Vaccéens

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Vaccéens
Image illustrative de l'article Vaccéens
Peuples de la péninsule ibérique vers l'année 200 av. J.-C.

Ethnie indo-européenne
Ibères
Vaccéens
Langue(s) Celtibère
Villes principales Palencia, Ocellodurum durii, Albocela, Intercatia, Pintia, Rauda, Cauca
Région d'origine Zone centrale du bassin du Douro
Région actuelle Zone centre de la Castille-et-León (Espagne)

Les Vaccéens (en latin: Vaccaei) sont un peuple celte vivant dans les plaines sédimentaires de la vallée centrale de Douro, fleuve qui borde leurs territoires au sud tandis que l'ouest est bordé par le fleuve Pisuerga. Ce territoire correspond aujourd'hui à la Tierra de Campos entre la Province de León et la Vieille-Castille. Ils sont mentionnés dès 220 av. J.-C. lors de la campagne d'Hannibal dans les territoires intérieurs de l'Ibérie. Ils furent définitivement soumis par la République romaine en 100 av. J.-C. et, sous la pression ultérieure des Wisigoths, s'établirent au pied des Pyrénées, sur un territoire correspondant à la Navarre, le nord de l'Aragon, le Béarn et la Bigorre.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

Les Vaccéens étaient probablement en grande partie d'origine celtique[1]. Leur nom peut être dérivé du mot celte signifiant vacos qui signifie tueur, car ils étaient des combattants célèbres[1]. Ils ont souvent agi de consort avec leurs voisins, les Celtibères, ce qui suggère qu'ils pourraient avoir de bonnes relations avec les peuples voisins celtibères[1]. Ils avaient une société égalitaire et stricte qui pratiquaient la réforme agraire et la distribution alimentaire commune[1]. Cette société faisait partie d'un substrat hispano-celtique qui explique l'affinité culturelle, socio-économique, linguistique et idéologique des Vaccéens, Celtibères, Vettons, Lusitaniens, Cantabres, Astures et Gallaeci[2],[3],[4]. La civilisation Vaccéenne est le résultat d'un processus d'évolution locale, important des éléments d'autres cultures, soit en accueillant des migrants, ou soit lors de contacts culturels ou commerciaux avec des peuples voisins. Il est possible qu'à partir du IVe siècle av. J.-C. les Vaccéens soit entrés en guerre contre les Arvaques pour le contrôle de la Meseta orientale.

La domination carthaginoise[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de Carthage.
Localisation du territoire des Vaccéens

Selon Posidonius, les Vaccéens étaient un des peuples « les plus civilisés » de la région de Meseta. Précédemment, leur région avait été habitée par le groupe de Soto de Medinilla (800-400 av. J.-C.). Les communautés de Soto ont maintenu des traits forts d'identité jusqu'au début du IVe siècle av. J.-C., période qui fut témoin du phénomène de "celtification" et de la formation du groupe Vaccéens.

Les Vaccéens sont mentionnés pour la première fois par Tite-Live, quand Hannibal décida de les soumettre en 220 av. J.-C.[5], en conquérant la ville d'Hermantica (ou Elmantica selon Polybe[5]), puis de Zamora (ou Arbucala selon Polybe[5], après un long siège, où ils montrèrent toutes leurs valeurs[6],[5]. Les habitants d'Hermanitca parvinrent à s'unir avec le peuple des Olcades, battu par Hannibal l'année précédente, ils réussirent également à convaincre les Carpétans (ou Carpesi[7]) pour tendre au général carthaginois une embuscade sur la voie du retour, aux alentours du fleuve Tage[8]. Hannibal réussit, cependant, à battre leurs armées jointes, composé d'environ 100 000 hommes, principalement des Carpétans, après avoir réussi à éviter l'embuscade tendue près du fleuve Tage. Lors de cette bataille, la ruse d'Hannibal prévalut sur ces trois peuples, car les forces ennemies commencèrent à traverser le fleuve avec armes et bagages pour se ranger en vue de la bataille imminente sur la rive opposée, le général carthaginois lança son armée sur l'armée ibère, les Ibères furent battus et soumis à la domination carthaginoise[9],[10].

