Deuxième Guerre punique

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Deuxième Guerre punique
Différentes phases de la Deuxième Guerre punique
Différentes phases de la Deuxième Guerre punique
Informations générales
Date 218 av. J.-C. à 202 av. J.-C.
Lieu Italie, Sicile, Hispanie, Gaule cisalpine, Gaule transalpine, Afrique, Grèce
Issue Victoire romaine décisive
Changements territoriaux Prise par les Romains de l'Ibérie des Barcides et des îles Puniques, la Numidie un allié indépendant de Rome
Belligérants
République romaine Carthage
Commandants
Publius Cornelius Scipion†,
Tiberius Sempronius Longus
Scipion l'Africain,
Flaminius Nepos†,
Fabius Maximus,
Claudius Marcellus†,
Lucius Aemilius Paullus†,
Caius Terentius Varro,
Marcus Livius Salinator,
Gaius Claudius Nero,
Gnaeus Cornelius Scipio Calvus†,
Massinissa,
Syphax,
Minucius†,
Geminus†,
Regulus
Hannibal Barca,
Hasdrubal Barca†,
Magon†,
Hasdrubal Gisco†,
Maharbal,
Syphax,
Hannon†,
Massinissa,
Hasdrubal
Forces en présence
En 218 av. J.-C., 6 légions soit 24 000 légionnaires et 1 800 cavaliers;
Alliés : 40 000 légionnaires et 4 400 ;
flotte : 220 quinquérèmes[A 1]
En 211 av. J.-C., 115 000 fantassins et 13 000 cavaliers, ainsi que deux flottes de 150 navires.
En 218 av. J.-C., 90 000 fantassins, 12 000 cavaliers et 37 éléphants[A 2].
Pertes
Inconnues Inconnues
Guerres puniques
Batailles
219 av. J.-C.: Sagonte,
218 av. J.-C.: Cissa, Tessin, La Trébie,
217 av. J.-C.: Ebre, Lac Trasimène,
216 av. J.-C.: Cannes, Selva Litana, Nola (1re),
215 av. J.-C.: Cornus, Dertosa, Nola (2e),
214 av. J.-C.: Nola (3e),
212 av. J.-C.: Capoue (1re), Silarus, Herdonia(1re), Syracuse,
211 av. J.-C.: Bétis, Capoue (2e),
210 av. J.-C.: Herdonia (2e), Numistro,
209 av. J.-C.: Asculum, Carthagène,
208 av. J.-C.: Baecula,
207 av. J.-C.: Grumentum, Métaure,
206 av. J.-C.: Ilipa,
204 av. J.-C.: Crotone,
203 av. J.-C.: Utique, Grandes Plaines,
202 av. J.-C.: Zama

La Deuxième Guerre punique, (218-202 av. J.-C.) est le deuxième des trois conflits connus sous le nom de guerres puniques, qui opposent Rome à Carthage. Plus précisément, ce conflit a lieu au IIIe siècle av. J.-C.., de 219 av. J.-C. à 203 av. J.-C. en Europe, puis de 203 av. J.-C. à 202 av. J.-C. en Afrique.

Cette guerre a commencé à l'initiative des Carthaginois, qui ont voulu prendre leur revanche à la suite de leur défaite lors de la Première Guerre punique. Cette guerre est assez connue par les moyens employés pour l'époque et pour ses conséquences : son coût humain (taille des populations concernées) et économique, l'impact décisif sur le contexte historique, politique et social, dans l'ensemble du monde méditerranéen et pour de nombreux siècles, furent considérables[A 3].

Contrairement à la Première Guerre punique, qui a été menée et gagnée principalement sur mer, la seconde a été une succession ininterrompue de batailles terrestres avec des mouvements de masses énormes d'infanterie, de cavalerie et d'éléphants. Les moyens maritimes ont été presque exclusivement utilisés pour aider les armées dans leurs déplacements, ou encore pour les voyages des diplomates d'un royaume méditerranéen à l'autre. Bien que la conduite de la guerre ait été généralement perçue en suivant le chemin d'Hannibal de l'Hispanie à l'Italie du Sud, la Méditerranée a été, en fait, directement et indirectement, impliquée dans le conflit entre Rome et Carthage. Le pourtour du Bassin Méditerranéen occidental a été un énorme champ de bataille : l'Hispanie, la Gaule, la Gaule cisalpine, l'Italie, l'Afrique ont été concernées ; les enjeux diplomatiques ont impliqué les ambassadeurs des deux rivaux en Numidie, en Grèce, en Macédoine, en Syrie, dans les royaumes de l'Anatolie, et en Égypte.

Les grandes figures de cet affrontement sont célèbres. Du côté carthaginois, le général Hannibal Barca passa avec ses éléphants les Pyrénées, le Rhône et les Alpes, et remporta une série de victoires sur les légions romaines. Du côté romain, les Scipion menèrent des contre-attaques décisives en Espagne, puis en Afrique. Hannibal fut finalement battu par Scipion l'Africain à la bataille de Zama.

Contexte géopolitique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Première guerre punique.

Carthage[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : guerre des mercenaires et Espagne barcide.
Zone d'influence de Carthage et de Rome au début de la Deuxième Guerre Punique

À la fin de la Première guerre punique, Carthage est dans une situation financière désastreuse. Des sommes énormes (près de 3 200 talents d'Eubée sur 10 ans[A 4]) doivent être donnée à titre de compensation à Rome[A 5]. De plus, les riches territoires de Sicile sont perdus pour Carthage et passent sous le contrôle de Rome ; il est interdit à Carthage de porter la guerre contre Hiéron II de Syracuse[A 6]. Carthage est par conséquent incapable de payer les mercenaires libyens et numides qui ont été utilisés durant la guerre. Ces mercenaires se révoltent et il faut trois ans d'efforts et de durs combats pour que Carthage écrase la sédition[A 7]. Rome profite de cette révolte pour occuper la Sardaigne et la Corse[A 8],[A 9] en 238 et 237[1],[2]. Carthage est également obligée de payer une indemnité complémentaire de 1 200 talents, afin d'éviter une résurgence de la guerre (car Carthage n'a alors plus les moyens de faire une nouvelle guerre contre Rome)[A 10],[A 11]. Cette action fut considérée comme une blessure humiliante par les Carthaginois, qui subirent ainsi une défaite sans combattre[2].

À partir de de 237, les Carthaginois s'étendent rapidement dans le sud de l'Espagne sous la conduite d'un membre de la famille des Barcides : Hamilcar Barca puis son gendre Asdrubal. Avec le bassin fertile du Guadalquivir, les mines de plomb argentifère de la Sierra Morena et de la puissante colonie de Carthagène[3], ainsi que la soumission des indigènes, cette région devient un réservoir de blé, de métaux précieux et de soldats appréciés[4].

Carthage récupère sa puissance économique, grâce à son agriculture et son arboriculture dans les territoires africains, et à la vitalité de son commerce[5], notamment sous l'effet de la conquête de l'Espagne barcide. Politiquement, les factions sont toujours présentes à Carthage avec une lutte entre l'aristocratie (dont la richesse est issue des grandes propriétés foncières[6], basées sur des cultures spécialisées[7]) et une nouvelle "classe moyenne" (dont la richesse est issue du commerce et de l'artisanat)[8],[9]. De fortes luttes d'influence ont lieu pour prendre des décisions importantes (ce sera l'une des causes du destin tragique de Carthage), car cette nouvelle "classe moyenne" est plutôt favorable à une extension du territoire carthaginois sur les côtes de l'Europe.

