Îles Shetland du Sud
| Îles Shetland du Sud South Shetland Islands (en) |
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Carte des îles Shetland du Sud. |
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| Géographie | |||
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| Pays | |||
| Archipel | Aucun | ||
| Localisation | Océan Antarctique | ||
| Coordonnées | |||
| Superficie | 3 867 km2 | ||
| Île(s) principale(s) | Île du Roi-George, île Clarence, île Livingston, île de l'Éléphant | ||
| Point culminant | Mont Foster (2 105 m sur Île Smith) | ||
| Administration | |||
| Statut | Territoire revendiqué | ||
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| Territoire | Territoire britannique antarctique | ||
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| Province | Province de l'Antarctique chilien | ||
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| Province | Terre de Feu, Antarctique et Îles de l'Atlantique Sud | ||
| Démographie | |||
| Population | 120 hab. | ||
| Densité | 0,03 hab./km2 | ||
| Autres informations | |||
| Découverte | 1818 | ||
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Géolocalisation sur la carte : Antarctique |
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Les îles Shetland du Sud sont un archipel de l’Antarctique, situé à 120 kilomètres au nord de la péninsule Antarctique[1]. Au terme du traité sur l'Antarctique de 1959, la souveraineté sur ces îles n'est ni précisée ni revendiquée par les cosignataires qui peuvent les exploiter pour tout usage non-militaire.
Les îles avaient été revendiquées par le Royaume-Uni depuis 1908 et sont rattachées au Territoire britannique antarctique depuis 1962. Elles sont revendiquées par le gouvernement du Chili (depuis 1940, comme composante de la Province de l'Antarctique chilien) et par l’Argentine (depuis 1943) comme composante de la Terre de Feu, Antarctique et Îles de l'Atlantique Sud dans l’Antarctique argentine.
Plusieurs pays y subventionnent des stations de recherche. La plupart se trouvent sur l’île du Roi-George, où elles bénéficient de l'aérodrome de la base chilienne Eduardo Frei.
Il y a ainsi à ce jour seize stations de recherche réparties à travers l'archipel, les stations chiliennes étant les plus nombreuses. Les recherches s'effectuent pour la plupart dans le cadre de collaborations internationales, comme en témoigne la station américano-chilienne de Shirreff Base.
Sommaire |
Géographie [modifier]
Localisation [modifier]
Les îles Shetland du Sud sont situées à 940 kilomètres au sud des îles Malouines et à 120 kilomètres au nord de la péninsule Antarctique[2], dont elles sont séparées par le détroit de Bransfield ; elles délimitent, avec le cap Horn, le passage de Drake, voie maritime naturelle entre l'océan Atlantique et l'océan Pacifique.
L'archipel, constitué de onze îles principales et de nombreux îlots, s'étend sur une distance de 450 kilomètres depuis l’île Snow à l'ouest-sud ouest jusqu'à Elephant Island et l’île Clarence à l'est-nord est.
Topographie [modifier]
Les îles Shetland du Sud comptent 11 grandes îles et de nombreux îlots, d’une superficie totale de 3 687 km2. Entre 80 et 90 % de la superficie est gelée en permanence. Le point culminant est le mont Foster, sur l’île Smith, avec 2 105 mètres au-dessus du niveau de la mer ; puis vient le mont Irving sur l’île Clarence, avec 1 950 mètres d'altitude[3]. L'île de la Déception abrite un volcan actif ; sa forme caractéristique en forme de fer à cheval est due à l'envahissement d'une caldeira par la mer.
Du nord au sud, les îles Shetland du Sud comprennent les îles suivantes :
- île Cornwallis
- île de l'Éléphant
- île Clarence
- île Rowett
- île Gibbs
- île du Roi-George (la plus grande, appelée île du 25 mai par les Argentins, et Vaterloo par les Russes ; elle abrite la base scientifique brésilienne Comandante Ferraz )
- Île Bridgeman
- Île Penguin
- Île Nelson (appelée île Leipzig par les Russes)
- Île Robert (appelée île Polotsk par les Russes)
- Îles Aitcho
- Île Greenwich (appelée île Berezina par les Russes qui abrite la base navale chilienne Capitán Arturo Prat)
- Île Half Moon
- Île Desolation (îles Shetland du Sud)
- Île Livingston (la deuxième plus grande, appelée île Smolensk par les Russes. Elle abrite la base bulgare St. Kliment Ohridski)
- île Rugged,
- Île Snow (appelée île Maly Yaroslavets par les Russes)
- Île Smith (appelée île Borodino par les Russes)
- Île de la Déception (appelée île Teylya par les Russes)
- île Low,
- îles Seal
Climat [modifier]
Ces îles sont à la même distance de l'équateur que les îles Féroé dans l'Atlantique nord, mais leur proximité du continent Antarctique leur confère un climat beaucoup plus froid. L'archipel est coupé du monde extérieur par la banquise de début avril à début décembre et la température mensuelle moyenne est inférieure à 0 °C pendant ces huit mois (d'avril à novembre exactement).