Le général carthaginois avait atteint son but : tout le pays situé au-delà de l'Èbre, Sagonte exceptée, subissait le joug de Carthage. La Deuxième Guerre punique allait débuter.

La domination romaine[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : République romaine et Guerres celtibères.

Le début de la domination romaine dans la péninsule Ibérique a commencé avec la Deuxième guerre punique. Publius Cornelius Scipion, père de Scipion l'Africain et son frère Gnaeus Cornelius Scipio Calvus ont débarqué en Hispanie avec des forces composées de deux légions et de nombreux alliés : soit 22 000 fantassins, 2 000 cavaliers et 60 quinquérèmes. Le plan était d'attaquer Carthage, considéré comme pas tout à fait prête, et d'attaquer Hannibal avec une armée en Hispanie en demandant de l'aide aux populations locales.

Des ambassadeurs romains furent envoyés en Hispanie pour rechercher l'alliance des tribus celtibères qui ont été pendant des années en lutte contre les Carthaginois. Mais, tandis que certaines tribus acceptaient, d'autres comme les Vaccéens, se souvenant de l'échec de l'aide romaine à Sagonte, refusèrent d'aider Rome. Cependant à partir de 193-191 av. J.-C., certaines tribus celtibères commencèrent à se soumettre parmi lesquels les Orétans, les Carpétans, les Vettons et les Vaccéens aux deux gouverneurs romains : Caius Flaminius et Marcus Fulvius Paetinus Nobilior.

En 152 av. J.-C., malgré le succès diplomatique de Marcus Claudius Marcellus (les cités rebelles celtibères de Nertobriga et d'Ocilis se réconcilièrent avec Rome), un second conflit éclata avec les populations celtibères. La révolte en Lusitanie absorba la plupart des hommes et des ressources romaines, dans le même temps dans la haute vallée du Duero le peuple des Vaccéens commença à donner les premiers signes d'agitations. Cantonné aux portes de Numance, le général romain conclut un pacte avec les Arévaques qui vivaient dans la région environnante. Ce pacte qui dans la pratique prévoyait le paiement d'une petite indemnité de guerre à Rome et la restauration des accords de 179 av. J.-C., sera étendu aux autres tribus celtibères en 151 av. J.-C.. La paix atteinte permit à Lucius Licinius Lucullus et à Scipion Émilien, successeurs de Marcus Claudius Marcellus, de faire une guerre préventive dans le pays des Vaccéens, en conquérant les villes de Cauca et Intercatia et en pillant systématiquement les campagnes et les petites bourgades agricoles.

Une décennie plus tard (en 139 av. J.-C.), Marcus Popillius Laenas avait pris la place de Quintus Pompée, il pilla les terres des Vaccéens de nouveau et de la tribu celtibère des Lusons. Une nouvelle tentative de s'emparer de Numance de la part du général romain Gaius Hostilius Mancinus, en 137 av. J.-C., se brisa contre la résistance de la population de la ville. Dans les deux ans qui suivirent, le front celtibère resta tranquille relativement, pendant que Rome était engagée dans la pacification définitive de la Lusitanie (en 136 av. J.-C.) et dans une lutte interminable contre les Vaccéens (en 135 av. J.-C.). Avec la suppression définitive de la première poche importante de résistance, les Celtibères étaient maintenant presque entièrement encerclés par leur puissant adversaire latin.

