Sinuessa

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41° 08′ 29″ N 13° 51′ 10″ E / 41.14138889, 13.85277778 () Sinuessa (grec moderne : Σινούεσσα or Σινόεσσα) est une colonie romaine fondée dans l’ancien Latium, située sur la mer Tyrrhénienne, à environ 10 km au nord de l’embouchure du Volturno. Elle est la dernière ville sur la partie de la Via Appia qui longe la côte[1]. Les ruines de Sinuessa se trouvent dans l’actuelle municipalité de Mondragone, Campanie, Italie.

Le nom de Sinuessa viendrait selon Strabon[2], de sa situation sur un large golfe (en Latin: sinus), de nos jours le golfe de Gaète.

Histoire[modifier | modifier le code]

Sinuessa, sur le golfe de Gaète (cliquer sur l'image, puis sur le lien "image de plus haute résolution")

Il n’y a pas de trace de présence humaine à Sinuessa avant la fondation de la colonie romaine. Certains auteurs[3] mentionnent dans une obscure tradition la présence antérieure en ce lieu d’une cite grecque nommée "Sinope"; mais on accorde peu de crédit à cette indication. Si cette cité à jamais existé, elle a entièrement disparu, et le site faisait partie du territoire de la cité Ausones de Vescia, quand les Romains décidèrent d’implanter les deux colonies de Minturnae et Sinuessa sur la mer Tyrrhénienne[4]. Le but de cette colonisation était de protéger cette région fertile des attaques des montagnards Samnites, qui l’avaient envahi à plusieurs reprises. Pour cette raison, le peuple de Rome fut réticent à s’installer dans ces colonies, qui furent néanmoins bâties l’année suivante, en -296[5].

Sinuessa semble être rapidement devenue une place importante; mais elle pâtit de la deuxième guerre punique : son territoire est ravagé en -217 par la cavalerie d’Hannibal, jusqu’aux portes de la ville[6]. Lorsque l’armée d’Hasdrubal Barca menace de pénétrer en Italie en -208, Rome impose des levées de troupes supplémentaires. Sinuessa, comme Minturnae et d’autres colonies maritimes, tente de faire valoir leurs dispenses en cas de levée des troupes terrestres, dispenses compensant leur contribution navale; mais ceci leur fut refusé tant qu’une armée ennemie stationnerait en Italie[7]. Plus tard en -191 pendant les préparatifs de l’expédition contre Antiochos III, Sinuessa et d’autres colonies réclament cette fois une dispense pour le service maritime, mais sans succès[8].

Sa situation sur la voie Appia contribue certainement à la prospérité de Sinuessa; pour cette raison, Cicéron en fait fréquemment mention, et Jules César y fit halte dans sa marche vers Brundisium à Rome, en -49[9]. Elle est aussi mentionnée par Horace dans son voyage vers Brundusium, comme le lieu de rencontre avec ses amis Varius et Virgile[10].

La fertilité de son territoire, en particulier de la crête voisine du Massicus Mons, célèbre pour ses vins comme le Falerne, a dû favoriser la prospérité de Sinuessa, mais on n’entend peu parler d’elle sous l’Empire romain. Elle accueillit un contingent de colons militaires probablement sous le triumvirat[11]mais n’a pas conservée le rang de colonie, et est seulement qualifié d’oppidum par Pline l'Ancien comme par le Liber Coloniarum [12] C’est selon Pline l’Ancien et Strabon la ville la plus au sud de l’antique Latium, et son territoire s’étendait jusqu’à la rivière Savo, limite entre le Latium et la Campanie[13]. Néanmoins, Polybe, qui écrit précédemment, en fait une cite de Campanie, de même que le géographe Ptolémée qui fait du Liri la limite sud du Latium[14]. L’Itinéraire d’Antonin et la Table de Peutinger qui datent de l'époque impériale la mentionnent sur la voie Appienne.

La date de son abandon ou de sa destruction est inconnue.

Aquae Sinuessanae[modifier | modifier le code]

À proximité de Sinuessa se trouvaient des sources thermales appelées Aquae Sinuessanae (Eaux de Sinuessa), que Pline l’Ancien affirme réputées pour le traitement de la stérilité féminine et l'aliénation mentale masculine. Elles sont mentionnées par Tite-Live à l’époque de la deuxième guerre punique; et quoique leur renommée soit ensuite éclipsée par celle de Baies et d’autres stations thermales à la mode, elles demeurent fréquentées sous l’Empire, entre autres par l’empereur Claude[15] C’est en ces lieux que Tigellin fut contraint de mettre fin à ses jours en l’an 69[16].

Certains auteurs vantaient la douceur du climat de Sinuessa comme contribution bénéfique à l’effet des eaux[17]. Silius Italicus la qualifiait de Sinuessa tepens (Sinuessa la tiède) et Martial de mollis Sinuessa (Sinuessa la douce)[18]. Le site conserve des vestiges de constructions romaines.

Ruines[modifier | modifier le code]

Les ruines de Sinuessa sont encore visibles sur la côte juste en dessous de la colline de Mondragone, qui constitue la dernière extrémité de la longue crête du Monte Massico. Les plus importantes sont celles d'un aqueduc, et d'un édifice qui semble avoir été un arc de triomphe, mais toute la plaine est recouverte de fragments de bâtiments anciens[19].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • William Smith, Sinuessa, in Dictionary of Greek and Roman Geography (1854) {online version)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Strabon v. p. 233.
  2. Strabon, V. p. 234
  3. Tite-Live, X, 21; Pline l'Ancien, III. 5. s. 9.)
  4. Tite-Live, X, 21.
  5. Tite-Live, X, 21; Velleius Paterculus, I, 14.)
  6. Tite-Live, XXII, 13, 14.
  7. Tite-Live, XXVII, 38
  8. Tite-Live, XXXVI, 3
  9. Cicéron, Epistulae ad Atticum ix. 1. 5, 16, xiv. 8, Ad Familiares xii. 20.
  10. Horace, Sat. i. 5. 40.
  11. Liber Coloniarum p. 237.
  12. Pline l’Ancien, III, 5. s. 9; Lib. Col. l. c..
  13. (Strabon, V. pp. 219, 231, 233; Pline l’Ancien. iii. 5. s. 9; Pomponius Mela, II, 4. § 9.
  14. Polybe. iii. 91; Ptolémée. iii. 1. § 6
  15. Tite-Live, xxii. 13; Tacite, Annales., xii. 66; Pline l’Ancien, XXXI, 2. s. 4.
  16. Tacite Histoires, I, 72; Plutarque, Othon, 2.
  17. Tacite, Annales xii. 66
  18. Silius Italicus viii. 528; Martial vi. 42.
  19. Cluver. Ital.P. 1080; Romanelli, vol. iii. p. 486

Source de traduction[modifier | modifier le code]