Guadalquivir

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Baetis (homonymie) et Tartessos (homonymie).
Guadalquivir
Le fleuve à Cordoue
Le fleuve à Cordoue
Trajet du Guadalquivir
Trajet du Guadalquivir
Caractéristiques
Longueur 657 km
Bassin 56 978 km2
Débit moyen 164,3 m3/s (Séville)
Cours
Source Cañada de las Fuentes
· Altitude 1 400 m
· Coordonnées 36° 47′ 29″ N 2° 58′ 25″ O / 36.79139, -2.97361 (Source - Guadalquivir)  
Embouchure Océan Atlantique
· Localisation Sanlúcar de Barrameda
· Altitude 0 m
· Coordonnées 36° 47′ N 6° 21′ O / 36.783, -6.35 (Embouchure - Guadalquivir)  
Géographie
Pays traversés Drapeau de l'Espagne Espagne
Communauté autonome Andalousie Andalousie
Principales villes Séville ; Cordoue

Le Guadalquivir est un fleuve espagnol qui se jette dans l'océan Atlantique à l'ouest du détroit de Gibraltar. Il doit son nom actuel à l'appellation arabe L'Oued-el-Kabir (واد الكبير), qui signifie la grande vallée (et souvent le grand fleuve en Arabe classique). Du temps de la civilisation de Tartessos, il était également appelé Tartessos[1],[2]. À l'époque romaine, il était connu sous le nom de Bætis, ou Betis[3].

Géographie[modifier | modifier le code]

Avec ses 657 km de long, il est le 5e fleuve de la péninsule Ibérique. Il draine un bassin de près de 58 000 km2.

Il prend sa source dans la Sierra de Cazorla puis traverse Cordoue. Vers le milieu de son parcours, il traverse une région peuplée et fertile au pied de la Sierra Morena où il est utilisé pour l´irrigation. Il passe ensuite à Séville où il est dévié à l'ouest de la ville pour éviter que les graves inondations du XIXe siècle ne se répètent. Par la suite, sur les quelques kilomètres qui séparent Coria del Río de l´estuaire, le Guadalquivir traverse une région marécageuse appelée Las Marismas (littéralement les marais), appartenant au Parc national Doñana. Il se jette dans l'océan Atlantique à Sanlúcar de Barrameda.

Affluents[modifier | modifier le code]

Rive gauche[modifier | modifier le code]

Guadiana Menor, Guadalbullón, qui passe à Jaén, Guadajoz, Genil (principal affluent, amenant au fleuve un débit supplémentaire de 33 m³/s), Corbones, Guadaíra (qui passe à Alcalá de Guadaíra et Séville).

Rive droite[modifier | modifier le code]

Guadalimar, Jándula, Yeguas, Guadalmellato, Guadiato, Bembézar, Viar, Rivera de Huelva, Guadiamar.

Communes traversées[modifier | modifier le code]

Traversée de Séville[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Canal Alphonse-XIII.

Jusqu'au début du XXe siècle, le Guadalquivir, venant du nord, traversait Séville et décrivait à la sortie de la ville, au sud, un méandre très marqué vers l'ouest qui rendait difficile le trafic fluvial en provenance de l'océan Atlantique. Entre 1903 et 1951, selon deux projets appelés Plan Moliní et Plan Brackenbury, des modifications furent effectuées afin de simplifier l'accès des navires au port fluvial et d'éviter les importantes inondations qui touchaient régulièrement la ville. Le canal Alphonse-XIII fut creusé, créant une ligne droite entre les deux extrémités du méandre. Un deuxième canal (la Corta de Cartuja) fut creusé entre la rive concave amont du méandre et le Guadalquivir au nord de la ville, au lieu-dit San Jerónimo : le fleuve fut ainsi dévié dans le canal, à l'ouest de la ville. Le lit originel du fleuve, passant au milieu de Séville, fut de plus obstrué à deux autres endroits. Ces aménagements, complétés par la création d'une écluse à l'extrémité aval du canal Alphonse-XIII en 1951, transformèrent ce qui restait du lit originel du fleuve, situé entre le nord de Triana et l'écluse, en une darse qui reprit le nom de canal Alphonse-XIII. Dans le cadre de la préparation de l'Exposition universelle de 1992, la darse fut prolongée sur plusieurs centaines de mètres en direction du nord en suivant le cours historique du Guadalquivir, lui permettant de longer le parc de l'exposition[4],[5],[6].

Navigation[modifier | modifier le code]

Le Guadalquivir est le seul grand fleuve d'Espagne vraiment navigable. La navigation n'est actuellement possible que jusqu'à Séville, mais les Romains remontaient jusqu'à Cordoue. Séville demeure un port maritime, même si Cadix, à une centaine de kilomètres de là, lui a depuis longtemps ravi la suprématie.

Régime et débits[modifier | modifier le code]

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Alcala del Rio- bassin versant : 46 995 km2 données calculées
(données calculées sur la période 1913-1994)

Histoire[modifier | modifier le code]

Son nom provient de l'arabe al-wadi al-Kabir (الوادي الكبير), "la grande vallée". Les romains l'appelaient le Bætis, du nom de la province Bétique qui correspond aujourd'hui à l'Andalousie.

Crues[modifier | modifier le code]

La déforestation ancienne de l'Espagne et la dégradation des sols a entrainé une arrivée de plus en plus rapide et brutale des eaux dans le fleuve. En février 1963, son débit maximal a atteint 5 300 m3/s à Cordoue et 6 700 m3/s à Séville. D'ailleurs, de nombreuses crues ont inondé Séville, motivant en 1948 la déviation du fleuve vers l'ouest. Le lit original du fleuve dans la ville, relié avec le fleuve par un canal en aval du port fluvial, est donc devenu une darse, qui a pris le nom de canal Alphonse-XIII. Il a fallu attendre l'Exposition universelle de 1992 pour que la darse soit à nouveau partiellement ouverte vers le nord[4],[6].

Deux fleuves coulent donc à Séville: le Guadalquivir qui contourne la ville par l'ouest, et son ancienne darse, qui a gardé l'appellation de canal Alphonse XIII, qui la traverse du nord au sud.

Écologie[modifier | modifier le code]

Ce fleuve abrite une espèce rare de poisson Squalius alburnoides qui est une espèce endémique de la péninsule espagnole (Portugal et sud de l'Espagne. Cette espèce est classée vulnérable par l'UICN. Ce poisson a la particularité d'être aneuploïde.

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (es) « Jorge Bonsor y el descubrimiento de Tartessos », sur http://www.bibliotecavirtualdeandalucia.es,‎ 2010 (consulté le 12 décembre 2013)
  2. (es) « La Mítica Tartessos », sur http://www.apsevilla.com (consulté le 13 décembre 2013)
  3. Rome et l'Occident : IIe siècle av. J.-C. - IIe siècle après J.-C., Toulouse, Presses universitaires du Mirail,‎ 2009, 413 p. (ISBN 9782810700523, lire en ligne), p. 233
  4. a et b (es) « El Plan Moliní », sur http://www.apsevilla.com (consulté le 25 octobre 2013)
  5. (es) Mariano Palancar Penella, « Sevilla y el Guadalquivir », sur http://hispagua.cedex.es (consulté le 25 octobre 2013)
  6. a et b (es) « El Plan Brackenbury », sur http://www.apsevilla.com (consulté le 26 octobre 2013)

Autre source[modifier | modifier le code]