Rome[modifier | modifier le code]

Polybe a raconté comment en 53 années Rome est devenue la maîtresse du monde[A 12]. Même si la victoire sur les Carthaginois a été un grand pas en avant, son accomplissement a nécessité des décennies de préparation. Au moment de la Première guerre punique, les Romains n'avaient pas encore toute l'Italie unifiée sous leur domination[10]: des colonies grecques étaient encore libres (et déterminées à le rester), les populations de la Mer Adriatique étaient simplement des alliés et les Samnites résistaient[11].

Après la Première guerre punique, Rome avait les mains libres en Italie, et la cité avait sa première province en dehors de l'Italie: la Sicile, province riche, productive et très avancée sur le plan culturel. Le Sénat alors ne débattait pas sur le "comment" ou le "si" élargir la domination, mais plutôt sur le "où", car Rome disposait d'importants moyens militaires et financiers. La décision prise fut d'abord d'envahir la plaine du Pô, pour barrer la route du sud qui va vers la Ligurie et pour empêcher définitivement toute invasion des Gaulois[A 13]. Rome cherchait également à trouver des terres pour ses vétérans en créant diverses colonies et menait une guerre contre la reine d'Illyrie Teuta qui menaçait le commerce entre l'Italie et la Grèce[A 14]. Cette dernière guerre (la Première Guerre d'Illyrie) permettant à Rome de s'introduire dans les affaires grecques, macédoniennes et étoliennes, ces royaumes subissant eux-aussi les attaques des pirates illyriens[A 14]. Rome profite aussi des difficultés de Carthage lors de la guerre des mercenaires pour occuper la Corse et la Sardaigne qui étaient encore soumises à la domination punique[A 8],[A 9].

La renaissance de Carthage[modifier | modifier le code]

Après avoir vaincu les mercenaires révoltés[A 7], Carthage a cherché à étendre son territoire. Le gouvernement de la ville était divisé en deux factions: la première était dirigée par l'aristocratie foncière, regroupée autour de la famille Hannon principalement ; l'autre faction regroupait plutôt les familles commerçantes, comme la famille d'Hamilcar Barca, appelée plus généralement la famille Barcide.

Hannon préconise un accord avec Rome et l'élargissement de la puissance carthaginoise à l'intérieur de l'Afrique. Hamilcar, quant à lui, pense plus à l'Hispanie, car depuis des siècles, Carthage maintient d'importants comptoirs commerciaux dans cette région, qui devient ainsi le centre principal de relance des finances carthaginoises[A 15].

Mais Hamilcar est vaincu politiquement, bien qu'il ait tenu un rôle de premier plan lors de la répression de la révolte des mercenaires. Le Sénat carthaginois y étant opposé, il ne reçoit pas les navires de la flotte carthaginoise pour aller en Hispanie. Il prend le contrôle d'une unité de mercenaires et effectue quand même le voyage en bateau en suivant la côte de l'Afrique du Nord jusqu'au détroit de Gibraltar. Il fait ce voyage accompagné par son fils Hannibal et par Hasdrubal le Beau (également dit Hasdrubal l'Ancien, général et gendre d'Hamilcar) à la recherche de nouvelles richesses pour Carthage[A 16].

L'expédition d'Hamilcar prend l'apparence d'une guerre de conquête pour Carthage, à partir de la ville de Gadès (aujourd'hui Cadix), bien qu'elle débutât sans l'autorisation du Sénat de Carthage[A 17]. De 237 jusqu'à 229 (année de la mort d'Hamilcar au combat[A 17]), Hamilcar va rendre la navigation maritime viable tant sur le plan économique que militaire, et va même envoyer des quantités importantes de marchandises et de métal vers Carthage, qui peuvent être considérées comme un tribut des populations hispaniques envers la cité de Carthage[A 16],[A 18]. Quand Hamilcar meurt, son gendre Hasdrubal le Beau lui succède durant huit années et commence une consolidation des territoires puniques en Hispanie[A 19]; il signe différents traités avec les peuples locaux[A 20] et fonde une nouvelle cité "Karth Hadash" (c'est également le nom de Carthage en carthaginois), ce qui signifie en français "Nouvelle ville"[A 21]. La nouvelle ville est dénommée Carthago Noeva en latin et Carthagène aujourd'hui[4].

Rome étant déjà engagée dans une guerre contre les Gaulois, elle préfère se mettre d'accord avec Hasdrubal le Beau en 226, et conclut un traité qui place l'Ebre comme limite à l'expansion de Carthage[A 17]. Ce traité permet également à Carthage de faire reconnaître les nouveaux territoires annexés en Hispanie[A 22]. Comme, en Hispanie, Carthage est à la tête d'une armée de 50 000 fantassins, 6 000 cavaliers et 200 éléphants, un problème économique se pose concernant l'entretien des troupes (notamment la solde), c'est pourquoi les Carthaginois cherchent des cibles potentielles. Le tournant se produit en 221, quand Hasdrubal le Beau est tué par un mercenaire gaulois[A 23],[A 17] et l'armée carthaginoise proclame comme chef Hannibal[A 24]. Hannibal n'a que 26 ans quand il devient le troisième général de l'armée carthaginoise en Hispanie[A 25],[A 26]. À Carthage, après une décision du peuple, le Sénat carthaginois décide de ratifier le commandement d'Hannibal[A 27],[A 28].

Casus Belli (219)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Siège de Sagonte.

Polybe dans ses Histoires énumère les trois raisons principales du déclenchement de la Deuxième Guerre Punique :

Pour Polybe, tout comme pour Fabius Pictor, le siège de Sagonte semble être la première cause du déclenchement de la guerre. La seconde cause serait le passage de l'Èbre par les armées carthaginoises. Ces deux événements semblent apparaître comme les causes immédiates, mais certaines autres causes semblent être plus profondes[A 36]. Le traité de 226 qui marquait la limite de l'influence punique semble être une cause plus profonde, surtout que certaines cités de l'espace carthaginois étaient alliées de Rome: Emporion, Rhode et la plus célèbre de toute Sagonte. La cité de Sagonte était construite sur une colline, et l'assaut de cette position fortifiée devait permettre à l'armée d'Hannibal d'affiner sa préparation. Sagonte fut donc la principale raison du Casus Beli de la Deuxième Guerre Punique[A 37],[A 17].

Hannibal, avant de déclarer ouvertement la guerre à Rome, doit assurer la maîtrise du territoire hispanique. Pour cela, il envahit les peuples voisins de la cité de Sagonte. C'est ainsi que les Olcades sont vaincus, puis les Vaccéens et les Carpétans entre 221 et 219[A 38]. Tous les pays au sud de l'Ebre étant alors soumis, Hannibal peut désormais s'occuper de la cité de Sagonte.

