Charles Rigault de Genouilly

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Charles Rigault de Genouilly
Image illustrative de l'article Charles Rigault de Genouilly

Naissance 12 avril 1807
Rochefort
Décès 4 mai 1873
Paris
Dignité d'État Amiral de France
Distinctions Légion d'honneur (Grand-Croix)
Autres fonctions ministre de la Marine

Charles Rigault de Genouilly (né le 12 avril 1807 à Rochefort, Charente-Inférieure — mort le 4 mai 1873 à Paris) est un amiral français qui fut ministre de la Marine sous le Second Empire. Il mena une expédition maritime de colonisation en Chine puis au Vietnam. Il fut élevé à la dignité d'amiral de France et fait grand-croix de la Légion d'honneur. Il fut l'un des fondateurs de la Société des secours aux naufragés à laquelle il légua la plus grosse partie de sa fortune.

Biographie[modifier | modifier le code]

Prise de Saigon, le 18 Fevrier 1859 par Antoine Morel-Fatio

Charles Rigault de Genouilly était le fils d'un ingénieur maritime, Jean-Charles Rigault de Genouilly, et le neveu de l'amiral Claude Mithon de Senneville de Genouilly. Il entre dans la marine comme aspirant après avoir fait ses études à l'École polytechnique. Il participa aux affaires de Grèce, au forcement de l'entrée du Tage, à la prise d'Ancone où il pénétra le premier dans la citadelle. Il commanda la corvette La Victorieuse lors de la bataille de Tourane contre la marine du royaume du Vietnam en 1847. Passé capitaine de vaisseau à l'âge relativement précoce de quarante-et-un ans, il se distingue en commandant le premier vaisseau mixte, le Charlemagne, lors de ses essais, en 1851.

Lors du bombardement de Sébastopol, en 1855, il commande les batteries de la marine débarquées à terre : son action lui vaut une certaine célébrité auprès du grand public, les étoiles de contre-amiral, et un siège au Conseil d'Amirauté. Lors du siège, il dut la vie sauve à l'action de l'enseigne de vaisseau Charles Édouard Hibert, qui fut blessé à sa place[1].

En 1857, il est nommé au commandement d'une expédition en Chine, projetée depuis plusieurs années, mais retardée par les événements de Crimée. Son action, concertée avec les Britanniques, va se borner à quelques coups de force périphériques, faute de moyens suffisants. Après le bombardement des forts du Bei He et l'entrée des alliés à Tianjin, un traité de paix est finalement signé, le 27 juin 1858, sans toutefois régler véritablement la question. Pourtant, le 8 août 1858, Rigault de Genouilly est promu vice-amiral, et nommé commandant en chef du corps expéditionnaire dans les mers de Chine. Il décide alors de se porter vers l'Annam. Henri Rieunier, futur amiral et ministre de la marine, fut l'un des plus proches et des plus fidèles de ses officiers au cours des campagnes de Crimée, Chine, Cochinchine et lors de la guerre franco-prussienne.

Article détaillé : Campagne de Cochinchine.

Le 30 août, son escadre mouille devant Tourane (l'actuelle Đà Nẵng) ; deux jours plus tard, un ultimatum est adressé à l'empereur Tu-Duc, mais demeure sans réponse. Rigault tente un débarquement, s'empare facilement de Tourane, mais, faute de matériel adapté et d'hommes, il doit renoncer à attaquer la capitale, Huê, et il est même contraint de se retirer. Il décide alors de changer de stratégie et d'attaquer la Basse-Cochinchine, grenier à riz du royaume. Le 17 février, il parvient à prendre Saïgon. Mais la nouvelle des mécomptes des Européens en Chine parvient à la cour de Huê et renforce la résolution des Annamites. Épuisé par le climat, Rigault abandonne son commandement au contre-amiral Page ; ce dernier est contraint d'évacuer Tourane et concentra ses faibles ressources dans Saïgon qu'il déclara port franc et où il ne laissa sur place qu'une petite garnison de moins de 800 Français sous les ordres du capitaine de vaisseau d'Ariès secondé par le colonel espagnol Gutierrez qui commandait 200 hommes de Manille, avant que l'amiral Page, avec toutes les forces dont il disposait, se mette aux ordres de l'amiral Charner pour prendre part à la guerre de Chine qui recommençait. La ville de Saigon, sans l'amiral Page, pendant près d'un an, va subir les assauts répétés de l'armée annamite, jusqu'à l'arrivée providentielle de l'expédition Charner. Nommé sénateur à son retour en France, il est décoré de la médaille militaire.

Peu importe la relativité des succès militaires de Rigault de Genouilly. Le personnage, ambitieux et orgueilleux, sait tourner les choses à son avantage : « Je dois maintenir et je maintiens que j'ai pris Saïgon, que je ne l'ai point abandonné, qu'il n'a pas été à reprendre, et que c'est moi qui ai donné Saïgon à la France », écrit-il, en 1862, dans une lettre personnelle au ministre de la Marine pour se plaindre de certains de ses détracteurs. Rigault de Genouilly a aussi ses défenseurs, parmi lesquels l'amiral Hamelin, les maréchaux Pélissier et Canrobert ; on lit ses bulletins aux Tuileries, on le dit très proche de l'impératrice…

Le 27 janvier 1864, Rigault de Genouilly est élevé à la dignité d'amiral de France. Le 20 janvier 1867, il est nommé ministre de la Marine en remplacement de Chasseloup-Laubat. Grâce à la confiance personnelle de Napoléon III, il parvient à surmonter toutes les tourmentes de la fin de l'Empire (Émile Ollivier aurait voulu le remplacer par l'amiral Jurien de la Gravière).

Lorsqu'éclate la guerre franco-prussienne, Rigault de Genouilly paralyse son administration par ses hésitations: il veut commander en personne la flotte expéditionnaire en Allemagne. Le 7 août 1870, après les premières défaites françaises en Alsace et en Lorraine, cherchant à prendre le commandement de la défense de Paris, Rigault de Genouilly, ministre de la marine, avait fait décider par la régente, l'impératrice Eugénie, que les équipages de la flotte non utilisés pour le service de mer seraient appelés à Paris et exclusivement chargés de la défense des forts de Romainville, de Noisy, de Rosny, d'Ivry, de Bicêtre, de Montrouge, ainsi que des batteries de Montmartre et de Saint-Ouen et qu'une flottille, formée de bateaux légers et de canonnières, opérerait sur la Seine. Il démissionne lors de la chute du Second Empire et se retire à Barcelone où il vit ses dernières années.

Il meurt en 1873 et est enterré à Rochefort après que son corps fut déposé du 10 mai au 30 juillet [Quand ?] dans la chapelle des Marins de l'église Saint-Louis de Rochefort.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jean-Philippe Zanco, Dictionnaire des ministres de la marine 1689-1958 [détail des éditions]
  • Jean-Philippe Zanco (dir.), Dictionnaire des ministres de la marine, SPM 2011.
  • Hervé Bernard, "La Conquête de la Cochinchine" dossier paru dans le magazine du Second Empire "Napoléon III" N° 18 - Mars/Avril/Mai 2012.
  1. « Dossier de l'ordre de la Légion d'honneur de Charles Édouard Hibert », base Léonore, ministère français de la Culture

Liens externes[modifier | modifier le code]