Îles Shetland du Sud

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Îles Shetland du Sud
South Shetland Islands (en)
Carte des îles Shetland du Sud.
Carte des îles Shetland du Sud.
Géographie
Pays Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau du Chili Chili
Drapeau de l’Argentine Argentine
Archipel Aucun
Localisation Océan Antarctique
Coordonnées 62° 19′ 45″ S 59° 17′ 55″ O / -62.32921, -59.29871 ()62° 19′ 45″ S 59° 17′ 55″ O / -62.32921, -59.29871 ()  
Superficie 3 867 km2
Île(s) principale(s) Île du Roi-George, île Clarence, île Livingston, île de l'Éléphant
Point culminant Mont Foster (2 105 m sur Île Smith)
Administration
Statut Territoire revendiqué

Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Territoire Territoire britannique antarctique

Drapeau du Chili Chili
Province Province de l'Antarctique chilien

Drapeau de l’Argentine Argentine
Province Terre de Feu, Antarctique et Îles de l'Atlantique Sud
Démographie
Population 120 hab.
Densité 0,03 hab./km2
Autres informations
Découverte 1818

Géolocalisation sur la carte : Antarctique

(Voir situation sur carte : Antarctique)
Îles Shetland du Sud
Îles Shetland du Sud

Les îles Shetland du Sud sont un archipel de l’Antarctique, situé à 120 kilomètres au nord de la péninsule Antarctique[1]. Au terme du traité sur l'Antarctique de 1959, la souveraineté sur ces îles n'est ni précisée ni revendiquée par les cosignataires qui peuvent les exploiter pour tout usage non-militaire.

Les îles avaient été revendiquées par le Royaume-Uni depuis 1908 et sont rattachées au Territoire britannique antarctique depuis 1962. Elles sont revendiquées par le gouvernement du Chili (depuis 1940, comme composante de la Province de l'Antarctique chilien) et par l’Argentine (depuis 1943) comme composante de la Terre de Feu, Antarctique et Îles de l'Atlantique Sud dans l’Antarctique argentine.

Plusieurs pays y subventionnent des stations de recherche. La plupart se trouvent sur l’île du Roi-George, où elles bénéficient de l'aérodrome de la base chilienne Eduardo Frei.

Il y a ainsi à ce jour seize stations de recherche réparties à travers l'archipel, les stations chiliennes étant les plus nombreuses. Les recherches s'effectuent pour la plupart dans le cadre de collaborations internationales, comme en témoigne la station américano-chilienne de Shirreff Base.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Les îles Shetland du Sud sont situées à 940 kilomètres au sud des îles Malouines et à 120 kilomètres au nord de la péninsule Antarctique[2], dont elles sont séparées par le détroit de Bransfield ; elles délimitent, avec le cap Horn, le passage de Drake, voie maritime naturelle entre l'océan Atlantique et l'océan Pacifique.

L'archipel, constitué de onze îles principales et de nombreux îlots, s'étend sur une distance de 450 kilomètres depuis l’île Snow à l'ouest-sud ouest jusqu'à Elephant Island et l’île Clarence à l'est-nord est.

Topographie[modifier | modifier le code]

Les îles Shetland du Sud comptent 11 grandes îles et de nombreux îlots, d’une superficie totale de 3 687 km2. Entre 80 et 90 % de la superficie est gelée en permanence. Le point culminant est le mont Foster, sur l’île Smith, avec 2 105 mètres au-dessus du niveau de la mer ; puis vient le mont Irving sur l’île Clarence, avec 1 950 mètres d'altitude[3]. L'île de la Déception abrite un volcan actif ; sa forme caractéristique en forme de fer à cheval est due à l'envahissement d'une caldeira par la mer.

Du nord au sud, les îles Shetland du Sud comprennent les îles suivantes :

Le cap Renier.
L’île du Roi-George, à proximité de la base Comandante Ferraz, abritée dans la baie de l'Amirauté.
Source chaude de Port Foster, sur l’île de la Déception.

Climat[modifier | modifier le code]

Ces îles sont à la même distance de l'équateur que les îles Féroé dans l'Atlantique nord, mais leur proximité du continent Antarctique leur confère un climat beaucoup plus froid. L'archipel est coupé du monde extérieur par la banquise de début avril à début décembre et la température mensuelle moyenne est inférieure à 0 °C pendant ces huit mois (d'avril à novembre exactement).

On y a mesuré un retrait constant des glaciers ces dernières années, mais la surface gelée représente toutefois toujours plus de 80 % de la superficie même en été.

Le climat est nuageux et humide et des vents violents soufflent de l'ouest toute l'année. Les pointes de temps ensoleillé sont associées à des vagues de froid parties du continent austral à la fin de l'hiver et au printemps. Les températures estivales moyennes ne sont que d’environ 1,5 °C, celles d'hiver de -5 °C. L'influence océanique contribue à maintenir basses les températures estivales tout en modérant la baisse des températures hivernales[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'océan Antarctique avait été traversé dès la fin du XVIe siècle, aussi bien par le Hollandais Dirck Pomp en 1599 que par l’Espagnol Gabriel de Castilla en 1603, ces deux marins étant d'ailleurs réputés avoir doublé les îles Shetland du Sud par le passage de Drake ; mais il fallut attendre 1818 pour que Juan Pedro de Aguirre obtienne la permission du gouvernement de Buenos Aires d'établir un comptoir pour la chasse aux phoques sur « certaines îles inhabitées proche du Pôle Sud[5] ».

