Arenenberg

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Château d'Arenenberg
Image illustrative de l'article Arenenberg
Château d'Arenenberg
Coordonnées 47° 40′ 22″ N 9° 03′ 33″ E / 47.6728, 9.0591747° 40′ 22″ Nord 9° 03′ 33″ Est / 47.6728, 9.05917  
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Région historique Canton de Thurgovie
Commune Salenstein

Géolocalisation sur la carte : Suisse

(Voir situation sur carte : Suisse)
Château d'Arenenberg

Arenenberg est une propriété sur laquelle est bâti un château, située au bord sud du lac de Constance à Salenstein, dans le canton de Thurgovie en Suisse. Il est célèbre pour avoir été la dernière demeure de l'ancienne reine de Hollande Hortense de Beauharnais. Il abrite à présent un musée consacré à son fils Napoléon III.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le château d'Arenenberg fut bâti au XVIe siècle par Sebastian Geissberg, maire de Constance de 1546 à 1548. Le nom de la ferme qui occupait cet endroit auparavant était Narrenberg (la montagne des dupes) ; probablement peu au goût des propriétaires, et peut-être aussi par similitude avec le nom de la colline en direction du lac, Arnhalde, on en vint à l'appeler Arenenberg au XIXe siècle.

La propriété passa entre diverses mains, avant de devevenir en 1730 la propriété du baron Karl Anton von Rüpplin, seigneur de Kefikon et de Wittenwil. Sept ans plus tard, il la céda à son gendre, le bourgmestre de Constance, Anton Prosper von Streng. Le château resta dans la propriété des von Streng jusqu'en 1817, date à laquelle Johann Baptist von Streng la vendit pour 30 000 thaler à la reine de Hollande déchue Hortense de Beauharnais, fille de l'impératrice Joséphine et épouse du frère de Napoléon Ier, Louis Bonaparte, dont elle était alors séparée.
Hortense fit procéder à des aménagements par l'architecte Wehrle de Constance en essayant de recréer l'atmosphère du château de Malmaison. Du château de style gothique tardif avec pignons à redents, fenêtres à baie centrale surélevée, mur d'enceinte, tour et pont-levis, naquit au bout de trois années de travaux, une maison de campagne à la française, ornée de tentures, de meubles, de statuettes et de tableaux de style Empire rappelant le souvenir de Napoléon Ier.
Le parc fut, quant à lui, peut-être dessiné par l'architecte paysagiste Louis-Martin Berthault.
Hortense emménagea en 1818, tandis que son frère Eugène de Beauharnais achetait le château voisin de Sandegg.
En 1832, elle fit construire une chapelle néogothique munit d'un toit en croupe et fit abattre les derniers remparts de la propriété.

Tandis que dans les premières années Hortense passait l'essentiel de son temps dans sa maison d'Augsbourg, Arenenberg devint peu à peu son domicile principal. Jusqu'à sa mort, elle y reçut de nombreux visiteurs de marque tel que : Chateaubriand, Alexandre Dumas père ou le maréchal Michel Ney.
Son fils Louis-Napoléon, le futur empereur Napoléon III, qui faisait ses études à Augsbourg, vint à Arenenberg durant son adolescence. En 1837, alors exilé à New York, il apprit que la santé de sa mère se détériorait : il revint à Arenenberg où Hortense expira le 5 octobre de cette année-là. Après le deuil, et sous la pression du gouvernement français, Louis-Napoléon dut quitter la Suisse pour Londres. En 1843, il se résolut à vendre Arenenberg pour financer ses activités politiques. Sous le Second Empire, en 1855, son épouse, l'impératrice Eugénie racheta le domaine. Des restaurations y furent entreprises jusqu'en 1874.

Après la mort de Napoléon III en 1873, Eugénie se rendit plusieurs fois à Arenenberg, avant d'en faire don en 1906 au canton de Thurgovie.

Aujourd'hui le château abrite le Napoleonmuseum et le parc Napoléon a été restauré.

Arenenberg vu par Lavisse[modifier | modifier le code]

Ernest Lavisse a laissé la description suivante d'Arenenberg, qu'il avait connu lorsque l'impératrice Eugénie l'habitait[1] :

« Le château d'Arenenberg est une maison très simple qu'habita la reine Hortense, mère de Napoléon III. Il est situé sur une sorte de promontoire entre le grand lac de Constance et le petit lac appelé lac inférieur, l'Untersee. À quelque distance devant la maison se dresse le pavillon de la reine Hortense ; de là, on découvre, au bord de l'eau, la jolie ville de Constance. Derrière la maison, une terrasse regarde l'Untersee et les collines vêtues de forêts. La reine Hortense prétendait que nulle part au monde ne se pouvaient voir d'aussi beaux couchers de soleil. Du parc, des chemins descendent au Sud vers la plaine, ou montent au Nord vers les collines. C'étaient, de tous côtés, des invites à sortir, et l'on sortait chaque jour ; les promenades à pied alternaient avec les promenades sur l'eau. »

Vues d'Arenenberg[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. Augustin Filon (préf. Ernest Lavisse), Souvenirs sur l'impératrice Eugénie, Paris, Calman-Lévy,‎ 1920, pp.IV-V.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Johannes Meyer, Die früheren Besitzer von Arenenberg. Königin Hortense und Prinz Ludwig Napoléon. Nach den Quellen bearbeitet von Johannes Meyer., Huber, Frauenfeld (1re éd. 1909), 1920.
  • Jakob Hugentobler, Die Familie Bonaparte auf Arenenberg., Napoléon-Museum, Salenstein, 1989.
  • Hansjörg Gadient, Verschütteter Schatz / Sorgfältige Bergung. Zwei Fachartikel über den Garten Arenenberg und seine Wiederherstellung in: TEC21, Nr. 33-34 vom 18, août 2008, pp. 29-43.
  • Pierre Grellet, Königin Hortense auf Arenenberg, Huber, Frauenfeld, 2001, ISBN 978-3-7193-1262-6
  • Dominik Gügel, Christina Egli, Arkadien am Bodensee. Europäische Gartenkultur des beginnenden 19. Jahrhunderts., Huber, Frauenfeld, 2005. ISBN 978-3-7193-1389-0
  • Dominik Gügel, Christina Egli, Menschen im Schloss. Lebenswelt um 1900 auf dem kaiserlichen Gut Arenenberg, Huber, Frauenfeld, 2006, ISBN 978-3-7193-1416-3
  • Dominik Gügel, Christina Egli: Napoléon III. – Der Kaiser vom Bodensee., Labhard, Constance, 2008. ISBN 978-3-939142-26-3
  • Johannes Willms, Napoléon III. Frankreichs letzter Kaiser, C. H. Beck, Munich, 2008. ISBN 978-3-406-57151-0

Liens externes[modifier | modifier le code]