Himère

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Temple de la Victoire, à Himère

Himère ou Himera est une ancienne cité grecque de la Grande-Grèce, fondée près du fleuve Himeras en - 648 et annihilée par les forces carthaginoises en - 408[1]. Située sur la côte septentrionale de la Sicile, à l'est de Palerme, le site archéologique appartient à la commune actuelle de Termini Imerese[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Himère a été fondée par Zancle (Messine) vers 648 av. J.-C. Avant le début du Ve siècle avant J.-C., les dirigeants de Carthage organisent une colonisation violente de la Sicile occidentale depuis Panormos (ou antique Palerme) afin d'en contrôler les productions vivrières, notamment le blé. L'arrière-pays de la cité d'Himère suscite leurs convoitises. L'armée phénicienne (ou punique) tente de s'en emparer sous le commandement d'Hamilcar de Giscon, mais elle y est vaincue en 480 av. J.-C. par Gélon, tyran de Syracuse. C'est, selon les historiens, la première bataille d'Himère.

Plus qu'une simple bataille de la longue guerre gréco-punique initiée après -500 et et conclue par un compromis en -300, il s'agit d'un affrontement remarquable de ces deux thalassocraties. L'interprétation par les rivalités locales de pouvoir, anecdotique, serait ainsi fort en-deçà du vaste conflit étendu à toute la Méditerranée et prenant en partie sa source dans la politique perse au Proche-Orient et en Egypte[3]. La Sicile apparaît comme un épicentre majeur durant les premières phases de ce long conflit. D'un point de vue stratégique, la Grande-Grèce à partir des cités portuaires d'Italie du Sud et de Sicile assure en premier lieu le contrôle de l'Adriatique et sécurise le passage du golfe de Tarente vers la mer Tyrrhénienne[4]. La partition arbitraire de cette longue opposition en trois courtes articulations, soit les première, seconde et troisième guerres gréco-puniques, représente une compréhension limitée des événements de cette période en Méditerranée.

Ainsi en 409 av. J.-C., la ville est prise par les Carthaginois qui s'acharnent à massacrer la population. Hannibal de Giscon, le général victorieux fait même détruire jusqu'à ses fondements de pierre en -408 la cité honnie symbole de l'hégémonie grecque sur les côtes septentrionales de la mer Méditerranée. En rasant ses fondations, il venge aussi l'honneur de son ancêtre humilié.

La cité est la patrie du poète Stésichore.

Liste des tyrans d'Himère[modifier | modifier le code]

Archéologie[modifier | modifier le code]

Himère conserve les vestiges d'un « temple de la Victoire » hexastyle, d'ordre dorique. L'hypothèse que ce temple ait été érigé pour commémorer la victoire de -480 sur les Carthaginois n'est pas acceptée de tous.

Des éléments architectoniques sont présentés au musée régional archéologique de Palerme, entre autres, de très belles gargouilles provenant du temple, en forme de tête de lion.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En grec, Himera avec i long. Le toponyme ancien est homophone du mot hellène commun, signifiant désir, attirance. Le toponyme provient plus sûrement du nom local du fleuve Himeras.
  2. Cette ville proviendrait d'une cité grecque plus tardive, nommée selon les sources chaudes d'Himère, soit en grec, Thermaï Himeraiai. Sa fondation serait située bien avant -240, année d'annexion de la Sicile en province romaine suite à la première guerre punique.
  3. Une corrélation avec la volonté hégémonique des rois des rois, Xerxès puis Darius sur les partenaires commerciaux, souvent dissimulés, des cités de Méditerranée orientale peut être proposée. Ainsi l'insurrection égyptienne, le vain soulèvement des cités ioniennes conduites par Aristagoras en -499 amènent l'insécurité sur les côtes septentrionales de la Méditerranée occidentale où les associations de cités côtières grecques restent soucieuses du ravitaillement et des échanges commerciaux. En -492, après la conquête éclair de la Macédoine et de la Thrace par Mardonios, Darius exige la suzeraineté "terre et eau" sur les cités grecques pour affirmer son imperium en mer Égée. Les guerres médiques s'expliquent par la résistance unanime du monde hellènique, victorieux à Marathon à l'automne 490, puis à Salamine en 480.
  4. Ici, les guerres médiques activent les conflits latents ou larvés. Les Samnites, les Lucaniens et Bruttiens mettent en péril les cités grecques attachées à la botte italienne. Au sud, Carthage agirait alors autant par intérêt opportuniste que par alliance tacite ou ouverte avec l'empire perse hégémonique.

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37° 58′ N 13° 49′ E / 37.967, 13.817