Hannibal profite d'un prétexte pour déclarer la guerre à Sagonte[A 17], et Sagonte demande de l'aide à Rome. Rome se contente seulement d'envoyer des ambassadeurs à Hannibal, que le général carthaginois refuse de recevoir[A 39]. Hannibal met un siège drastique devant la cité en mars 219[A 40],[A 37], le siège dure huit mois avant que Rome ne se décide à prendre des mesures, d'où la réponse d'un ambassadeur sagontin :

« (la) Dum Romae consulitur, Saguntum expugnatur »

« (fr) Pendant qu'à Rome on discute, Sagonte tombe »

Le siège de la cité de Sagonte commença en 219. Hannibal sait qu'en faisant le siège de cette cité, il ouvre la possibilité que Rome entre en guerre contre Carthage. Et cela même si, selon le traité de 241[A 41] qui délimitait les zones d'influence respectives des deux puissances rivales, Rome n'aurait pas dû contracter d'alliance au sud de l'Ebre. Il semble que Rome ait ici profité d'une imprécision du traité, et ait interprété cette clause en considérant que la rivière citée n'était pas l'Èbre coulant au Nord de l'Espagne, mais un fleuve côtier situé au Sud de Sagonte. Dans ce cas, c'est évidemment Carthage qui se trouvait en tort. Cet artifice permettait à Rome de ne pas se parjurer, et de maintenir la paix des dieux. De plus, le Sénat de Rome envoie une ambassade pour tenter d'arrêter le siège par la diplomatie. L'ambassade est envoyée auprès d'Hannibal quand il assiège Sagonte; ce dernier ne la reçoit pas en prétextant un manque de temps[A 42]. L'ambassade romaine s'embarque alors en direction de Carthage. Lors de son arrivée à Carthage, elle est reçue par le Sénat de Carthage ; c'est un nouvel échec car presque tout le Sénat carthaginois soutient Hannibal dans sa décision d'en venir à un conflit armé avec Rome[A 43]. Seul un sénateur nommé Hannon, tente de faire passer une proposition pour qu'Hannibal arrête le siège de Sagonte, mais sans résultat[A 44]. L'ambassade romaine propose alors deux solutions :

  1. soit de livrer Hannibal et son état-major à Rome
  2. soit l'état de guerre entre Rome et Carthage[A 45]

Finalement, Sagonte, épuisé par des mois de famine, de batailles, de mort et de désespoir se rendit et fut rasé[A 17],[A 46],[A 47],[A 37].

Les Carthaginois ont essayé de se défendre et de soutenir Hannibal en prétextant que dans le traité de la fin de la Première Guerre Punique, il n'était ni fait mention de la péninsule Ibérique, ni de l'Ebre[A 48]. Cependant Sagonte était considéré comme un allié et un ami du peuple romain[A 49], la guerre était donc inévitable[A 37]. La guerre n'eut pas lieu seulement dans la péninsule Ibérique (comme le souhaitait les Romains), mais aussi en Italie et sous les murs de Rome[A 50]. À la fin de l'année 219, la Deuxième Guerre punique commençait[A 51].

À son retour à Rome, l'ambassade fait son rapport, et le Sénat romain décide d'envoyer une autre ambassade à Carthage, avec la déclaration de l'état de guerre entre les deux peuples[A 52].

Force en présence[modifier | modifier le code]

Les préparatifs d'Hannibal[modifier | modifier le code]

Au printemps 218, quelques mois après la prise de Sagonte, Hannibal complète la deuxième sélection de son armée: il envoie une armée, vers Carthage, composée de 15 000 hommes dont 2 000 cavaliers numides. Avec des forces locales et un millier de Ligures, Hannibal confie la surveillance de l'Hispanie à son frère Hasdrubal pour contenir les populations locales[A 2],[A 51]. Des renforts sont envoyés de Carthage de 14 000 fantassins et de 1 200 cavaliers, avec en plus 4 000 nobles ibériques qui sont envoyés comme "force d'appoint", mais il s'agit plus certainement d'otages pour s'assurer la fidélité des cités ibériques. Hannibal obtient ainsi un équilibre avec le contrôle de positions militaires stratégiques ou politiquement non-stables avec des troupes non liées au territoire qu'elles contrôlent (les Ibères se révolteraient moins en étant en Afrique, et les Numides et autres troupes africaines en étant en Hispanie). Aux forces laissées en Ibérie et envoyées à Carthage, il faut finalement additionner celles qui prendront le chemin de l'Italie, soit environ: 80 000[A 51]-90 000 fantassins[A 2] et 10 000[A 51]-12 000 cavaliers[A 2], ainsi que 37 éléphants[A 51],[A 2].

Les préparatifs de Rome[modifier | modifier le code]

Article détaillé : légion romaine.

Après les batailles navales de la Première Guerre punique, Rome a construit une flotte de plus de 200 quinquérèmes, la cité elle-même fournit 24 000 soldats d'infanterie et 1 800 cavaliers (pour un total de six légions) parmi ses propres citoyens, et en plus, un certain nombre d'alliés italiens au nombre 45 000 fantassins[A 53] et 4 000 cavaliers (qui représente pour Polybe environ 9-10 légions de Socii[A 54]). Les deux consuls se partagèrent les provinces consulaires, Tiberius Sempronius Longus fut envoyé en Sicile[A 51] avec les forces de deux légions et de plusieurs milliers d'alliés, soit environ 24 000 fantassins et 2 000 cavaliers avec des instructions du Sénat pour aller porter la guerre en Afrique directement sous les murs de Carthage. Une flotte de 160 quinquérèmes est mis à sa disposition pour transporter les troupes de Sicile en Afrique.

Dans les années qui suivirent le début de la guerre, les Romains ont été obligés de mobiliser encore plus de soldats. En 216, 80 000 soldats d'infanterie ont été déployés, ainsi que 9 600 cavaliers[A 53],[A 54], soit l'équivalent de seize légions. En 211, le nombre de légions atteint à cette époque un record : vingt-trois légions (ou peut-être même vingt-cinq[12]), soit environ 115 000 soldats d'infanterie et 13 000 cavaliers, ainsi que deux flottes de 150 quinquérèmes[A 53],[A 54].

Représentation schématique d'une bataille d'une armée consulaire de type polybienne au IIIe siècle av. J.-C. avec les deux légions au centre et les alliés italiens (Alae Sociorum) sur leurs côtés, et sur les flancs, la cavalerie légionnaire et celle des alliés[13].

Toutes les phases de la guerre (218-202)[modifier | modifier le code]

Premières actions romaines[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Cissa.

La première action militaire de Rome est de mettre le siège devant la forteresse carthaginoise de Melita, situé sur l'ile de Malte, la forteresse se rendit rapidement sans combattre. À Publius Cornelius Scipio père de Scipion l'Africain et frère de Gnaeus Cornelius Scipio Calvus fut assigné l'Hispanie[A 51] avec le reste des forces : soit deux légions et de nombreux alliés, ce qui équivaut à une armée de 22 000 fantassins, 2 000 cavaliers et une soixantaine de navires. Le plan était d'attaquer Carthage avec une armée qui débarquerait en Afrique, car la cité n'était pas considérée comme tout à fait prête, et avec une autre armée d'attaquer Hannibal en Hispanie en demandant l'aide des populations locales.

Des ambassadeurs furent envoyés en Hispanie pour rechercher l'alliance des tribus Celtibères, qui étaient depuis des années en lutte contre les Carthaginois, notamment les tribus des Ilergetes et les légendaires Frondeurs des Baléares[14]. Mais, seulement, quelques tribus acceptèrent, les autres se rappelant le manque d'aide à Sagonte de la part de Rome. La plupart des tribus refusèrent d'aider Rome en Hispanie, et cette réaction s'étendit dans les deux versants des Alpes (en Gaule et dans une partie de la Gaule Cisalpine). Rome ne put compter seulement que sur ses propres forces et sur celles d'une Italie dont certains territoires étaient à peine conquis, et encore parcourue chez certains par des frémissements de liberté.

La marche vers l'Italie (218)[modifier | modifier le code]

Parcours d'Hannibal Barca, de l'Espagne carthaginoise vers l'Italie romaine, puis son retour à Carthage

En mai 218, Hannibal quitte la péninsule Ibérique, avec entre 90 000[A 51] et 100 000 hommes d'infanterie ou de cavalerie[A 2], ainsi que 37 éléphants[A 51],[A 2]. Hannibal devait se déplacer rapidement s'il voulait diviser les forces de Rome pour les empêcher d'attaquer Carthage, condition également nécessaire s'il voulait mettre fin à la guerre rapidement. L’infériorité navale carthaginoise l’oblige à choisir une voie terrestre pour attaquer l’Italie. Il passe l'Ebre, et pendant environ deux mois, son armée se bat contre les peuples se trouvant entre le fleuve et les Pyrénées, perdant 22 000 hommes (soit par décès ou soit par défection[A 51]), où il laissa pour la protection des nouveaux territoires conquis un contingent d'environ 10 000 hommes.

