Guerre de Pérouse

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Guerre de Pérouse
Mouvements des légions des alliés d'Octave dans le conflit pendant l’année 41 av. J.-C. jusqu'au siège de la ville[c 1]
Mouvements des légions des alliés d'Octave dans le conflit pendant l’année 41 av. J.-C. jusqu'au siège de la ville[c 1]
Informations générales
Date 41 et 40 av. J.-C.
Lieu Apennins et Étrurie
Issue Victoire d'Octavien
Belligérants
Les partisans d'Octavien Les partisans de Fulvie et de Lucius Antonius
Commandants
Octavian aureus circa 30 BCE.jpg

Octavien
Quintus Salvidienus Rufus
Marcus Vipsanius Agrippa
Lucius Antonius.jpg

Lucius Antonius Pietas
Fulvie
Forces en présence

Les forces totales


Octavien : ~8 légions
Lépide : 3 légions
Salvidienus : 6 légions
Agrippa : 3 ou 4 légions

sont équivalentes[c 2]


Antonius : 8 légions
Asinius : 7 légions
Munatius : ~3 légions
Ventidius : ~3 légions
Pertes
inconnues inconnues

La guerre de Pérouse (conflit aussi appelé Guerre civile fulvienne) est une guerre civile qui se déroule en 41 et 40 av. J.-C. Elle oppose l’épouse de Marc Antoine, Fulvie, et son frère, Lucius Antonius, à son ennemi politique, Octavien, et ses généraux Quintus Salvidienus Rufus et Marcus Vipsanius Agrippa.

Origines du conflit[modifier | modifier le code]

Suite à l'établissement du second triumvirat, Marc Antoine quitte l’Italie pour l'Égypte et Octavien se retrouve à la tête de l’Italie avec pour mission d'assigner des terres aux vétérans des guerres civiles. Cette mission est délicate et il se retrouve rapidement avec une partie de la noblesse contre lui. Fulvie désire fortement que son mari gouverne seul Rome au lieu de partager le pouvoir avec Lépide et Octavien. Aidée du jeune frère d'Antoine, Lucius Antonius Pietas, alors consul, elle encourage la colère des sénateurs et de tous les italiens indisposés par les distributions de terres faites aux vétérans[c 3],[a 1],[a 2].

Octavien doit alors abandonner au consul Lucius Antonius la charge de la distribution de terres aux vétérans. Mais les deux hommes ne s'entendent pas et se menacent l'un l'autre. Malgré plusieurs médiations, notamment voulues par leurs propres soldats, qui souhaitent que les distributions soient effectuées, le conflit éclate entre les deux hommes[c 4],[a 3],[a 4],[a 5].

Déroulement de la guerre[modifier | modifier le code]

Octavien laisse Rome à Lépide avec trois légions et se rend à Alba Fucens où il tente en vain de rallier deux légions mutinées de Lucius Antonius, puis essuie un nouvel échec devant Nursia en Sabine. Octavien rappelle alors Salvidienus, son général en chef, qui est en route pour l'Hispanie avec six légions et est déjà de l'autre côté des Alpes. Il se hâte de faire demi-tour sur appel d'Octavien, qui assiège désormais Sentinum dans les Apennins, pour couper la route des vétérans levés en Ombrie et dans le Picenum par Lucius Antonius. Ce dernier riposte en faisant fuir Lépide de Rome et s'emparant de la Ville, profitant de l’absence d'Octavien. Il est acclamé par le peuple et le Sénat, puis prend la route du Nord pour s'assurer l'appui des légions des provinces gauloises[c 5],[a 6],[a 7].

En Gaule cisalpine, Gaius Asinius Pollio a sous son commandement sept légions, et peut empêcher Salvidienus de rejoindre la Gaule cisalpine. D'autres partisans d'Antoine sont gouverneurs des provinces transalpines, Publius Ventidius Bassus et Quintus Fufius Calenus, avec un grand nombre de légions, et peuvent fondre sur Salvidienus avant qu’il ne franchisse les Alpes. Dans le Sud de l'Italie, Lucius Munatius Plancus lève des légions qu’il conduit à Spolète sur demande de Fulvie et Tiberius Claudius Nero soulève la Campanie contre Octavien[c 5],[a 8],[a 9],[a 10],[a 11].

Ce dernier, alors en très mauvaise posture, reprend Rome après le départ de Lucius Antonius. Grâce à la passivité des gouverneurs des Gaules, qui n'ont reçu aucune instruction de Marc Antoine, alors en Égypte, et qui se détestent entre eux, Salvidienus rejoint l’Italie sans heurts et prend la tête du siège de Sentinum où il retrouve les deux triumvirs, Octavien et Lépide. Un autre lieutenant d'Octavien, Marcus Vipsanius Agrippa, lève trois ou quatre légions de vétérans en Étrurie[c 6],[a 12],[a 13],[a 14].

Salvidienus ne tarde pas à s'emparer de Sentinum, qu'il fait raser, avant de faire capituler Nursia. De son côté, Agrippa lève trois ou quatre légions de vétérans en Étrurie et s'empare de Sutrium qui occupe une position stratégique sur la via Cassia au nord de Rome, soulageant ainsi Salvidienus qui risquait d'être encerclé[c 7],[a 15].

