Guerre de Jugurtha

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Carte de la Numidie, d'après l’atlas antique de Heinrich Kiepert publié en 1869.

La guerre de Jugurtha est le nom d'un conflit entre la République romaine et le roi numide Jugurtha entre 112 et 105 av. J.-C. Ce conflit est nommé d'après un ouvrage de l'historien Salluste.

Contexte numide[modifier | modifier le code]

Jugurtha est le neveu puis le fils adoptif de Micipsa, peut être sous la pression romaine. À sa mort, en 118 av. J.-C., Micipsa souhaite que le royaume soit séparé entre ses deux fils et Jugurtha. Jugurtha fait assassiner un des deux héritiers, Hiempsal. Adherbal, l'autre fils, s'enfuit alors vers Rome pour demander des secours. En 116 av. J.-C., des émissaires romains obtiennent un traité. Celui-ci, probablement par corruption de Romains, est très favorable à Jugurtha. En 113 av. J.-C., il attaque son frère dans sa capitale de Cirta. Une deuxième commission romaine permet à Jugurtha de prendre la ville. Jugurtha fait alors tuer son frère et les Italiques qui l'avaient aidé à défendre la ville.

Contexte romain[modifier | modifier le code]

Le Sénat romain, les mains libres après la fin de la guerre des Cimbres, déclare la guerre à la Numidie, région qu'elle domine depuis la fin de la troisième Guerre punique.

Après avoir commandé en Hispanie comme propréteur en 114 av. J.-C., Marius est parti en Afrique combattre Jugurtha aux côtés de son patron Quintus Caecilius Metellus, le consul de 109 av. J.-C.. Populaire auprès de ses soldats et de la population romaine, il a des alliés au tribunat.

La guerre[modifier | modifier le code]

En 111 av. J.-C., le consul romain Lucius Calpurnius Bestia se rend en Numidie, et Jugurtha se rend dans des termes d'usage face à un vainqueur, en corrompant Bestia. Jugurtha se rend alors à Rome où il corrompt des tribuns et fait assassiner son cousin Massiva, rival potentiel. Fin -110, Jugurtha bat le légat Aulus Postumius Albinus, par ruse, selon les chroniques romaines. Il demande alors à être reconnu souverain de Numidie. Le Sénat refuse. Les Numides et les Romains se rencontrent à la bataille du Muthul, les pertes sont lourdes pour les Romains. Ceux-ci décident ensuite d'attaquer les cités, obligeant les Numides à la guérilla, mais Metellus est battu à Zama et doit se replier sur Carthage.

Marius part pour Rome et se fait élire consul. Mettellus, dit Numidicus, doit subir l’affront de voir son ancien client s’approprier ses troupes et remporter une guerre qu’il avait déjà lui-même presque gagnée. Jugurtha s'allie alors avec son beau-père Bocchus, roi de Mauritanie. Marius remporte alors quelques victoires en continuant la stratégie de Metellus, mais sans pouvoir vaincre. Bocchus négocie un traité de paix séparé, livre Jugurtha en 106 av. J.-C., et reçoit en contrepartie une partie de la Numidie. En 104 av. J.-C. Jugurtha est étranglé au Tullianum à Rome.

Conséquences[modifier | modifier le code]

L’année de la victoire de Marius, 105, fut aussi celle de sa réélection au poste de consul, sans qu’il ait eu besoin, contre toute tradition, de se présenter à Rome. Cette guerre a révélé la corruption régnant dans l'armée et la classe politique romaine. La guerre des Cimbres et la guerre de Jugurtha ont eu une influence particulière sur la carrière du consul Marius ainsi que sur les importantes réformes qu'il a introduites dans les institutions de la République romaine et dans l'armée (réforme marianique).

Dans une certaine tradition amazigh, malgré la patience de Rome à son égard, Jugurtha, humble fils d'esclave, est vu comme le défenseur des traditions numides et proche de son peuple face à Adherbal, orgueilleux et protecteurs des colons italiques.

Sources[modifier | modifier le code]

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