Ramón María del Valle-Inclán

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Ramón María del Valle-Inclán

Description de l'image  Valle inclan.jpg.
Nom de naissance Ramón José Simón Valle-Inclán Peña
Activités Dramaturge, poète, écrivain
Naissance
Vilanova de Arousa (Pontevedra), Espagne
Décès (à 69 ans)
Saint-Jacques-de-Compostelle, Espagne
Langue d'écriture Espagnol
Mouvement Modernisme
Genres Théâtre, Poésie, Roman

Ramón José Simón Valle-Inclán Peña, connu comme Ramón María del Valle-Inclán, né à Vilanova de Arousa le et mort à Saint-Jacques-de-Compostelle le (à 69 ans), est un dramaturge, poète et romancier espagnol. Il fait partie du mouvement moderniste en Espagne et fut proche, dans ses dernières œuvres, de l'âme de la Génération de 98 ; il est considéré comme un auteur clef de la littérature espagnole du XXe siècle. Selon l'ancien ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique, Valle Inclán, que l'on surnommait volontiers "l'Anatole France espagnol" était un conteur fascinant, porté à la satire et dont les romans sur la vie à la cour d'Isabelle II n'avaient pas peu contribué à discréditer la dynastie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Naissance[modifier | modifier le code]

Ramón est fils de l’écrivain Ramón Del Valle Bermúdez et de Dolores de la Peña y Montenegro, tous deux de famille noble mais avec des problèmes économiques. Il a pris son nom artistique d’un célèbre ancêtre familial.

Formation et début littéraire[modifier | modifier le code]

Pendant son enfance, il étudie avec l’aide de son père. Puis il étudie le baccalauréat au Lycée de Pontevedra jusqu’en 1885. Pendant ce temps, Jesús Muruáis l’influence sur le plan littéraire. En septembre 1885, l’auteur s’inscrit aux études de Droit parce que son père l’y oblige. Mais il fréquente plus les cafés et les cercles littéraires que les salles de cours. La visite de Zorrilla à l’Université pour y donner une conférence réveille sa vocation littéraire. En 1890, son père meurt, Ramón abandonne ses études et il déménage à Madrid où il commence ses collaborations dans les journaux. Il écrit des contes et des articles.

Le premier voyage au Mexique[modifier | modifier le code]

En 1892, Valle Inclán voyage au Mexique, il habite à Veracruz et à Mexico. Là, il collabore avec les journaux El Veracruzano Libre et El Universal où il publie plusieurs récits. Là, il adopte le nom Valle Inclán et il entre en contact avec le Modernisme. Puis, il visite Cuba et il revient en Galice en 1893.

Retour en Espagne[modifier | modifier le code]

Pendant son séjour à Pontevedra, il se lie d’amitié avec Jesus Muruáis. Dans sa bibliothèque il peut lire les écrivains européens de l’époque. Là, il publie son premier livre de récits Femeninas (1894). À cette époque, Valle Inclán adopte son particulier vêtement originaire des jeunes écrivains français : une cape, un chapeau et surtout ses longues barbes.

La vie de bohème à Madrid[modifier | modifier le code]

En 1896 l’écrivain revient à Madrid. Là, il mène une vie de bohème, fréquente les cercles littéraires et les tertulias et connait de sérieuses difficultés économiques. Il se lie d’amitié avec d’autres écrivains : Jacinto Benavente, Pío et Ricardo Baroja, Azorín,… En 1897 son deuxième livre, Epitalamio est publié sans succès. En 1899 Valle Inclán se dispute avec l’écrivain Manuel Bueno, le galicien souffre d’une infection du bras qui l’amène à l’amputation. Cette même année, il donne la première représentation de sa première pièce de théâtre, Cenizas. Les Sonatas se publient entre 1902 et 1905. Ces romans constituent l’exemple le plus célèbre de prose moderniste dans la littérature espagnole.

Il participe a diverses revues littéraires, dont Alma Española, dans laquelle il publie un article autobiographique, fin 1903[1].

En 1907 le romancier se marie avec Josefina Blanco, ils auront six enfants. Entre 1909 et 1911, il adhère au parti carliste, il se présente comme député mais il n’obtient pas de siège. En 1910 il voyage avec son épouse en Amérique latine dans une compagnie théâtrale. Pendant la Première Guerre mondiale, l’écrivain appuie les alliés et il est invité par le Gouvernement français à visiter les fronts de batailles. Fruit de cette expérience il écrit La media noche. Visión estelar de un momento de guerra (1917).

En 1916 le Galicien est nommé titulaire de la chaire d’esthétique à l’Académie de San Fernando. Pendant les années 1920, il soutient la République et il s’oppose à la Dictature. Comme républicain, il travaille comme représentant du Gouvernement mais il démissionne toujours. À cette époque il écrit le roman Tirano Banderas (1926), et les pièces de théâtre Luces de Bohemia (1920 et 1924) et Martes de Carnaval (1930).

Décès[modifier | modifier le code]

En 1932 Ramón divorce de Josefina, et en 1935 il se retire à Saint-Jacques-de-Compostelle. Là, il entre à l’hôpital où il meurt d'un cancer le .

Œuvre[modifier | modifier le code]

L’écrivain cultive les trois grands genres traditionnels : le genre narratif, le genre lyrique et le théâtre, mais il rejette le roman et le théâtre traditionnels. Le passage du modernisme à l’épouvantail (esperpento), un nouveau genre littéraire qu’il invente, est progressif.