Hannibal chercha l'alliance des populations gauloises et ligures[A 51] sur les terres desquelles son armée allait passer. Il leur assura ne pas vouloir conquérir leurs terres. La région celtique qu'Hannibal doit traverser entre les Pyrénées et le Rhône est pour le moins neutre, sinon bienveillante, les populations trouvant là l'occasion d'un commerce de fournitures avantageux. L'arverne Luernios, prince le plus puissant de la Gaule transalpine, a en effet des griefs contre Rome dont la puissance tend à limiter son influence politique dans les échanges commerciaux avec les cités gauloises de la Cisalpine. Mais les territoires alliés de la future province romaine, fidèles à Rome, harcèlent l'armée carthaginoise qui doit s'éloigner de la côte pour éviter Marseille. Le passage chez certaines tribus, cependant, fut loin d'être facile et il dut se frayer un passage avec les armes en perdant environ 13 000 hommes dont 1 000 cavaliers. Après la désertion de 3 000 Carpétans, il permit à 7 000 hommes, peu désireux de le suivre de rentrer chez eux. Vers le milieu du mois d'août, ils arrivèrent au Rhône avec 38 000 fantassins et 8 000 cavaliers, majoritairement des troupes fidèles et déjà rodées au combat dans de dures batailles. Luernios fournit alors à Hannibal des guides pour traverser les Alpes par le Nord.

Pendant ce temps, la diplomatie d'Hannibal dans la Gaule cisalpine pousse les Gaulois Insubres à la révolte. Ils chassèrent les colons de Plaisance et les repoussèrent à Modène, qui était en état de siège, forçant Publius Cornélius Scipion à se dérouter vers la vallée du alors que ses forces étaient à Pise en attente d'embarquement pour la Gaule. Publius Cornélius Scipion fut forcé de revenir à Rome pour enrôler une sixième légion. À cause de la conduite maladroite de la guerre en Gaule Cisalpine, Publius Cornélius Scipion se vit contraint d'envoyer contre les Insubres la nouvelle légion fraîchement recrutée. Il revint une nouvelle fois à Rome, il leva de nouvelles forces et il réussit à arriver à Massilia pour affronter Hannibal, mais il avait perdu un temps précieux.

Les Alpes (218)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Passage des Alpes par Hannibal.
Représentation de la traversée des Alpes par Hannibal, avec son armée et ses éléphants.

La rencontre des forces romaines et carthaginoises en Gaule se limite à un accrochage de détachements de cavalerie envoyés en reconnaissance (Bataille du Rhône). Le passage des Alpes par Hannibal est rapporté par Polybe, puis Tite-Live, sans que l'on puisse déterminer malgré de nombreuses études par quel itinéraire il est passé. Franchir les Alpes à la mi-octobre, sous le harcèlement des autochtones, alors que les premières neiges de l'automne tombent, se révèle terriblement éprouvant : 35 éléphants y meurent[réf. nécessaire], au cours des neuf jours de montée et des six jours de descente (18 jours en tout, si l'on suit Tite-Live), et deux autres meurent quelques jours après (selon d'autres sources, des éléphants survécurent au moins jusqu'à la bataille de la Trébie). Après cinq mois de trajet, c'est une armée épuisée qui arrive en Italie sur le territoire des Taurini, qui deviendra Turin : 20 000 fantassins et 6 000 cavaliers, selon Polybe.

Rome est contrainte de réviser son plan de manœuvre :

  • Publius Cornelius Scipion doit rebrousser chemin à Marseille avec une partie de son armée, l'autre partie naviguant vers l'Espagne sous le commandement de son frère, Gnaeus Cornelius Scipio Calvus.
  • L'armée du consul Sempronius revient de Sicile où elle stationnait.

Les 4 victoires majeures d'Hannibal (218 - 216)[modifier | modifier le code]

Lieux de batailles de la deuxième guerre punique

La bataille du Tessin[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille du Tessin.

Publius Cornelius Scipio, de retour en Italie, franchit le Pô en octobre 218 pour y affronter Hannibal lors de sa descente des Alpes (descente durant laquelle Hannibal perd un œil[A 55]) . C'est la Bataille du Tessin, au cours de laquelle les Romains sont défaits. Après cette victoire carthaginoise, la plupart des peuples Gaulois de la région rejoignent le parti d'Hannibal[A 56]. Publius Cornelius Scipio décide d'aller camper près de Plaisance, une colonie romaine fondée en 219, dans la plaine du Pô[A 56]. Cette bataille met en évidence un fait à prendre en compte durant tout le conflit, celui de la supériorité de la cavalerie carthaginoise sur toutes les autres cavaleries engagées durant la deuxième guerre punique[A 57].

La bataille de La Trébie[modifier | modifier le code]

Hannibal poursuit sa marche. Les armées de Tiberius Sempronius Longus (qui arrivent de Sicile où elles étaient stationnées en attendant une hypothétique invasion de l'Afrique carthaginoise[A 58]) et de Publius Cornelius Scipio opèrent leur jonction, et à nouveau affrontent Hannibal, le 25 décembre 218, pour essayer d'arrêter son avancée. Publius Cornelius Scipio ne veut pas d'un affrontement immédiat avec Hannibal, car il pense que ses troupes se seront aguerries pendant l'hiver, et que les Gaulois ne resteront pas fidèles très longtemps aux Carthaginois[A 59]. C'est la bataille de la Trébie, une défaite terrible pour les Romains : ils perdent au moins 20 000 hommes. Les pertes importantes romaines sont dues à la présence de la rivière Trébie sur leurs arrières, ce qui ralentit le repli des armées romaines. 10 000 soldats romains réussirent tout de même à se replier sur la colonie de Plaisance[A 60]. Hannibal vainqueur reçoit le ralliement de nombreux Gaulois, qui complètent ses effectifs. À Rome, l'inquiétude ne fut pas immédiate car le consul Tiberius Sempronius Longus envoya une lettre au Sénat affirmant que la défaite était due à un orage. Quand les sénateurs romains réalisèrent la gravité de la situation, ils décidèrent l'envoi de renforts en Sardaigne, en Sicile, à Tarente et dans d'autres positions stratégiques. Le Sénat demande également à son allié de Syracuse, Hiéron II, de l'aide, ce que Rome obtint. Hiéron II envoya 500 archers crétois et 1 000 peltastes[A 61].

La bataille du lac Trasimène[modifier | modifier le code]

Article détaillé : bataille du lac Trasimène.

En 217 Hannibal pénètre en Étrurie ; une nouvelle armée de quatre légions, conduite par le consul romain Gaius Flaminius Nepos entre en jeu. Mais elle tombe dans un piège le 21 juin 217 : sur les bords du lac Trasimène (Traesinum), l'armée d'Hannibal surgit des brumes et surprend l'armée romaine en ordre de marche. Les Romains perdent de 15 000 à 20 000 légionnaires, massacrés ou noyés[A 62]. Gaius Flaminius Nepos est tué et Hannibal fait environ 10 000 prisonniers[A 63].

Cette année 217, le seul succès romain vient d'Espagne : Gnaeus Cornelius Scipio Calvus y détruit les réserves d'Hannibal.

