Col du Mont-Cenis

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Col du Mont-Cenis
Image illustrative de l'article Col du Mont-Cenis
Panneau indicateur d'altitude au col
Altitude 2 081[1] m
Massif Massif du Mont-Cenis
Coordonnées 45° 15′ 37″ N 6° 54′ 03″ E / 45.260162, 6.900895 ()45° 15′ 37″ Nord 6° 54′ 03″ Est / 45.260162, 6.900895 ()[1]
Pays Drapeau de la France France
Vallée Vallée de la Maurienne
(nord-ouest)
Val de Suse
(sud-est)
Ascension depuis Lanslebourg-
Mont-Cenis
Suse
Déclivité moy. 6,8 % 5,2 %
Déclivité max. 10,7 % 10,7 %
Kilométrage 10 km 30,5 km
Accès N6 N6 - SS25
Fermeture hivernale décembre-mai

Géolocalisation sur la carte : Savoie

(Voir situation sur carte : Savoie)
Col du Mont-Cenis

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Col du Mont-Cenis
Vue sur le lac du Mont-Cenis depuis le col ; au fond, le mont Giusalet culminant à 3 312 mètres d'altitude et son glacier, toujours en territoire français

Le col du Mont-Cenis (en italien colle del Moncenisio) est un col qui relie la vallée de la Maurienne, en France, et le val de Suse, en Italie. Il se situe au sein du massif du Mont-Cenis, à 2 081 mètres d'altitude. Il est voisin du col du Petit Mont-Cenis, d'altitude légèrement supérieure mais non carrossable. Il a été principalement d'intérêt militaire, ses environs étant entourés de fortifications.

D'orientation nord-ouest/sud-est, il se trouve sur la route qui va de Lanslebourg-Mont-Cenis, en Savoie, à Suse, dans la province de Turin. Il servit de frontière entre la France et l'Italie de 1860 jusqu'au traité de Paris de 1947, mais se situe désormais intégralement en territoire français.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Il semble que le terme Mont-Cenis dérive de « mont des cendres ». Selon la tradition, à la suite d'un incendie de forêt, une grande quantité de cendres se serait accumulée sur le sol, d'où le nom. Le sentier de cendres a été retrouvé lors des travaux de construction de la route[2].

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Depuis la construction du barrage et la création du lac du Mont-Cenis, le point de passage le plus haut de la route s'élève à 2 094 m, au plan des Fontainettes, à proximité de la pyramide servant de chapelle et du jardin botanique alpin. Lors de son passage, Napoléon Ier fit agrandir l'hospice du IXe siècle. Il existe encore les vestiges des anciens forts et postes français (Turra, Revêts, Sollières, Arcellins, Mont-Froid) et italiens (Ronce, Patacreuse, Variselle, Malamot) construits à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle en vue de défendre l'accès au col. Ces fortifications sont abandonnées après la Seconde Guerre mondiale.

Le col est fermé durant l'hiver en raison de son fort dénivelé et de son altitude.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le col a été fréquenté depuis la plus haute Antiquité, comme en témoignent encore les nombreux vestiges archéologiques et historiques qui s'y trouvent.

Au Moyen Âge, il était un passage important d'échanges commerciaux grâce notamment à la route du Sel. Cette dernière traversant le massif de la Vanoise par le col du même nom, permettait d'échanger fromages, dont le beaufort réputé depuis l'époque romaine et le sel exploité aux mines de Salins en Tarentaise, contre étoffes et épices, en Italie, via ce dernier[3].

Histoire contemporaine[modifier | modifier le code]

Le traité de Paris de 1947 voit le territoire de la province de Maurienne s'agrandir d'une superficie de 81,79 km2[4]. Ce nouveau tracé frontalier englobe désormais le col et la combe du lac du Mont-Cenis franchissant ainsi la ligne du partage des eaux[5]. La démarcation de 1947 a été faite pour deux raisons : dans un premier registre, en vertu des réparations de guerres de l'Italie envers la France, le rattachement de cette combe protégeant ainsi la vallée d'une éventuelle nouvelle invasion militaire[6] ; mais également afin de restituer ces territoires aux communes savoyardes de Sollières-Sardières, Lanslebourg et Bramans, en Haute Maurienne, le traité d'annexion de la Savoie de 1860 faisant passer ces alpages de l'autre côté de la frontière nouvellement créé.

