Ligue étolienne

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La Ligue étolienne était une confédération de la Grèce antique centrée sur les cités d'Étolie en Grèce centrale. Cette ligue s'est constituée en 370 av. J.-C. pour s'opposer à la Macédoine et à la ligue achéenne.

À la fin du IVe siècle[modifier | modifier le code]

Article connexe : Guerre lamiaque.

À la mort d'Alexandre en 323, la ligue participe à la révolte des Grecs contre le pouvoir macédonien. Après la défaite des Grecs et la prise d'Athènes en 322, l'Étolie est sauvée de l'invasion macédonienne par l'évolution des affaires en Asie, qui détourne les forces des dirigeants macédoniens Antipatros et Cratère. Cette sauvegarde de son indépendance permet à la ligue de jouer par la suite un rôle de premier plan dans les affaires grecques[1].

Durant le IIIe siècle[modifier | modifier le code]

Proche du roi Antigone II Gonatas, elle reste neutre au cours de la guerre chrémonidéenne (268-261), ce lui permet de poursuivre son expansion en Grèce centrale avec la bénédiction de Ptolémée II qui entend contrebalancer la puissance des Antigonides en Grèce continentale.

Elle défait les Béotiens à Chéronée en -245. Elle se heurte à la ligue achéenne dans le Péloponnèse : appelée par les Éléens contre les Arcadiens, elle conduit des opérations militaires en Arcadie à partir de 244. Plusieurs cités arcadiennes (Phigalie, Tégée, Orchomène) se rapprochent des Étoliens, ainsi que Messène, tandis que Mégalopolis quitte la ligue achéenne. Après le rétablissement de la situation achéenne par Aratos en 243 (prise de Corinthe), les Étoliens et Gonatas signent un traité formel d'alliance visant à se partager les territoires achéens. En 241, l'armée étolienne envahit ainsi le nord-est du Péloponnèse, mais est battue par Aratos[2].

Après la destitution du roi de Sparte Agis en -239, elle intervient en Laconie depuis la Messénie pour soutenir les partisans de ce dernier mais se contente de ravager la région[3].

Après un retournement d'alliances, elle participe aux côtés de la ligue achéenne à la guerre démétriaque contre le roi Démétrios II de Macédoine entre 239 et 229. En -235, la Béotie se soumet à la Macédoine suite à une campagne de Démétrios.

La montée en puissance de la ligue achéenne dans le Péloponnèse conduit à la guerre des Alliés qu'elle mène contre les Achaiens et la Macédoine entre 220 et 217 : alliée aux Éléens, la ligue conduit des opérations dans le Péloponnèse et en Grèce du Nord (sac de Dodone et de Dion) ; le roi de Macédoine Philippe V de Macédoine remporte des succès, dont le sac de la capitale fédérale étolienne, Thermos, en -218. La paix est signée à Naupacte en -217, les Étoliens perdant plusieurs places-fortes.

Première guerre de Macédoine[modifier | modifier le code]

La ligue étolienne est le premier allié des Romains en guerre contre Philippe V de Macédoine au cours de la Première Guerre macédonienne (-214 à -205).

Deuxième guerre de Macédoine[modifier | modifier le code]

La ligue participe à la Deuxième Guerre macédonienne entre -200 et -197, toujours aux côtés de Rome. Néanmoins, lorsque le roi macédonien accepte les conditions de paix imposées par Rome, les Étoliens sont mécontents. En effet, ils réclamaient des cités possédées par Philippe, mais qui étaient les leurs auparavant. Les décisions du consul Flamininus étant acceptées par les autres cités grecques, les Étoliens se contentent d’exprimer leur mécontentement, puis d’envoyer des ambassadeurs plaider leur cause au sénat romain.

Guerre d'Antiochos III[modifier | modifier le code]

Devant l’échec de cette ambassade, les Étoliens vont essayer de chasser les Romains de Grèce. Ils essaient de faire adhérer à leur cause des cités grecques, proposent une alliance à Nabis, tyran de Sparte et surtout appellent le roi Antiochos III. Celui-ci avait déjà commencé des incursions en Europe, près de la mer Noire pour reprendre des terres sur lesquelles ses ancêtres avaient régné.

En 192, Antiochos est en Grèce. Des cités grecques rejoignent son parti et celui des Étoliens. De plus les armées du roi s’emparent de l’île d’Eubée. Cependant les Romains en 191 reprennent le dessus. Au printemps 191, les Romains battent l’armée d’Antiochos aux Thermopyles. Le roi se réfugie à Chalcis, sur l’île d’Eubée. Les Romains soumettent ensuite les Étoliens à Héraclée Trachinienne. Les Étoliens demandent alors une trêve. Elle est accordée pour qu’ils plaident leur cause devant le sénat romain. Leur espoir est que les conditions de paix ne soient pas trop dures. Mais les sénateurs décident de leur proposer le choix entre la soumission au peuple romain ou le paiement d’un tribut exorbitant ajouté au serment de ne s’allier qu’aux alliés de Rome. Les Étoliens tergiversent et essaient plusieurs fois de fléchir le sénat, mais sans succès.

Soumission à Rome[modifier | modifier le code]

C’est en 189 que la ligue étolienne et la République romaine signent un traité de paix. Ce traité fait de l’Étolie une région entièrement soumise aux Romains puisque l’Étolie doit avoir l’accord du Sénat pour tout acte de politique extérieure ; elle doit par ailleurs verser un tribut et livrer des otages.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique 323-30 av. J.-C., Paris, Seuil, coll. « Points Histoire »,‎ 2003 (ISBN 202060387X).

Sources[modifier | modifier le code]

  • Tite-Live, Histoire romaine, XXX à XXXVIII.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire politique du monde hellénistique T1 p32
  2. Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique 323-30 av. J.-C., Paris, Seuil, coll. « Points Histoire »,‎ 2003 (ISBN 202060387X), I, p.329-330
  3. Histoire politique du monde hellénistique T1 p336