La bataille de Cannes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Cannes.

Hannibal libère ses prisonniers italiens, espérant susciter d’autres ralliements de peuples soumis aux Romains, mais en vain. Il continue sa marche vers le Sud, comptant sur des alliances avec les Apuliens et les Lucaniens.

Devant la gravité de la défaite de Trasimène, les comices centuriates nomment dictateur Quintus Fabius Maximus Verrucosus[A 64] surnommé Cunctator, le Temporisateur, qui applique alors une stratégie d'usure, suivant les déplacements d’Hannibal qui pille la Campanie et le Samnium, tout en évitant l’affrontement direct.

En 216, le commandement revient normalement à deux consuls[A 65]. Le consul Varron, contre l'avis du consul Paul Émile décide d'un affrontement à Cannes, le 2 août 216. L’habileté tactique d’Hannibal a raison de la supériorité numérique romaine. Selon les sources, de 45 000 à 60 000 légionnaires romains et alliés périssent, sur un effectif de 86 000, à l'issue de cet affrontement qui compte parmi les plus grands de l'Antiquité, et qui reste la plus grande défaite des Romains. Il faut ajouter 10 000 prisonniers, et la mort de Paul Émile et de 80 sénateurs. Les pertes carthaginoises se situeraient entre 5 700 et 8 000 hommes selon les mêmes sources, pour 50 000 hommes engagés[A 66].

L'ampleur de la défaite romaine entraîne la défection de l’Apulie, du Samnium, de la Lucanie et du Bruttium[A 67]. La perte d'un aussi grand nombre de sénateurs aura aussi des conséquences sur la société romaine[A 68]. Le bouleversement est d'autant plus grand qu'en plus de la perte d'un grand nombre de sénateurs, il est nécessaire pour Rome d'enrôler des esclaves dans ses armées[A 69]. À l’automne 216, Capoue s’ouvre aux Carthaginois, et Hannibal y prend ses quartiers d'hiver. Mais si ces transfuges ravitaillent son armée, ils ne sont pas décidés à prendre part à la guerre à ses côtés. C'est le célèbre épisode dit des "délices de Capoue". Hannibal attend des renforts, mais il ne peut prendre le contrôle ni de Naples, ni de Brindisi, ni de Rhegium, ports où s’accrochent les garnisons romaines. La flotte carthaginoise qui de surcroît redoute les navires de guerre romains ne peut lui acheminer des renforts.

Première guerre macédonienne (215-205)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Première guerre macédonienne.

Hannibal emploie la diplomatie, et au printemps 215 noue une alliance avec Philippe V de Macédoine. Informés par hasard par la capture des émissaires macédoniens, les Romains bloquent toute tentative de débarquement macédonien avec une escadre de 50 navires basée à Brindisi. Philippe V, dépourvu de flotte de guerre, est réduit à l'attente d'une intervention navale carthaginoise, qui ne viendra jamais. Cette guerre macédonienne est incluse dans la seconde guerre punique. Philippe V ne parvient pas à s’emparer des positions romaines de Dyrrachium et Apollonia sur la côte illyrienne, tandis que les Romains le mettent en difficulté sur ses arrières, en s'alliant avec la ligue étolienne en 212 moyennant un soutien naval romain, puis avec les villes grecques de Sparte, Messène et Elis en 211, et même avec Attale Ier roi de Pergame en 209. Lorsqu’en 205, l’échec carthaginois fut patent, le Sénat romain et Philippe V signèrent la paix.

Enlisement en Italie - Alliances et sièges (215-209)[modifier | modifier le code]

Rome est protégée efficacement par le Latium, l’Ombrie et l’Étrurie restés fidèles. Les pertes humaines considérables sont compensées par de nouvelles levées auprès des cités alliées, et par l'enrôlement d'esclaves volontaires et affranchis pour l'occasion. Ces troupes inexpérimentées ne permettent pas d'engager une offensive. Fabius Cunctator, consul en 215 puis en 214, verrouille les passages entre la Campanie et le Latium. La guerre en Italie devient une guerre de positions ; l’issue du conflit va se décider sur d’autres théâtres d’opérations.

En -215, à Carthage, Magon, frère d’Hannibal, obtient bien des troupes et de l’argent, mais il doit prendre la voie de l’Espagne pour rejoindre Hasdrubal. Des Carthaginois débarquent en Sardaigne, escomptant un soulèvement indigène contre les Romains, mais ils sont anéantis. Seul un petit contingent venu de Carthage avec quelques éléphants peut accoster sur la côte italienne à Locres en 215, et rejoindre Hannibal.

Syracuse[modifier | modifier le code]

Italie du Sud, théâtre de la guerre

En Sicile, la diplomatie carthaginoise fait basculer Syracuse dans son camp. Alors que Hiéron II était un allié fidèle de Rome, son petit-fils Hiéronyme de Syracuse, héritier du trône, conseillé par ses deux oncles, préfère se rapprocher des Carthaginois. Cependant, la conduite scandaleuse de Hiéronyme provoque une sédition et il est assassiné en 214. Ceci entraîne des troubles dans la ville et finalement, toute la famille royale est massacrée. Les Carthaginois en profitent pour prendre le contrôle de la cité et, de là, tenter de reconquérir la Sicile. La prise de contrôle s'effectue plutôt par voie diplomatique, en retournant les alliances, que par des combats militaires.

Le consul Marcus Claudius Marcellus ne parvient pas à rétablir l'alliance avec Syracuse par la négociation, et au printemps 213 commence le siège de Syracuse. Dans le même temps, une armée carthaginoise de 25 000 hommes et 3 000 cavaliers débarque en Sicile, commandée par Himilcon. Il occupe Agrigente, mais ne peut faire lever le siège de Syracuse. Une épidémie décime ensuite son armée. La flotte carthaginoise ravitaille plusieurs fois Syracuse, mais retourne à chaque fois vers Carthage, redoutant un combat naval avec la flotte de guerre romaine.

En 212, Marcellus finit, après un long siège et de nombreuses péripéties par reprendre Syracuse, la plus belle et la plus illustre des villes grecques[A 70], qu'il livre partiellement au pillage. Le grand savant Archimède est, selon une légende rapportée par Tite-Live, tué pendant le sac par un soldat qui ne le connaissait pas alors qu'il était en train de contempler des figures géométriques dans le sable. Toutes les œuvres d’art de la ville, publiques ou appartenant à des particuliers, sont transférées à Rome[A 71].

Les Romains s'assurent la fidélité de leurs alliés siciliens tentés par une alliance avec Carthage par différents moyens, y compris par le massacre « préventif » des habitants d'Enna : Alors on égorgea les habitants d'Enna parqués dans le théâtre. […] C'est ainsi que l'on garda Enna : je ne sais si ce fut un crime affreux ou une mesure indispensable.[A 72].

Tarente[modifier | modifier le code]

Lors de l'hiver 213/212, Tarente ouvre ses portes à Hannibal. Toutefois la garnison romaine retranchée dans la citadelle verrouille l'accès du port. Hannibal parvient enfin à se donner un accès à la mer, en s'emparant des cités côtières voisines de Métaponte, Héraclée et Thourioi. Si la flotte punique parvient à embarquer les troupes de Philippe V de Macédoine, elle pourra les débarquer en Italie du Sud. Mais en 211, la flotte de Bomilcar ravitaille une dernière fois Syracuse assiégée et se contente de bloquer la citadelle de Tarente, restant à l’écart de la flotte romaine de Brindisi.