Les deux hommes forcent alors Lucius Antonius à s'enfermer dans Pérouse. Octavien, à l'instar de Jules César autour d'Alésia, fait édifier un solide réseau de fortifications autour de la ville, pour à la fois empêcher toute sortie et décourager les attaques des lieutenants d'Antoine[c 7],[a 16],[a 17].

Ventidius Bassus, Asinius Pollio et Munatius Plancus ont treize légions sous leurs ordres, mais ne réussissent pas à briser le siège, se heurtant à Salviedinus et Agrippa qui leur infligent de cuisantes défaites. Les trois généraux abandonnent Lucius Antonius à son sort et se replient, ayant de grandes difficultés à s'entendre entre eux et faisant face au mécontentement de leurs soldats, dont les intérêts sont que la politique de distribution de terres menée par Octavien se poursuive[c 2],[a 12].

Fin du conflit et conséquences[modifier | modifier le code]

Ce conflit s'achève avec la capture de la ville en février 40 av. J.-C., après une concertation entre les deux principaux protagonistes. Les habitants de la ville sont massacrés, ainsi que les sénateurs et chevaliers ayant pris causes pour Lucius Antonius et présents sur place, mais pas les soldats. Les vies de Fulvie et de Lucius sont aussi épargnées, mais ce dernier est envoyé gouverner une province espagnole et Fulvie est exilée à Sicyone et est obligée de divorcer d'Antoine[c 8],[a 18],[a 19],[a 20],[a 17].

La chute de Pérouse ne met pas fin à l'agitation en Italie. Plusieurs villes dans les Apennins continuent à résister. Munatius Plancus reste un temps à Spolète avant de rejoindre Antoine en Grèce. Agrippa parvient à retourner deux légions laissées par Plancus. En Campanie, Tiberius Claudius Nero est toujours en rébellion[c 9],[a 21],[a 22],[a 9],[a 11].

Octavien rentre à Rome glorieux suite à sa victoire, et devra bientôt faire face à l'arrivée de Marc Antoine (qui était en Égypte durant tout le conflit) en Italie en août 40 av. J.-C.. Depuis quelques semaines, Sextus Pompée ravage les côtes italiennes, mettant en péril la situation d'Octavien, alors en Gaule. Agrippa, en charge de Rome et de l’Italie, repousse Pompée, reprend quelques villes qui se sont soulevées pour Antoine et fait partie des intermédiaires qui parviendront à la paix entre Antoine et Octavien. Salvidienus, qui était sur le point de trahir Octavien pour Antoine, est arrêté et condamné. Les triumvirs s'entendent à nouveau sur leurs compétences respectives[c 10].

La victoire contre Sextus Pompée en 36 av. J.-C. permet à Octavien de devenir maître de l'Occident, écartant alors Lépide du pouvoir, puis la nouvelle victoire navale d'Agrippa contre Marc Antoine à Actium en 31 av. J.-C. lui donne l'Empire, devenant Auguste en 27 av. J.-C.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. P. Cosme, op. cit., p. 306.
  2. a et b P. Cosme, op. cit., pp. 63-64.
  3. P. Cosme, op. cit., pp. 60-61.
  4. P. Cosme, op. cit., pp. 61-62.
  5. a et b P. Cosme, op. cit., p. 62.
  6. P. Cosme, op. cit., pp. 62-63.
  7. a et b P. Cosme, op. cit., p. 63.
  8. P. Cosme, op. cit., p. 64.
  9. P. Cosme, op. cit., p. 65.
  10. P. Cosme, op. cit., pp. 65-68.
  • Sources antiques
  1. Appien, Guerres civiles, V, 14.
  2. Dion Cassius, Histoire romaine, Livre XLVIII, 6-9.
  3. Appien, Guerres civiles, V, 19-24.
  4. Suétone, Vie des douze Césars, Auguste, 62.
  5. Dion Cassius, Histoire romaine, Livre XLVIII, 10-12.
  6. Appien, Guerres civiles, V, 27-30.
  7. Dion Cassius, Histoire romaine, Livre XLVIII, 13.
  8. Appien, Guerres civiles, V, 24-31.
  9. a et b Dion Cassius, Histoire romaine, Livre XLVIII, 15.
  10. Velleius Paterculus, Histoire romaine, II, 75.
  11. a et b Suétone, Vie des douze Césars, Tibère, 4.
  12. a et b Appien, Guerres civiles, V, 35.
  13. Dion Cassius, Histoire romaine, Livre XLVIII, 27.
  14. Plutarque, Vies parallèles, Antoine, 28-30.
  15. Appien, Guerres civiles, V, 31.
  16. Appien, Guerres civiles, V, 32.
  17. a et b Dion Cassius, Histoire romaine, Livre XLVIII, 14.
  18. Appien, Guerres civiles, V, 36-47.
  19. Velleius Paterculus, Histoire romaine, II, 74.
  20. Suétone, Vie des douze Césars, Auguste, 14.
  21. Velleius Paterculus, Histoire romaine, II, 75-76.
  22. Appien, Guerres civiles, V, 50.