Le capitaine britannique William Smith qui en 1819 faisait voile vers Valparaíso, au Chili, à bord du clipper Williams, dévia de sa route au sud du Cap Horn, et le 19 février arriva en vue de Williams Point, la pointe nord-est de l’île Livingston. Smith parcourut à son tour les îles Shetland du Sud, débarqua sur l’île du Roi-George le 16 octobre 1819, et en prit possession au nom du Royaume-Uni. C’est ainsi que l’île Livingston fut la première terre découverte au-delà du 60e parallèle de latitude sud.

Au mois de septembre 1819, un navire espagnol, le San Telmo, disparaissait au large du passage de Drake. Des chasseurs de phoque découvrirent quelques mois plus tard des débris supposés de son épave sur la côte nord de l’île Livingston.

Le cap de Williams Point, découvert le 19 février 1819.

En décembre 1819 - janvier 1820, le lieutenant de vaisseau Edward Bransfield, à bord du Williams, navire dépêché spécialement par la Royal Navy, dressa un levé du littoral des îles Shetland du Sud. Or, dès le 15 novembre 1819 le représentant américain à Valparaíso, Jeremy Robinson, avait informé le secrétaire d'État John Quincy Adams de la découverte de Smith et de l’imminence de la mission Bransfield, suggérant l'envoi d'un navire officiel du gouvernement américain pour explorer l'archipel où « l’on pourrait découvrir de nouvelles richesses naturelles, des réserves de puissance et de prospérité, et dont la science même profiterait[6]. »

La découverte de cet archipel attira nombre de chasseurs de phoques britanniques et américains. Le premier navire de pêche à trafiquer dans les parages fut le brig Espirito Santo armé par des commerçants britanniques de Buenos Aires. Ce bateau mouilla à Rugged Island au large de l’île Livingston, où son équipage britannique finit par débarquer à la Noël 1819, réclamant les îles au nom du roi George III ; le pilote du brig, Joseph Herring, fit paraître un récit des événements dans l’édition de juillet 1820 de l’Imperial Magazine. L’Espirito Santo fut suivi du brig américain Hersilia parti des îles Malouines et commandé par le capitaine James Sheffield (avec Nathaniel Palmer comme second) : c'était le premier navire de pêche américain à atteindre les îles Shetland du sud.

Baleinier norvégien échoué sur Half Moon Island.

Le premier hivernage dans l'Antarctique eut lieu aux îles Shetland à la fin de l’été 1820-21 : les onze marins britanniques du Lord Melville, ne parvenant pas à franchir les glaces au large de l’île du Roi-George, réussirent à survivre tout au long de l'hiver austral et furent secourus au début du printemps.

Après avoir accompli la circumnavigation du continent Antarctique, l’expédition antarctique russe de Bellingshausen et Lazarev parvint aux îles Shetland du Sud en janvier 1821. Les Russes firent à leur tour un levé des côtes et explorèrent l’île du Roi-George et l'île de l'Éléphant. Alors qu'il manœuvrait entre l’île de la Déception et île Livingston, Bellingshausen fut abordé par Nathaniel Palmer, commandant le brig américain Hero, qui l'avertit que des douzaines de voiliers britanniques et américains étaient désormais actifs dans l'archipel.

On utilisa brièvement le nom de « Nouvelle-Bretagne du Sud » (New South Britain) avant d'adopter « îles Shetland du Sud » (par allusion aux Shetland au large de la côte nord de l’Écosse), aujourd'hui unanimement reconnu au niveau international. Si les deux archipels des Shetland se trouvent chacun respectivement à une distance sensiblement égale du pôle le plus proche, les îles Shetland du Sud sont beaucoup plus froides.

La chasse aux phoques et à la baleine se poursuivit tout au long du XIXe siècle et du XXe siècle. À partir de 1908, l'archipel fut administré par les Britanniques comme une dépendance des îles Malouines mais elles ne furent réellement occupées qu'avec l'installation d'une station scientifique en 1944. Avec la péninsule Antarctique voisine et la Géorgie du Sud, c'est aujourd'hui une destination touristique estivale appréciée dans l'hémisphère sud.

Les revendications argentines, britanniques et chiliennes sur l'archipel sont gelées depuis la signature du traité sur l'Antarctique. Chacun des trois pays l’inclut dans le secteur dont il revendique la souveraineté.

Stations scientifiques[modifier | modifier le code]

Plusieurs pays entretiennent des stations scientifiques sur l’archipel :

Camps de base[modifier | modifier le code]

Le pic Ongal, dans la montagne de Tangra.
Montagnes de Tangra, l’île Livingston

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « South Shetland Islands », North Dakota State University (consulté en 21 août 2009)
  2. Les îles se trouvent à 93 kilomètre de l'île de la Déception et à 269 kilomètres de l'île Clarence au nord-nord ouest de la pointe la plus avancée du continent Antarctique, la Terre de Graham.
  3. Mount Irving. SCAR Composite Gazetteer of Antarctica.
  4. GHCN Climate data, GISS data publications, période 1978-2007
  5. Cf. (es) Historia Antártica sur le site du gouvernement argentin.
  6. "new sources of wealth, power and happiness would be disclosed and science itself be benefited thereby."