Capoue[modifier | modifier le code]

Profitant de la fixation d'Hannibal sur Tarente, les Romains reprennent pied en Campanie et assiègent Capoue une première fois en 212, mais Hannibal les bat. En 211, ils reprennent leur blocus, que Hannibal ne peut rompre. Ce dernier tente alors un raid de diversion en se dirigeant sur Rome avec sa cavalerie. Aucune force ne s’interpose, les Romains refusent toujours une bataille rangée frontale.

Hannibal ad portas ("Hannibal est à nos portes") rapporte Tite-Live. Le Sénat s'empresse d'organiser la défense de la ville derrière ses murailles. La cavalerie d’Hannibal campe près de Rome, mais faute de machines de siège, elle doit rebrousser chemin vers l'Italie du sud.

Les Romains n'ont pas levé leur siège autour de Capoue : la diversion d'Hannibal a échoué. Capoue capitule en 211. En punition de sa trahison envers Rome, toutes ses terres sont confisquées et rattachées à l’ager publicus. Enfin, en 209, Fabius Cunctator réoccupe Tarente. La répression est plus sévère qu’à Capoue : Tarente est pillée, et 30 000 habitants sont vendus comme esclaves.

Les Scipions en Espagne (218-206)[modifier | modifier le code]

Offensive romaine en Espagne[modifier | modifier le code]

Les frères Gnaeus Cornelius Scipio Calvus et Publius Cornelius Scipio avaient bien évalué l’importance de l’Espagne. Ils s'y rendent et remportent en 217 une victoire navale à l’embouchure de l’Ebre, puis reprennent Sagonte. Ils empêchent Hasdrubal de rejoindre son frère Hannibal, et suscitent en 215 une guerre du roi numide Syphax contre les Carthaginois.

Mais en 212, Hasdrubal, le frère d'Hannibal, soumet Syphax, et trois armées carthaginoises passent en Espagne. Les frères Scipions sont battus et tués en 211, les forces romaines battent en retraite sur l’Ebre.

À Rome, le jeune Cornelius Publius Scipion, fils de Cornelius Publius Scipion, qui deviendra connu sous le nom de Scipion l'Africain entre alors sur la scène. Quoique n’ayant jamais été consul, il obtient un pouvoir proconsulaire pour l’Espagne en 210. En 209, il prend le port de Carthagène, avec le trésor de guerre et les otages ibères détenus par les Carthaginois. La libération de ces otages permet de gagner le soutien de peuples ibères contre Carthage (voir l'épisode du chef ibère Allutius). En 208, Scipion affronte Hasdrubal à Baecula (probablement près de Santo Tomé, Jaén, Espagne)[15], qui parvient malgré ses pertes à percer en direction du Nord pour rejoindre son frère.

Expédition de secours d'Hasdrubal[modifier | modifier le code]

Hasdrubal quitte l'Espagne avec une armée de 60 000 hommes, et prend ses quartiers d’hiver en Gaule. Au printemps 207, Hasdrubal est en Italie prêt à opérer sa jonction avec Hannibal dans le Sud de l’Italie. Très audacieusement, le consul Caius Claudius Néron laisse un rideau de troupes devant Hannibal, remonte au Nord avec ses meilleures légions se joindre à l’autre consul Livius Salinator. Tous deux rencontrent et anéantissent l'armée d'Hasdrubal lors de la bataille du Métaure. Hasdrubal meurt dans la bataille, il est décapité une fois son corps retrouvé. Le consul Caius Claudius Néron se hâte de revenir à son camp et fait jeter la tête d'Hasdrubal devant le camp d'Hannibal[A 73].

L'année suivante en 206, Scipion se rend en Afrique à la cour du roi Numide Syphax, pour conclure un traité. Plus tard il s'allie avec le numide Massinissa qui en Espagne combattait avec les Carthaginois. Massinissa retourne chez les Carthaginois, mais l'alliance avec les Romains portera ses fruits plus tard lorsque Scipion mènera la guerre en Afrique. Alors qu'Hasdrubal Gisco est déjà passé en Afrique avec les restes de son armée, Scipion bat les dernières forces carthaginoises commandées par Magon à Ilipa, et s'empare de Gades (Cadix), achevant la conquête de l’Espagne carthaginoise. Magon s’enfuit avec la flotte vers les Baléares. De là il débarque en 205 avec 12 000 hommes dans le golfe de Gênes. Magon s'empare de la ville et essaie de dresser les Ligures et les Gaulois contre les Romains. Bien qu'il parvienne à s'attirer l'amitié de ces peuples, il ne réussit pas à générer un soulèvement général. Les armées romaines effraient trop ces peuples. En 203, le préteur Publius Quinctilius Varus et le proconsul Marcus Cornelius Cethegus livrent bataille à Magon sur le territoire des Gaulois Insubres. La bataille est incertaine jusqu'à ce que Magon soit blessé à la cuisse. Les Carthaginois et leurs alliés, qui avaient osé braver les Romains, fuient. À la faveur de la nuit, Magon se réfugie chez les Ligures. Là, il est rappelé par Carthage et doit quitter l'Italie avec son armée. Il devait secourir sa patrie contre Scipion. Mais, durant le trajet, Magon meurt de sa blessure.

Dénouement en Afrique (205 - 201)[modifier | modifier le code]

Revenu d’Espagne couvert de gloire, Scipion est candidat à l'élection comme consul pour 205, quoiqu'il n'ait pas l'âge légal. Son programme est une expédition en Afrique sur le territoire de Carthage. Malgré l’opposition de Fabius, le Sénat lui accorde le gouvernement de Sicile et deux légions. Scipion consacre l'année 205 et le début de 204 à préparer son expédition : il complète ses effectifs, faisant même appel à des volontaires - forme de recrutement exceptionnelle à l'époque - . L’événement marquant de 205 sera la conclusion d’une paix de statu quo avec Philippe V de Macédoine.

Scipion débarque près de Carthage en 204 et s'allie avec le roi numide Massinissa. Ses débuts sont laborieux : il échoue à prendre Utique et doit hiverner sur un promontoire de la côte entre Utique et Carthage. L'année suivante, en 203, il attaque les camps Carthaginois et Numides, puis bat une armée carthaginoise commandée par Hasdrubal Gisco et Syphax aux Grandes Plaines. Puis Massinissa et Laelius capturent le roi numide Syphax près de Cirta en juin. S'ensuit l'épisode tragique de la prise de la capitale numide par Massinissa, qui voit l'épouse de Syphax (et fille d'Hasdrubal Gisco) Sophonisbe s'empoisonner pour ne pas tomber vivante aux mains des Romains. Carthage sent que la guerre est perdue et négocie avec Scipion. Elle accepte les conditions qu'il lui impose :

  • évacuation des forces carthaginoises présentes en Italie et en Gaule cisalpine
  • abandon de l'Espagne
  • cession de sa flotte, sauf 20 navires
  • paiement d'une indemnité de 5 000 talents

Tandis que les ambassadeurs carthaginois vont à Rome faire ratifier ce traité par le sénat romain, Hannibal et Magon quittent l'Italie avec leurs armées en 203. À Rome même, les adversaires politiques de Scipion, qui lui reprochent d’avoir pris l’initiative de décider seul des conditions de la capitulation de Carthage, font traîner les pourparlers en longueur, et la paix n'est pas encore signée en 202. C'est alors qu'un incident mineur rompt la trêve : coupée de son arrière-pays, Carthage est affamée. Un navire de ravitaillement romain en perdition est arraisonné. Le conflit redémarre.

La rencontre des deux armées a lieu à la bataille de Zama en 202 ; les Romains, inférieurs en nombre mais aidés de la cavalerie numide de Masinissa, remportent la victoire sur les Carthaginois. Pour honorer sa victoire, les Romains ajoutent le surnom Africanus au nom de Scipion, devenu dès lors Scipion l'Africain.