En 134 av. J.-C., fut rappelé en Hispania Scipion Émilien, consul pour la deuxième fois, même s'il n'avait pas encore passé les dix années prévues par la loi romaine pour être de nouveau admissible. Il accompagne Caius Marius, alors âgé de vingt-trois ans, le prince numide Jugurtha et le meilleur historien de l'époque, le grec Polybe, conseiller et ami personnel du vainqueur de Carthage. Scipion Émilien se rend compte que Numance est la plaque tournante du système de défense arvaque et plus généralement celtibère, et il décide de capturer la cité avec toutes les forces disponibles. Dévasté, comme ses prédécesseurs, le pays des Vaccéens subit la destruction de ses récoltes par peur qu'elles puissent être utilisées pour ravitailler les Celtibères et en automne il commença le siège de la cité de Numance. Après presque un an de résistance vaillante, accédée depuis alors à une dimension presque mythique, avec la population décimée par la malnutrition et les infirmités, Numance capitula, et avec elle la rébellion arvaque et des autres peuples révoltés, y compris les Vaccéens (en 133 av. J.-C.). La troisième et dernière guerre celtibère était terminée définitivement et Rome pouvait ainsi imposer sa domination sur la majeure partie de la péninsule Ibérique.

Société[modifier | modifier le code]

Éléments culturels[modifier | modifier le code]

Une fosse excavée à Pintia en juin 2008, contenant de nombreuses bouteilles de parfum

L'étude des gisements des propres éléments de la culture des Vaccéens sur les restes des cultures antérieures (comme dans le cas de Soto de Medinilla, à Valladolid), où des évidences claires de peuplement depuis le Néolithique existent jusqu'au l'âge du fer c'est-à-dire la période vaccenne), permettent d'étudier avec un certain détail l'évolution des groupes humains de cette zone du plateau, fournissant une théorie de l'évolution de cette civilisation.

La valorisation des aspects culturels du sud de l'Espagne vient d'être prise en compte dans les enquêtes initiales et les données fournies par des études sur la route intérieure de l'étain, ce qui a permis depuis 1970 d'importants progrès dans la compréhension de la formation de la civilisation vaccéenne. Actuellement, l'existence d'une voie terrestre pour le commerce de l'étain semble prouvée, à l'apogée de la civilisation de Tartessos. Cet itinéraire devait coïncider avec la route postérieure utilisée par la Rome antique et connue sous le nom Vía de la Plata. Le passage durant des siècles de cette route a mis en rapport les peuples de l'intérieur de l'Hispanie avec les peuples plus avancés du sud de l'Hispanie.

Aire géographique[modifier | modifier le code]

La civilisation vaccéenne s'étendait sur le centre du plateau du Nord sur les deux rives du Douro. Ils occupaient toute la province de Valladolid et une partie de celle du León, de Palencia, de Burgos, de Ségovie, d'Ávila, de Salamanque et de Zamora.

Actuellement, les frontières de ce peuple sont difficiles à cerner, et car elles ont varié au cours du temps. À l'arrivée des Romains, les rivières Cea et Esla les séparaient des Astures au nord-ouest, alors que la ligne qui est tracée entre les rivières Esla et Pisuerga au nord de Carrión de los Condes serait la frontière avec les Cantabres. À l'Est, les rivières Pisuerga et Arlanza marquaient la limite avec les Turmogi et un peu plus au sud, déjà dans les provinces de Soria et de Ségovie, les Arvaques étaient leurs voisins et leurs alliés. Au sud et sud-ouest, la frontière avec les Vettons semble plus difficile à établir (peut-être la zone des rivières Trabancos/Guareña). Il est également probable qu'ils prenaient contact avec les Lusitaniens à l'ouest de la province de Zamora.

Villes[modifier | modifier le code]

Les Vaccéens étaient concentrés autour de grands noyaux urbains, qui n'avaient aucune organisation hiérarchique. Le plus grand oppida des Vaccéens compta jusqu'à quelques milliers d'habitants, c'est-à-dire bien plus que les modestes communautés Soto précédentes. Les murs des villes étaient construits à partir d'adobe et de bois, et possédaient des fossés défensifs. Il y avait de grands secteurs résidentiels et les périphéries étaient situées en dehors des murs de ville. Un secteur était également prévu pour le dépôt des déchets et pour la production artisanale.

Société et rite funèbre[modifier | modifier le code]

La plus grande caractéristique des Vaccéens réside dans leurs rites d'incinération. Malheureusement, seulement six cimetières ont été découverts, et parmi eux, celui de Las Ruedas (Pintia) est pratiquement le seul qui ait été correctement excavé et étudié. Près de 70 tombeaux (pas tous complets) ont été examinés à Las Ruedas, et permettent de se faire une idée de la société des Vaccéens.

