Seconde guerre civile entre Marius et Sylla

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La seconde guerre civile romaine a opposé d'une part Caius Marius « le jeune » et les populares, d'autre part Sylla, Crassus, Pompée et les optimates, pour le contrôle de la République romaine en 82 av. J.-C.

Les populares maîtres de Rome[modifier | modifier le code]

La terreur marianiste[modifier | modifier le code]

La première guerre civile entre Marius et Sylla s'était terminée par la marche de Sylla sur Rome et la fuite de Marius en Afrique. Sylla, maître de Rome, part alors en Orient pour se débarrasser de Mithridate VI du Pont qui s'est soulevé contre Rome, a occupé la province d'Asie et fait massacrer tous les citoyens romains en 88 av. J.-C.

Dès le départ de Sylla début 87 av. J.-C., les populares ayant échappé aux purges tentent de reprendre le pouvoir : le consul Lucius Cornelius Cinna, soutenu par l'ordre équestre, propose de rappeler Marius. Mais il se heurte au refus du Sénat et de son collègue Gnaeus Octavius qui le destituent.

Cinna fuit alors en Campanie où il rallie les troupes laissées par Sylla, et lève une nouvelle armée parmi les vétérans italiques de la Guerre sociale. Il va jusqu'à recruter des esclaves. Marius le rejoint à la tête d'une cavalerie maure, accompagné de Gnaeus Papirius Carbo et Sertorius. Leurs armées marchent sur Rome, assiègent la ville et la prennent au prix de sanglants combats.

Le Sénat capitule devant Marius qui se débarrasse des partisans de Sylla restés à Rome par des proscriptions sans même se soucier de leur donner un cadre légal, comme l'avait fait Sylla à la fin de la première guerre civile. Les principaux membres de l’aristocratie sénatoriale sont mis à mort et leurs biens confisqués. La ville subit les exactions des soldats italiques qui se vengent de la Guerre sociale. La violence est telle que Marius doit engager des gaulois pour maîtriser ses troupes.

Marius s'autoproclame consul avec Cinna pour l'année 86 av. J.-C.. Mais il meurt treize jours après son entrée en charge, le 13 janvier 86 av. J.-C., dans un état de santé physique et mentale sans doute déplorable. Marius laisse un fils adoptif Caius Marius « le jeune ».

La domination de Cinna[modifier | modifier le code]

Cinna et ses partisans vont alors conserver le pouvoir pendant quatre ans, jusqu'au retour de Sylla d'Orient. Cinna ne rétablit pas la démocratie : il s'autoproclame à nouveau consul avec Gnaeus Papirius Carbo à ses côtés en 85 av. J.-C. et 84 av. J.-C.. Il dirige une coalition qui rassemble les populares (marianistes et chevaliers) et les "nouveaux Romains", c'est-à-dire les alliés italiques auxquels on a promis la citoyenneté et une répartition équitable dans les trente-cinq tribus.

Le calme est rétabli à Rome. Mais les populares savent qu'ils n'ont que peu de temps avant le retour de Sylla, et prendront peu de mesures hormis un assainissement des finances (sans doute inspirée par les chevaliers). Cinna prépare la guerre contre Sylla. Mais la mobilisation des troupes en Italie n’est pas facile, car Sylla est resté populaire, et une partie des citoyens mobilisés se refusent à la guerre civile. Cinna est tué dans une émeute de soldats provoquée par la brutalité de ses licteurs. Le Sénat somme alors Carbo d’organiser l’élection d’un consul remplaçant, mais des augures défavorables font reporter l’élection, circonstance qui permet à Carbo de rester consul unique, ce qui est illégal.

La guerre civile[modifier | modifier le code]

Le retour de Sylla[modifier | modifier le code]

Apprenant le retour au pouvoir des populares, Sylla accélère la guerre en Orient contre Mithridate VI. Il remporte la victoire ce qui lui permet de signer la paix de Dardanos en 85 av. J.-C. qui entérine un retour au statu quo.

Malgré cette victoire amputée faute de temps, Sylla rentre en Italie chargé de gloire et d'argent. Au printemps 83 av. J.-C. il débarque à Brundisium (Brindes) avec 40 000 hommes.

Les combats[modifier | modifier le code]

Durant les deux années qui suivent la guerre civile s'étend à l'Italie, suivie de son cortège d'atrocités.

Sylla bénéficie de l'appui de Quintus Caecilius Metellus Pius, le plus influent des optimates, et de Pompée, qui lève à ses frais trois légions de vétérans dans son "fief" du Picenum.

Les syllanistes l'emportent sur des adversaires médiocres. En effet les chefs des populares sont de mauvais généraux hormis Sertorius. De plus ils ne peuvent guère recruter d'hommes de valeur car la population de la péninsule ne s'est pas encore remise de la Guerre sociale, terminée cinq ans plus tôt. Enfin Carbo n'arrive pas à se concilier les italiques.

À la fin de 82 av. J.-C. Sylla, Crassus et Quintus Pompeius Rufus remportent la bataille de la Porte Colline et prennent Rome. Il leur faudra encore soumettre les derniers foyers de résistance : Étrurie, Samnium, et la Sicile et l'Afrique où le jeune Pompée mène une campagne éclatante.

Marius "le jeune" nommé consul en 82 av. J.-C. avec Gnaeus Papirius Carbo continue de résister. Mais il est vaincu et assiégé dans Praeneste, où il est exécuté par l'armée syllaniste. Sertorius s'enfuit en Hispanie où il poursuivra l'agitation jusqu'à défaite finale en 72 av. J.-C..

Bilan de la guerre[modifier | modifier le code]

Après sa victoire Sylla se fait nommer fin 82 av. J.-C. dictateur. Il entreprend durant les trois années qui suivent d'importantes réformes pour restaurer le pouvoir du Sénat romain (79 av. J.-C.), dans l'espoir de sauver la République « aristocratique ». De nombreux partisans de Marius sont obligées de se cacher ou de fuir comme le jeune Jules César.

Mais à la mort de Sylla les problèmes qui ont causé les deux guerres civiles et la Guerre sociale n'ont pas été résolus : le conflit récurrent entre les populares et les optimates se poursuivra jusqu'à la fin de la République.

Voir aussi[modifier | modifier le code]