Paul Boudet (homme politique)

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Paul Boudet est un homme politique français né à Laval le 13 novembre 1800 et mort à Paris le 17 novembre 1877.

Paul Boudet, jeune
Paul Boudet, gravure
Paul Boudet, député
Paul Boudet, ministre
Paul Boudet, âgé

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu de la famille Boudet, originaire du Nord mais fixée à Caussade (Tarn-et-Garonne) dès le XVIe siècle, fils du baron Étienne Boudet, maire de Laval, conseiller général et député de la Mayenne, Paul Boudet, fut reçu avocat et, après avoir été stagiaire dans le cabinet de Dupin aîné, il se fit inscrire au barreau de Paris en 1821. Avec l'ardeur d'un caractère emporté, il ne tarda pas à manifester ses sentiments libéraux et anticléricaux. Protestant et franc-maçon, il fit partie de la Charbonnerie sous la Restauration.

Sous la monarchie de Juillet[modifier | modifier le code]

Il adhéra avec enthousiasme à la monarchie de Juillet et fut élu, le 4 février 1834, député par le 1er collège électoral de la Mayenne (Laval) (97 voix sur 153 votants et 311 inscrits contre 56 à M. Sourdille de Lavalette), en remplacement de M. Delaunay, démissionnaire. Il échoua aux élections du 21 juin suivant (54 voix contre 114 à M. Bidault, ancien député), mais fut élu, le 2 septembre de la même année, dans le 2e collège de la Mayenne (52 voix sur 87 votants et 235 inscrits contre 35 à M. Davivier), en remplacement de M. Ollivier, démissionnaire. Il fut réélu le 4 novembre 1837 (110 voix sur 155 votants et 283 inscrits) et le 2 mars 1839.

Le 12 mai 1839, Jean-Baptiste Teste le nomma secrétaire général du ministère de la Justice (1839-1840) et conseiller d'État. De ce fait, il fut soumis à réélection et ses électeurs lui renouvelèrent leur confiance le 29 juin suivant. Il demeura secrétaire général du ministère de la Justice jusqu'à la chute du ministère Thiers le 29 octobre 1840, et entra alors dans l'opposition.

Il fut réélu comme député le 9 juillet 1842 (145 voix sur 167 votants et 327 inscrits contre 14 à M. Bernard-Dutreil) et vota contre l'indemnité Pritchard, demandée par Guizot (1843). Son mandat lui fut renouvelé aux élections du 1er août 1846 (180 voix sur 193 votants et 335 inscrits). Il parut alors se rapprocher de la droite, restant dans l'opposition, mais de manière plus modérée qu'auparavant.

Sous la Deuxième République[modifier | modifier le code]

Lorsque la Deuxième République supprima le Conseil d'État, il se fit élire à l'Assemblée constituante dans la Mayenne (8e sur 9 par 39.966 voix sur 93.437 votants et 105.259 inscrits) et vota généralement avec la droite : pour le rétablissement du cautionnement des journaux, contre le droit au travail, contre le bicamérisme, contre l'amendement Grévy, pour le remplacement militaire, pour la proposition Rateau, contre la diminution de l'impôt du sel, pour la suppression des clubs, et se rallia à la politique du prince-président Louis-Napoléon Bonaparte.

Sous le Second Empire[modifier | modifier le code]

Désigné par la Constituante pour faire partie du nouveau Conseil d'État, il y fut maintenu après le coup d'État du 2 décembre 1851. Protégé de Billault, il devint président de la section du contentieux. Le 26 juin 1852, il soutint devant le Corps législatif, comme conseiller d'État, le projet de loi relatif aux interdictions de séjour dans le département de la Seine et à Lyon.

Napoléon III le nomma ministre de l'Intérieur, le 23 mars 1863 en remplacement de Victor de Persigny. Il se signala par le zèle avec lequel il fit appliquer les mesures restreignant la liberté de la presse.

Nommé sénateur le 28 mars 1865, le jour même où il était écarté du ministère par Rouher au profit de M. de Lavalette, il fut ensuite nommé aux fonctions de secrétaire (31 mars 1865) puis de premier vice-président (17 novembre 1865) du Sénat.

Il prit sa retraite comme ministre le 7 avril 1866 et quitta la vie publique après la chute du Second Empire. Il avait été fait successivement chevalier de la Légion d'honneur (5 mai 1840), officier (13 août 1855), grand-officier (14 août 1862) et grand-croix (6 novembre 1864).

Le quai Paul-Boudet à Laval (du Vieux Pont au pont d’Avesnières) a été construit suite à la crue de 1863. Le conseil municipal d’alors demanda l’établissement d’une digue insubmersible.

Références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]