La construction du barrage en 1968 a un impact direct sur le col et son plateau. Les chalets d'alpage séculaires, l'hospice et son prieuré sont engloutis par la montée des eaux. Bien que ce lac eut un impact moins important sur l'économie locale que son homologue de Roselend, car étant principalement un lieu d'estive, cela changea de manière définitive le visage du col et le mode de vie des habitants du mont Cenis.

Le percement de la voie transalpine du tunnel du Fréjus, ouvert à la circulation en 1980, a largement contribué à faire diminuer sa fréquentation, qui de nos jours n'est quasiment que touristique[7]. L'autoroute française A43 (dont les travaux ont débuté en 1993, et inaugurée en 1997) a joué un rôle majeur dans l'abandon du col du Mont-Cenis au trafic routier commercial. En effet, ce nouvel axe de communication a permis de désengorger les routes nationales et départementales saturées par le trafic, tout en permettant de transposer ce dernier via le tunnel du Fréjus situé en aval sur la commune de Modane. Ce col, dont l'importance commerciale de premier plan a été accentuée par Napoléon Ier en 1805 en y établissant une route nationale, ne présente de nos jours qu'un rôle touristique[8].

Tourisme[modifier | modifier le code]

C'est dans cette optique que le col a vu naître en 1970, sous l'impulsion du père Fritch, un jardin alpin. Faute d'entretien, ce dernier s'est détérioré jusqu'au début des années 2000. Cette dégradation avancée déclencha une prise de conscience, et grâce aux efforts conjoints du parc national de la Vanoise et des communes environnantes, une zone de protection du biotope accompagnée d'une longue restauration et réaménagement du jardin alpin fut entrepris[9],[10]. Cette valorisation était d'autant plus nécessaire, car non seulement 700 espèces florales de montagne y prospèrent, mais trois d'entre elles se trouvent uniquement dans cet espace protégé et au Spitzberg[11].

Cyclisme[modifier | modifier le code]

Le col du Mont-Cenis a été franchi à 5 reprises par le Tour de France. Il est classé hors catégorie depuis 1999. Les coureurs suivants ont franchi le col en tête[12] :

En outre, il a été emprunté à deux reprises lors du Tour d'Italie 2013. Lors de la 15e étape, le premier coureur à passer sous la banderole indiquant le grand-prix de la montagne de première catégorie est l'Italien Stefano Pirazzi, alors que lors de la 16e étape il a été vaincu par le Venezuelien Jackson Rodríguez.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Coordonnées identifiées à l'aide de Géoportail et carte IGN à l'échelle 1:20 000
  2. Gianni Bisio, article du quotidien la Stampa du 18 avril 2001, p. 51 chronique de Turin.
  3. La route du Sel
  4. Hervé Chabaud, L'Italie dans la 2e guerre mondiale : les chemins de la liberté (décembre 1944 - janvier 1945) - Le traité de paix de 1947
  5. [PDF] ONU, Recueil des Traités (vol.49), « Article 9 - 1. Plateau du Mont-Cenis » p. 10-11, p. 57, Annexe III p. 65
  6. Daniel David, « Géographie militaire et fortification : cinq siècles d’histoire en Maurienne », Revue historique des armées, no 243,‎ 2006, p. 89-107 (lire en ligne).
  7. Le transport passagers par route, Observatoire des transports franco-italien
  8. [PDF] Traverser les Alpes, une très longue histoire
  9. Dépliant de l'APPB du mont Cenis
  10. Arrêté préfectoral de protection du biotope du mont Cenis
  11. Mont-Cenis les couleurs du temps, La fontaine de Siloë, page 56
  12. Le dico du Tour - Le col du Mont-Cenis dans le Tour de France depuis 1947

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]