On y a mesuré un retrait constant des glaciers ces dernières années, mais la surface gelée représente toutefois toujours plus de 80 % de la superficie même en été.
Le climat est nuageux et humide et des vents violents soufflent de l'ouest toute l'année. Les pointes de temps ensoleillé sont associées à des vagues de froid parties du continent austral à la fin de l'hiver et au printemps. Les températures estivales moyennes ne sont que d’environ 1,5 °C, celles d'hiver de -5 °C. L'influence océanique contribue à maintenir basses les températures estivales tout en modérant la baisse des températures hivernales[4].
Histoire [modifier]
L'océan Antarctique avait été traversé dès la fin du XVIe siècle, aussi bien par le Hollandais Dirck Pomp en 1599 que par l’Espagnol Gabriel de Castilla en 1603, ces deux marins étant d'ailleurs réputés avoir doublé les îles Shetland du Sud par le passage de Drake ; mais il fallut attendre 1818 pour que Juan Pedro de Aguirre obtienne la permission du gouvernement de Buenos Aires d'établir un comptoir pour la chasse aux phoques sur « certaines îles inhabitées proche du Pôle Sud[5] ».
En réalité, les Européens ne firent que redécouvrir ces terres, qui avaient été reconnues, explorées et cartographiées en 1421-1422 par la flotte de l'amiral chinois Hong Bao, une des flottes de l'amiral eunuque Zheng He envoyées 'découvrir le monde' par l'empereur Zhu Di[6].
Le capitaine britannique William Smith qui en 1819 faisait voile vers Valparaíso, au Chili, à bord du clipper Williams, dévia de sa route au sud du Cap Horn, et le 19 février arriva en vue de Williams Point, la pointe nord-est de l’île Livingston. Smith parcourut à son tour les îles Shetland du Sud, débarqua sur l’île du Roi-George le 16 octobre 1819, et en prit possession au nom du Royaume-Uni. C’est ainsi que l’île Livingston fut la première terre découverte au-delà du 60e parallèle de latitude sud.
Au mois de septembre 1819, un navire espagnol, le San Telmo, disparaissait au large du passage de Drake. Des chasseurs de phoque découvrirent quelques mois plus tard des débris supposés de son épave sur la côte nord de l’île Livingston.
En décembre 1819 - janvier 1820, le lieutenant de vaisseau Edward Bransfield, à bord du Williams, navire dépêché spécialement par la Royal Navy, dressa un levé du littoral des îles Shetland du Sud. Or, dès le 15 novembre 1819 le représentant américain à Valparaíso, Jeremy Robinson, avait informé le secrétaire d'État John Quincy Adams de la découverte de Smith et de l’imminence de la mission Bransfield, suggérant l'envoi d'un navire officiel du gouvernement américain pour explorer l'archipel où « l’on pourrait découvrir de nouvelles richesses naturelles, des réserves de puissance et de prospérité, et dont la science même profiterait[7]. »
La découverte de cet archipel attira nombre de chasseurs de phoques britanniques et américains. Le premier navire de pêche à trafiquer dans les parages fut le brig Espirito Santo armé par des commerçants britanniques de Buenos Aires. Ce bateau mouilla à Rugged Island au large de l’île Livingston, où son équipage britannique finit par débarquer à la Noël 1819, réclamant les îles au nom du roi George III ; le pilote du brig, Joseph Herring, fit paraître un récit des événements dans l’édition de juillet 1820 de l’Imperial Magazine. L’Espirito Santo fut suivi du brig américain Hersilia parti des îles Malouines et commandé par le capitaine James Sheffield (avec Nathaniel Palmer comme second) : c'était le premier navire de pêche américain à atteindre les îles Shetland du sud.