De nouvelles conditions de paix sont imposées à Carthage en 201, plus dures encore que les précédentes :

  • abandon de l'Espagne et des Baléares
  • cession de sa flotte, sauf 10 navires
  • paiement d'une indemnité de 10 000 talents, sur 50 ans
  • interdiction de toute action militaire sans l'assentiment de Rome

Analyse du succès romain[modifier | modifier le code]

Rome a gagné contre Hannibal, que l'histoire met au rang des grands stratèges et des fins tacticiens. Il séjourna 15 ans sur le sol romain, sans pouvoir amener Rome à la capitulation. Parmi les raisons du succès romain, on peut citer :

  • le refus constant de la classe politique romaine de s'admettre vaincue, même si elle se divisa sur la stratégie à adopter, offensive ou défensive
  • la capacité de recrutement romaine, comblant constamment ses pertes, mobilisant jusqu'à 25 légions, au prix d'une pression épuisante sur ses alliés et sa propre population.
  • la maîtrise maritime, qui permit de garder le contact avec l'armée envoyée en Espagne, tandis que la flotte punique n'osa jamais un affrontement naval. Cette maîtrise lui assura aussi son ravitaillement en blé depuis la Sicile, la Sardaigne et l’Espagne, ainsi que ses contacts diplomatiques avec les adversaires de Philippe V.
  • la fidélité des peuples alliés entourant Rome d'un glacis protecteur et de la plupart des ports d'Italie du Sud.

Carthage engagea bien des forces importantes à plusieurs reprises, et noua des alliances dangereuses pour Rome, mais elle ne put réaliser une coordination efficace de ses moyens, faute de maîtriser ses liaisons avec Hannibal et Philippe V.

Références dans la culture[modifier | modifier le code]

L'auteur de science-fiction Poul Anderson imagine dans L'Autre Univers un monde où les Carthaginois ont gagné la deuxième guerre punique. Les civilisations dominantes ont pris une orientation purement maritime, et l'Empire romain n'a jamais existé. L'origine de cette uchronie est la mort des Scipions à la bataille de la Trébie.

Le manga Ad Astra de Mihachi Kagano retrace le déroulement de la deuxième Guerre punique à travers la rivalité des généraux Hannibal Barca et Scipion l'Africain[16],[17].

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Après le désastre de Cannes en 216, afin d'apaiser les dieux, les Romains pratiquèrent (seul cas connu dans leur longue histoire) un sacrifice humain : un couple de Gaulois et un couple de Grecs furent emmurés vivants dans une enceinte de pierre qui avait déjà servi auparavant à des sacrifices humains, contraires à la religion romaine[A 74].
  • En 204, au plus fort de la guerre, les Romains, obéissant à une prophétie des livres Sibyllins, et à un oracle de Delphes, envoyèrent des ambassadeurs à Pessinonte : ils étaient chargés d'une mission délicate, rapporter à Rome la pierre sacrée qui représentait Cybèle car elle devait leur apporter la victoire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références antiques[modifier | modifier le code]

  1. Tite-Live, XXI, 17
  2. a, b, c, d, e, f et g Appien, Guerre d'Hannibal: livre VII, paragraphe 1, 4.
  3. Tite-Live, Histoire romaine: livre XXI, paragraphe 1, 1-3
  4. Polybe, Histoire: livre I, paragraphe 63, 1-3.
  5. Polybe, Histoire: livre I, paragraphe 62, 9.
  6. Polybe, Histoire: livre I, paragraphe 62, 8.
  7. a et b Polybe, Histoire: livre I, paragraphe 65-88.
  8. a et b Polybe, Histoire: livre I, paragraphe 79, 1-7
  9. a et b Polybe, Histoire: livre I, paragraphe 79, 8-11.
  10. a et b Polybe, Histoire: livre III, paragraphe 10, 1-4.
  11. Polybe, Histoire: livre I, paragraphe 79, 12.
  12. Polybe, Histoire: livre III, paragraphe 1, 3-10.
  13. Polybe, Histoire: livre II, paragraphe 2, 21-35.
  14. a et b Polybe, Histoire: livre II, paragraphe 2-12.
  15. Tite-Live, Histoire romaine:XXI, paragraphe 2, 1.
  16. a et b Polybe, Histoires: livre II, paragraphe 1, 1-8.
  17. a, b, c, d, e, f et g Appien, Guerre hannibalique: livre VII, paragraphe 1, 2.
  18. Tite-Live, Histoire romaine: livre XXI, paragraphe 2, 1-2.
  19. Polybe, Histoires: livre II, paragraphe 1, 9.
  20. Tite-Live, Histoire romaine: livre XXI, paragraphe 2, 3-5.
  21. Polybe, Histoires: livre II, paragraphe 13, 1-2.
  22. Polybe, Histoires: livre II, paragraphe 13, 1-7.
  23. Polybe, Histoires: livre II, paragraphe 36, 1-2.
  24. Tite-Live, Histoire romaine: livre XXI, paragraphe 3, 1.
  25. Appien, Guerre hannibalique: livre VII, paragraphe 1, 3.
  26. Polybe, Histoires: livre II, paragraphe 36, 3.
  27. Polybe, Histoires: livre III, paragraphe 13, 3-4.
  28. Tite-Live, Histoire romaine: livre XXI, paragraphe 4, 1.
  29. Polybe, Histoires: livre III, paragraphe 9, 6-7.
  30. Polybe, Histoires: livre III, paragraphe 9, 8-9.
  31. Tite-Live, Histoire romaine: livre XXI, paragraphe 2, 2.
  32. Tite-Live, Histoire romaine: livre XXI, paragraphe 1, 4.
  33. Polybe, Histoires: livre III, paragraphe 10, 5-7; Histoires: livre III, paragraphe 13, 5; Histoires: livre III, paragraphe 14, 9.
  34. Tite-Live, Histoire romaine: livre XXI, paragraphe 1, 5.
  35. Polybe, Histoires: livre III, paragraphe 10, 5-7; Histoires: livre III, paragraphe 13, 1-2.
  36. Polybe, Histoire: livre III, paragraphe 6, 1-3.
  37. a, b, c et d Eutrope, Abrégé d'histoire romaine: livre III, paragraphe 7.
  38. Tite-Live, Histoire romaine: livre XXI, paragraphe 5
  39. Tite-Live, Histoire romaine: livre XXI, paragraphe 6.
  40. Tite-Live, Histoire romaine: livre XXI, paragraphe 7.
  41. Polybe, Histoires: livre III, paragraphe 27
  42. Tite-Live, Histoire romaine: livre XXI, paragraphe 9
  43. Tite-Live, Histoire romaine: livre III, paragraphe 11
  44. Tite-Live, Histoire romaine: livre XXI, paragraphe 10
  45. Polybe, Histoires: livre III, paragraphe 20, 6-9.
  46. Tite-Live, Histoire romaine: livre XXI, paragraphe 8-15.
  47. Polybe, Histoires: livre III, paragraphe 17.
  48. Polybe, Histoires: livre III, paragraphe 21, 1-5.
  49. Polybe, Histoires: livre III, paragraphe 21, 6-9.
  50. Polybe, Histoires: livre III, paragraphe 16, 6.
  51. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Eutrope, Abrégé d'Histoire romaine: livre III, paragraphe 8.
  52. Tite-Live, Histoire romaine: livre XXI, paragraphe 18
  53. a, b et c Polybe, Histoires: livre VI, paragraphe 20, 8-9.
  54. a, b et c Polybe, Histoires: livre VI, paragraphe 26, 7.
  55. Polybe, Histoires: livre III, paragraphe 54
  56. a et b Polybe, Histoires: livre III, paragraphe 66
  57. Tite-Live, Histoire romaine: livre XXI, paragraphe 47
  58. Polybe, Histoire: livre III, paragraphe 61
  59. Polybe, Histoire: livre III, paragraphe 70
  60. Polybe, Histoire: livre III, paragraphe 74
  61. Polybe, Histoire: livre III, paragraphe 75
  62. Polybe, Histoire: livre III, paragraphe 84 et 85
  63. Tite-Live, Histoire romaine: livre XXII, paragraphe 1-7
  64. Tite-Live, Histoire romaine: livre XXII, paragraphe 8
  65. sur leurs élections, voir Tite-Live, Histoire romaine: livre XXII, paragraphe 34 et 35
  66. Tite-Live, Histoire romaine: livre XXII, paragraphe 49 et 50
  67. Tite-Live, Histoire romaine: livre XXII, paragraphe 61
  68. Tite-Live, Histoire romaine: livre XXII, paragraphe 55-57
  69. Tite-Live, Histoire romaine: livre XXII, paragraphe 57
  70. Tite-Live XXV-29
  71. Polybe, Histoire, IX, 10
  72. Tite-Live XXIV-39
  73. De urbe condita : livre 27 / Tite-Live. Traduction d'Eugène Lasserre, Paris, 1949
  74. Tite-Live, Histoire romaine, XXII-57

