Îlot Persil

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Îlot Toura/Persil
Perejil (es)
ⵜⴰⵡⵔⴻⵜ
تورة
 (ar)
Carte montrant le nord du Maroc et l'enclave espagnole de Ceuta, incluant l'îlot Persil (en haut à gauche)
Carte montrant le nord du Maroc et l'enclave espagnole de Ceuta, incluant l'îlot Persil (en haut à gauche)
Géographie
Pays Drapeau du Maroc Maroc
Drapeau de l'Espagne Espagne
Archipel Aucun
Localisation Mer d'Alboran (mer Méditerranée)
Coordonnées 35° 55′ 00″ N 5° 25′ 00″ O / 35.916667, -5.41666735° 55′ 00″ N 5° 25′ 00″ O / 35.916667, -5.416667  
Superficie 0,15 km2
Point culminant non nommé (74 m)
Géologie Île continentale
Îlot Persil vu depuis la côte africaine
Administration
Statut No man's land revendiqué par le Maroc et l'Espagne

Drapeau du Maroc Maroc
Région Tanger-Tétouan

Drapeau de l'Espagne Espagne
Ville autonome Ceuta
Démographie
Population Aucun habitant
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+1 pour l'Espagne
UTC+0 pour le Maroc

Géolocalisation sur la carte : Maroc

(Voir situation sur carte : Maroc)
Îlot Toura/Persil
Îlot Toura/Persil

Géolocalisation sur la carte : Espagne

(Voir situation sur carte : Espagne)
Îlot Toura/Persil
Îlot Toura/Persil
Îles d'Espagne - Îles du Maroc

L'îlot Persil (espagnol : Perejil, arabe : Tourah, تورة Toura, ou Leila; berbère :ⵜⴰⵡⵔⴻⵜ Tourah) est situé en Méditerranée, à 200 m de la côte marocaine et à 6 km à l'ouest de l'enclave espagnole de Ceuta. Ce territoire réduit, accidenté, aride et occasionnellement fréquenté par des bergers marocains lors de la marée basse, est surtout connu pour être un territoire contesté. Sa souveraineté demeure en effet disputée par le Maroc et l'Espagne qui tous deux le revendiquent en s'appuyant sur des données géographiques et historiques. En effet, dès 1415 le territoire est considéré comme appartenant au Portugal. Mais en 1688, suite à sa sécession (le Portugal faisant alors partie du royaume d'Espagne), le Portugal reconnait toutefois la souveraineté de ce territoire aux Espagnols au même titre que Ceuta qui ne souhaitait par revenir dans le giron portugais. Rappelons aussi que plus anciennement à l'époque des Wisigoths, le comte Julien, seigneur de Ceuta (alors nommée Septa), était vassal de Rodéric.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Selon Wenceslao Segura Gonzalez[1], l'îlot tiendrait son nom Perejil (Persil) des grandes touffes de persil qui croissaient sur son sol ; cette plante, appelée aussi fenouil de mer, est le Crithmum maritimum des botanistes[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Localisation de l'île Persil dans le détroit de Gibraltar
  • 684 - 1415 : Dynasties marocaines et/ou royaumes andalous musulmans (Idrissides, califat de Cordoue, époque des taïfas (Malaga), Almoravides, Almohades…).
  • 1415 : Ceuta est occupée par le royaume du Portugal.
  • 1580 : le Portugal et ses colonies sont rattachées à la couronne d'Espagne après le décès du jeune roi Sébastien Ier à la bataille des Trois Rois en 1578, mort sans héritier au trône.
  • 1668 : Le Portugal reconnaît la souveraineté espagnole sur Ceuta.
  • 1808 : L'Empire britannique s'empare de l'île. Les Britanniques évacuent l'île en 1813 à la demande du roi d'Espagne Ferdinand VII.
  • 1912 : Protectorat franco-espagnol sur le Maroc
  • 1956 : L'Espagne lève le protectorat sur le nord du Maroc, par conséquent le Maroc considère que l'îlot qui se trouve dans ses eaux territoriales est redevenu marocain.
  • 1992 : Le gouvernement espagnol octroie à Ceuta et Melilla le statut de villes autonomes ; ce nouveau statut élargit les compétences des deux villes à l’instar des Communautés autonomes d'Espagne. Selon la version espagnole, cette décision risquait en effet d’offusquer les autorités marocaines. En effet, en assimilant ces deux villes à des régions autonomes, toute revendication devenait irrecevable. À l’époque, l’îlot du Persil, partie intégrante du territoire de Ceuta pour les Espagnols, semble avoir été volontairement « oublié » dans le nouveau statut. L'Espagne propose, en accord avec le Maroc, de maintenir le statu quo : interdiction de toute présence d’autorité civile ou militaire et absence de tout symbole représentatif d’une appartenance nationale.
  • Mars 1995 : Le projet d'autonomie de Ceuta est approuvé par les autorités espagnoles sans faire aucune mention à l'îlot Persil.
Article détaillé : Crise de l'îlot Persil.
  • 2002 : Six membres des forces auxiliaires marocaines débarquent sur l'îlot le 10 juillet pour y établir un poste de contrôle (selon les autorités marocaines dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue et l'immigration clandestine). Le royaume d'Espagne considère ce débarquement comme une invasion marocaine d'un territoire espagnol, et lance le 17 juillet l'opération militaire « Recuperar Soberanía » (appelé aussi « Opération Romeo Sierra ») pour laquelle elle mobilise plusieurs bateaux de guerre et envoie vingt-quatre soldats des Grupos de operaciones especiales sur six hélicoptères débarquer sur l'îlot (dans une opération qui coûta, selon certains journaux, environ un million d'euros [3]). D'une façon générale, le Maroc souligne l'absence de fondement juridique et légal solide prouvant l'appartenance de l'îlot à l'Espagne[4]. Face à l'immobilisme de la diplomatie européenne, la ministre espagnole des Affaires étrangères Ana Palacio demande la médiation des États-Unis qui réussissent à faire rétablir le statu quo précédant le débarquement marocain[réf. nécessaire].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Nuestra vecina la Isla Perejil, par Wenceslao Segura Gonzalez.
  2. Voir Victor Bérard, Calypso et la mer de l'Atlantide, Armand Colin, 1929, p. 250.
  3. (es) El Gobierno asegura que la invasión de Perejil costó menos de un millón de euros , El Pais
  4. Cf., par exemple : « Entretien de S. M. le [r]oi Mohammed VI [avec] "El Pais" », dans MAP, « S. M. le [r]oi à El Pais : L’objectif des auditions publiques est de "réconcilier le Maroc avec son passé" », Rabat, Instance équité et réconciliation,‎ 17 janvier 2005 — Traduction dont l'auteur est inconnu d'une interview issue de :(es) Jesús Cebario et Ignacio Cembrero, « Se ha restablecido el respeto mutuo entre España y Marruecos » [« Le respect mutuel a été restauré entre l'Espagne et le Maroc »], El País, Madrid,‎ 16 janvier 2005 (lire en ligne).
    « On est même allé jusqu’à dire en Espagne que le Maroc avait envahi un territoire espagnol. La rétrocession au Maroc des provinces du Nord a commencé en 1956 et a duré jusqu’en 1959. Les Espagnols s’étaient alors retirés y compris de l’îlot. Tourah ne faisait pas partie du contentieux historique sur Sebta et Melillia.
    Au cours des années 60, il y avait même des forces marocaines installées à Tourah et Franco n’avait jamais réagi. Aznar serait-il plus franquiste que Franco ? »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]