décembre 18521er janvier 1871
(18 ans, 0 mois et 7 jours)

Prince impérial de France

2 décembre 185216 mars 1856
(3 ans, 3 mois et 14 jours)

Prédécesseur Napoléon-Charles Bonaparte (indirectement)
Successeur Louis Napoléon Bonaparte
Biographie
Titulature Prince Napoléon
Comte de Montfort, de Meudon et de Moncalieri
Dynastie Maison Bonaparte
Nom de naissance Napoléon Joseph Charles Paul Bonaparte
Surnom « Plon-Plon »
Naissance 9 septembre 1822
Trieste (Autriche)
Décès 17 mars 1891 (à 68 ans)
Rome (Italie)
Sépulture Basilique de Superga (Turin)
Père Jérôme Bonaparte
Mère Catherine de Wurtemberg
Conjoint Marie-Clotilde de Savoie
Enfants Victor Bonaparte
Louis Bonaparte
Marie-Laëtitia Bonaparte

Napoléon Joseph Charles Paul Bonaparte — aussi appelé Napoléon-Jérôme Bonaparte ou prince Jérôme Napoléon —, prince français[2] et prince Napoléon, comte de Montfort, de Meudon et de Moncalieri[3], né à Trieste le 9 septembre 1822 et décédé à Rome le 17 mars 1891, est une personnalité politique et militaire du Second Empire, cousin germain de l’empereur Napoléon III.

Titre bonapartiste[modifier | modifier le code]

« Plon-Plon » dans les bras de son frère aîné Jérôme Napoléon Charles, prince de Montfort. Leur sœur, Mathilde, est représentée à gauche. Tableau de Stapleaux, 1825 (Musée Fesch, Ajaccio).

Il était connu comme « le prince Napoléon » et était familièrement appelé « Plon-Plon »[4]. Parfois désigné sous le nom de « Napoléon V », il ne fut, en réalité, jamais pleinement reconnu comme le chef de la maison impériale. En 1879, après la mort du prince impérial, les bonapartistes lui préfèrent son fils aîné, le prince Victor, ou, dans une moindre mesure, son fils cadet, le prince Louis Napoléon (1864-1932), colonel dans la garde impériale russe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Fils cadet de Jérôme Bonaparte (le prince Jérôme), ancien roi de Westphalie, et de Catherine de Wurtemberg, le prince Napoléon naît en exil à Trieste. Il est le frère de la princesse Mathilde. À la mort de sa mère en 1835, il est accueilli par sa tante Hortense à Arenenberg, où il se lie d'amitié avec son cousin germain Louis-Napoléon. Il suit, de 1837 à 1840, des études militaires à Ludwigsburg et devient officier dans le régiment des Gardes du roi de Wurtemberg. En juillet 1842, il voyage en compagnie d'Alexandre Dumas à Livourne et dans l'archipel toscan, où les deux hommes visitent l'île de Montecristo, que Dumas mettra au cœur de son célèbre roman[5].
En 1847, le prince Napoléon se rend à Londres pour y retrouver son cousin qui vient de s'évader de la forteresse de Ham. À l'insu de Louis-Napoléon, il a une liaison avec la célèbre tragédienne Rachel, dont son cousin est également l'amant.

Sous la Deuxième République[modifier | modifier le code]

En 1848, il est élu représentant de la Corse à l'Assemblée constituante, dont il est le plus jeune membre (il a 26 ans) et où il siège à l'extrême-gauche. Réélu député de la Sarthe lors des élections législatives de mai 1849, il reste fidèle au parti de la Montagne, ce qui lui vaut le surnom de « prince de la Montagne ». Il s'oppose ainsi à son cousin, qui a été élu président de la République avec le soutien du parti de l'Ordre et qui se débarrasse momentanément de lui en l'envoyant comme ministre plénipotentiaire à Madrid. Après le coup d'État du 2 décembre 1851, il intervient auprès de son cousin pour atténuer la répression contre les républicains.

Sous le Second Empire[modifier | modifier le code]

En uniforme militaire, à l'époque de la guerre de Crimée.

Prince français, Altesse impériale et sénateur en 1852, général de division[6] en 1853, président de l'Exposition universelle de 1855, puis ministre de l'Algérie et des Colonies de 1858 à 1859, Napoléon Jérôme est un personnage important de la famille impériale pendant le Second Empire. Il incarne en effet l'aile gauche - anticléricale et démocrate - du mouvement bonapartiste face à une aile droite conservatrice et autoritaire dirigée par Eugène Rouher, son rival. Mais cette tendance, représentée par le « groupe du Palais-Royal » - où l'on trouvait les journalistes Émile de Girardin et Adolphe Guéroult, ainsi que le saint-simonien François Barthélemy Arlès-Dufour - ne concerne qu'une minorité du parti bonapartiste.

Jusqu'au 16 mars 1856, jour de la naissance du prince impérial Eugène, Plon-Plon pouvait espérer succéder à Napoléon III, mais ce dernier ne faisait pas confiance aux capacités politiques de son cousin. Il lui confie cependant plusieurs missions diplomatiques.

Pendant la guerre de Crimée, il commande avec bravoure une division lors de la bataille de l’Alma mais, en raison de désaccords avec le général Canrobert, il décide de rentrer en France avant la fin du conflit, ce qui vaut à Plon-Plon le perfide surnom de « Craint-plomb ».