Références modernes[modifier | modifier le code]

  1. Yann Le Bohec, Histoire militaire des guerres puniques, p. 114
  2. a et b André Piganiol, La conquête romaine, p. 225-226
  3. Nicolet 1991, p. 602
  4. a et b Yann Le Bohec, Histoire militaire des guerres puniques, p. 115-118
  5. Nicolet 1991, p. 597
  6. Yann Le Bohec, Histoire militaire des guerres puniques, p. 37.
  7. Claude Nicolet, Rome et la conquête du monde méditerranéen: tome 2 Genèse d'un Empire, p. 578.
  8. Claude Nicolet, Rome et la conquête du monde méditerranéen: tome 2 Genèse d'un Empire, p. 595
  9. S. Gsell, Histoire ancienne de l'Afrique du Nord, p. 222-226.
  10. Claude Nicolet, Rome et la conquête du monde méditerranéen: Tome 1 Les structures de l'Italie romaine, p. 270.
  11. Claude Nicolet, Rome et la conquête du monde méditerranéen: Tome 1 Les structures de l'Italie romaine, p. 271-272.
  12. Patrick Marchetti, Histoire économique et monétaire de la deuxième guerre punique, p. 67-71.
  13. A. Goldsworthy, Storia completa dellesercito romano, p. 26-27.
  14. Franck Ferrand, « Hannibal, ennemi de Rome », émission Au cœur de l'histoire, 1er février 2012
  15. (en) Juan P. BELLÓN et al.,"Baecula, an archaeological analysis of the location of a battle of the Second Punic War",XXth International Congress of Roman Frontier Studies,2009
  16. « Ad Astra : quand l'histoire s'écrit et se dessine ! », sur ki-oon.com,‎ 9 septembre 2014 (consulté le 13 novembre 2014)
  17. Victor Battaggion, « Ad Astra : Scipion l'Africain et Hannibal Barca », Historia, no 809,‎ 23 avril 2014, p. 93 (ISSN 0998-0091, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens généraux
Carthage
Rome
Autres
  • L'Autre Univers, nouvelle de science-fiction (1955) de Poul Anderson évoquant l'hypothèse d'un monde où Scipion aurait été tué au début de la deuxième guerre punique

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Littérature antique[modifier | modifier le code]

  • Appien, Histoire romaine: livre VII, le livre d'Annibal, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Collection des universités de France »,‎ 1998, 90 p. (ISBN 2-251-00464-5) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Eutrope, Abrégé d'histoire romaine, Paris, les Belles lettres, coll. « Collection des universités de France »,‎ 1999, 274 p. (ISBN 2-251-01414-4) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Polybe, Histoires: livre I, Paris, les Belles lettres, coll. « Collection des universités de France »,‎ 1969, 140 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Polybe, Histoires: livre II, Paris, les Belles lettres, coll. « Collection des universités de France »,‎ 1970, 126 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Polybe, Histoires: livre III, Paris, les Belles lettres, coll. « Collection des universités de France »,‎ 2003, 204 p. (ISBN 2-251-00275-8) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Polybe, Histoires: livre VI, Paris, les Belles lettres, coll. « Collection des universités de France »,‎ 1977, 159 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Tite-Live, Histoire romaine: livre XXI, Paris, les Belles lettres, coll. « Collection des universités de France »,‎ 1988, 135 p. (ISBN 2-251-01345-8) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Littérature contemporaine[modifier | modifier le code]

  • Bernard Combet-Farnoux, Les Guerres puniques, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais je ? »,‎ 1962, 128 p.
  • Yann Le Bohec, Histoire militaire des guerres puniques, Monaco, Édition du Rocher, coll. « L'art de la guerre »,‎ 1995, 342 p. (ISBN 2-268-02147-5) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Patrick Marchetti, Histoire économique et monétaire de la deuxième guerre punique, Bruxelles, Palais des Académies,‎ 1978, 547 p. (ISBN 2-8031-0005-3)
  • Claude Nicolet, Rome et la conquête du monde méditerranéen: Tome 1 Les structures de l'Italie romaine, Presses universitaires de France, coll. « Nouvelle Clio : l'histoire et ses problèmes »,‎ 2001, 10e éd., 520 p. (ISBN 2-13-051964-4) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Claude Nicolet, Rome et la conquête du monde méditerranéen : 264-27 avant J.-C. Tome 2, Genèse d'un empire, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Nouvelle Clio : l'histoire et ses problèmes »,‎ 1991, 3e éd. (1re éd. 1978), 470 p. (ISBN 2-13-043913-6) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Collectif, Hannibal et les Alpes, une traversée, un mythe, Vicence (Italie), Infolio éditions,‎ 2011, 144 p. (ISBN 978-2-88474-244-3) Document utilisé pour la rédaction de l’article
Littérature étrangère
  • Allemand
    • (de) Walter Ameling, Karthago: Studien zu Militär, Staat und Gesellschaft, Munich, C. H. Beck, coll. « Vestigia »,‎ 1993, 289 p. (ISBN 3-406-37490-5)
  • Anglais
    • (en) Alan Edgar Astin, Scipio Aemilianus, Oxford, Clarendon press,‎ 1967, 374 p.
    • (en) John Briscoe, The Second Punic War, Cambridge, Cambridge University Press,‎ 1989 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Italien
    • (it) Giovanni Brizzi, Annibale Strategia e Immagine, Spoleto, Documenti,‎ 1984, 170 p.
    • (it) Giovanni Brizzi, Annibale: come un'autobiografia, Milan, Rusconi,‎ 1994, 338 p. (ISBN 88-18-23041-7)
    • (it) Giovanni Brizzi, Scipione e Annibale: la guerra per salvare Roma, Rome, Laterza,‎ 2007, 411 p. (ISBN 978-88-420-8332-0)
    • (it) Adrian Goldsworthy, Storia completa dellesercito romano, LOGOS,‎ 2007, 224 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
    • (it) Mario Silvestri, La Vittoria disperata. La Seconda guerra punica e la nascita dell'impero di Roma, Milan, Leonardo Editore,‎ 1991, 540 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]