Ainsi, les restes de la communauté exhumée permettent d'établir une chronologie continue du début du IVe siècle av. J.-C. à la fin du premier siècle de notre ère. Il n'y a pas de toute évidence un modèle clair de différentiation sociale. Au sommet de la hiérarchie sociale se trouvaient les élites équestres, dont les tombes comprennent de nombreux objets en métaux de très grande valeur (poignard damascène, selle très travaillée, etc.).

Au-dessous de cette strate sociale, deux niveaux additionnels de tombeaux « riches » ont été identifiés, contenant des objets de pouvoir et des armes. La plupart des personnes enterrées, plus de 80 %, ont des armes, des céramiques et des ornements simples en verre.

Les personnes en bas de l'échelle sociale étaient enterrées sans biens funéraires.

En outre, le cimetière devait également être un endroit de culte pour les vivants, comme on peut le déduire des marques externes sur les tombes, et le fait qu'elles ne sont pas l'une sur l'autre. L'identification d'une stratigraphie horizontale indique également que le cimetière a été tracé radialement.

Dans l'ensemble, la culture funèbre des Vaccéens est semblable aux traditions mortuaires de la zone des Celtibères.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d The Celts: a history, The Collins Press, p. 75
  2. Martín Almagro Gorbea, Alberto J. Lorrio . "War and Society in the Celtiberian World", Journal of Interdisciplinary Cetlic Studies 6.
  3. John T. Koch, Celtic culture: A Historical Encyclopédia, p. 481.
  4. Carlos Jordán Cólera, "The Celts in the Iberian Peninsula:Celtiberian", consulté le 16 juin 2010.
  5. a, b, c et d Polybe, Histoire: livre III, paragraphe 14, 1.
  6. Tite-Live, Histoire romaine: livre XXI, paragraphe 5, 5-6.
  7. Polybe, Histoire: livre III, paragraphe 14, 2.
  8. Tite-Live, Histoire romaine: livre XXI, paragraphe 5, 7-8.
  9. Tite-Live, Histoire romaine: livre XXI, paragraphe 5, 9-17.
  10. Polybe, Histoire: livre III, paragraphe 14, 3-9.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Fond antique
  • (fr) Polybe, Histoire: livre III Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (fr) Tite-Live, Histoire romaine: livre XXI Document utilisé pour la rédaction de l’article
Fond contemporain
  • (fr) Martín Almagro Gorbea, Les Celtes dans la péninsule Ibérique, Paris, Éditions Stock,‎ 1997 (ISBN 2-234-04844-3) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (es) Luis Berrocal-Rangel, Los pueblos célticos del soroeste de la Península Ibérica, Madrid, Editorial Complutense,‎ 1992 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (es) Luis Berrocal-Rangel et Philippe Gardes, Entre celtas e íberos, Madrid, Fundación Casa de Velázquez,‎ 2001 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (es) Alberto Lorrio Alvarado, Los Celtíberos, Murcie, Universidad Complutense de Madrid,‎ 1997 (ISBN 8479083352) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Roger Collins, The Vaccaei, the Vaceti, and the rise of Vasconia." Studia Historica VI, Salamanque,‎ 1988 (ISBN 0 86078 308 1) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (es) Ángel Montenegro Duque, Historia de España 2 – colonizaciones y formacion de los pueblos prerromanos, Madrid, Editorial Gredos,‎ 1989 (ISBN 84-249-1013-3) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (es) A.M. González-Cobos, Los Vacceos – Estudio sobre los pobladores del valle medio del Duero durante la penetración romana, Salamanque, Universidad Pontificia,‎ 1989 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (es) Francisco Burillo Motoza, Los Celtíberos – Etnias y Estados, Barcelone, Grijalbo Mondadori,‎ 2007 (ISBN 84-7423-891-9) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (es) Gonzalo Ruiz Zapatero, Los Celtas: Hispania y Europa, Madrid, Universidad Complutense de Madrid,‎ 1993 Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]