Le premier hivernage dans l'Antarctique eut lieu aux îles Shetland à la fin de l’été 1820-21 : les onze marins britanniques du Lord Melville, ne parvenant pas à franchir les glaces au large de l’île du Roi-George, réussirent à survivre tout au long de l'hiver austral et furent secourus au début du printemps.
Après avoir accompli la circumnavigation du continent Antarctique, l’expédition antarctique russe de Bellingshausen et Lazarev parvint aux îles Shetland du Sud en janvier 1821. Les Russes firent à leur tour un levé des côtes et explorèrent l’île du Roi-George et l'île de l'Éléphant. Alors qu'il manœuvrait entre l’île de la Déception et île Livingston, Bellingshausen fut abordé par Nathaniel Palmer, commandant le brig américain Hero, qui l'avertit que des douzaines de voiliers britanniques et américains étaient désormais actifs dans l'archipel.
On utilisa brièvement le nom de « Nouvelle-Bretagne du Sud » (New South Britain) avant d'adopter « îles Shetland du Sud » (par allusion aux Shetland au large de la côte nord de l’Écosse), aujourd'hui unanimement reconnu au plan international. Si les deux archipels des Shetland se trouvent chacun respectivement à une distance sensiblement égale du pôle le plus proche, les îles Shetland du Sud sont beaucoup plus froides.
La chasse aux phoques et à la baleine se poursuivit tout au long du XIXe siècle et du XXe siècle. À partir de 1908, l'archipel fut administré par les Britanniques comme une dépendance des îles Malouines mais elles ne furent réellement occupées qu'avec l'installation d'une station scientifique en 1944. Avec la péninsule Antarctique voisine et la Géorgie du Sud, c'est aujourd'hui une destination touristique estivale appréciée dans l'hémisphère sud.
Les revendications argentines, britanniques et chiliennes sur l'archipel sont gelées depuis la signature du traité sur l'Antarctique. Chacun des trois pays l’inclut dans le secteur dont il revendique la souveraineté.
Stations scientifiques [modifier]
Plusieurs pays entretiennent des stations scientifiques sur l’archipel :
Argentine - Jubany (depuis 1953)
Bulgarie - Base antarctique Saint-Clément-d’Ohrid (depuis 1988)
Brésil - Base antarctique Comandante Ferraz (depuis 1984)
Chili - Base Presidente Eduardo Frei Montalva (depuis 1969)
Chili - Base Profesor Julio Escudero (depuis 1994)
Chili - Base Naval Capitán Arturo Prat (depuis 1947)
Chili/États-Unis - Shirreff Base (depuis 1990)
Chine - Base antarctique Grande Muraille (depuis 1985)
Équateur - Pedro Vicente Maldonado Base (depuis 1990)
Espagne - Juan Carlos Primero (depuis 1988)
Espagne - Gabriel de Castilla Base (depuis 1989)
Corée du Sud - Base antarctique King Sejong (depuis 1988)
Pérou - Machu Picchu Research Station (depuis 1989)
Pologne - Base antarctique Arctowski (depuis 1977)
Russie - Base antarctique Bellingshausen (depuis 1968)
Uruguay - Artigas Base (depuis 1984)
Camps de base [modifier]
Annexes [modifier]
Article connexe [modifier]
Source [modifier]
- L.L. Ivanov. Antarctica: Livingston Island and Greenwich, Robert, Snow and Smith Islands. Scale 1:120000 topographic map. Troyan: Manfred Wörner Foundation, 2009. (ISBN 978-954-92032-6-4)
Références [modifier]
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « South Shetland Islands » (voir la liste des auteurs)
- South Shetland Islands, North Dakota State University. Consulté le 21 août 2009
- Les îles se trouvent à 93 kilomètre de l'île de la Déception et à 269 kilomètres de l'île Clarence au nord-nord ouest de la pointe la plus avancée du continent Antarctique, la Terre de Graham.
- Mount Irving. SCAR Composite Gazetteer of Antarctica.
- GHCN Climate data, GISS data publications, période 1978-2007
- Cf. (es) Historia Antártica sur le site du gouvernement argentin.
- Gavin Menzies, 1421, the year Chian discovered the world, Bantam Books, 2002
- "new sources of wealth, power and happiness would be disclosed and science itself be benefited thereby."