En 1859, son mariage avec la fille du roi de Piémont-Sardaigne s’inscrit dans la stratégie tracée par Napoléon III et Cavour lors de l’entrevue de Plombières (voir l'article Politique italienne de Napoléon III). Favorable depuis toujours à la cause de l’unité italienne, il commande un corps de douze mille hommes en Toscane durant la Seconde guerre d’indépendance italienne.

Plon-Plon tombe en disgrâce en 1865 après avoir prononcé, lors de l'inauguration d'un monument à Ajaccio, le 15 mai, un discours favorable à un empire libéral. Il se retire alors dans sa propriété de Prangins, au bord du lac Léman.

Ayant la jouissance du Palais-Royal et du château de Meudon, alloués à son père par Napoléon III[7], il se fait également construire par l'architecte Alfred Normand un hôtel particulier de style néo-pompéien sur l'avenue Montaigne.

Après la chute de l'Empire[modifier | modifier le code]

Napoléon-Jérôme Bonaparte (1822-1891)

Après le désastre de la guerre franco-allemande, la chute de l'Empire et la proclamation de la République, le prince Napoléon ne quitte pas l'arène politique : il est élu conseiller général de la Corse en 1871 et à nouveau député de la Corse en 1876. Mais après la mort de Napoléon III, il se querelle avec sa veuve et, surtout, avec Eugène Rouher, chef des bonapartistes conservateurs, contre lequel il se présente aux élections de 1876.

La mort inattendue et non moins héroïque du prince impérial, unique fils légitime de Napoléon III, en Afrique du Sud en 1879, fait de lui en principe le chef de la Maison Napoléon, mais les bonapartistes se rallient majoritairement à son fils aîné Victor (1862-1926), au demeurant désigné comme son successeur par le prince impérial. Le père, appelé Napoléon V par ses partisans, et le fils s'opposent alors durement l'un à l'autre.

Le manifeste et l'exil[modifier | modifier le code]

Le 16 janvier 1883, il est arrêté pour avoir fait placarder dans Paris un manifeste bonapartiste. Très vite libéré, il est banni de France en 1886 par la loi d'exil frappant tous les membres des familles ayant régné sur la France. Retiré à Prangins, il y reçoit en 1888 Georges Boulanger, qui cherche à obtenir le soutien des bonapartistes. Il meurt en 1891 lors d'un séjour à Rome. Il est enterré à Turin, au côté de sa femme, dans la crypte des Savoie de la basilique de Superga.

Descendance[modifier | modifier le code]

Le prince Napoléon et ses deux fils

En 1859, il épouse Clotilde de Savoie, fille de Victor-Emmanuel II d'Italie. Leurs descendants continuent jusqu'à nos jours la seule ligne directe mâle légitime de chefs de la Maison impériale. Trois enfants sont issus de ce mariage :

Il a par ailleurs deux enfants avec une demoiselle de compagnie de son épouse la Princesse Clotilde de Savoie : Charlotte de Carbonnel de Canisy, qui avait 30 ans de moins que lui :

  • Lucien de Céligny, qui épouse Mlle Daireaux ; 1 fille, Léticia de Céligny, épouse Harold Fitch. Ils ont un fils Douglas Lucien Jerome Jacques Fitch-Celigny marié à Lucila Castro-Fuentés qui ont cinq enfants et vivent actuellement entre la France et l'Argentine. Ils ont également une fille, Béatrice Marie-Louise Catherine Fitch-Céligny mariée à un pianiste concertiste François-Joël Thiollier.
  • Catherine de Céligny, qui épouse le docteur Lévy-Solal ; les enfants portent le nom de Solal-Céligny.

Le prince Napoléon (Jérôme) était franc-maçon, membre de la loge des Amis de la Patrie[8], et Grand-croix de la Légion d'honneur (décret du 3 janvier 1853).

Sources[modifier | modifier le code]

  • Pierre Milza, Napoléon III, Perrin, 2004.
  • Michèle Battesti, Plon-Plon, le Bonaparte rouge, Perrin, 2010[9].
  • David Saforcada, Portrait militaire du Prince Napoléon-Jérôme Bonaparte[10]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Sans faire l’objet d’un décret spécifique, le titre de « prince Napoléon » s’imposa dans les faits pour désigner l’aîné de la branche cadette de la maison impériale. Ainsi, il n’existe pas de date précise mais celle du 25 décembre 1852 peut être retenue puisqu’elle instaure un statut de la famille impériale.
  2. Article 6 du sénatus-consulte du 25 décembre 1852 [lire en ligne]
    Napoléon III institue par ce sénatus-consulte le statut de la famille impériale ; Napoléon-Jérôme devient par ce fait « prince français ».
  3. Le comté de Moncalieri fut créé pour lui, à titre personnel, par le roi d’Italie.
  4. À l'origine « Plom-Plom », surnom affectueux donné par sa mère Catherine de Wurtemberg, mais ridiculisé plus tard.
  5. Ce voyage est évoqué par Dumas au chapitre IX de ses Causeries.
  6. En 1875, l'Arrêt Prince Napoléon du Conseil d'État lui retire ce grade.
  7. Senatus consulte du 12/12/1852.
  8. Liste de francs-maçons célèbres
  9. Cette biographie est fondée sur le dépouillement des carnets du prince, conservés aux Archives Nationales
  10. David Saforcada, Portrait militaire du Prince Napoléon-Jérôme Bonaparte