Volques

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Les Volques ou Volcae sont un ensemble de peuples mentionnés pour la première fois en -69 par Cicéron dans sa plaidoirie Pro Fonteio avec les Allobroges[1]. Tite Live les mentionne aussi dans son Ab Urbe Condita en rapport avec Hannibal qui les rencontre des deux côtés du Rhône en 218 avant Jésus-Christ[2]. Jules César, citant Ératosthène, localise les Volques Tectosages dans la forêt hercynienne qu'il suppose venir de la Gaule narbonnaise. Supposition erronée car il est plus probable que ce soit cette partie du Sud de la Germanie ou de la Moravie qui soit la terre d'origine des Volques et où d'ailleurs les Germains les rencontrèrent en premier[3]. Ce sont ces échanges entre Germains et Volques qui auraient donné lieu à un emprunt lexical : le mot germanique Walh qui désigne les locuteurs de langue celtique et par extension de langue romane (dont les Valaques), et qui viendrait du nom des Volques.

Histoire[modifier | modifier le code]

Localisation et migrations des Volques en Europe
Localisation des Volques autour du golfe du Lion.

Certains historiens avancent que les Volques et les Tectosages (que César nomme séparément) étaient à l'origine des tribus distinctes. Ils seraient l'un des nouveaux groupes ethniques formés lors de l'expansion militaire celtique du IIIe siècle av. J.-C., à partir de divers groupes mobiles hors du système tribal[4].

Quand les auteurs antiques placent l’arrivée en Cispadane des Boïens transalpins au Ve siècle av. J.-C., la partie défrichée et cultivée de la forêt hercynienne (correspondant grossièrement à l'actuelle Bohême) semble avoir été vidée de ses anciens habitants. S'y installent probablement alors des groupes majoritairement originaires du plateau suisse. Un nouvel ensemble ethnique se serait alors progressivement formé en Bohême et en Moravie, que l’on peut attribuer aux Volques Tectosages.

Avec leurs voisins les Boïens dans l'Elbe supérieure et les Cotini à l'est, ils établissent de nombreuses oppida et exploitent les ressources naturelles de la région. Leur culture est florissante entre 150 et 50 avant Jésus-Christ pour ensuite disparaître sous la pression des Germains au nord et des Daces à l'est.

Ils auraient perpétré avec d'autres tribus le fameux raid sur Delphes durant leur Grande expédition dans les Balkans. Après cet épisode, une branche part s'installer en Anatolie pour former avec les Tolistoboges et les Trocmes la Communauté des Galates, en grec Koinon Galaton. Une autre va vers -270/-260 en Gaule Narbonnaise attirée par le mercenariat au service des Carthaginois et des Romains et où elle se subdivise en deux, d'un côté les Volques Tectosages qui ont Tolosa comme capitale et de l'autre les Volques Arécomiques dans la région de Nemausus, l'Hérault étant la frontière entre les deux tribus.

À partir du règne d'Auguste (-37 av.J.C à 14 ap. J.C), les Volques sont de plus en plus romanisés en intégrant la Narbonnaise, et sont les premiers à adopter le latin, qui va être parlé dès le règne de Trajan (Vers 115) par la majeure partie de la population. Plus tard, la langue évoluera vers le catalan vers Perpignan et Barcelone (voir occitano-roman).

Origine du nom[modifier | modifier le code]

L'étymologie de Volcae n'est pas établie avec certitude.

Pierre-Yves Lambert[5] donne quelques hypothèses : un équivalent du germanique *folkam (anglais folk, allemand Volk) et signifiant « les peuplades », un équivalent du grec λύκος « loup » ou encore une forme du nom du « faucon » qui serait également l'origine du gallois gwalch 'faucon'.

Xavier Delamarre[6] ne reprend pas l'idée d'un étymon signifiant « les peuplades » et conteste l'explication par l'indo-européen *ul̥kʷos 'loup' qui est pour lui impossible, car ne tient pas compte de la phonétique et devrait aboutir à quelque chose comme **ulipos en gaulois. Il évoque par contre l'hypothèse d'une étymologie par le thème indo-européen *gʷhel- / *ǵhuel- '(re)courber', d'où *ghuol-k- / *ghuəl-k- à l'origine du nom du « faucon ».

Les mots volcos, volca désigneraient donc « le faucon » et on les retrouve dans les noms de personnes Catu-volcos, comparable au gallois cadwalch 'héros', 'champion', 'guerrier'; Volcius; Volcenius; Volcinius; Volcacius, etc. Le nom est équivalent du latin falcō, possiblement d'origine germanique, et le mot latin falx 'faux', d'après la forme du bec.

Les Volques avaient une grande influence en Moravie, en compagnie des Boiens et des Cotini et autres tribus du Danube, ils contrôlaient un réseau très actif de routes reliées à la Méditerranée et aux territoires germaniques. Les prouesses de ces peuples et leur proximité ont mené à un emprunt de leur nom au germanique *Walhaz, un terme générique désignant les Celtes puis Romains suite à la fusion des deux cultures. Ce mot a été largement appliqué à toutes les anciennes provinces romaines incluant les Gallois, les Italiens et les Français. On peut comparer l'anglais Welsh, le flamand néerlandais Walloons, l'allemand welsch « français », le suisse allemand Churwelsch (ancien nom de romanche lequel était parlé à Coire), norrois Valir « Roman; Français ». Le mot a aussi été emprunté par les Slaves qui l'ont utilisé pour se référer aux Valaques (Roumains). Les Polonais l'ont appliqué non seulement aux Valaques (Wołosi) mais aussi aux Italiens (Włosi). De plus, le nom hongrois de l'Italie (Olaszország) et l'ethnonyme archaïque Oláhok (signifiant Valaques, i.e. Roumain) dérivent de la même racine.

Le nom Walhaz se retrouve dans Valachie, Wallonie, et dans des mots allemands comme Welschschweiz « Suisse francophone » ainsi que Welschgraben « tranchées françaises » anciennement une barrière défensive bourguignonne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (la) «[…] vos Volcarum atque Allobrogum testimoniis non credere timetis?», Cicéron, Pro Fonteio, 26
  2. (la) «Hannibal ceteris metu aut pretio pacatis iam in Volcarum peruenerat agrum, gentis ualidae. Colunt autem circa utramque ripam Rhodani;» Tite Live, Ab Urbe Condita, XXI, 26.
  3. (de) Eduard Norden, Die germanische Urgeschichte in Tacitus Germania, B. G. Teubner, Leipzig, 1922, pp. 359
  4. (en) Venceslas Kruta, Celts: History and Civilization, Hachette Illustrated, Londres, 2004, pp. 204
  5. La langue gauloise, éditions errance 1994. p. 34.
  6. Dictionnaire de la langue gauloise, Une approche linguistique du vieux celtique continental, Errance, Collection des Hespérides, 2003. p. 326.

Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Venceslas Kruta, Les Celtes : Histoire et dictionnaire, Éd. Robert Laffont, Paris, 2000, (ISBN 978-2221056905)