Son premier succès est les Sonatas (entre 1902-1905). Les trois romans de la Guerre Carliste Los cruzados de la causa (1908), El Resplandor de la Hoguera (1909) et Gerifaltes de Antaño (1909) a un style plus simplifié sans les ornements modernistes.

Tirano Banderas (1926) inaugure la transformation du modernisme en épouvantail. Avec Ruedo Ibérico, il se moque de la cour d’Isabelle II, mais il ne peut pas terminer l’œuvre parce qu’il meurt avant.

Las Comedias Bárbaras sont en rupture avec le théâtre de l’époque, elles ont pour thème la Galice féodale et magique. Luces de Bohemia (1926), Los Cuernos de don Friolera (1921), Las galas del difunto (1926) et La Hija del Capitán (1927) sont les œuvres de l’épouvantail.

L’épouvantail (esperpento) est une nouvelle manière de voir le monde, un nouveau genre littéraire. C’est une déformation grotesque de la réalité pour présenter l’image d’une Espagne rude et provinciale. Valle Inclán humanise les objets et les animaux, et il animalise les humains. Les personnages sont des marionnettes que l’écrivain fait bouger. L’épouvantail est une conception moderne de la tragédie.

Romans[modifier | modifier le code]

  • La cara de Dios (1900, en fascicules) .
  • Sonata de Otoño (1902).
  • Sonata de Estío (1903).
  • Sonata de Primavera (1904).
  • Flor de Santidad (1904).
  • Sonata de Invierno (1905).
  • Série La Guerra Carlista : Los Cruzados de la Causa (1908), El Resplandor de la Hoguera (1909) et Gerifaltes de Antaño (1909).
  • Una Tertulia de Antaño (1909).
  • En la Luz del Día (1917, publicada en El Imparcial).
  • Tirano Banderas (1926).
  • Fin de un revolucionario. Aleluyas de la Gloriosa (1928).
  • Série El ruedo ibérico : La Corte de los milagros (1927), ¡Viva mi dueño! (1928), Baza de espadas: vísperas septembrinas (1932, incomplète) et El trueno dorado (1936, fragment).

Récits[modifier | modifier le code]

  • Femeninas (1895).
  • Epitalamio (1897).
  • Corte de Amor (1903).
  • Jardín Umbrío (1903).
  • Jardín Novelesco (1905).
  • Historias Perversas (1907).
  • Corte de Amor. Florilegio de Honestas y Nobles Damas (1908).
  • Cofre de Sándalo (1909).

Théâtre[modifier | modifier le code]

Statue de deux personnages de Luces de Bohemia, à Vilanova de Arousa, ville natale de Valle Inclán.
  • Cenizas (1899).
  • Série Comedias bárbaras : Águila de blasón (1907), Romance de lobos (1908) et Cara de plata (1923).
  • El marqués de Bradomín. Coloquios románticos (1907).
  • El yermo de las almas (1908).
  • Cuento de abril (1910).
  • La cabeza del dragón (1910).
  • Voces de gesta (1911).
  • El embrujado (1912, 1913).
  • La marquesa Rosalinda (1912).
  • Divinas palabras. Tragicomedia de aldea (1919).
  • Luces de bohemia (1920).
  • Farsa de la enamorada del rey (1920).
  • Farsa y licencia de la Reina Castiza (1920).
  • Los cuernos de don Friolera (1921, 1925).
  • ¿Para cuándo son las reclamaciones diplomáticas? (1922).
  • La rosa de papel (1924).
  • La cabeza del Bautista (1924).
  • Tablado de marionetas para educación de príncipes (1926).
  • El terno del difunto (1926).
  • Ligazón. Auto para siluetas (1926).
  • La hija del capitán. Esperpento (1927).
  • Sacrilegio. Auto para siluetas (1927).
  • Retablo de la avaricia, la lujuria y la muerte (1927).
  • Martes de carnaval. Esperpentos (1930).

Poésies[modifier | modifier le code]

  • Aromas de leyenda (1907).
  • La pipa de kif (1919).
  • El pasajero. Claves líricas (1920).
  • Claves líricas (1930, recoge toda su poesía).

Autres genres[modifier | modifier le code]

  • Las mieles del rosal (1910, anthologie de contes).
  • La lámpara maravillosa (1916, essai).
  • La medianoche. Visión estelar de un momento de guerra (1916, chroniques).
  • Flores de almendro (1936, recueil de contes).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Ramón María del Valle-Inclán, « Juventud militante - Autobiografías », Alma Española, Madrid, no 8,‎ 27 décembre 1903, p. 7 (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie en français[modifier | modifier le code]

  • Eliane LAVAUD : Valle-Inclán, du journal au roman, Paris, Klincksieck, 1980
  • Eliane et Jean-Marie LAVAUD : Valle-Inclán, un Espagnol de la rupture, Arles, Actes Sud, 1991
  • Monique MARTINEZ THOMAS : Valle-Inclán, père mythique : le théâtre espagnol des années 60 face à l' esperpento, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 1993
  • Annick LE SCOËZEC MASSON : Ramón del Valle-Inclán et la sensibilité "fin de siècle", Paris, L'Harmattan, 2000
  • Claude G. Bowers : My mission to Spain (1933-1939), éditions FLAMMARION 1956

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]